Deuxième soirée riche en bons moments aux Eurockéennes de Belfort 2007. Avec une succession de groupes intéressants avant les têtes d’affiche classieuses et furieusement rock ‘n roll prévues en fin de soirée. Avant la pluie, qui est annoncée pour le dimanche, la journée du samedi se déroule sous un beau soleil pour une foule un peu moins nombreuse que les années précédentes, mais toujours enthousiaste, chaleureuse et prompte à faire un triomphe à un artiste qui mouille sa chemise…
Blanche :
Les Américains de Blanche ont par exemple l’occasion de jouer sous un « petit » chapiteau – la Loggia – qui répond au quart de tour à leur country rock authentique, épicée et marquante. Les petits protégés de Jack White avaient déjà fait très bonne impression à Rock en Seine il y a de cela trois ans avec leur morceaux inspirés, à la fois délicieusement pop et outrageusement country folk ; et bien, à Belfort, ils confirment parfaitement leur statut d’excellent groupe de scène. Le couple Dan John/Tracee Mae Mille, qui chante admirablement en duo, joue de la guitare stridente et de la basse souple est, en plus, soutenu de belle manière par un joueur de pedal steel guitar, un batteur parfait mais également par le bassiste des Greenhornes et des Raconteurs au banjo. Cet orchestre égaré dans l’espace spatio temporel semble tout droit sorti de Nashville en 1954 avec sa musique rustique et son look gothico country. Le public est bien loin d’être insensible à la belle démonstration de ferveur effectuée par Blanche. Et il y a fort à parier qu’il n’oubliera pas de sitôt leur concert belfortain !
Editors :
A peine quelques mètres à faire et nous découvrons Editors à l’oeuvre sur la grande scène, un lieu sans doute un peu trop grand pour le jeune groupe anglais. Qui s’acquitte toutefois parfaitement de ses obligations en proposant un set énergique et puissant. Pour convaincre le festivalier, Editors a trois obstacles à surmonter : tout d’abord, le fait d’évoluer dans un créneau très encombré – pop rock avec chant à la Ian Curtis et ambiances à la Joy Division/Echo And The Bunnymen –, ensuite des morceaux corrects mais pas aussi intenses que ceux d’Interpol ou The National, et enfin la belle gueule de play boy du chanteur, qui arbore le genre de visage qu’on croise plus souvent dans une série américaine que sur une scène de rock. Au début du set, on observe les gens s’amuser à déconcentrer le groupe en portant un de leur petit camarade au dessus de la foule pendant quelques secondes (ça marche : le guitariste ne peut s’empêcher de rire de bon coeur… ) avec la bande son « Editors » en fond sonore. Puis peu à peu, l’abattage du chanteur/guitariste, qui se démène comme un beau diable, et la puissance de feu de combo font leur effet : on vit littéralement les morceaux et l’on se laisse pénétrer par les atmosphères troubles des Anglais. Comme le reste du public, d’ailleurs… Mission accomplie pour Editors donc.
Bassekou Kouyaté :
Changement radical de style juste après, avec le blues rock malien Bassekou Kouyaté, qui transforme immédiatement la Loggia en fournaise… Les voix féminines et masculines, les guitares africaines et les rythmes entêtants entraînent irrémédiablement dans une sorte de transe jubilatoire. Le public est à fond, ce qui galvanise encore plus le groupe, qui étire les morceaux avec des solos basiques et des sortes de jam sessions imparables. Sorte de Tinariwen sans guitares électriques, Bassekou Kouyaté puise son hallucinante force dans les racines du blues, pour en tirer le meilleur : des morceaux remuants, colorés, envoûtants et ultra dansants. Une véritable cure de jouvence aux vertus rafraîchissantes, dont on ressort tout chamboulé comme après une prestation scénique des bluesmen du désert de Tinariwen. Une très belle découverte !
Maxïmo Park :
Comme son peu intéressant deuxième album le laissait présager, Maxïmo Park a décidé de passer à la « vitesse supérieure » et de viser le grand public. Mauvais choix, car la folie et l’excentricité des morceaux du premier album manquent cruellement à l’écoute du second opus des Anglais ! Et l’on se retrouve devant un groupe de tacherons jouant des morceaux sans saveur avec une sorte de conviction forcée. Le chanteur et son chapeau ridicule a beau faire le clown et dépenser une incroyable énergie pour faire bouger le public (à force, il y arrive… ), un sentiment de vague ennui s’installe, seulement bousculé par quelques morceaux plus nerveux et moins passe-partout. Dommage !
Deerhoof :
Comme au Printemps de Bourges en avril 2007, les Américains de Deerhoof ont réussi à emmener le public dans les méandres de leur inspiration tortueuse et surprenante. Deerhoof, c’est un peu comme si Yoko Ono jouait avec Sonic Youth dans un uivers parallèle... La Japonaise Satomi Matsuzaki (basse vrombissante, chant haut perché) et ses acolytes, respectivement guitariste et batteur, semblent improviser des morceaux diaboliquement structurés. La pop, le rock bruitiste, le jazz sont passés dans la centrifugeuse Deerhoof pour obtenir un résultat complètement vrillant, joué avec un sourire au lèvres et en toute simplicité. La prétention ne fait en effet pas partie de l’attirail de ce groupe d’extra terrestres, qui se contente de jouer sa musique barrée avec une sincérité plus que touchante…
Queens Of The Stone Age :
Revoir les Queens Of The Stone Agedeux ans après aux Eurockéennes ne pose aucun problème tant ce groupe surpuissant est une véritable usine à tubes heavy pop rock. Josh Homme est toujours le frontman le plus cool de la Terre ; normal, il sait qu’il a un singulier talent pour écrire des morceaux percutants, un don pour le chant et la guitare, sans oublier un charme vénéneux qui opère immanquablement sur la gent féminine. Porté par un son divin et un groupe impeccable, les Queens Of The Stone Age de Mr Homme ont encore une fois dégagé une énorme impression de force et de classe. La présentation des meilleurs morceaux d’Era Vulgaris, le dernier opus du combo, agrémentée de titres plus anciens a propulsé au paradis le public réuni devant la grande scène des Eurocks. Chaque titre est mieux joué, mieux interprété que le précédent, déjà incroyablement bon… ça ressemble au bonheur ! Cerise sur le gâteau, les musiciens et leur leader semblent prendre un pied incroyable à se produire sur les planches. Contrairement à Marilyn Manson (aperçu ici même la veille pour un show au rabais), les Queens Of The Stone Age ont le rock ‘n roll viscéralement ancré en eux, et ça se sent, ça se voit… et ça s’entend. Vivement le prochain rendez-vous avec les QOTSA !
The Hives :
Juste après, les Hives, leurs hits punk rock/pop et l’humour bravache de leur leader insaisissable ont fait un triomphe sur la presqu’île du Malsaucy. Hate to say I Told you so, Main Offender, Aka IDIOT, et tous leurs tubes s’enchaînent admirablement, entrecoupés des discours volontairement débiles et arrogants du chanteur/cascadeur (il escalade plusieurs fois les murs d'enceintes, et descend souvent chanter pour les premiers rangs)/humoriste… Le seul « petit » hic, c’est le son - beaucoup trop fort - qui a gâché de nombreux morceaux, la basse couvrant les guitares et le chant. C’est bien dommage de ne pas avoir gardé le même volume et la même balance entre les instruments que les Queens Of The Stone Age, qui sonnaient puissants mais pas assourdissants… Est-ce le traditionnel péché d’orgueil ou complexe d’infériorité du groupe voulant impressionner la galerie par un fort volume, pour compenser un manque de puissance ? Sans doute que non, car les morceaux des Hives sont excellents, et les titres inédits à paraître sur leur nouvel opus sont, eux aussi, imparables. Nous sommes là probablement en présence de l’incompétence crasse d’un ingénieur du son. Pour nous avoir en partie gâché ce formidable concert, on proposerait volontiers qu’il soit pendu par les couilles sur une place publique ou obligé de travailler avec un groupe français annoncé le lendemain, Tryo (ce qui doit être aussi douloureux)… Mais, plus sérieusement, on se contentera d’attendre des jours meilleurs (à Rock en Seine, fin août ?) et de partir se coucher pour profiter pleinement de la dernière journée des Eurocks 2007, en pensant au superbe concert des Hives au Zénith en 2005.
Deerhoof (the Pool parties) - 13 aout 2006 - McCarren's Park pool - Brooklyn Apres deux soirs de pause – pendaison de crémaillère, puis anniversaire – et une visite intensive de NY, j'ai bien cru que nous allions arrivée trop tard – comme la veille a PS1 ou on a une nouvelle fois croisé Nathalie Portman – pour le concert gratuit qui a lieu dans la piscine McCarren dans Brooklyn. Pendant que nous faisons la queue Beirut dont .../...
Apres deux soirs de pause – pendaison de crémaillère, puis anniversaire – et une visite intensive de NY, j'ai bien cru que nous allions arrivée trop tard – comme la veille a PS1 ou on a une nouvelle fois croisé Nathalie Portman – pour le concert gratuit qui a lieu dans la piscine McCarren dans Brooklyn. Pendant que nous faisons la queue Beirut dont je n'arrête pas d'entendre parler en ce moment – et dont un des morceaux en écoute sur son site sonne comme du pur Yann Tiersen – est en train de jouer.
Lorsqu'on pénètre dans l'immense enceinte de cette vieille piscine – pas très profonde – désaffectée, le présentateur de la soirée nous demande d’applaudir un nouvelle fois Beirut. Dommage et puis comme c’est complet depuis quelques semaines au Mercury Lounge ce sera pour une autre fois. Parmi ceux qui sont présents les avis sont assez diamétralement partagés. Annie s’est ennuyée, dAve s’est régalé.
Je saute donc dans la piscine pour me rapprocher du cote ou la scène est posée (hors du bac). Il y a énormément de monde, comme la veille (Sonic Youth + Yeah yeah yeahs que vous racontera peut être Annie car trop cher et surtout trop vus pour moi), mais aujourd’hui c’est gratuit ! Je me faufile vers la devant quand je tombe sur les jumeaux nationaux Bryce et Aaron, accompagnés notamment de Vincent Moon (venu documenter l’enregistrement de leur 4eme album) et de Suljan Stevens (avec qui Bryce va bientôt tourner). Un peu plus loin je tomberai sur Scott et Brian ...bref .. séquence people terminée.
Il reste un peu d’eau dans la piscine ce qui donne lieu à certains jeux d’eau assez distrayant pour passer le temps jusqu'à ce que qu’un batteur et un guitariste viennent poser leurs instruments sur les mixs du DJ assurant la musique pendant le changement de plateau.
Il s’agit la respectivement de Greg Saunier et de John Dieterich deux des trois Deerhoof rapidement rejoints par leur chanteuse/bassiste, la très exotique Satomi Matsuzaki. Je dois avouer que leur prestation me laissera un peu perplexe. Trio guitare basse batterie basé a San Fransisco, qui fait une sorte de punk noisy (si on cherche a tout pris a mettre un nom sur leur musique) dont la particularité la plus notable est le chant de Satomi
La plupart du temps en anglais, très haut perchée celui-ci est la plupart du temps en décalage complet avec la musique (c’est fait exprès bien sur) naïf et enfantin, alors que la musique est elle brute, sèche, rock ! Et j’avoue que si sur certains morceaux le chant est plutôt sympathique sinon du moins amusant, je préfère quand même nettement les passages instrumentaux aux passages chantés.
Je n’ai pu m’empêcher de penser a Melt Banana et Satanicporncultshop qui m’avaient eux aussi laissé plus ou moins perplexes, voire de Bjork pour le cote poupée qui saute sur scène.
Le batteur Greg Saunier est vraiment impressionnant avec sa batterie minimalistique aux cymbales cassées. Immense (il en a l’air en tout cas) il est tout replié sur sa batterie a laquelle il ne laisse aucun répit, sauf lorsqu’il se lève pour aller remercier gentiment et de façon très touchante le public et les organisateurs a deux reprises. Le guitariste John Dieterich est moins extravagant mais il nous offrira tout de même son lot de grimaces en s’excitant sur la guitare.
Au final je garderai un très bon souvenir des passages les plus énervés. Je pense que dans une plus petite salle (j’ai vu qu’ils étaient passés au CakeShop il y a moins d’un an) cela aurait été certainement plus « trippant ». Assez dur d’accès dans un si grande « salle » surtout lorsqu’on ne s’attend pas a quelque chose comme ça.
Apres ce concert, en plein quartier polonais, nous avons marché un peu et sommes allé dîner chez Fada l’un des restaurant marseillais de Brooklyn (Aioli décevant, dessert du jour superbe !).