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Didier super

Cargo de nuit - Arles   09 Mars 2007

  Concert à ne pas manquer

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    Piètre musicien, chanteur chantant faux, textes hautement inflammables, la question centrale quant on a affaire à Didier Super est la suivante : Est-il vraiment beauf et con où est-il un mec sacrément intelligent qui secoue notre cocotier comme jamais ? Puisque l’interview ne nous avait pas vraiment donné les clés pour comprendre qui était Didier Super , il fallait se résoudre à assister à son concert.

    Il est 22h et le cargo est plein jusqu’aux écoutilles d’un public très bigarré : beaucoup de jeunes, comme il fallait s’y attendre, mais aussi quelques tempes blanches, des filles (pas effrayées par le côté soit disant misogyne du monsieur).



    Ça commence avec « ma meilleure amie » de Lorie (dont certains présents dans la salle semble connaître les paroles), tremplin idéal pour faire monter la température. Didier arrive sur scène dans son costume traditionnel : lunettes rasfistolées, pull col roulé en lycra suffisamment court pour voir sa bedaine naissante, jean serré et basket rouge. Son bassiste, géant, s’est sapé d’un beau bracelet clouté autour du cou et d’un autre autour du poignée, lunettes noire jean et tee-shirt noir réhaussé de paillettes. Le batteur est plus relâché…basket de boxeur, short, tee-shirt, casquette. Didier empoigne sa guitare et c’est parti pour une heure et demi de folie.




    Là, je suis vachement emmerdé. Parce que les titres défilent à deux cent à l’heure, parce que les chansons de son album sont repris avec des paroles différentes.

    Exemple : sur l’air de Petit caniche, Peluche pour vieux, il change les paroles et ça donne ça (merci Bertrand Lasseguette):

    «Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux
    Prends des cours de djembé
    T’emmerdes tout le monde dans le camping
    Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux
    Ton tee-shirt anarchie, il coûte 300 balles »

    Alors, comment voulez-vous vous y retrouver ? Parce qu’en plus de changer les paroles, il fait aussi des bouts de chansons (un hommage à Bertrand Cantat fallait pas m’chercher), qu’il fait des reprises punk de son Johnny préféré (m’en souviens plus du titre en ouverture du concert), de Marc Lavoine (les yeux révolvers), qu’entre deux chansons, il balance ses blagues à deux balles, qu’il se moque de tout le monde, parce qu’il a une pêche d’enfer, sautant partout, disparaissant pour revenir sur le bar pour quelques chansons avant de slammer pour revenir sur scène, et que j’en pouvais plus de mes zygomatiques qui s’étaient bloqués.



    Alors, je vais quand même essayer d’être précis. Didier Super en concert, c’est PUNK. Guitare, basse, batterie, tout est repris plus vite, plus fort aux antipodes, pour tout dire du son « Charly Oleg » de son album. Deuxième enseignement, ce mec sait très bien jouer de la guitare. Il sait également chanter juste et c’est un sacré homme de scène. Je ne sais pas s’il finira comme Johnny au stade de France, mais il a une énergie incroyable et un sens du spectacle forcément ciselé lors de ses performances de théâtre de rue. Ce n’est pas seulement qu’il sait enchaîner deux chansons, il sait aussi faire monter son spectacle en puissance.
    Il met une demi-heure à se mettre tout le monde dans la poche à coups de petits mots bien sentis. (ex, en interpellant un djeun arlésien qui arborrait, pas de chance pour lui, une belle crète rouge (« Y a un punk ? Ben, pourquoi t’es pas mort ? »),

    Didier n’a peur de rien, ne connaît aucune limite, n’a pas de morale, n’a pas de principe. Quand il sent son public acquis à sa cause, reprenant ses chansons, le voilà pousser à aller plus loin… « Dans votre putain de région de droite, on va vous mettre un peu de culture dans le cul » ou, plus loin « Donne moi une clope ? Si t’es pas contente, t’as qu’à aller dehors. Et j vais l’allumer avec quoi, ma clope ? T’as l’âge de fumer toi ? Non, t’as pas l’âge de fumer, t’as pas l’âge que je te grimpe ».Yeah
    T’en veux encore ? Didier semble inépuisable dans le registre je te choque et je m’en fous. Viendra les « Hitler qui font carrière », la capote explosée avec un pétard (« Hey, ch’ais pas ce qui se passe à Arles, mais devant la salle, j’ai trouvé un paquet de clopes avec une capote pleine à l’intérieur »… Il la noue autour d’un pétard qu’il balance dans la salle et puis il lance « v’la, t’as trois jours pour te faire dépister pour savoir si t’as pas le sida »). Plus tard, il y aura encore la canette de bière sabrée avec la guitare n’arrivent pas tout de suite.



    Voilà, ça dure une heure et demie, trois rappels en plus, ce qui nous fait 1 heure trois quart à fond les ballons. Pour son dernier rappel, il revient avec un chapeau en carton et un serpentin. On pense évidemment aux clownerie de Béruriers Noirs, mais on pense aussi que l’homme met en scène sa propre condition d’artiste livrée au public pour le distraire…

    Evidemment, avec le recul, on se souvient surtout de ces moments « théâtre de rue » plus que des chansons. Mais les uns ne peuvent être séparés des autres tant ils forment finalement un tout cohérent. Ainsi, Didier n’est pas un con qui chante mal. C’est juste un mec qui fait ce qu’il veut. Et ce qu’il veut, c’est dire ce qu’il pense. Alors, voilà, lui, il pense qu’y a des biens, que les caniches, c’est laid, que les pauvres, y sont vraiment trop lâches, que certaines meufs devraient arrêter de se la péter, qu’il faut rallumer les fours pour les fachos, qu’il n’y a pas assez d’handicapés pour occuper toutes les places de parking bleus, qu’il y a beaucoup de cons finalement… En gros, c’est ce qu’il pense… Et en gros, on peut pas être contre…


    Signature : Stéphane Sarpaux
    le 14/03/2007
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