Quatrième édition à laquelle nous assistons (sur 5, pas trop mal non ?) de ce bien beau festival de fin août qu'est Rock en Seine. Cette année son affiche paraît certes un peu moins sexy que d'habitude, un peu plus suiviste, voire un peu moins dense (puisque cela dure désormais trois jours). Quoi qu'il en soit quelques moments de vacances en plus, deux ou trois têtes d'affiches inédites, trois jours de paix et de musique, avec présence de boue certifiée et averses possibles, et enfin un séjour entre amis à Paris... ça ne se refuse pas !
On arrive sur le site au son de Rodeo Massacre qu'on a objectivement pas suffisamment vu pour en juger - Pierre ayant posté sur ce site des chroniques très différentes de celles-ci, elles les complèteront très bien notamment pour ce groupe. C'est donc Dinosaur Jr qui ouvrira le (Headbanger's) bal ! Ce combo mythique remonte aux sources du grunge (souvent crédités comme gros inspirateurs de Nirvana, avec leurs cousins des Melvins).
Comme le chanteur de ceux-ci, le gratteux a désormais les cheveux gris et n'entend probablement plus rien depuis des années à force de jouer, juste devant 6 amplis Marshall empilés, d'énormes riffs saignants et lourds pour accompagner les cris et les coups de boutoir de ses collègues. Mais leur rock très saturé et graisseux, parfois métal, est plutôt plaisant pour s'échauffer les esgourdes - au moins sont-ils les premiers à avoir joué, et en power trio comme il se doit, ce que les Foo Fighters s'échinent depuis à refaire à 4, et pas forcément aussi bien. Bon début donc !
C'est la troisième fois en un peu plus d'un an qu'on revoit l'écossais Mogwaï qui, contrairement à ce qu'affirmait lundi un de ces fameux torche-culs gratuits qui polluent nos villes et nos cerveaux, ne joue pas du rock "mollasson" (#@ù^$ !!...) mais un post-rock sauvage et beau à sa manière - loin dans les décibels, vrillant et vibrant, physique ! Ce qu'on peut certes facilement ne pas comprendre, surtout si on le découvre en plein jour et avec un son assez mal réglé comme ce vendredi... Bref Stuart Braithwaite et sa bande nous font physiquement souffrir (surtout la batterie, dont on sent qu'elle nous décolle un peu plus la plèvre à chaque toucher...), y compris sur la pourtant superbe Friend of the Night qui en ressort quelque peu déformée.
Travel is Dangerous souffre également du traitement qu'inflige Stuart à sa pauvre guitare, à 4 pattes, mais le plaisir s'instille tout de même peu à peu sur Auto Rock et d'autres titres des deux derniers albums. Et puis le son doit être meilleur un peu plus loin de la scène. Au formidable Glasgow Mega Snake final, on est bien obligé de se souvenir pourquoi on aimait tant Mogwaï sur scène comme sur ses formidables disques : c'est quand même un groupe de tels cadors... qu'on peut bien leur pardonner un concert mineur.
De toutes façon, une bière plus tard, on a rendez-vous dans un registre plus joyeux avec The Shins, dont le dernier album (le seul qu'on connaisse) est on-ne-peut-plus sympathique ! C'est d'ailleurs sur Sleeping Lessons et Australia (deux véritables Prozac sonores joliment boostés rock en live) que commence ce concert très, presque trop pro. Il est vrai que les types sont nettement plus agés que ce qu'on pensait : la voix juvénile du chanteur étant trompeuse, on n'imaginait pas ce quadra barbu qui semble tout droit sorti d'une quelconque administration kafkaïenne... Mais bon, la reconnaissance leur étant venue tardivement, c'est leur "first french festival ever" et ils ont l'intention d'en profiter !
Leur pop chaleureuse et plutôt rock'n'roll est en tout cas le cadeau idéal pour commencer à se salir sérieusement. Prenez une semaine de pluie, une grande pelouse, faites-y passer des engins de levage, puis lâchez-y quelques milliers de piétons, et vous obtenez des flaques marronnasse du plus bel effet visuel et olfactif, et de la boue gluante en quantité ! On patauge donc joyeusement au son de la jolie Phantom Limb et autres bonbons sucrés, heureux que ce groupe tienne largement ses promesses en live ! Un dernier shoot de l'exubérante Turn on Me et l'on quitte la grande scène rassérénés : oui, il y a bien des groupes qui arrivent à régler leur son ici, oui, la pop joyeuse peut ne pas être sans intérêt (référence aux pénibles Sunday Drivers vus ici, et vite oubliés depuis !)
On rejoint alors pour la énième fois déjà, mais sans déplaisir, la bionique Emilie Simon, aujourd'hui en robe blanche. Le fait qu'elle soit en plein air, en plein jour convient particulièrement peu à sa musique (bien plus adaptée en intérieur intimiste pour profiter de la douceur de sa voix... et de son physique délicieux), d'autant qu'il y a beaucoup trop de monde pour s'approcher (vive les jumelles !). Le set est donc très orienté pop-rock : Storm's coming (il fait pas un peu trop doux pour les manchots ?), la très rythmée Never Fall in Love et la toujours classe reprise d'I wanna be your dog.
On aime toujours bien ses morceaux plus électro, comme Dame de Lotus et In the Lake, où l'on retrouve ses étranges instruments (le bol d'eau où l'on farfouille, le brassard à joysticks, l'orgue Theremin etc.), et enfin un peu de douceur avec Swimming, qui apaise jusqu'aux anglais déjà un peu éméchés (et donc braillards) qui semblent composer une bonne partie de l'audience cette année ! Une nouveauté et une reprise de Peter Gabriel ne resteront pas dans les mémoires, ni ce concert un poil bancal (puisqu'amputé du côté intime qui est celui que l'on préfère chez la miss). Un bon moment quand même, gageons que les néophytes auront envie de la revoir en de meilleures conditions !
De toutes façons il est temps de faire place à notre groupe de punk'n'roll en costume-cravates scandinave & débile préféré sur disque comme sur scène : "Ladies & gentlemen, please welcome... The Haiiiiiiiïïïves" ! Starring Chris Dangerous, Dr Matt Destruction etc etc... et surtout le puissamment horripilant - et néanmoins très drôle - Howlin'Pelle Allmqvist, chanteur bondissant, mégalo et braillard qui a le chic de vous hystériser une foule comme-qui-rigole. D'autant plus facilement que le son est ici meilleur qu'aux Eurocks où ca vrillait littéralement les oreilles...
Selon un malheureux concours de circonstance (sandwich gobé cul-sec + alcoolémie dépassant le point de non-retour + amis aperçus au loin nous faisant signe + musique décérébrante), on se retrouve quasiment tout devant ! C'est donc hélas en plein maëlström pogo - et les deux pieds dans la merde - que l'on assistera, enfin que l'on tentera de survivre aux furibardes Walk Idiot Walk, No Pun Intended, à la bien nommée Tick Tick Tick Boom, à la tuerie Die, All Right qui nous permettra de hurler (Diiiiiie !!!) comme des porcs (All riiiiiiigh'!!!!) dans leur porcherie, ce que nous sommes manifestement en train de devenir - nous nous retrouverons avec des taches de boue jusqu'aux oreilles à l'issue du concert.
C'est donc tout un tas de leurs titres binaires et bonnards qui se confondent en un gribouillis indéchiffrable sur mes notes : vraisemblablement leur collection perso de bombes à sous-munitions, soit dans un ordre approximatif : Hate to say I told you So, Main Offender, Two Timing Touch & Broken Bones ... Celle-ci sera d'ailleurs jouée pendant que je chercherai partout mon K-Way collector des Eurockéennes 2000. Envolé de mon sac qui s'est mystérieusement ouvert, ce vêtement s'est retrouvé - absolument dégueu - 10 minutes plus tard dans les mains d'un quidam tout devant que j'ai failli occire (comme il a prétendu qu'il ne voulait pas le voler, je lui ai laissé la vie sauve dans le doute !).
Pendant ces minutes pénibles, insensible à mon angoisse et comme à son habitude, le déplorable Mr.Allmqvist chante à moitié faux, harangue le public, se prend pour un dieu, grimpe aux montants de la scène ou dans les premiers rangs, sort de nouveaux titres de l'album à paraître (apparemment aussi stupides et parfaits que les précédents), ou dégaîne l'extraordinaire A.K.A. Idiot comme si ça n'allait pas aggraver encore l'espèce de baston qui se déroule sous ses pieds depuis le début (voir les vidéos par ailleurs au bas de cette page) bref, il nous rend complètement fadas. On ressort de là exsangues, aphones, hilares (surtout celui d'entre nous qui a touché une partie du chanteur) alors avouons-le : pour nous ce concert fut le plus jouissif de la journée, parole de festivaliers éméchés...
C'est donc du stand des rafraîchissements qu'on profitera du set toujours inspiré des 2 Many DJ's, déjà croisés en festival par le passé. Certes le deux deejays ne sont rien de plus que d'habiles bidouilleurs, leurs remixes ne sont même pas toujours très efficaces (car souvent très peu modifiés - un titre de Justice passé presque intact par exemple). Mais leur light show soigné et certains de leur mash-ups électrisent le public juste à point, comme par exemple un excellent match Rita Mitsouko vs Daft Punk. Au fait, profitons-en donc pour dire que les Hives n'ont jamais sorti de live en CD, mais que quelqu'un les a "accidentellement" enregistrés quand ils ont joué à Sidney en mars de cette année, et que c'est juste une tuerie totale (mais je ne vous ai rien dit...).
On retrouve pour finir ce bien joli vendredi, le meilleur groupe de rock du moment (comme on dit dans la presse spécialisée) pour la deuxième fois ici, et pour la troisième fois (!) cet été après Belfort et Nîmes : les orchestrales manoeuvres dans le sombre de The Arcade Fire ! Du coup plus grand chose à raconter, c'est comme s'il fallait raconter trois fois le même film, les mots finissent par manquer : superbe, foutraque, magique, entraînant, bouleversant même...
Ils déploient leur attirail d'instruments plus ou moins incongrus, leur orchestre bancal et anarchique en apparence, leurs chansons déglingués et finalement harmonieuses comme par miracle, et comme à chaque fois on envie terriblement les gens qui les découvrent, languissants sur Ocean Of Noise, pétaradants sur Rebellion (Lies) et fervents comme au premier jour sur Neighborhood I... Ces musiciens collectivement parfaits jouent (hélas) un peu toujours la même set-list : Keep the Car Running, No Cars Go, Haïti, NeighborHood 2, les très beaux titres de Neon Bible comme Black Waves/Bad Vibrations ou la vibrante et sublime Intervention ; ou encore Neon Bible et l'Antichrist Television Blues. Titres qui ont apparemment le chic d'agacer des athées bornés, comme si les musiciens chrétiens n'étaient pas parmi les plus fervents et les plus inspirés : voir les oeuvres totalement cul-bénites et pourtant ô combien passionnantes de Johnny Cash, David Eugene Edwards etc. !.
Bref, l'apothéose est comme chaque fois atteinte sur l'enchaînement triomphal NeighborHood 3 / Wake Up, lorsque les néons rouges passent au bleu et que Régine, Win, Richard, Marika, Kelly et les autres nous quittent, une fois de plus heureux et grisés, leur messe dite. Au final, de nos 4 concerts de ce groupe, celui concluant les Eurockéennes de Belfort 2007 reste tout de même le plus mythique, grâce à une pluie qui en avait fait un trip magique - il n'empêche, The Arcade Fire est un groupe qu'on espère revoir encore et encore à l'occasion de leurs futurs albums... On quitte le site ivres (et par là-même, à peu près ruinés) mais guillerets - l'expérience est concluante y compris pour ceux qui viennent ici pour la première fois !
Les divers endroits visités ensuite (soit deux lignes de métro et un fast food dévalisé à l'autre bout de Paris) seront par contre copieusement maculés de cette boue collante et nauséabonde si caractéristique du site et, il faut l'avouer, nettement moins photogénique que celle, plus ferrugineuse et donc d'un très joli rouge brique, des Eurockéennes de Belfort.
Rock N roll, Rodeo Massacre, Dinosaur Jr, Mogwai, The Shins, The Hives, Arcade Fire (Rock en Seine 2007) - 24/08/2007 - Rock En Seine Et nous voila à rock en seine, premier jour, de la boue par ci par là et une ambiance assez sympa (malgré un nombre impressionant de jeans slim, quelle horreur).
Rock N Roll :
groupe parisien, qui se la joue enormément, mais qui, malheureusement, a un chanteur de m**** ... de fait, même si les musiciens sont bons et si quelques chansons sont .../...
Et nous voila à rock en seine, premier jour, de la boue par ci par là et une ambiance assez sympa (malgré un nombre impressionant de jeans slim, quelle horreur).
Rock N Roll :
groupe parisien, qui se la joue enormément, mais qui, malheureusement, a un chanteur de m**** ... de fait, même si les musiciens sont bons et si quelques chansons sont potables, la voix du chanteur gache tout. Bref pas terrible. rock n roll : 2/10
on se dirige vers la plus petite scène pour aller voir
Rodeo Massacre :
un groupe francais-suédois qui a l'air pas mal. Mais une basse saturée, une chanteuse avec une frange immonde qui crie et des chansons pas terribles rende la chose pire que rock n roll... Rock en seine ne commence pas très très bien... rodeo Massacre : 1/10
On retourne alors sur la moyenne scène pour apercevoir
Dinosaur Jr :
des vieux papys qui jouent un rock lent et vieillot... ça passe mais bon... on s'éternise pas. Dinosaur Jr : 3/10
On se dirige alors vers la grande scène en esperant assister à un bon concert de
Mogwai :
mais la musique hypnotique servie n'est pas vraiment à notre gout et la basse est, encore une fois, saturée. Un moment agréable, doux, mais pas vraiment Rock... Mogwai : 3/10
Arrivent The Shins :
des chansons superbes, même si on a pas droit à A Comet Appears et à New Slang, un concert super, une ambiance s'installe, certaines chansons font bouger d'autres font rêver... Rock en Seine à vraiment débuté, vivement les Hives... The Shins : 6/10
Les 5 suèdois arrivent, et foutent le feu.
The Hives :
sont en forme, et allument un public conquis dès les premieres notes.
Un show savament millimétré (les suedois s'(arrettent pendant 40 secondes, tous immobiles) qui repose surtout sur la prestation scénique du chanteur, très charismatique et assez drole. Un concert à 100 à l'heure, on bouge dans tous les sens, un super moment. The hives : 7/10
Enfin, la tête d'affiche de la journée arrive,
Arcade Fire :
Les canadiens sont 11 sur scène et entame un superbe set, le public reprned tout en coeur, des frissons traversent la foule tandis que les canadiens changent d'instruments, leur musique fait mouche et l'instant est magique... On comprend pourquoi tout le monde veut les voir sur scène. Arcade Fire : 9/10
Première journée très réussie pour la cinquième édition du festival Rock en Seine, dans le toujours magnifique Parc National de Saint-Cloud… De 15h à 23h15 (transports en commun et voisinage obligent), il y avait sur les trois immenses scènes de quoi satisfaire le fan de musique avide de têtes d’affiche et de découvertes. En plus, comme à Woodstock ; des bains de boues étaient possibles pour les plus téméraires, la pluie du matin ayant imbibé le sol. Retour sur une soirée inaugurale de fort belle tenue.
Tout commence par le pire concert de la journée, celui des jeunes prétentieux de Rock & Roll, qui ne méritent définitivement pas leur nom prometteur… Encore une brillante découverte des Inrockuptibles, à peu près du niveau (pitoyable) de celle de Rock ‘n Folk, les Naast. Ici, tout est dans l’attitude, bravache, et dans le look, calqué sur celui de Pete Doherty et Carl Barât… Ne cherchez pas trace de morceaux corrects, de textes bien écrits ou de refrains bien chantés ; tout est joué scolairement, il manque l’essentiel, de l’âme et de la sincérité. Il ne suffit pas de pomper éhontément les Libertines en rajoutant quelques solos à la Keith Richards (même grabataire au dernier degré en 2007, il est encore meilleur) pour faire une musique pertinente. Rock & Roll le prouve de manière éclatante à chaque prestation…
Dizzee Rascal : à voir si l’on est fan de hip hop…
Juste après, sur la grande scène cette fois, Dizzee Rascal fait une belle démonstration avec son hip hop percutant, son flow imparable et ses lyrics moins cliché que ceux traditionnellement constatés dans ce style musical. Rien de révolutionnaire non plus, hein, mais un dJ et deux rappeurs qui croient en ce qu’ils font et qui arrivent de ce fait à faire bouger les kids. Dommage que les Arctic Monkeys ne soient pas présents en backing band sur quelques morceaux, les collaborations entre Dizzee Rascal et le chanteur des singes de l’arctique étant plutôt marquantes, et rock. Le rappeur anglais fait partie des artistes à voir si l’on est fan de hip hop…
Rodeo Massacre : un mélange épicé entre pop sixties, rock garage et soul.
Comme Rock & Roll, Rodeo Massacre pourrait énerver : se looker de manière aussi voyante, en prenant la pose de surcroît, sans oublier d’aller chercher une chanteuse suédoise ultra sexy, est un peu osé pour un jeune groupe français. Sauf que là, les morceaux tiennent la route et font la part belle à un mélange épicé entre pop sixties, rock garage et soul. Chaque titre semble être une reprise de Screamin’ Jay Hawkins, ce qui est signe de qualité, non ? Très rapidement, on constate avec joie que le top model qui officie au micro a un joli brin de voix dominatrice, à la Chrissie Hynde des Pretenders, voire à la Karen O des Yeah Yeah Yeahs. Tant est si bien qu’aucune envie de massacre ne nous traverse l’esprit… En revanche, ce serait mentir de dire que la perspective d’un petit rodéo en chambre avec la blonde vocaliste ne nous a pas effleuré, mais c’est une autre histoire…
Dinosaur JR : de nature à électriser n’importe quel amateur de grunge rock.
Première tête d’affiche de la soirée, et pas n’importe laquelle s’il vous plaît, puisqu’il s’agit carrément des mythiques Dinosaur Jr, croisement dévastateur entre les Stooges et Sonic Youth. Bien sûr, l’âge a fait son oeuvre : le batteur Murph est chauve et corpulent, Jay Mascis ressemble à une vieille sorcière indigne à cheveux longs (ça fait beaucoup, je sais… ) et Lou Barlow est roudouillard, mais qu’importe : les titres joués pendant 40 minutes (c’est bien peu) sont de nature à électriser n’importe quel amateur de grunge rock. Et ce malgré un son proprement infect (trop de basse, trop de batterie) au début du set. On reconnaît à peine un des deux titres signés Lou Barlow sur le nouvel album du groupe : c’est une véritable bouillie sonore que déverse les dinosaures sur le public. En se concentrant un peu, on trouve néanmoins le moyen de prendre son pied en (re) découvrant Freak Scene, Just like heaven (des inestimables Cure) et de nombreux vieux titres réjouissants (Out there, Feel the pain…) . La pédale fuzz mélangée à la wah wah et les hurlements étranglés de Jay Mascis sont un véritable régal quand ils rencontrent Murph défonçant ses fûts et Lou moulinant sur sa basse… Ce dernier pousse d’ailleurs lui aussi la chansonnette de temps en temps avec force hurlements, ce qui ajoute au bonheur d’être là devant ce groupe important. Espérons les revoir rapidement dans une salle, avec un meilleur son…
Changement radical quelques instants plus tard, avec le set court, intense et très beau des français de Hey Hey My My… Au menu : son bien réglé et adapté à la country pop folk cultivée et accrocheuse du groupe. Prenant une tonalité plus rock sur scène, les très bons morceaux composés par Hey Hey My My permettent de passer un très agréable moment en face de la scène de la cascade. Voix superbes, harmonies vocales au cordeau, guitares électriques et acoustiques complémentaires et rythmique bien en place, pas une faute de goût ne sera constatée : à la fin du set, on a très envie de dire que c’est la grande classe !
La craquante M. I. A., son dj et sa choriste danseuse sculpturale ont permis de fantasmer en rêvant de savoir bouger son corps, le temps de quelques de morceaux qui tabassaient sévère… Chorégraphies de strip teaseuses en chaleur, feulements orgasmiques, grosses basses booty et électro hip hop musclé et clinquant, tout cela nous a donné des idées lubriques et des projets de danse pas très catholiques sur un dance floor... ou plus sérieusement dans un lit. Ah , c’est malin !
The Shins : de mini symphonies pop potentiellement universelles.
Certes, il aurait mieux valu les voir dans une salle intimiste avec un son moins énorme, mais les Shins ont, à l’occasion de leur premier festival en France, démontré que leurs mini symphonies pop étaient potentiellement universelles. Sur l’immense grande scène, devant une foule considérable, les très peu extravagants américains (vestimentairement et dans leur attitude, normale) ont fait très forte impression avec une set list composée uniquement de tubes aux mélodies irréprochables. Porté par une voix de Brian Wilson éternellement juvénile et des harmonies vocales et chœurs façon Beach Boys, les compositions des Shins sont hors du temps et bien au-dessus de la mêlée pop actuelle. Malgré une attitude réservée et un peu timide, c’est un véritable bonheur de voir ce combo sur scène délivrer autant de mélodies graciles, aventureuses et insidieuses… Souhaitons leur un parcours triomphal à la Arcade Fire, un groupe auquel ils peuvent être apparentés compte tenu des vertus euphorisantes de leur musique, quasi magique.
The Hives : c’est « le magic de les Hives !!!!! » qui opère.
Toujours aussi énervés, explosifs, crâneurs et doués, les Hives ont offert un concert simplement parfait aux afficonados de punk rock mâtiné de pop. Comme le dit si bien le chanteur hystérique de ce groupe suédois ne tenant pas en place : c’est « le magic de les Hives !!!!! » qui opère. Un son titanesque (beaucoup mieux réglé qu’aux Eurockéennes), des tubes en-veux-tu-en-voilà, quelques inédits à paraître sur le Black and white album à venir sous peu - dont l’irrésistible et évocateur Tick tick boom - et le tour est joué : on hurle, on se tortille comme un (aka) idiot et l’on ne peut décrocher ses yeux de la scène, à la recherche des moindres facéties de Nicolaus Larson, le guitariste fou, ou de Pelle Almqvist, le chanteur branché sur le 220 volts, toujours à la limite du faux (mais c’est ça qui est bon !). Avec la forme – on a très envie de dire olympique - qu’il tient, on devrait encore entendre parler de ce combo démoniaque pour très longtemps… Ce groupe là, les Hives, c’est vraiment de la dynamite sur scène. Aucune raison donc de ne pas être d’accord à 100% avec le chanteur des Hives (qui se déclare d’ailleurs lui aussi d’accord avec lui-même !) quand il s’esbaudit devant les multiples qualités de son combo.
La soirée était donc déjà réussie avant l’arrivée de la tête d’affiche, , de retour après un concert mémorable ici même il y a deux ans. Mais, comme à chacune de leurs apparitions scéniques, les dix Montréalais ont tout emporté sur leur passage avec leur invraisemblable répertoire en forme d’ascenseur pour le paradis. Des morceaux saisissants de beauté et racés, un son carrément divin, des arrangements de cordes et de cuivre stratosphériques, des voix et des chœurs à pleurer de bonheur, des guitares vrillantes, des instruments et des micros passant de mains en mains : tout cela donne le tournis, et l’on se sent presque voler grâce aux tourbillons d’émotions provoqués par Arcade Fire. Les compositions extraites de Neon Bible et Funeral emmènent le public dans un monde à part… Un monde étrange, mystérieux, à la fois clair et sombre, gai et triste, désespérant et plein d’avenir. L’assistance, conquise, applaudit à tout rompre, chante avec le groupe et même entre les morceaux : Arcade Fire triomphe encore une fois et obtient un rappel amplement mérité. Du grand art, malgré un set très proche de ceux donnés à Belfort et Lyon cet été.
Souhaitons que les deux autres soirées de Rock en Seine 2007 soient aussi belles que celle que nous venons de vivre ! Le programme du samedi et du dimanche (à consulter sur le site du festival) est en tout cas plutôt alléchant...
>> Réponse (le 25/08/2007 par jerome) J'étais aussi à ce concert et rien que pour Mogwai, je suis content d'y être allé. Un groupe peu causant mais quelle .../...La suite