La veille, on avait aperçu le très bronzé et coquet (mais beaucoup plus vieux que sur ses photos de presse)
Bernard Lenoir sur la plage après
Nouvelle Vague en train de féliciter Camille et Mélanie pour leur concert, nous empêchant ainsi de faire de même… En ce 15 août qui s’annonce radieux, on décide donc de passer la journée à la plage avec le secret espoir de bronzer, puis de devenir une vedette autorisée à parler avec les stars, comme notre ami Bernard.
Après une journée à lézarder,
Mojave 3 constitue une entrée en matière idéale pour lancer une soirée à la fois pop et rock. Très laid back,
Neil Halstead et son groupe (sans
Rachel Goswell, restée aux USA) délivre un set de country folk pop souvent lancinant mais toujours captivant. Comme sur ses disques solo (
Sleeping on roads) et avec son groupe (
Spoon and rafter) l’influence tutélaire de
Neil Young se fait sentir chez
Neil Halstead dans la manière de placer sa voix, comme dans les instrumentations ultra roots (country folk à souhait). Ce concert restera en mémoire comme un bon moment...
Dans un style plus rock mais toujours très pop, les Belges de
Girls in Hawaii ont confirmé leur statut de groupe promis à un bel avenir que vient de leur conférer leur excellent premier disque,
From here to there sorti cette année. Ravis de jouer à Saint-Malo devant un public français qui les apprécie à leur juste valeur, les très bon musiciens qui composent
Girls in Hawaii ont pu à loisir (et avec le sourire) présenter leur univers où la pop, la folk music et le rock plus rentre dedans se côtoient (très) harmonieusement.
Malheureusement, juste après le passage des Belges, la pluie se met à tomber de manière continue.
Blonde Redhead délivre un très beau set, envoûtant et intriguant du début à la fin, à l’image de son dernier
disque,
Misery is a butterfly, et de sa prestation aux Eurockéennes de Belfort, cette année. Malgré tout son talent, le groupe américain ne peut rien contre les éléments déchaînés qui le poussent à abréger sa prestation, les éclairs ayant fait leur apparition dans le ciel.
Trempé jusqu’aux os, on s’imagine que l’annulation est inévitable et qu’il va falloir dormir dans une tente transformée en baignoire en hurlant « Blues Explosion » tout seul, la loose totale… Et puis tout à coup, un miracle : on réussit dans un premier temps à se mettre tant bien que mal à l’abri et l'on croise des amis avec un nombre très conséquent de jetons bière à boire avant la fermeture anticipée du site.

Photo Erwan www.volubilis.net
Longtemps après, deuxième miracle, la pluie se calme et le concert de
Dionysos commence dans une atmosphère électrique, alors que peu de temps auparavant, on pensait que le festival était définitivement fini. Les spectateurs qui n’ont pas fui devant les éléments sont remontés comme des pendules et bien décidés à finir la soirée en beauté. Mathias et son groupe sont, eux aussi, surexcités, et donnent tout, dès le début du concert. Comme à
Sédières quelques jours plus tôt, le combo tout de noir vêtu impressionne par sa puissance et son envie de jouer, intacte. Mathias se livre à son passe-temps favori, la nage sur le public. Mais la pluie reprend de plus belle, et on n’a toujours pas mis la main sur un k-Way, c’est malin. Et là, troisième miracle, une charmante jeune fille nous propose son fantastique poncho en plastique. Après avoir enfilé avec difficulté ce qui ressemble à un énorme préservatif jaune - la capuche faisant office de réservoir -, on se prend à vouloir faire l’amour avec tout le monde dans la boue, une drôle d’idée qui nous semble particulièrement sérieuse sur le coup. La fin du concert de
Dionysos est toujours aussi mémorable et fracassante que les autres fois où on a vu le groupe sur scène… Le nouveau morceau joué au ukulélé par Mathias, quant à lui, promet un nouvel album bricolo et réjouissant, comme d’habitude.
Le public, toujours aussi énervé, au moins pour les premiers rangs, a ensuite droit à une remarquable prestation de
Blues Exposion, le groupe de
Jon Spencer (guitare, voix gorgée de bluuuuuues)
Russel Simins (batteur explosif) et
Judah Bauer (guitariste nonchalant mais au jeu acéré). Sous une lumière bleue du meilleur effet, le groupe enchaîne les titres inédits à paraître sur son nouvel album et ses anciens incunables. A part un titre calme et plutôt soul, les nouveaux morceaux de
Blues Explosion sont dans la lignée des titres du
Jon Spencer Blues Explosion : gorgés de blues crade, de rock cinglant et de punk garage. Même s’il est plus statique que Matthias de
Dionysos,
Jon Spencer est en bien meilleure forme qu'au
Printemps de Bourges 2002 et délivre son lot de hurlements lubriques et de riffs rouillés au public ; comme
Judah Bauer ne trahit pas sa réputation de
Keith Richards tirant la gueule mais décochant des notes coupantes et que
Russel Simins se livre à un furieux pilonnage de ses fûts, la fin de soirée s’avère très réussie… On regagne donc notre tente, très en joie, avec des riffs et des cris pleins la tête.
Le lendemain, après un arrêt dans le superbe port de Cancale, on prend l’autoroute du retour, sur les rotules, mais l’esprit léger. Alors qu’on s’applique à respecter scrupuleusement les limitations de vitesse pour éviter de prendre l’autoroute de l’enfer, un Espace arborant un logo Radio France nous dépasse à 150 ou 160 km/h : sacré
Bernard Lenoir, il essaie encore de rattraper le temps perdu - sans doute pour rejoindre au plus vite Paris plage -, en bon Parisien toujours pressé.
A lire également : une
interview de Mathias de
Dionysos en 2002, ainsi que les comptes rendus des soirées du
vendredi et du
samedi à la Route du Rock 2004.
Sites Internet :
www.laroutedurock.com,
www.blues-explosion.com,
www.mojave3online.com,
www.dionyweb.com.