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Daft Punk + The Strokes + Two Gallants + Arctic Monkeys + Dionysos & Synfonietta + Anaïs + Malajube (Les Eurockéennes de Belfort 2006)

Presqu'île de Malsaucy, Belfort   30 juin 2006

  Concert à ne pas manquer

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    Excellent cru 2006 pour les Eurockéennes de Belfort : les trois jours passés sur la presqu’île de Malsaucy ont permis de papillonner entre les énormes têtes d’affiches (en quantité plus réduite que l’année précédente) et une foule de petits groupes prometteurs. Un cocktail savamment dosé et carrément explosif. Le tout sans une goutte de pluie, avec un soleil radieux et dans une atmosphère bon enfant… Que demander de plus pour fêter le début de l’été ? Voici le compte-rendu de la journée du vendredi 30 juin 2006…




    Anaïs :

    Depuis son succès foudroyant, Anaïs a le « droit » de se produire sur les grandes scènes, un endroit pas forcément adapté à son Cheap show se dit-on avant son concert… Mais dès le début de son set, on se rend compte que ses morceaux fonctionnent auprès du public, quel que soit le type de scène. En proposant un show quasi identique à celui des découvertes du Printemps de bourges 2005 et à une première partie triomphale de Louise Attaque à la Coopérative de Mai, la pétillante marseillaise a littéralement conquis son auditoire…




    Malajube :

    Juste après, et pendant que les Deftones détruisent consciencieusement l’appareil auditif de leurs (nombreux) fans sur la grande scène, les Canadiens de Malajube délivrent un show pop/rock frais et insouciant sur la Plage. La musique débridée et joviale de cet étrange combo rend heureux. Pourtant il n’y a rien de révolutionnaire et les paroles en français sont d’une naïveté incroyable, mais la température caniculaire et l’atmosphère bucolique incitent à l’indulgence.


    Two Gallants :

    Délivrée sans fioritures et avec belle ferveur, la musique rugueuse et épurée du duo américain Two Gallants est un véritable régal, pour qui apprécie la folk music, le blues et le rock façon White Stripes. La formule scénique est la même que le duo formé par Jack et Meg White (une guitare électrique + une batterie, et c’est tout !) mais la musique est moins saturée et plus boostée par une batterie ultra virulente. La voix rauque du chanteur et les morceaux bien écrits sont les « petits » plus qui emportent l’adhésion de l’assistance, sous le charme.






    Arctic Monkeys :

    Ensuite, il faut courir pour voir la fin de la prestation des superstars anglaises du printemps : les Arctic Monkeys. On arrive sous le chapiteau sur leur tubesque I bet you look good on the dance floor, pour constater que le groupe est plus en jambes qu’à Bourges. Est-ce le nouveau bassiste ? le look cheveux longs/marcel du chanteur ? ou l’hystérie du public ? Mystère ! Toujours est-il que les titres s’enchaînent comme dans un rêve, sans qu’il soit possible de déceler une quelconque baisse de régime. Ces gamins ont décidément la classe.




    Dionysos & Synfonietta :

    Après les avoir quittés survoltés sur la scène de la Coopérative de mai à l’occasion de la dernière soirée (très réussie) du festival Europavox, c’est accompagnés par un excellent orchestre (la Synfonietta) que l’on retrouve les membres de Dionysos à Belfort. Toujours aussi excités, bien sûr… Mais la sauce punk n' blues bruitiste est cette fois-ci relevée par des arrangements de très haute tenue : les cordes et les chœurs de l’orchestre donnent une ampleur insoupçonnée à la plupart des morceaux… On se croirait presque dans un film de Tim Burton, avec une bande son signée Danny Elfman. Et ce n’est pas la coupure de courant (et je coupe le son a dû se dire un sonorisateur !) qui empêchera la réussite de ce concert... Qui se termine par une longue séance de 100 mètres nage libre sur public aussi convenue qu’impressionnante.




    The Strokes :

    Nonchalants et poseurs, les Strokes le sont indéniablement sur scène, mais ils sont surtout les maîtres incontestés pour enchaîner sans coup férir plus d’une heure de tubes absolument imparables. Malgré une batterie et une basse parfois trop mixées en avant, le groupe de Julian Casablancas a fait étalage de son talent unique pour jouer à la perfection ses morceaux en forme d’hymnes punk pop ‘n roll. Emmenée par un chanteur dont la classe vocale ne cesse de surprendre (il surpasserait presque l’inatteignable Lou Reed dès qu’il s’agit de sonner désabusé et sexxxxxxxxy !), la troupe n’a plus qu’à affûter ses instruments pour donner vie à une sorte de best of des années 2000. Comme les guitares s’enchevêtrent admirablement et que la section rythmique est tout simplement géniale, on oublie que le bassiste ressemble à un videur de boite russe, que les guitaristes évoquent Duff MacKagan (des ridicules Guns ‘n Roses) et un Jimmy Page en blanc, avec guitare sous les aisselles (ouch !) ; même si le combo est relativement statique, on se trémousse, on chante d’une seule voix avec ce groupe dirigé par un sosie du regretté Joey Ramone, quand il est à contre jour. Incontestablement, ça méritait d’attendre cinq ans pour assister à un tel concert des Strokes !




    Daft Punk :

    Puis la soirée se termine en apothéose avec une prestation brillante de Daft Punk, qui propose un best of live truffé de montées et de descentes aussi électroniques que rock… Bien planqué derrière leurs accoutrements de robots, les deux frenchy mondialement connus triturent leur répertoire anthologique avec délectation semble-t-il (ils dodelinent de la tête). La qualité du mix proposé, la puissance des morceaux (à une ou deux exceptions près) et la scénographie pharaonique – une pyramide et une architecture métallique mitraillées par un light show démoniaque) – sont de nature à rendre n’importe quel être humain complètement dingue. Et c’est ce qui se produit à grande échelle, avec une immense foule dansant et hurlant pendant la totalité du set. Les guitares synthétiques, les bidouillages électroniques, les voix vocodérisées et les beats en folie s’entrechoquent frénétiquement, atteignant une acmé jouissive sur le titre Da funk. Ce n’est qu’après la dernière note du dernier morceau – Human after all – qu’on redescend sur terre. A grand peine !






    A lire également, les chroniques des journées du samedi 1er juillet et du dimanche 2 juillet.



    Site Internet : www.eurockeennes.fr.

    Signature : Pierre Andrieu
    le 05/07/2006
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