Samedi 7 juin C’était la deuxième soirée du Festival Seconde Nature qui a pour credo de « faire la part belle à la découverte entre musiques électroniques, arts numériques et autres curiosités culturelles ». Tout un programme !!
Autant le dire de suite c’était le rendez vous de la branchitude marseillaise et aixoise. « The place to be ». Quand je suis rentré dans la Cité du Livre d’Aix en Provence, j’ai capté de suite de nombreux visages déjà aperçus dans des soirées au Cabaret Aléatoire ou au Hush Hush. Et comme d’habitude, j’ai eu la même interrogation, ces gens sont ils malheureux ? Aucune folie, ça crie gentiment, ça danse tranquillement et ça passe le plus clair de son temps à boire et à fumer (voire sniffer).
D’un autre côté la programmation qui semblait si intéressante était finalement assez décevante.
Je suis arrivé un peu tard et je n’ai pas pu voir le premier groupe Battant qui selon les échos n’était pas franchement au top.
Je rage par contre d’avoir vu seulement quelques minutes de Chloé. La faute à une organisation un peu surprenante de la part du Festival. Ou comment ils ont annoncé qu’il n’y avait plus de place en vente alors qu’en réalité il en restait plein. Petit coup d’esbroufe de ma part pour accéder au guichet et problème résolu pour mon pote qui m’accompagnait mais une perte de temps qui m’aura fait rater une artiste plutôt renommée dans le milieu electro. Je la connaissais essentiellement pour son titre Sometimes et son dernier album The Waiting Room.Sur ce que j’ai entendu, c’était une techno assez planante et sombre, minimale.
Elle était accompagnée pour l’occasion de Transforma pour un live audiovisuel présenté comme exclusif. Si ce collectif berlinois est décrit comme ayant une imagerie tordue et lumineuse, on ne peut pas dire que ce fut le cas sur ce que j’ai vu. Bien sur j’ai raté l’essentiel aussi je ne peux pas donner un avis totalement objectif. Mais à voir le public se diriger poliment vers le bar il me semble que je n’ai pas raté la performance du siècle.
Le temps d’un changement de set et l’artiste suivant prend place. Il s’appelle Robert Henke alias Monolake. Il est berlinois lui aussi. C’est à peu près tout ce je peux dire sur lui tant la minimale répétitive et aliénante qu’il nous a servi m’a ennuyé. J’en ai profité pour me balader dans le site et essayer de voir « les curiosités culturelles » annoncées. Pas grand-chose à signaler hormis quelques écrans passant des images en boucle sur fond musical et un homme exécutant une chorégraphie de style contemporain à poils dans une bulle en plastique.
Il ne reste plus qu’une solution boire, fumer (quoi !! je me transforme en branché mélancolique moi aussi… au secours, help me!!) et attendre l’évènement de la soirée et sa seule satisfaction, j’ai nommé :Miss Kittin.
Oui l’égérie de la scène techno electroclash est bien là pour un set de 3 heures!!!
Pour résumer rapidement l’electroclash, c’est un mélange de techno, de pop, de new wave très influencé par le rock et le punk. C’est le cas notamment dans l’utilisation de la voix pouvant être à la fois agressive ou glaciale et dans les paroles qui décrivent un univers assez sombre et désabusé. Bref la joie de vivre !!!
Pourtant c’est un set énergique et plutôt dansant que nous a livré la Miss. Elle a commencé par envoyer quelques morceaux de son deuxième album I Com comme l’énergique Requiem for a hit ou l’envoûtant Happy Violentine. Le public bien plus concerné semble conquis. Sa voix est plutôt jolie en live et c’est manifestement un atout car cela permet d’étoffer son set sans le rendre rébarbatif. Sa présence était aussi l’occasion de jouer son dernier opus, Batbox. le côté electro pop revival année 80 (qu’on entend un peu partout en ce moment) a un peu disparu laissant place à des arrangements plus sombres, plus lourds. Le titre de son album n’a d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom. On se laisse emporter, on danse, on plane. Mais malheureusement, on commence aussi à fatiguer. Il est quasiment 5h du mat’ et je me rends compte que je suis en mode danse automatique. Je pense aussi que je dois me lever dans 3h30 et qu’il est temps pour moi de partir malgré l’artiste clôturant la nuit, Sarah Goldfarb qui n’est autre qu’un homme !! Ce dj est décrit comme faisant de la « minimale syncopée » et de la « techno exigeante ». Je sais qu’il a pas mal tournée dans le coin notamment au Hush Hush mais je ne sais ce que ça donne. Avis aux connaisseurs.
Une soirée inégale donc. Quelques bons moments mais aussi quelques déceptions par rapport au lieu et à la programmation. Ce n’était que la 2eme édition du festival, rendez vous l’année prochaine car il y a le potentiel pour en faire, à l’avenir, un évènement electro important pour la région.