L'affiche de cette soirée proposée par
NON E POSSIBILE au
Trolleybus (voir interview
ici), rendait hommage à 2 pères fondateurs et acteurs "piliers" de la musique électronique hexagonale et du turntablism, connus sous le nom de
MANU LE MALIN et
DEE NASTY. La communication autour de l'évènement était pourtant claire : 2 légendes, 4 platines, no comment...Eh bien oui, des commentaires, il y en a et ils ne manqueront pas de superlatifs.
La soirée commença dans un Whiskybar surchauffé par la très bonne prestation de
DJ YOUZ du collectif marseillais
TORSION, officiant dans un registre funky breaks, big beat, voire même dans des sonorités hip-house à l'anglaise.
C'est aux alentours d'1h du matin, que les 2 complices susnommés, surexcités par l'ambiance et définitivement décidés à prendre le controle des platines, lancèrent leur premier assaut vinylique. Ce fut un prologue magistral composé d'electro-funk-hip-hop "old school", ancré dans une sorte de voyage rétrospectif, nostalgique et extremement jouissif au bout des années 80. Breakbeats synthétiques, lignes de basse ultra funky, chants vocodés et "flows" hip-hop, le tout soutenu par des scratchs assassins, exercice dans lequel excellent nos 2 protagonistes. Le son de la ZULU NATION d'AFRIKA BAMBAATAA par excellence!!!
Ensuite, les sonorités se sont transformées petit à petit pour "flirter" avec le big beat et la hip-house made in UK, rappelant la scène de Brighton et le son de la Boutique, cher à FATBOY SLIM. Les rythmes et les basses, se durcissant de plus en plus, le mix lorgnait alors du coté du breakbeat massif et sans compromis, teinté de quelques attaques de guitare, non sans nous rapeller l'EBM et le rock industriel.
Ce fut l'entrée en matière idéale pour enchainer un set electro-techno mené par
MANU LE MALIN "himself" et l'occasion pour
DEE NASTY de s'octroyer une pause bien méritée. Cette digression débuta avec une galette de THE HACKER et s'enchainèrent alors quelques tracks acid comme le mythique "Humanoid" de STAKKER HUMANOID, puis des morceaux techno avec de grosses basses à l'efficacité redoutable.
La tempète sonore terminée, DEE NASTY vint rejoindre son acolyte pour redémarrer une session electro-hip-hop "old school" mais aussi plus actuelle qu'on pourrait qualifier d'electro-booty ou de crunk. A ça, venait se greffer quelques bootlegs et quelques accapellas empruntés à RUN DMC, BEASTIE BOYS, KRS ONE, OLD DIRTY BASTARD et meme au célèbre "Makossa" de MANU DI BONGO.
L'épilogue fut marqué par un délire total de MANU LE MALIN allant d'APHEX TWIN "Come to Daddy" à BERURIER NOIR "Salut à Toi", malmené et destructuré façon "mash-up" par les effets de boucles ou de délai de la table DJM 600! (le must dans le domaine, à mon sens). La toute dernière galette fut KOOL SHEN "IV my People", venant cloturer 5 heures d'un "battle" entre virtuoses marathoniens. La conclusion d'un voyage éclectique balayant un très large spectre de musiques électroniques allié à une technicité incroyable.
Chapeau messieurs!
Photos
Ludi Vice