Ancien batteur de Billy Ze Kick, passé dans l'art de mixer rock garage, soul sauvage et noisy pop. Il est par exemple connu pour avoir mélangé Noir Désir et les Doors ou plus improbable : U2 et Diam's.
Cassius, DJ Zebra, Ultra Orange - 26 Octobre 2007 - Fiesta des Suds - Marseille Il fait plutôt frais ce vendredi soir pour un concert en extérieur. On espère tous que les beats de Cassius nous feront oublier que ça pince un peu.
La Fiesta des Suds donc, toujours fidèle à elle .../...
Il fait plutôt frais ce vendredi soir pour un concert en extérieur. On espère tous que les beats de Cassius nous feront oublier que ça pince un peu.
La Fiesta des Suds donc, toujours fidèle à elle même, a encore déversé une montagne d’invitation pour cette soirée ou l’on cherche le Sud. Car Ultra Orange, DJ Zebra et Cassius n’ont rien de bodega, de caliente, de saudade ou de rumba cha cha cha. Bref, on est loin de la world music et de l’esprit Fiesta mais bon, comme entendu de la bouche du directeur sur France Inter quelques jours auparavant : « on est toujours au sud de quelque chose » . Alors …
Je ne m’attarderais pas trop sur Ultra Orange, pour la bonne et simple raison que je ne m’y suis pas trop attardé ce soir là. Du gros rock assez sympa mais manquant furieusement d’originalité. L’attraction du groupe, c’est la très sensuelle Emmanuelle Seigner, qui danse comme une poule de luxe, mais qui chante comme un poulet à la dioxine. Dommage, car sa belle présence est gâchée par ses limites vocales qui nous rappellent nos pires soirées Karaoké. Bref, ça ne décolle pas.
Une petite biere à 3 € et l’on se fait alpaguer sur la grande scène par un fou furieux déguisé en Dark Vador et parlant comme un animateur de NRJ. C’est DJ Zebra, un espèce d’allumé branché sur le secteur pendant 2 heures, loin mais alors très loin des DJ autistes que l’on a l’habitude de voir. Zebra, il kiffe la musique et c’est tout une époque qu’il mixe et remixe : Nirvana, Mano Negra, NTM, Blur, Dakt Punk … Le garçon a une pêche hallucinante, il chante, il joue de la guitare, se roule par terre, se jette dans le public et surtout, surtout … ne se prend pas au sérieux. A vrai dire, on dirait un type qui tripe dans sa chambre avec 4000 personnes qui le regardent. L’ambiance est brulante, d’autant plus que Zebra est venu accompagné de Leeroy (de Saian Supa Crew) et de Anis pour assurer le show. Le final est hallucinant : un mix de « antisocial » de Trust et de « Qu’est-ce qu’on attend ? » de NTM qui débouche bien les portugaises et remet les idées à l’endroit. DJ Zebra restera vraiment le moment fort de la soirée.
Parce que la suite est un ton en dessous. En terme d’émotions, je veux dire, parce qu’en terme de décibels, Cassius écrase tout sur son passage. L’idée est alléchante : de l’electro, de la bonne dance made in Cubase adaptée au live avec 7 musiciens. Nombreux sont ceux qui ne s’en sont pas remis lors de leurs précédents concerts. Ca commence fort d’ailleurs avec deux morceaux bien rythmés mais pas trop bourrins, dont l’excellent «Toop Toop» en version longue. La mayonnaise du live avec les deux chanteurs prend mais rapidement, le groupe vire sur du lourd, du dur dès le 3ème ou 4ème morceau. Cassius, ça devient le mur du son et c’est parfois presque inaudible. Bref, votre serviteur, par ailleurs père de famille fatigué et non drogué, ne tiendra pas jusqu’à le fin.
Reste donc un souvenir mitigé de cette soirée, sauvée quand même par un DJ Zebra dont l’enthousiasme renverse tout sur son passage. Réagir à cette critique
Affluence raisonnable de 7 à 8000 personnes ce soir pour la fermeture de la Fiesta (soit paraît-il trois fois moins qu'à l'ouverture qui a effectivemet dû être un enfer). Après avoir fait les files d'invitations (c'est de bonne guerre), on entre tout juste sur le site quand le Mr Loyal de l'Oustau présente les Oaï Star sous l'autoroute. Pas le temps de souffler, faut se jeter mais bon, on s'avance facilement dans une foule pas trop dense. On avait déjà fêté dignement avec eux le dernier album au Balthazar il y a quelques mois, on les retrouve avec plaisir - artistes talentueux, drôles et sympas, Lux Botté & Gari Greu mettent encore une fois le feu aux poudres, malgré un son pas tout à fait assez fort : de la batterie, oui, de la voix, certes, mais de la guitare, guère...
Au début, festival de quand : du rock pour Quand on arrive ou Quand je chante, de la valse pour Quand j'étais minot... et puis du sérieux (Sarko a débarqué le lendemain, c'était prémonitoire) avec la punk-drôle Bravo mon papa. Une que je ne connaissais pas, It's Ok (sauf la fin, encore un riff pompé sans vergogne chez Metallica), puis l'inévitable reggae du Vin et du Boucan où Lux officie au mégaphone, on prône le culte du Destructeur d'horodateurs ou du Voyager intelligent mais quand faut y aller, Faut y Aller, il est temps de pogoter et d'exploser Comme un Fumigène, décidément leur meilleure même sans Manu Théron.
Un début blues annonce The Ballad of LB & GG toujours bien marrante (même si l'ASSE a mis une sacrée branlée à l'OM dernièrement, on se comprend), puis le riff (Black Math) de Jack White retentit pour un remix : J'ai vu les Wampas (ça rime avec "le son était dégueulasse") où, évidemment, il va falloir s'accroupir et bondir (c'est chromosomique chez ces deux types) pour un pur moment de délire, surtout quand la scène est envahie par le public.
Final sur l'air de "On met le oaï partout" pour bien rappeler la parenté, et les voilà partis, pas longtemps (le public pousse des rugissements menaçants) : retour sur un reggae un peu plan-plan à mon goût, mais final comme il se doit en pogo festif pour And I Smoke marijuana ev'ryday. Au final un concert très agréable et entraînant, avec un son moyen mais une énorme énergie pour le compenser : dans le registre punkaïoli, ils sont toujours au top !
Bon point, ils ont pensé à conseiller aux gens les sublimes Cowboys From Outerspace, groupe à la notoriété confidentielle... à part d'un public spécialisé de couturières marseillaises, et de gens un peu partout dans le monde qui les reconnaissent à leur juste valeur : celle du meilleur trio garage du vieux continent, ni plus ni moins.
Et eux, bordel de Zeus, ils ont un son énorme quoique réglé comme pour jouer dans un camion frigorifique, et déjà moult fois vanté sur ce site. Sapé tout en noir, notre classieux trio Pop/Wray/Cash local est quand on arrive déjà en train de ramoner des cages à miel à grands coups de riffs rageurs, de basses telluriques et de coups de boutoir.
Le drâme est qu'on ne connait généralement pas le titre de leurs chansons mais la mécanique est bien huilée : à un pogo assourdissant (exemple, Mary Jane) succède un rock'n'roll démentiel (exemple I Love you luna), puis un punk-rock sauvage (genre Motorhead feat. Johnny Thunders, pour situer), un truc lent sur un gros riff dégueu à la Link Wray, et enfin un truc garage lancinant et explosif qui vous ferait grimper au plafond... et on recommence le cycle !
Autant dire que ces "ancêtres" comme ils disent parfois (alors qu'ils ont à peine l'âge de Jeanne Calment à eux trois) et leurs instruments vintage (ah, cette vieille Gretsch rouge, quelle classe) mettent des fessées à toute la bande de garagistes phocéens poseurs ou rockeurs qui les a suivis, et qui en redemande - ils sont pour partie dans le public ce soir, et venus exprès ! Comme souvent, le climax est atteint à mon goût sur You choke me up, terrifiante et fascinante, une tuerie (et dire que tout ça s'écoute sur cowboysfromouterspace.fr ...) !
Puis pendant que Michel tente de décoller son pantalon de ses jambes et que Basile tire vainement sur sa clope éteinte depuis longtemps, Henry déchaîne une nouvelle fois les enfers pour un punk-rock garanti 1977 - on sort en titubant, heureux et sourd. Bon point pour l'organisation, le hangar à sucre a tenu bon à cette apocalypse sonique et ça, ça équivaut à toutes les commissions locales de sécurité de la terre.
On rejoint donc l'autre groupe historique de la soirée, les Wampas qui ont eux aussi fait accroupir tout le monde (il semble que j'ai raté un bon moment). Il s'avère assez vite que l'intérêt de ce groupe tient surtout à l'énergie inépuisable de son charismatique Didier, fringué intégralement en jaune poussin. Je ne suis pas fan de leur musique, qui va du slow dégueu (prétexte à crowd surfing sur chaise plastique) au rock'n'roll braillard qui fait Eh eh eh eh eh (prétexte à mettre les bras en croix tel un Johnny "Optic 2000" Hallyday chantant Gabrielle).
Point positif, la guitare assez pimpante (rose avec un chat Hello Kitty dessus) qu'il empoigne quelque fois, comme pour Manu Chao, excellent moment il faut bien l'avouer malgré un son limite bof (décidément, c'est le thème de la soirée !).
Ca fait quand même limite Richard Gotainer par moments, mais la musique n'est qu'un prétexte : ce qui amuse Didier Wampas (qui est le roi et a inventé le rock'n'roll, rappelons-le), c'est surtout que ses musiciens fassent de longs ponts musicaux, comme ça il peut se balader sur ou dans la foule, escalader les gradins, chanter Kiss Kiss pour que les filles et les garçons se ruent sur lui.
On est presque lassés quand le groupe reprend les choses en main : Où sont les femmes enchaîné sur Petite fille ça c'est bon ! Puis retour à un slow dégueu avec un max de reverb, et l'ex-punk s'en retourne dans la foule, dans le but de monter emmerder les VIP (qui l'ont bien mérité), et finir grimpé dans la tour son au fond.
Le concert, certes très sympathique (c'est plus un show, en fait) se finit, sans toutefois nous avoir donné envie d'acquérir toute l'oeuvre des Wampas en vinyle ...
Au son des Tontons Flingueurs, ayant fait sa soirée on s'en va flâner un peu sur le site, entre l'excellente cuisine du Palais de l'Inde et les sympathiques éditeurs de l'Ecailler du Sud, la zone vestige de l'ancien Dock (et son affreuse petit bar à vin bondé qui a survécu on ne sait comment), les cinq dernières minutes du groupe Zong (les intrus de la soirée, à revoir pour juger).
Pendant ce temps, le sympathique DJ Zebra dont on a toujours bien aimé l'imposante production de bastard-mixes, présente d'anciens (Noir Désir vs Chemical Brothers) et de nouveaux bootlegs (Katerine vs Boney M, Daft Punk vs Big Soul) assez inspirés, à un public qui s'amuse et danse nombreux dans la bodega. Il est toujours aussi excité et transmet une sacrée énergie à un dance floor tout acquis à sa cause.
Pour conclure, force est de reconnaître que deux bonnes soirées (celle du slam de Vibrion et Grand Corps Malade, et celle-ci) nous ont réconcilié, non pas avec l'organisation mais au moins avec le lieu de la Fiesta des Suds : quand la jauge en est maîtrisée, cet endroit est vraiment idéal pour profiter de la fin de l'été indien, d'autant que la programmation y était à la fois surprenante et séduisante. Finalement, on reviendra peut-être l'an prochain (y'a que les idiots qui ne changent pas d'avis ...)
En bonus : le making-of de cette chronique (exclusif !) :
La ruda, dj zebra - 17 décembre 2005 - Derval, salle des fêtes Je n'avais pas vu la Ruda depuis quelques années, et je suis un peu décu, surtout par le fait que les cuivres ont quelques perdus leur place, mais sinon, quand même pas mal dans l'ensemble. Vient .../...
Je n'avais pas vu la Ruda depuis quelques années, et je suis un peu décu, surtout par le fait que les cuivres ont quelques perdus leur place, mais sinon, quand même pas mal dans l'ensemble. Vient ensuite dj zebra, et la, que se passe-t-il ? apparament, il est complètement défoncé, montre sa bite, et se vautre sur ses platines avant même de commencer a jouer !! Son set est bien préparé, ce qui lui permet de courir partout sur la scène et dans le public, qui apparament trouve ca marrant !! la bière et le punch volent sur les platines a chaque gorgée bue !! dj zebra fais le show micro a la main " mother fucker", "yeah", "wouh", il se met torse nu, se pince les tétons, et s'écrit sur le torse avec un marqueur !!! c'est la première fois que je le voyait, n'ai-je pas eu de chance ??? Je n'ai pas parlé de musique encore, je sais, et je n'en parlerais pas concernant cette personne, même si il y avait eu une prestation de qualité, son attitude est vraiment irrespestueuse envers les organisateurs, et les gens qui payent leur place !!!!!! Réagir à cette critique
La Phaze (DJ Zebra) - 08 novembre 2005 - Poste à Galène - Marseille Ayant déjà aperçu à Belfort puis vraiment vu à Paris le trio de La Phaze en concert cette année, je n'en attendais pas de surprise majeure : leur formule efficace punk+jungle=pungle, dansante et .../...
Ayant déjà aperçu à Belfort puis vraiment vu à Paris le trio de La Phaze en concert cette année, je n'en attendais pas de surprise majeure : leur formule efficace punk+jungle=pungle, dansante et jouissive, fait fatalement passer un bon moment au public. Par contre suite à la chronique de Pierre Andrieu (très méchante et drôle comme il sait les faire quand il n'aime pas), j'étais curieux de voir le public que draîne le groupe sur son nom seul : effectivement pas mal de jeunes. Enfin pas mal, façon de parler : il y avait grosso modo 80 personnes hier soir, vraiment pas foule (à croire que le groupe n'est pas encore totalement un phénomène - y compris au lycée ou à la fac). Il est vrai qu'un mercredi soir, sans voiture, si on habite pas au centre de Marseille on est baisé pour rentrer...
Pour chauffer un peu la salle, un certain DJ Zebra passe des disques dont certains qui amusent l'oreille (un curieux remix dub de Gomm par exemple) : il s'amuse bien et n'empêche pas de boire des coups, c'est l'essentiel.
(Après coup j'ai découvert mieux l'oeuvre de DJ Zebra contributeur essentiel au style de la bastard pop ; c'est par ici)
Les trois bonshommes arrivent peu à peu, le temps de s'en jeter une au bar et les voilà sur scène à régler leurs instruments. Dès leur entrée en scène ils posent une belle ambiance, ayant l'élégance de ne pas remarquer que le public est clairsemé (ou de bien faire semblant).
Quoi de plus pénible en effet qu'un groupe qui se plaint du manque de foule et harcèle le public présent ! Cela dit c'est leur première à Marseille, c'est normal que ce soit modeste (Pirlouiiiit peut témoigner que -M- a bien commencé ici-même et devant beaucoup moins de monde). Alors non, chez La Phaze on est pas fier : s'il y a que 30 ou 40 kids à fond devant la scène, ils ont quand même droit au même concert que 2 ou 3000 personnes en festival ! Un chanteur-synthé-basse, un guitariste et un DJ... il manque un (très bon) batteur pour donner un peu plus de chaleur aux beats jungle parfois un peu mécaniques, et ce sera parfait.
De toutes façons c'est une pure tuerie punk (sans doute issue du premier album) qui ouvre le set, suivie de près par D&B show et Nouveau Défi. Bîen sûr la diction impeccable du chanteur lui permet de ratisser large : incursions dans le hip hop avec un gros rap à la Beastie Boys, retour aux sources punk-Béru avec la puissante Rien à Signaler, dédicacée aux petits agités qui nous rappellent actuellement leur existence en mettant le feu aux banlieues.
A ce stade tout le monde danse ou au moins se dandine, emporté par l'irrésistible ragga-jungle d'Inside my brain... un problème technique est signalé mais qui n'empêche pas de continuer sur un rap-jungle (en fait La Phaze fait tout en "-jungle", c'est sa force et sa faiblesse, selon qu'on aime ou non !), lui-même enchaîné à Rude boy et sa basse puissante, puis à Scott et son riff bête et méchant à la Body Count... Et enfin le fatal manifesto Assaut final, qui nous permet de faire des promesses à caractère sodomital à l'adresse de notre bien aimé Ministre de l'Intérieur (oui c'est bête mais ça fait toujours plaisir).
Encore une chanson pungle dédiée au club que monte La Phaze sur Internet et, juste après nous avoir dit qu'ils en avaient pas fini avec nous, ils quittent la scène (ce qui fait un peu bête, je trouve). Evidemment c'est pour mieux revenir... à la demande des kids le chanteur exécute une partie d'une chanson qui doit s'appeler Tatiana a capella, ce qui ne sonne pas mal du tout. Puis un Dangerous Dub, version longue, plage réellement musicale et qui permet de se détendre un peu (évidemment ils n'ont pas amené Mouss & Hakim).
Une autre ragga-jungle, et voici venir la fameuse double reprise des Stooges* qui conclut les concerts : Police on my back (un peu brouillonne) enchaînée avec I Fought the Law (plutôt classe, elle). Et voilà un bon concert bien troussé, en 1 heure et 20 minutes. Saluons encore une fois le plaisir sincère de La Phaze à jouer ici un mercredi, ainsi que leur professionnalisme, souhaitons-leur bonne route et laissons Mr Zebra terminer la soirée. Je pense que le bouche-à-oreille aidant, La Phaze a un bel avenir scénique devant elle...
La Phaze + DJ Zebra - 27 octobre 2005 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Total respect, camarade !
"A chaque concert, La Phaze se déleste un peu plus des contraintes, ouvrant à la terre entière le fameux pungle style, mixage détonant de jungle, drum&bass, .../...
« A chaque concert, La Phaze se déleste un peu plus des contraintes, ouvrant à la terre entière le fameux pungle style, mixage détonant de jungle, drum&bass, free jazz et énergie punk carnassière. Hybride végétal d’électro à haute teneur acoustique, de dance à vraies guitares, le trio nantais n’hésite plus entre rock et dub, et défend cette singularité rarissime aux côtés des hérauts contemporains. Rencontré au pied des bastions irréductibles du Larzac, Manu Chao a plié vite fait ses bagages pour le Brésil en emportant La Phaze sur une dizaine de concerts. Vers la Ville Rose, autre terre colérique, Hakim et Mouss n’ont pas hésité à rejoindre le trio en studio, ponctuant d’un vrai coup de gueule à la Zebda le très attendu Fin de Cycle, nouvel album. Engagé dans l’ultime combat, celui des vérités et de l’humanisme triomphant, citoyen d’une planète altière, La Phaze noie sa plume dans la musique politique, sans leurre ni faux-semblants, dernière arme connue avant l’étouffement des consciences. Sur la partition, le propos s’intensifie et s’électrifie, acide et brutal. Pour que cathodique, médiatique et économique ne riment plus avec méthodique. » Voilà la biographie du groupe nantais La Phaze (tellement juste qu’elle est reprise telle quelle dans le programme de la Coopérative de Mai), on peut la trouver également sur le site Internet www.laphaze.com. Vraiment alléchant et surtout, total respect pour l’invention d’un style musical (carrément !), ainsi que pour les collaborations « prestigieuses » avec Mouss et Hakim (auteurs avec Zebda de Tomber la chemise, une chanson qui, à défaut de changer le monde, a quand même révolutionné les troisièmes mi-temps entre rugbymen électeurs de Jacques Chirac… ) et surtout Manu Chao (alias M. J’empoche le pognon en France et je vais faire le tour du monde avec mon beau chapeau péruvien)… Je dirais même plus, ça donne grave envie d’aller teufer avec La Phaze, tout en réfléchissant à l’avenir du monde capitaliste et à une possible insurrection contre ce dernier, attention ! Direction le club de la Coopé donc, le jeudi 27 octobre 2005.
Ça déchire tout (enfin, surtout les oreilles)
Après une intro reggae/dub assurée par DJ Zebra, La Phaze arrive sur scène et c’est le kif total. Ça déchire tout ! Comme brillamment décrite dans la bio, on découvre une musique originale, des textes puissamment revendicatifs qui n’oublient pas d’être finement écrits et une énergie qui tue sa race. Quelques esprits chagrins (et sans doute mal informés) déclaraient avant le concert, qu’à la place de La Phaze, on pourrait recevoir à la Coopé Arcade Fire, Andrew Bird, Sébastien Schuller, The Raveonettes, Antony and the Johnsons, The National, CocoRosie, Devendra Banhart ou encore Elysian Fields… Wah, les gros bâtards de leurs mères ! Ils veulent de la pop, de la folk music, du rock où on comprend même pas les paroles (La Phaze, on arrive parfaitement à voir où ils veulent en venir au moins, ils se mettent au niveau du public, eux), avec des musiques toute molles et, en plus, non inspirées par le rock alternatif avec ouverture d’esprit. Comment tu veux pogoter et slammer sur ces trucs là ? C’est super chiant ! Alors qu’avec les bombes présentes sur le très brillant Fin de cycle, franchement, on peut se défouler, mais en pensant aussi bien aux OGM qu'au développement durable, et sans omettre de pousser des coups de gueule contre le Medef et Nicolas Sarkozy, bien sûr… Et oui, ils sont comme ça La Phaze, aussi audacieux dans leurs revendications (personne n’ose dire du mal de Sarko dans une salle de concert, c’est du jamais entendu ça) que dans leurs morceaux légèrement inspirés par Bérurier Noir, Bob Marley (ou Yannick Noah, c’est pareil putain), la jungle, Nique Ta Mère, le porte feuille de Manu Chao, le Sergent Garcia (qui nous casse les burnes depuis Long time) et les penseurs/activistes/fêtards toulousains de Zebda.
Sérieux, je kiffe ma race
Et ouais, La Phaze en live, c’est puissant, ça donne la pêche et l’envie de se révolter contre cette société de merde, mais après avoir préalablement acheté le disque quand même (faut pas déconner non plus, hein). Comme ils l’avaient si bien fait sur le plateau du Larzac avec Manu Chao - le chef de tous les rebelles aux poches bien pleines qui n’hésitent pas à monter en première ligne alors que ça nuit à leur carrière -, les trois inventeurs du Pungle Style (sic) n’attendent pas un seul instant pour mettre le feu au club de la coopé, très bien rempli par de jeunes qui kiffent grave le bon son (et ils ont bien raison, quoi). La recette est simple mais putain de novatrice : un guitariste dont l’instrument sonne comme sur les tubes de Billy Idol (Flesh for fantasy sur l’album Rebel yell, c’est de la merde peut-être ?) qui envoie (dans ta face, connard de popeux) des riffs ultra bien trouvés, un chanteur qui rappe ou gueule des textes pleins de sens et un DJ boîte à rythmes qui dégaine des skeuds qui retournent. C’est de la balle ! Ah, si y’avait pas ces gros lourds de vigiles pour empêcher les furieux de slammer continuellement ! On ne peut même plus être tranquille, chui vert ! « C’est ça l’oppression ! » aurait dit un autre révolté notoire, Thomas Boulard de Luke (rires). Où est passé l’esprit punk ? Fort heureusement, certains arrivent à passer entre les mailles du filet répressif, bientôt imités par les trois pois sauteurs de La Phaze et par DJ Zebra lui-même. Voilà des gens qui communiquent leur énergie et qui communient avec leur public sans démagogie, c’est pas comme ces groupes qui restent immobiles et qui tirent la gueule (comme ces nazes de dEUS, Piers Faccini, Troy Von Baltahazar ou 22 Pistepirkko, récemment aperçus dans les environs… ).
C’est trop la fête (du slip), ouais t’as trop raison !
Pas de répit avec La Phaze : les rappels défilent dans une saine ambiance de fiesta (mais revendicative, faut pas se tromper, hein) et tout le monde kiffe la bonne vibe avec son mec ou avec sa meuf… J’suis pas d’humeur à ce qu’on me prenne la tête moi, et La Phaze, ils prennent pas la tête, ils enchaînent les tubes, et ils mettent tout le monde trop d’accord : Nouveau défit, Assaut final, L’embardée fatale, Dangerous dub, ça tue trop sa mère ! Et à la fin, alors qu’on ne s’y attend pas du tout (mais alors pas du tout), ils reprennent de manière vraiment pas convenue deux titres des Clash (vous savez le groupe de Johnny Rotten et Sid Vicious) : Police on my back et I Fought the law. Franchement, c’est trop fort ça ! Et c’est pas fini : après un interlude musical, DJ Zebra revient enflammer les platines. Au début c’est pas super super : il mixe Iggy & The Stooges (Zebra a un t-shirt d’eux, mais on connaît pas ça, c’est le premier groupe de Jon Bon Jovi, non ?), Nirvana et Noir Désir (y’a trop de guitare, Zebra rocke trop… ) avec plein de trucs électro, pop ou R&B, ça donne des bootlegs pas vraiment top. Et puis fort heureusement, le chanteur de La Phaze vient danser et toaster sur certains morceaux et là c’est top classe, on en redemande ! Pris dans l’ambiance de fooooolie, DJ Zebra nous montre sa teub (normal, c’est un peu la fête du slip depuis le début de la soirée) ; ça aussi c’est surprenant et pas attendu, on n’est pas au bout de nos surprises, quelle soirée de feu ! Comme le signale le vocaliste de la tête d’affiche de cette soirée, c’est pas des balles que tire DJ Zebra, c’est des cartouches ! C’est trop vrai. DJ Zebra et La Phaze ont fait bouger la Coopé comme jamais : ça faisait l’effet de grands coups de ceinturons dans nos faces consentantes. C’était trop brutal mais c’était trop bon. Mais on aurait dû s’attendre à une soirée aussi hot car « A chaque concert, La Phaze se déleste un peu plus des contraintes, ouvrant à la terre entière le fameux pungle style, mixage détonant de jungle, drum&bass, free jazz et énergie punk carnassière. » Et oui quoi !