Vendredi soir même si nous devions partir assez tôt le lendemain (5h) nous sommes allés au concert à la MJC Mirabeau pour fêter la sortie du 203 barriers le nouvel album de Kill The Thrill, groupe mythique qui n'avait pas sorti de disque depuis quelques années. Ayant déjà séché le concert de la veille Gasolheads and co, on ne pouvait rater décemment celui ci aussi.
En première partie les Double Nelson qui nous avaient fortement impressionnés il y a déjà un moment au Balthazar. Ils avaient d'ailleurs décoré toute la salle de la MJC Mirabeau avec d'immenses draps peints de leurs monstres qui ornent en général leurs pochettes (sortes de shadoks cauchemardesques). Annoncé à 21h le concert à commencé à 22h et visiblement tout le monde s'y attendait puisqu'ils sont tous arrivés à 22h (dernière fois que je me dépêche). Sur scène ils étaient un de moins que la dernière fois, soit 2 : elle et celui avec les favoris. Les murs de la scène étaient couverts d'espèces de couvertures de survie argentée. Leur musique est toujours aussi surprenante, que ce soit guitare - batterie, basse - batterie, ou basse - basse. Lui a toujours son micro dans la bouche pour pousser ses mugissements et grognements. Elle "chante" la plupart du temps. Ca m'a fait un peu penser à Sonic Youth. Globalement j'ai quand même trouvé ça un peu long (et le son un peu fort). Je ne sais pas si c'est l'effet de surprise en moins ou le fait qu'ils n'étaient plus que deux (plutôt ça à mon avis) mais j'ai un peu moins apprécié. C'est tout de même un groupe expérimental unique à découvrir ...
Après une pause raisonnable ce fut le tour de Kill the Thrill c'est à dire : Nick au chant + guitare et Marylin à la basse rejoints par Fred (ex Tarif Réduit) à la guitare lui aussi. Ce qui m'a vraiment impressionné dès le départ c'est le jeu de lumière absolument impeccable (bien que simple) qui colle parfaitement à la musique (vraiment dégouté de ne pas avoir eu l'appareil photo adéquat). Dans un espèce de brouillard bleu diffus (un peu comme dans les fonds marins) on devinait Marylin et Fred. Nicolas surgissait au milieu immense éclairé par en dessous, droit comme tout avec sa guitare ... On aurait dit une sorte de messie ...
C'est incroyable cette métamorphose qui s'opère lorsqu'il est sur scène. Il a vraiment l'air tendu et torturé, voire tordu de douleur. Je ne sais pas de quoi ils parlent dans leurs morceaux, car il faut bien le reconnaître on ne comprend pas grand chose. En tout cas l'émotion, elle, est bien réelle et passe au public. Sur les bandes derrière eux la batterie mais aussi parfois des guitares !?! Le résultat est très prenant. Au niveau de la voix au début il m'a fait penser à Bertrand Cantat version Here it comes slowly, mais rien à voir au niveau musical.
Groupe vraiment à part qui depuis 12 ans "file son chemin imperturbable, absolument infidèle aux lois marketing" n'a pas fini de nous secouer et de nous plaire. Ils ont une puissance digne des grands groupes de métal ou de rock.
A la fin (et au début) Nick a remercié le public d'être venu aussi nombreux. Il avait l'air vraiment ému et intimidé ce qui était assez touchant.
Même si on a eu un peu de mal le lendemain, je ne regrette pas d'être aller à la MJC qui a décidément une programmation risquée (car en marge) et de qualité et qui souffre de son éloignement géographique ...