Jeudi 15 et Vendredi 16 février avaient lieu à la MJC Oullins les finales régionales du Printemps de Bourges. Avec huit groupes sur deux soirs, aux styles musicaux variés, les nombreux spectateurs ayant fait le déplacement y ont à coup sûr trouvé leur bonheur, la qualité ne s’étant démentie à aucun moment de ces deux soirées.
La soirée de vendredi s’annonçait totalement différente au niveau du genre musical, ce qui fut confirmé dès l’apparition sur scène d’Ethos. Ce groupe de rap-ragga interpréta une musique bien au point et synchronisée, même si elle semblait parfois un peu désordonnée. Peut-être était-ce dû au grand nombre de chanteurs présents sur scène : pas moins de huit ! Parmi ceux-là, certains apparaissaient rapidement comme dotés d’un bon phrasé et/ou d’une bonne voix. Le public réagissait plutôt positivement, particulièrement un groupe d’inconditionnels reprenant les refrains avec le groupe. Cependant, malgré toute leur bonne volonté, on ne pouvait s’empêcher de relever une énorme influence NTM marquant le groupe presque jusqu’à la caricature. La structure des chansons est un peu répétitive, mais efficace au point de vue rythmique. Quoi qu’il en soit, Ethos furent de dignes représentants de la scène rap lors de ces soirées.
La relève était assurée par Dub incorporation, un groupe de reggae-dub dans la plus pure tradition du genre. Très en place au niveau musical, le groupe perpétue la tradition reggae à travers ses textes, critiques et éducatifs, poussant à la réflexion. Dub incorporation n’hésite pas à varier les rythmes, poussant même jusqu’au ska. Dans une ambiance enfumée, et pas forcément à cause des cigarettes, Dub incorporation remporta une adhésion incroyable du public, qui demanda même un rappel quand le groupe quitta la scène, ce que les musiciens ne purent leur accorder.
Après le rap et le reggae, l’éclectisme de cette soirée se poursuivait avec l’arrivée de L’Oeuf raide. Il s’agissait d’un homme seul face au public avec sa platine. Alternant les sons et mélangeant les samples, il construisait en direct une musique électronique tendant vers le jungle expérimental, fusion de house, de techno, de jungle ou de hip-hop. Les morceaux se sont enchaînés devant un public attentif, mais enthousiaste lors des rares blancs séparant ceux-ci. Déclinant un style plutôt réservé aux amateurs du genre, L’oeuf raide était par la suite rejoint par un batteur, puis s’emparait d’une guitare pour le dernier morceau jouant par-dessus une musique électronique préprogrammée.
Le dernier groupe de ces deux soirées n’était certainement pas le moindre. Big Stick suscita en effet l’enthousiasme du public par sa musique électronique plurielle, interprétée par une violoniste, un bassiste et un batteur commandant également un sampler. Les deux instruments à cordes étaient dotés de multiples pédales d’effets, pour une plus grande variété de sons, se reposant sur un batteur-chef d’orchestre de talent, générant à lui seul assez de puissance pour faire danser une partie du public. Big Stick développait une ambiance mystique à travers sa musique, pourtant très rythmée. Le public était captivé et pris dans l’univers musical de groupe, sans aucun doute le plus créatif de ce vendredi soir.
En deux soirs et huits groupes, un large éventail de musiques a été proposé au public présent à la MJC Oullins. Et devant le talent dont tous ont fait preuve, il est certains que les délibérations ne seront pas aisées pour le jury. Rendez-vous le 27 février pour connaître le nom des vainqueurs.