Dans la grande famille des enfants (plus ou moins bien assumés) de Joy Division, le groupe Editors s'était déjà fait remarquer en 2005 par un très classieux premier album nommé Back Room, qui s'est avéré à l'usage vieillir bien mieux que ceux des un peu pénibles Interpol - que la .../...

Dans la grande famille des enfants (plus ou moins bien assumés) de
Joy Division, le groupe
Editors s'était déjà fait remarquer en 2005 par un très classieux premier album nommé
Back Room, qui s'est avéré à l'usage vieillir bien mieux que ceux des un peu pénibles
Interpol - que la presse avait désignés un peu vite comme nouveaux gardiens du temple mancunien de Ian Curtis. La force de l'album, outre des balades élégantes, résidait dans des singles mélancoliques, dansants et jouissifs tout à la fois :
Munich,
Blood ou
Bullets sonnent déjà comme des classiques vénérés par les fans, alors qu'Interpol a désormais plutôt la cote dans les bacs de solde...
Editors a par ailleurs cette force d'être immédiatement reconnaissable, certes grâce à la voix grave et nasale de
Tom Smith, mais surtout par les guitares vrillantes et aigües de
Chris Urbanowicz. Cet album est assez semblablement plaisant, distillant la même pop racée, toute triste et toute enjouée à la fois, avec de nouvelles bombinettes appelées par exemple
Bones, et surtout la disco-pop
The Racing Rats. Sans pour autant négliger de signer de sobres et touchantes balades au piano (
Push Your Head toward the Air ou
Well Worn Hand), qu'auraient certes aussi pu enregistrer les très inspirés
Sophia mais que
Matthew Bellamy n'entend même pas dans ses rêves les plus fous...
Et si par malheur ce genre de groupe (ou de voix particulière) vous agaçait sur disque - ce qui peut après tout être compréhensible, sachez simplement pour conclure que la révélation nous est venue en les voyant sur
scène où le groupe est tout simplement excellent !
(Play It Again Sam, 2007)