Déja 12 ans de régne sur la galaxie techno pour les soirées DRAGON BAL. La légende commença en 1994 avec le 1er bal du dragon et révèla des artistes de la scène électro hexagonale tels que MISS KITTIN, MANU LE MALIN, TONIO... bien avant leur consécration internationale. Reportage en direct de l'antre du dragon!
Pour cette édition 2006, le collectif FLAVOR, organisateur de l'évènement, avait choisi le Hall 6 du Parc Chanot à défaut des défunts Docks des Suds. La programmation artististique proposait de l'artillerie lourde avec des "grosses machineries" habituées au circuit international et autres festivals. 30 000 watts de l'excellent sound-system FUNKTION ONE (le son de La Fabric à Londres) venait contribuer aux hostilités pour le grand plaisir des 5000 ou 6000 personnes présentes. Une faune nocturne, colorée et variée composée de ravers, clubbers, fashion people, urban riders, cyber-punks avec de vraies iroquoises dressées avec de "la colle à bois", créatures "transgéniques" et fans de techno en tout genre, était venue pour célébrer cette grande messe électronique.
Le bal ouvrit avec la prestation DJ de KEVIN SCHERSCHEL, producteur français sur les labels Modélisme ou encore Indigo Inc (la structure discographique d'ELETRIC INDIGO). Malheureusement, je n'ai pas pu l'écouter mais de source sûre, on m'a dit que ça déchirait.
Ce fut ensuite au tour de l'incontournable ELLEN ALLIEN, fondatrice du label B-Pitch Control, de prendre les platines. La Berlinette débuta dans un registre electro-break aérien, subtil et suave car il est vrai qu'elle affectionne particulièrement les rythmes synthéthiques et syncopés. Son DJ set, prenait ensuite des couleurs plus techno minimale et acid-house, devenant ainsi beaucoup plus dancefloor. Jusqu'au fabuleux "Magma", titre phare de son dernier opus "Thrills", faisant crier une bonne partie de la foule. L'épiloque de sa prestation fut un pur bonheur entre sonorités electroclash, crunk et rythmes destructurés dans la plus grande tradition du label berlinois. Une prestation de la belle ELLEN ne vous laisse jamais indifférent.
Représentant également la maison B-Pitch Control, PAUL KALKBRENNER enchaîna avec un live-act d'une très belle facture. Dans une lignée minimal techno imprégnée d'acid-house et de sonorités trancey, l'allemand délivra un live d'une efficacité redoutable et communiquait manifestement son plaisir à jouer. Ce fut comme une montée collective de MDMA, d'ailleurs ce fut sûrement le cas!
Ces derniers temps, tout ce qui provient d'Outre-Rhin, serait-il obligatoirement certifié or? Dans le cas présent, avec ZOMBIE NATION, la réponse est oui. Florian Senfter, de son vrai nom, basé à Munich et producteur sur les labels Gigolo et Dekathlon entre autres, distilla une performance live remarquable et déjantée. Vêtu d'une veste de cérémonie militaire et masqué par une cagoule en cuir qui laissait dépasser des longues tiges de métal façon Slipknot, l'icônoclaste ZOMBIE NATION, délivra un son résolument electro-techno accompagné de son sampler-sequencer AKAI MPC 2000. Le moment fatidique étant la bombe "Money Talks", 3ème référence du label UKW, sortie en janvier.
Ensuite, JOHANNES HEIL, (eh oui encore un allemand, décidemment?!) reprit pour sévir avec un live manufacturé dans une usine d'acier trempé. Producteur sur différents labels dont Kanzleramt et membre du roster Cocoon Booking mené par le globe-trotter SVEN VATH, sa performance fut la preuve que le son de la scène germanique ne comportait pas qu'une seule facette. Ce fut un live avec un vrai travail sur l'architecture sonore, l'improvisation et l'expérimentation tout en conservant un certain minimalisme et un esprit dansant propre au mouvement techno.
Le point culminant en terme de puissance et de martellement rythmique, fut le DJ set d'ADAM BEYER. Pilier du label Drumcode, habritant des artistes ultra-percussifs tels que CARI LEKEBUSCH, OLIVER HO ou encore MARCO CAROLA, le suédois a un faible pour la techno radicale, puissante avec un pied massif à l'instar du hardbeat, cher au pionnier de Detroit qu'est JEFF MILLS. Tel un basketeur de la NBA, le physique athlétique du scandinave étant impressionnant, ADAM BEYER nous délivra une prestation suffocante en augmentant considérablement le BPM. Ames sensibles s'abstenir!
Après ce passage sans concession, KIKO, nous ramena vers des sphères plus orientées electro-club. Le co-fondateur de Hot Banana et membre de la célèbre écurie Goodlife, relâcha la pression et joua un son qui lui est propre entre electro et dark-disco. Une esthétique sonore idéale pour redescendre et que j'affectionne particulièrement. A noter dans sa playlist, le fabuleux "Flesh and Bone" signé par son complice THE HACKER Feat. PERSPECTS. Jouissif!
Le mot de la fin revenait à TONIO, qui ne joua guére plus de 30 minutes...La conclusion de cette soirée fut un hall d'exposition transformé en discothèque gigantesque pour laisser place à un joyeux bordel. Deux points négatifs me viennent à l'esprit : l'acoustique du hall qui est inadaptée aux musiques amplifiées et le prix élevé de certaines consommations (5 euros pour une petite bouteille d'eau!).
The Roots, Console, Radiohead, The Streets, Ellen Allien (Eurockeennes 2003) - 4 Juillet 2003 - Belfort Après un Marseille > Lyon > Belfort (7 heures de train quand même, putain c'est quand qu'ils ouvrent des lignes de tgv dans l'est ?) tranquillou, les choses se compliquent pour arriver au site même, la superbe presqu'île de Malsaucy uniquement joignable par des navettes, évidement pleines à craquer en cette fin d'après midi.
Du coup j'arrive un .../...
Après un Marseille > Lyon > Belfort (7 heures de train quand même, putain c'est quand qu'ils ouvrent des lignes de tgv dans l'est ?) tranquillou, les choses se compliquent pour arriver au site même, la superbe presqu'île de Malsaucy uniquement joignable par des navettes, évidement pleines à craquer en cette fin d'après midi.
Du coup j'arrive un peu en catastrophe sans avoir le temps de planter ma tente (choqe que je ferai vers... 5 heures du mat) et laisse mes affaires à la consigne sinon impossible d'y être à 20 h. Pourquoi un timing si précis ? Pour The Rapture bien sûr, le groupe postpunk new yorkais avec qui je gave tout le monde depuis plus d'un an, fort de leurs singles devastateurs et d'un album hypotique à paraître à la rentrée. Lorsque j'arrive, bla bla bla...intermittents, ouf me dis-je ils sont pas encore passé, mais en fait ils passeront pas du tout, 1ère annulation d'une bonne série (Peaches, Goldfrapp entre autres), mais certainement celle qui fait le plus mal, grosse déception pour commencer ces Eurockéennes qui s'avéreront heureusement très reussies malgré les quelques defections.
Sur la grande scène, THE ROOTS ont la lourde tache de préceder Radiohead et s'en sortent plutôt bien. Ca n'aura pas non plus été le concert hip hop de la décennie, car ils se révèlent excellents sur des morceaux comme "Thought at work", "The next movement" ou encore le tube "The seed" ils auront la facheuse tendance à ne jouer que des morceaux récents, pas forcément les meilleurs et à vouloir à tout prix séduire le public rock par des solos interminables et démonstratifs du genre "vous voyez les gars, on fait du rap avec des instruments yo ! " ou un medley Neptunien sympa mais dispensable. J'exagère c'était quand même très raffraichissant, avec des vrais bons moments, mais étant fan je m'attendais à mieux.
Changement de style à la Loggia (scène couverte mais plus restreinte) où il y a CONSOLE , un des side projects du chevelu Martin Gretschmann des Notwist et une chanteuse Miriam Osterrieder (avec un joli t-shirt moulant Interpol, mmm) qui illumine des comptines electro plaisantes sur disque et carrément dansantes en live : "Surfin Atari" et "Suck and run" par exemple, tandis que les titres purement instrumentaux sont un peu en roue libre et manquent de vie, à l'exception du classique de l'electroclash reconnu par tous, le robotique "14 zero zero". Très bon moment, qui nous fait dire, quelques heures avant la sublime Ellen Allien, qu'ils sont forts ces Allemands.
Tiens il n'y a absolument personne sur le chemin vers la grande scène, c'est silencieux au possible, les stands sont desertés mais que se passe t-il ? Ah j'entends une voix familière qui se lamente au loin, tout s'explique Thom Yorke et ses amis ont déjà commencé. C'est la 4ème fois que je vois RADIOHEAD, alors forcément leur prestation à Belfort n'est pas forcément la plus attendue en ce qui me concerne. Mais il faut bien avouer que l'enthousiasme incroyable autour ce ce groupe est justifié : c'était franchement pas mal, entre nouveaux morceaux comme "2+2=5" et "Where I end and you begin" qui prennent une ampleur impressionante, et pour faire plaisir aux "vieux" fans dont je fais partie les grands classiques de The bends et Ok Computer. Les éclairages étaient saisissants, avec un décor fait de néons sur lequel défilaient des animations ou le mot "forever" sur une chanson. Vu le monde qu'il y avait je pense que j'ai pas besoin d'en rajouter, si vous n'y étiez pas vous en entendrez forcément parler.
Enfin y avait également du peuple sous le chapiteau pour une des rares apparitions du so-british Mike Skinner plus connu sous le nom de THE STREETS, auteur d'un des albums clés de l'an passé, qu'il jouera en quasi intégralité accompagné d'un chanteur aux accents raggas, un bassiste et batteur très doués pour retranscrire les rhytmiques Uk Garage du disque. Si le début est assez poussif, il semblera plus occupé à décapsuler des bières qu'à ar-ti-cu-ler mais ça sera mieux ensuite, "It's gettin crazy" comme il repetera tout le concert, fort d'un paquet de tubes imparables comme "Don't mug yourself" ou ma préférée "Let's push things forward" couplée à un des plus grands titres de tous les temps qui l'a largement inspiré "Ghost town" des Specials. Un bon p'tit show bien carré, logiquement acclamé par le public qui en redemandait.
La soirée finit en beauté avec un choc comme j'en ai rarement ressenti, le mix de la "berlinette" ELLEN ALLIEN qui a mis des centaines de clubbers à genoux. Lorsqu'elle arrive avec sa petite mèche blonde c'est déjà le triomphe mais ce n'est rien comparé à l'extase provoquée par son set fracassant, avec des sons destructurés au possible, des clins d'oeil au public pop (deux morceaux de Bjork, un de Radiohead, et plus pointu l'incroyable "Me and Giuliani" des !!!, sans oublier le presque connu "Red hot car" de Squarepusher) et ses propres productions à elle, comme le vénéneux "Sehnsucht". Difficile d'en dire plus, c'est le genre d'experience ultime qui se vit plus qu'elle ne se décrit, c'est en tout cas un des sommets de ce festival, qui transfomera la Loggia en dancefloor chaotique et fera presque avaler la pilule amère de la fermeture à 4 heures du mat : plus de navettes pour aller au camping, je vous raconte pas la galère. Mais cette dernière heure et demi rêveuse donne envie d'écrire un hymne à la The Passions, pourquoi pas "I'm In Love With a German Deejay"...
The Roots, Console, Radiohead, The Streets, Ellen Allien (Eurockeennnes 2003) - 4 Juillet 2003 - Belfort VENDREDI 4 JUILLET 2003
Après un Marseille > Lyon > Belfort (7 heures de train quand même, putain c'est quand qu'ils ouvrent des lignes de tgv dans l'est ?) tranquillou, les choses se compliquent pour arriver au site même, la superbe presqu'île de Malsaucy uniquement joignable par des navettes, évidement pleines à craquer en cette fin d'après .../...
Après un Marseille > Lyon > Belfort (7 heures de train quand même, putain c'est quand qu'ils ouvrent des lignes de tgv dans l'est ?) tranquillou, les choses se compliquent pour arriver au site même, la superbe presqu'île de Malsaucy uniquement joignable par des navettes, évidement pleines à craquer en cette fin d'après midi.
Du coup j'arrive un peu en catastrophe sans avoir le temps de planter ma tente (chose que je ferai vers... 5 heures du mat) et laisse mes affaires à la consigne sinon impossible d'y être à 20 h. Pourquoi un timing si précis ? Pour The Rapture bien sûr, le groupe postpunk new yorkais avec qui je gave tout le monde depuis plus d'un an, fort de leurs singles devastateurs et d'un album hypotique à paraître à la rentrée. Lorsque j'arrive, bla bla bla...intermittents, ouf me dis-je ils sont pas encore passés, mais en fait ils passeront pas du tout, 1ère annulation d'une bonne série (Peaches, Goldfrapp entre autres), mais certainement celle qui fait le plus mal, grosse déception pour commencer ces Eurockéennes qui s'avéreront heureusement très reussies malgré les quelques defections.
Sur la grande scène, THE ROOTS ont la lourde tache de préceder Radiohead et s'en sortent plutôt bien. Ca n'aura pas non plus été le concert hip hop de la décennie, car ils se révèlent excellents sur des morceaux comme "Thought at work", "The next movement" ou encore le tube "The seed" ils auront la facheuse tendance à ne jouer que des morceaux récents, pas forcément les meilleurs et à vouloir à tout prix séduire le public rock par des solos interminables et démonstratifs du genre "vous voyez les gars, on fait du rap avec des instruments yo ! " ou un medley Neptunien sympa mais dispensable. J'exagère c'était quand même très raffraichissant, avec des vrais bons moments, mais étant fan je m'attendais à mieux.
Changement de style à la Loggia (scène couverte mais plus restreinte) où il y a CONSOLE , un des side projects du chevelu Martin Gretschmann des Notwist et une chanteuse Miriam Osterrieder (avec un joli t-shirt moulant Interpol, mmm) qui illumine des comptines electro plaisantes sur disque et carrément dansantes en live : "Surfin Atari" et "Suck and run" par exemple, tandis que les titres purement instrumentaux sont un peu en roue libre et manquent de vie, à l'exception du classique de l'electroclash reconnu par tous, le robotique "14 zero zero". Très bon moment, qui nous fait dire, quelques heures avant la sublime Ellen Allien, qu'ils sont forts ces Allemands.
Tiens il n'y a absolument personne sur le chemin vers la grande scène, c'est silencieux au possible, les stands sont desertés mais que se passe t-il ? Ah j'entends une voix familière qui se lamente au loin, tout s'explique Thom Yorke et ses amis ont déjà commencé. C'est la 4ème fois que je vois RADIOHEAD, alors forcément leur prestation à Belfort n'est pas forcément la plus attendue en ce qui me concerne. Mais il faut bien avouer que l'enthousiasme incroyable autour ce ce groupe est justifié : c'était franchement pas mal, entre nouveaux morceaux comme "2+2=5" et "Where I end and you begin" qui prennent une ampleur impressionante, et pour faire plaisir aux "vieux" fans dont je fais partie les grands classiques de The bends et Ok Computer. Les éclairages étaient saisissants, avec un décor fait de néons sur lequel défilaient des animations ou le mot "forever" sur une chanson. Vu le monde qu'il y avait je pense que j'ai pas besoin d'en rajouter, si vous n'y étiez pas vous en entendrez forcément parler.
Enfin y avait également du peuple sous le chapiteau pour une des rares apparitions du so-british Mike Skinner plus connu sous le nom de THE STREETS, auteur d'un des albims clés de l'an passé, qu'il jouera en quasi intégralité accompagné d'un chanteur aux accents raggas, un bassiste et batteur très doués pour retranscrire les rhytmiques Uk Garage du disque. Si le début est assez poussif, il semblera plus occupé à décapsuler des bières qu'à ar-ti-cu-ler mais ça sera mieux ensuite, "It's gettin crazy" comme il repetera tout le concert, fort d'un paquet de tubes imparables comme "Don't mug yourself" ou ma préférée "Let's push things forward" couplée à un des plus grands titres de tous les temps qui l'a largement inspiré "Ghost town" des Specials. Un bon p'tit show bien carré, logiquement acclamé par le public qui en redemandait.
La soirée finit en beauté avec un choc comme j'en ai rarement ressenti, le mix de la "berlinette" ELLEN ALLIEN qui a mis des centaines de clubbers à genoux. Lorsqu'elle arrive avec sa petite mèche blonde c'est déjà le triomphe mais ce n'est rien comparé à l'extase provoquée par son set fracassant, avec des sons destructurés au possible, des clins d'oeil au public pop (deux morceaux de Bjork, un de Radiohead, et plus pointu l'incroyable "Me and Giuliani" des !!!, sans oublier le presque connu "Red hot car" de Squarepusher) et ses propres productions à elle, comme le vénéneux "Sehnsucht". Difficile d'en dire plus, c'est le genre d'experience ultime qui se vit plus qu'elle ne se décrit, c'est en tout cas un des sommets de ce festival, qui transfomera la Loggia en dancefloor chaotique et fera presque avaler la pilule amère de la fermeture à 4 heures du mat : plus de navettes pour aller au camping, je vous raconte pas la galère. Mais cette dernière heure et demi rêveuse donne envie d'écrire un hymne à la The Passions, pourquoi pas "I'm In Love With a German Deejay"...