Je vais vous parler d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître, des temps anciens où la musique était le fait d'artistes et de musiciens, ou le sampling n'existait pas, et la musique se vivait profondément. Qu'est ce que ça vient faire ici ? Ce sont les premiers sentiments qui me viennent à l'esprit à l'issue d'un concert .../...
Je vais vous parler d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître, des temps anciens où la musique était le fait d’artistes et de musiciens, ou le sampling n’existait pas, et la musique se vivait profondément. Qu’est ce que ça vient faire ici ? Ce sont les premiers sentiments qui me viennent à l’esprit à l’issue d’un concert mémorable de la grande
Emiliana Torrini.
Comme elle est relativement inconnue du grand public, sachez en résumé, qu’elle est islandaise, née d’un père italien restaurateur, et qu’elle a commencé très tôt dans la musique par 2 disques de reprises, avant de la sortie de son vrai premier opus en 99. Ensuite, une participations au 2ème volet du Seigneur des Anneaux, suivi de
Fisherman’s woman en 2005, qui est bien accueilli tant par la critique que par le (petit) public. Et pour finir
un dernier album Me and Armini en 2008, ponctué d’une tournée dont Paris ce soir.
Je l’ai découverte par hasard - tard donc, mais nul n’est parfait - par le biais de Oui FM qui passait le single Jungle drum relativement souvent, et par enchainement, j’ai recherché le clip sur le net, découvrant au passage qu’il avait fait l’objet de la musique de Greys anatomy, et sans le trouver au final. Pas sûr qu’un clip existe en fait... J’ai donc acheté ce dernier album, et suis a la recherche des précédents.
Donc retour en arrière ce soir dans cette belle salle du Bataclan, lorsque la belle
Emiliana Torrini arrive sur scène, vêtue ce soir d’une robe rouge à l’ancienne, devant une scène qui semble presque tout droit sortie de l’imagination des imagineers de Disney. Une décoration minimaliste, essentiellement 4 lampadaires avec abat-jours qu’on croirait volés dans le Hollywood Tower hotel, les (fausses) toiles d’araignées en moins. Sur scène, c’est un bonheur absolu, d’abord parce qu’elle est bavarde, présentant chaque chanson d’une introduction sympa qui finit toujours dans la bonne humeur, jouant avec sa voix si particulière a faire des vocalises, avec une maestria certaine et impressionnante. Comme si ça ne suffisait pas, elle réajuste enter chaque morceau sa robe, ses sous vêtements, faisant claquer les élastiques, insolite, vous dis je jusque dans ses anecdotes sur ses collants, et tout plein d’autres choses, allant même à mimer de la techno.
Naturellement, dès que les morceaux démarrent, elle est concentrée dans sa chanson, se contentant de balancements d’une jambe sur l’autre, mais le public est tellement subjugué qu’il n’en a que faire. Ce soir, c’est de l’émotion au plus haut niveau, les musiciens sont absolument excellents, et le son est tout aussi remarquable. un ensemble parfaitement ajusté, millimétré, une maîtrise absolue. Et cette voix, comme on n’en fait plus, une perle de cristal dans le Bataclan, et si j’avais pu craindre de savoir ce que cela donnerait sur scène, mes doutes ont vite été dissipés. La marque des grands que de donner une âme aux prestations scéniques, et c’était vraiment le cas ce soir. Presque une heure et demie de magie pure, un enchantement, un ravissement absolus.
Elle est passée dans Taratata récemment me semble t’il, et pour découvrir outre l’incontournable Jungle drum, écoutez Big Jumps, Fireheads, Gun ou Lifesafer. En tout cas, les concerts sont d’une beauté renversante.
http://www.myspace.com/emilianatorrini
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