En 2008, deux ans après Krsko – Valencia, L'Enfance Rouge sortait Trapani – Halq al Waady sur le label T-Rec (les deux sont d'ailleurs disponibles au sein de l'incroyable coffret "intégrale des 5 ans du label"), un disque enregistré en compagnie d'une douzaine de musiciens .../...

En 2008, deux ans après
Krsko – Valencia,
L'Enfance Rouge sortait
Trapani – Halq al Waady sur le label T-Rec (les deux sont d'ailleurs disponibles au sein de
l'incroyable coffret « intégrale des 5 ans du label »), un disque enregistré en compagnie d'une douzaine de musiciens orientaux. En 2011
François R. Cambuzat (chant, guitare),
Chiara Locardi (chant, basse) et
Jacopo Andreini (batterie, cuivres) reviennent avec ce
Bar-Bari qui renoue avec le côté électrique décharné de leurs prestations scéniques où à trois il font autant de baroufle qu'à 12 ! En fait on retrouve dans ce nouveau disque pas mal de morceaux du précédent qui ont été « stripés » de tout ce qui n'était pas joué par le trio d'origine. Du coup même si on reconnaît quelques textes, le résultat est un disque complètement nouveau (les titres en question ont d'ailleurs été renommés). Dès les deux premiers titres le ton est donné. Sur
Perquisition,
François déclame, aboie, chuchote, sur un post-rock noise déchainé, tel un prêcheur annonçant l'apocalypse alors que sur
Grande Survie c'est le chant inquiétant de
Chiara qui nous donnera la chaire de poule sur un morceau calme et langoureux mais extrêmement tendu et noir (comme peuvent l'être certains morceaux de
Tue-Loup). Sur le suivant,
Gabes le soir on retrouve son chant frondeur à lui, à la
Dominique Sonic et ses chœurs à elle, désespérés à la
Gomm (dont il sont finalement très proche). La plus grosse surprise viendra du morceau suivant
Vengadores qui, alors qu'on s'imaginait qu'il allait toucher à sa fin, repart de plus belle avec la quasi intégralité du chant de
Tostaky (en VO) avec une orchestration qui s'y prête étonnamment bien. Après le superbe incantatoire et violent
wa ana lastou ouroubyyan (ce qu'aurait pu donner
PJ Harvey si elle avait été rock ?) et les faussement plus calme
Jadransko More avec ses « kalashnikov molotov » et riffs de guitare sanglants, et
Nada.Nothing.Niente.Garnicht.Rien où François ne se transforme en lover que pour mieux nous cracher le refrain au visage, nous finirons cette traversée turbulente avec ce
merde nous sommes presque morts reposant. Au fil de ces 40 minutes de déluge sonore on attrapera au passage des bouts de phrases qui restent en tête (
« plutôt que l'injustice nous préférons le chaos » …
« je crois que l'utopie est l'élément essentiel de notre intelligence » ...) qui sonnent comme autant de crédos pour ce groupe vraiment à part et donc indispensable !
2011 (
L'Enfance Rouge -
Wallace Records -
Les Disques de Plomb)