Eric Truffaz, ah, Eric Truffaz! Il y a des concerts comme ça, où on met plusieurs jours à redescendre tellement l'événement était grand.
Certes, il s'agissait d'un petit concert sans prétention devant peut-être un petit millier de spectateurs, mais dans un site superbe. Et lorsqu'il s'agit de musique, de "vraie" musique et de talent, de talent exceptionnel, c'est toujours formidable.
Pourtant, quand on voit arriver sur scène cet homme qui ne paie pas de mine (on pourrait même dire un homme quasi "acharismatique"), on se demande si on a bien fait de venir. Mais dès qu'il s'affaire à la trompette, c'est tout autre chose. Hier soir, une brèche s'est ouverte entre notre monde terre à terre et celui des anges.
L'image est un peu forte, mais si cet homme (ainsi que ses musiciens) était payé à la mesure de son talent, il serait probablement aussi riche que le sultan du Brunaï lui-même. Accompagné d'un Philippe Garcia absolument hallucinant derrière sa batterie et avec son mégaphone customisé, et d'un mystérieux Mounir dont on retiendra surtout la voix venue d'ailleurs et aussi le "groove" qui le caractérise, Truffaz a su ensorceller son public, à tel point que plus personne ne voulait le laisser partir.
Bien entendu, il serait injuste de ne pas citer le contre-bassiste qui était lui aussi tout particulièrement talentueux, le guitariste ainsi que le vieux saxophoniste guest-star. Malheureusement, je n'ai pas réussi à retenir leur noms. S'il fallait mettre un bémol à cette critique congratulatrice, il faudrait sans doute avouer que par moments, le coté "expérimental" et notamment les soli pour le moins étranges du guitariste, était plutôt difficile d'accès.
A part ça, tout y était et en premier lieu, je le répète, le TALENT! Bref, des musiciens hors-pair, sans aucune prétention et véritablement hors du commun.
Ce qui nous rappelle malheureusement que ce genre de musique ne sera que du bruit pour la grosse majorité des gens qui consomment à outrance les horribles produits formatés diffusés 100 fois par jour et plus à la radio et distribués en masse en tête de rayon dans les FNAC et autre Virgin, propulsant au rang de star des gens innommables et sans la moindre once de talent.
Certains diront que tous les goûts sont dans la nature, mais c'est pour ma part une explication trop facile et erronée, c'est tout simplement le résultat de l'abrutissement télévisuel, de la logique de masse, du manque d'éducation et surtout de culture (à tous les niveaux) du plus grand nombre, et du culte de l'argent et du profit. Les conséquences encore une fois du capitalisme poussé à l'extrème!
Heureusement, qu'il y a encore des gens comme Noir Dez et Eric Truffaz dans notre beau pays, mais jusqu'à quand?