Le vendredi c'était par
ici !
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Après une nuit réparatrice, on rejoint le site sous un soleil de plomb (qui a dit que l'été était pourri ? A Marseille on a pourtant rien remarqué - hin, hin, hin...). Quoi qu'il en soit pas de panique : la boue n'a pas séché, les journaleux des Inrocks auront toujours l'air de cons en tongs, et les nombreuses minettes au look Plasticines (jean slim et mèche de rigueur), chaussées de bottes à fleur, seront toujours au top du chic et du tout-terrain !! Certains petits malins de nos amis ont pu faire entrer des breuvages non vendus sur le site, la moitié des jeunes de Londres est toujours là - et toujours ivre (certains avec des canettes en verre dont on se demande sincèrement où ils les ont cachées pour passer à la fouille), on a pu finalement rentrer même si nos bracelets sont d'ores et déjà à moitié effacés : tout s'annonce très bien !
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Sont déjà en action les
PuppetMastaz, un groupe d'une quinzaine de rappeurs crypto-teutons pour le moins original car composé de ... poupées, enfin de marionnettes un peu déglinguées avec des gueules de chaussettes trafiquées, disons plus près de Fraggle Rock que du Muppet Show, et qui envoient un rap de tous les diables ! A un moment donné un énorme Puppet gonflable ('Meet my fuckin' big brother !') vient même calmer un de ces petits salopiots (voir vidéo par ailleurs). Et plus tard un DJ en forme de yéti rose fluo les fera tous danser en rythme ! C'est donc beaucoup plus amusant que le déplorable Wu-Tang qu'on a subi aux Eurockéennes, surtout que le groupe a un flow parfait qui rappelle les excellents Jurassic 5 vus sur cette même scène il y a quelques années, et que la synchro des voix avec les Puppets est telle que même à dix personnages, on voit encore qui chante quoi ! Total classe. Le groupe s'est présenté à la fin et, nous a-t-on dit, a recueilli un triomphe mérité. A revoir en entier donc !
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Car on a du partir avant (et même sacrifier les bruitistes
I Love UFO qu'on aime pourtant bien !), désireux de ne pas rater le concert de
The Fratellis, qui délivrent un rock très frais sur leur prometteur premier LP (
Costello Music), rappelant les Arctic Monkeys, avec un poil plus de mélodies. Leur bon son brut est très entraînant, sur les rares balades (
Everybody knows you cried last night,
So if you're lonely), comme sur les nombreuses pépites rock que sont les furieuses
Flathead,
Creeping up the Backstairs & autres
Country Boys and City Girls (qui rappellent Dirty Pretty Things, et ça c'est un compliment). A noter qu'ils ne sont vraiment que trois (contrairement aux blaireaux de Muse par exemple) et que le batteur, en plus d'être excellent, chante - et chante même très bien. Par moments on pense aussi aux White Stripes tant certains riffs sont saignants - un power trio quasi-parfait en somme ?
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A noter que dans la flaque de boue énorme devant la scène, patauge et s'épanouit un jeune anglais très mobile (et apparemment très "high") qui hélas salit un peu trop les gens autour de lui - pour rigoler quoi, c'est cooooool ! Il finit même par être franchement agaçant au point qu'un type balaise, plus remonté que les autres, finit par faire ce que tout le monde rêvait sans se l'avouer : le choper pour lui mettre la tête dedans (un poil trop violemment hélas). Pas démonté, le golem continue à danser (voir vidéo par ailleurs) tandis que le groupe envoie le single
Henrietta, ou encore les popissimes
Baby Fratelli &
Chelsea Dagger, qui sonnent toutes deux comme du Beatles sous acide ! Au final, certes un peu dérangé par l'excentrique angliche, on a passé un excellent moment en compagnie de ce très bon combo, très référencé (voire peu original, dirons les chagrins), mais sacrément efficace pour trousser des chapelets de chansonnettes parfaitement jouissives !
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On a bien été prévenus par voie de presse il y a sept jours (soit 5 de plus que sur le site de Rock en Seine, merci !) que la diva borderline
Amy Winehouse ne nous ferait pas l'honneur de sa présence électrisante, pour cause de
Rehab forcée (elle avait pourtant dit : 'No, no, no !')... Sauf sous la forme d'une image pixellisée (et un peu revisités au rouge à lèvres), parmi des dizaines de tableaux tous plus réussis les uns que les autres, exposés par un certain
Craig Robinson (qui nous ont permis de jouer à "qui c'est ?" pendant trois jours - les réponses étant en général assez faciles à trouver grâce au coup d'oeil acéré de l'artiste). Enfin pour New Order c'était quand même pas facile...
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Bref, Amy semble envisager une carrière à la Pete Doherty (sauf qu'elle est une vraie musicienne, et qu'elle prône la tendance viticole), et on ne peut donc que se féliciter de l'avoir vue, la belle, aux Eurockéennes où elle fut, sachez-le chers amis parisiens (qui ne vous étiez pas tous déplacés en p------e), tout bonnement
sublime ! Une autre fois, espérons-le ? Quoi qu'il en soit on ira pas revoir à la place
Cold War Kids dont on ne peut absolument pas supporter la voix du chanteur sur scène, malgré un album correct et quelques bonnes compos. Quant à l'autre groupe aperçu à ce moment, il porte bien son nom :
Hello / Goodbye... horrible son variétoche, beuark, fuyons !
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Ouaip, de toutes façons on va enfin pouvoir voir
Pravda, fameux duo électro-garage parigot minimaliste sur lequel on a placé beaucoup d'espoirs... Arrivés en plein soleil,
Suzanne est un peu plus habillée que prévu, et
Mac un peu plus blond mais, bon, elle est néanmoins sexy à mort et lui rock-n-roll en diable avec son T-shirt U.R.S.S. Il est vrai qu'ils évoquent quand même (comme l'a dit le guitariste) un duo formé par Uma Thurman et Billy Idol ! La machine à tubes express qui squatte notre iPod depuis des mois se met alors en branle :
Body Addict, What did U expect, Je suis French, L.O.V.E. (où la belle Suzanne échange son Korg contre une basse), et nous retourne bien le cerveau ! Et l'on se rappelle soulagés que si Amy était venue, on aurait du faire un choix difficile entre ces deux brunettes atomiques.
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Tandis que là, notre temps de cerveau est tout disponible pour ces petits joyaux de simplicité binaire et de verve pêchue :
Lover's Contract, I Wanna be your God, J'ai besoin d'air, la reprise
Frank Sinatra ou l'iggypopissime
1,2,3,4 Rock, assénés avec une grâce et une gentillesse désarmante (ils ont tout de même l'air étonnés d'être là devant tant de gens !). On a pris aussi un pied terrible sur une version technoïde et pour tout dire débilisante d'
Enter Sandman (tandis qu'un ami métalleux au désespoir envisageait au même moment, nous racontera-t-il après, de s'ouvrir les veines !). Le concert se finit, trop vite, sur des remerciements (et des applaudissements) chaleureux et le titre génial qui sauvait la compil 'Passe ton ton Bac d'abord' : je suis
A l'Ouest (
hey, hey, hey)! Cela dit si la formule duo fonctionne à merveille, un petit batteur ne ferait pas de mal ! En tout cas respect à
Pravda et ... Na Zdorovie !
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On se remettra en effet avec un grand verre de brassin de houblon, un peu passif à vrai dire (puisque assis derrière une tour son), en écoutant les boucles trip-hop jazzifiantes d'
EriK Truffaz, qui invite à un moment le chanteur
Ed Harcourt et sa voix chaloupée pour le seconder. J'ai remarqué une très belle chanson piano-voix qui rappelait Archive (bonne époque) : soporifique et très beau ! D'autres qui ont mieux écouté semblent avoir trippé à mort pendant ce concert - on posera simplement notre joker de la journée, avec à la place d'une illustration du concert, cette belle image de deux membres historiques (et actuellement brouillés) du rock stoner !
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On se reprend pour aller voir (sans passion excessive mais puisque rien ne nous tente), le héros solitaire de la brit-pop
Jarvis Cocker qu'on imagine à tort être un vieil aigri prétentieux. Grossière erreur, c'est un garçon éminemment sympathique ! Installé en France depuis 4 ans et qui pourtant baragouine horriblement le français, entre chaque chanson. Mais c'est aussi un pitre de bon niveau, et même un très bon songwriter dont on écoute avec plaisir les compositions (pourtant inconnues, on a même pas reconnu de hits de Pulp...), d'autant que son groupe est plutôt très affuté. Il plaisante sur la flaque, finement rebaptisée 'Espace Glastonbury', et dédicace même une chanson appelée
One Man Show au golem, qui y trempe toujours ! Il fait aussi le crooner piano-voix, avant une fin beaucoup plus rock (sur une reprise sympa de
Paranoïd). Pas totalement captivant mais reconnaissons qu'on a passé un agréable moment avec lui.
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On jette ensuite un oeil lointain sur
C.S.S. (qui a en effet attiré beaucoup de monde). Pas moins de 6 filles et 3 guitares, elles déroulent crânement leur très inégal album
Cansei de Ser Sexy dans un festival de couleurs et de ballons : certaines chansons sont d'un kitsch assumé comme
Alala - par moments ça ressemble à
Pop Corn joué en live, parfois c'est presque rock (sans jamais égaler en la matière leurs consoeurs du Tigre, quand même salement plus hargneuses)... Mention spéciale quand même à
Meeting Paris Hilton (
'The bitch says yeaaaah !'), assez drôle !
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Fatiguées d'être sexy (et elles le sont), plusieurs de ces filles se sont donc habillées comme des sacs - surtout la chanteuse (plutôt mignonne par ailleurs) qui porte une immonde combinaison moulante fluo multicolore à un poinr que c'en est fatiguant à regarder ! En tout cas leurs titres passés au filtre d'un son de scène plus dûr, s'en sortent bien : en particulier les bombinettes électro-rock comme
Off the Hook électrisent la foule (qui slamme dans tous les sens), la chanteuse est une vraie pile électrique - ça le fait ! Pas folles par contre, les filles ont gardé leur single
Let's Make Love & Listen to Death From Above pour la fin (un peu courte d'ailleurs), concluant leur concert dans une belle ambiance festive, par d'impressionnants tirs de canons à confettis et serpentins !
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Un peu plus tard sur la grande scène, on découvre (peu ou prou)
The Jesus & Mary Chain, groupe indie historique dont le côté mythique nous passe légèrement au dessus de la tête, malgré quelques écoutes à titre de rattrapage de leur manifeste
Psychocandy. Leur jeu de scène, tendance croque-morts en goguette, est charmant : je suis sûr que le chanteur
Jim Reid (une sorte de Ian Curtis non suicidé) doit rigoler, parfois, quand il se brûle. Et même que le guitariste doit sourire, quand il se mutile par accident... Les orchestrations sont basées sur des balades ou des chansons pas très violentes en soi, mais s'appuyant constamment sur des guitares atrocement saturées (un mur de larsen constant en somme - j'aime assez !)
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Quoi qu'il en soit, leurs chansons ont vingt ans pour certaines et sonnent très modernes, on a même l'impression d'en reconnaître plusieurs (reprises sur des B.O. de films peut-être ?). En tant qu'influence majeure du shoegazing, ils ont été pas mal pompés et repris, il est vrai : des groupes comme T.B.J.M., The Raveonettes ou B.R.M.C. leur sont largement redevables ! Le chanteur expose son hédoniste philosophie à travers ses textes :
'I'm happy when it rains !' (pas de bol, il fait beau) ou encore
'I wanna die just like Jesus Christ' (sans dèc' !). Sa voix a toutefois un côté hypnotisant et presque sexy, le son est de mieux en mieux réglé (à moins que nos oreilles s'habituent ? ) bref, incontestablement il se passe quelque chose : c'est bon ! Le final est d'ailleurs tout à fait trippant, on est conquis - voilà une lacune à rattraper !
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Bref, on a pas particulièrement envie de traverser tout le site, après ça, pour aller se polluer les oreilles avec les productions récentes des
Rita Mitsouko (dont seuls les tubes d'il y a vingt ans ont vaguement amusé nos oreilles aux Eurockéennes). Etant venu avec des amis
Toolomanes, on se laisse donc facilement convaincre de boire un coup et manger, avant d'aller se placer tranquillement. Personnellement l'album
10 000 Days dont j'aime bien certains passages, ne m'a pas bouleversé au point de vouloir le chroniquer : le metal progressif et cérébral que pratique l'"Outil" nécessite une écoute de type méditative et un patient apprivoisement, qui ne semblent pas avoir prise sur moi... pour le moment.
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Mais enfin la curiosité est là devant ce concert annoncé comme exceptionnel : je patiente donc gentiment parmi mes amis les braillards, on s'échauffe un peu la voix (le nom du groupe se hurle particulièrement bien), et je constate un peu désabusé qu'étant tout devant la grande scène, je suis à nouveau placé très logiquement ... les deux pieds bien tanqués dans la merde ! Qui plus est derrière des gens plus grands que moi et placés sur du dûr, eux. Lorsque le public est bien chauffé à blanc, le concert commence dans une immense clameur, avec un dispositif de scène intéressant : seuls les visuels sont mis en avant, tandis que les musiciens (surtout le leader caractériel
Maynard James Keenan et son iroquois, qu'on ne verra à peu près pas) resteront en ombre chinoise une bonne partie du concert.
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Le son dans la fosse n'est pas formidable - c'est même assez violent, on entend trop la basse et la batterie et trop peu le chant, pourtant assez délicat. Les visuels par contre, créés par l'un des membres du groupe, sont objectivement plutôt splendides. Les longues plages méditatives, ponctuées d'explosions violentes de batterie ou de guitare, plongent les fans dans la transe - pour ma part j'apprécie surtout les vidéos (très orientées anatomie/chirurgie) vraiment hyper-chiadées ! Le tout a un côté messe païenne (le groupe a d'ailleurs forgé sa légende en se posant comme passeur d'une pseudo-doctrine philosophique, la lachrymologie), c'est plutôt plaisant même si je me sens vaguement déplacé parmi tous ces fans hardcore, un peu comme quand je m'étais perdu dans le public de Johnny H...
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Aux deux-tiers du concert, les non-Toolomanes de notre groupuscule dont je suis s'échappent cependant pour aller boire un coup et se situer beaucoup plus loin. Il s'avère en reculant que la foule n'est pas (ou plus) si nombreuse que ça - guère étonnant vû le côté plutôt expérimental de la musique de
Tool... Pour notre plus grand plaisir, il s'avère que le show a une tout autre gueule vu du fond : le son est bien meilleur, on profite mieux des films sur écrans géants et des lasers qui déchirent le ciel, en obéissant pile-poil au rythme des coups violents assénés par le batteur (quel pied il doit prendre, le salaud !). Le concert se termine par (eh oui, j'ai quand même reconnu formellement un titre !) la formidable
Vicarious (cf petit extrait en vidéo), et honnêtement c'est plutôt génial !
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Pour finir, le psychopathe en chef prend le micro et remercie brièvement le public - c'est déjà pas mal, ne lui en demandons pas trop. Plutôt conquis, j'en conclus que ce concert est en tout cas l'un des plus beaux que j'aie vu - esthétiquement parlant ! En petit bonus, un ami (dont je tairai le nom) arrivant en courant pour retrouver sa belle, zigzague un peu trop, dévisse et s'étale de tout son long dans la boue, ce qui égayera notablement la fin de cette soirée grande-scène à l'ambiance un peu morbide quand même - mais artistiquement très stimulante !
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Encore une belle journée donc, qui se finira après avoir hurlé comme des idiots dans le métro (et aussi y avoir violé un certain nombre de lois de santé publique juste pour le plaisir, tel ce mauvais parisien sur l'illustration), qui se finira donc par une petite virée dans le quartier très agité de Pigalle ...
Illustrations par
Philippe !
Des
Vidéos (qualité photo) par
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La fin c'est par
là !