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New Order + Experience + Hawksley Workman + The Music

Olympia, Paris   11 Novembre 2001

Concert à éviter

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    Hier soir, j’avais donc décidé de ma faire une nouvelle opération Jurassic Park, troisième du nom après avoir vu le revival des « Sex Pistols » et celui de « Bauhaus » : essayer de comprendre dans un live de « New Order » ce qui d’une part avait pu constituer une des premières pierres de la Techno européenne, mais éventuellement aussi tenter de percevoir le fantôme d’un lointain « Joy Division » sur scène.

    Dans le cadre du festival des inrockuptibles, trois premières partie en line-up :

    >> Première partie >> EXPERIENCE :
    Ca c’est un groupe français. Le chanteur, du genre introverti, est un type sur la défensive, un ch’ti peu agressif avec le public dès que deux trois trous du cul dans l’assistance beuglent des trucs incompréhensibles. Le groupe produit des morceaux de rock mou efficaces, déclamant des textes voulus « recherchés » qui sentent visiblement le prozzac light d’une adolescence lointaine (il y est fortement question de 20 ans, 25 ans, et autres petites révoltes acnéiques). Alors on essaie de se concentrer essentiellement sur la musique, qui parfois rappelle de bons trucs entendus dans les premières parties de Noir Désir à la fin des 80 ‘s, mais on ne peut s’empêcher régulièrement de se dire que c’est un peu juvénile tout ça, quand même, et que si New Order n’est pas encore sur scène, on se sent déjà un peu plus vieux, et que ce n’est pas bon signe. Bref, après 50 minutes et un final gnagna-bruitesque qui se perd dans la facilité acid-rock (que la « techno-transe » a tué depuis bien longtemps), on est content de les voir partir, en leur souhaitant plus de maturité pour la suite.

    >> Première partie (bis) >> HAWKSLEY WORKMAN :
    Etonnant, pas le genre de musique sur laquelle je serais naturellement porté. Ca me rappelle parfois du Prince, et je décide de rester (bien m’en prend) pour essayer de décrypter quelque chose que je n’ai pas l’habitude de voir sur scène.
    Le lead-singer se fait de plus en plus efficace, et petit à petit, je me met à penser à Prince, à Led Zep, on est clairement dans le son des states. Les compositions sont très éloignées du couplet-refrain-couplet, le monsieur se tortille un peu devant une assemblée hétéro en bloc, il a du culot ! Et il réussi à la retourner, qui plus est, alors les filles se rapprochent de la scène. C’est bon signe, et plus les morceaux progressent, plus je trouve ça bien. Assurément, Hawksley Workman est indiscutablement le meilleur moment de l’ensemble de la soirée. Un groupe qui va non seulement percer, mais je pense aussi prendre l’envergure d’un Prince ou d’un Ben Harper. De la pure Soul, du pur Rock, et du sourire. En un mot : par totalement mon truc, mais je suis bien obligé d’admettre que là, il y a du génie et un potentiel extraordinaire pour les années à venir.

    >> Première partie (ter) >> THE MUSIC :
    Et voilà, on y est, les lavettes de Manchester, c’était inévitable. Un groupe de d’jeuns, dérivés des Happy Mondays, avec un chanteur qui fait furieusement penset au David de Loft-Story après une cure d’amaigrissement. Sweep, sweep, il se dandine sur de l’acid-pop-noise qu’auraient aussi pu produire les musiciens de Houelbeck. Le son ? Tout dans la même fréquence, on s’ennuie ferme, j’ai l’impression d’assister à un concert de lycéens de campagne, qui y croient grave, mais là, franchement, ça dure trop longtemps, est c’est nullissime.

    >> Et après ... >> NEW ORDER :
    Un petit coup d’oeil en arrière, pour me rendre compte que l’Olympia est archi-comble, de 17 à 57 ans, avec beaucoup d’anglais de base. Ils ouvrent sur leur single-radio actuel, bien. Deuxième track : Transmission de Joy division. Avec un Barney qui se la pète en annoncant ca pour faire plaisir à un type qui possédait un tee shirt de Joy dans la salle, comme un évènement inattendu. Manque de pot, j’avais eu vent de la playlist des concerts de Londres sur Internet, c’était bien prévu à l’avance. Qu’importe, je me jette au premier rang, histoire d’exorciser quelque chose.
    Après quoi on revient à du New Order milieu de période, je là, je commence à m’emmerder sec. Le son est 15 fois trop fort, le public trop compressé, et les New Order son autant des bêtes de scène qu’un paquet de « Donuts » laissé trop longtemps au soleil. Alors comme d’hab je m’intéresse à leur façon de jouer de la musique. Et là, surprise : la cure de jouvence que s’offre le groupe tient totalement sur une nouvelle recrue, un d’jeun qui prend visiblement plaisir à ce qu’il fait. Heureusement qu’il est là d’ailleurs, car sinon, je pense que le son des reprises de Joy Division comme le côté vaguement techno des nouveaux morceaux n’existerai pas du tout. Sans trop bouger, j’ai franchement l’impression qu’il fait tout, et réussi à marquer par moments le fait que les New Order ne savent absolument pas jouer d’un instrument de musique, tant dans la technique que dans le feeling.
    Et force est de constater que Ian Curtis portait Joy Division à bout de bras sur tous les plans, tant les New Order d’origine sont mauvais à tout point de vue. Le public à l’air content, et tant mieux pour lui. Mais franchement, par moment, je ressenti est celui de la plouc-itude d’un fan club de football de Liverpool, ca sent la sueur molle et la bière pas bonne, et si New Order était une bouteille de vin, ce serait un cru très moyen et totalement passé au niveau de l’âge.

    Massacre ultime : « love will tear us apart », dans la plus mauvaise version qu’il ne m’ait jamais été donné d’entendre. Je pense que même Britney Sprears aurait fait mieux.
    Le concert se finira sur un Blue Monday, qui vient confirmer la sensation d’être dans une boite de nuit de campagne ultra-ringarde.

    En résumé : en matière de Rock, les New Order sont nuls, car délivrés de l’influence d’un Ian Curtis omniprésent, ils ne sont qu’un mauvais groupe de pop FM opportunistes et sans talent.
    En matière d’électro, pour avoir vu la nouvelle génération mercredi dernier avec « VNV Nation » à la Locomotive, les New Order sont totalement has-been, et ne doivent leur rang actuel d’en tant que matière à sampling pour les remixers actuels. Il ont finalement plus leur place à coté des Village People pour « In the Navy » (coté football), que du coté de la scène Techno, des Nine Inch Nails ou de la mouvance eletro-indus actuelle.

    En un mot, New Order, c’est bien à sampler, parfois correct à écouter sur CD, et totalement nul en live.
    Seule découverte digne de ce nom : Hawksley Workman, qui lui vaut franchement le détour.

    Signature : Brazilli
    le 12/11/2001
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