Une grosse année à peine après Naphtaline (qui tenait il est vrai plutôt du side-project), voilà déjà une nouvelle production du désormais quatuor Ez3kiel. Cette fois-ci, pour profiter des graphismes (et du son !) toujours sublimes du groupe, on a acquis la chose en vinyle, au .../...

Une grosse année à peine après
Naphtaline (qui tenait il est vrai plutôt du side-project), voilà déjà une nouvelle production du désormais quatuor
Ez3kiel. Cette fois-ci, pour profiter des graphismes (et du son !) toujours sublimes du groupe, on a acquis la chose en vinyle, au moins pour bénéficier d'une des plus belles pochettes de ces dernières années (curieusement introuvable sur le web - ce n'est pas celle qu'on voit ici), avec un bateau échoué dans un théatre envahi par la glace...
La première face s'ouvre sur
Adamantium, très gros dub machinique, esprit
Nine Inch Nails mais avec des pointes de légèreté (de l'accordéon de-ci, de là). Puis un recyclage en version sombre d'un thème déjà utilisé sur le disque précédent,
Volfoni, la revanche, qui termine très violemment dans une saturation des beats et guitares tout à fait réjouissante.
Narrow Terrence prête son concours et ses voix détraquées sur l'intriguante
Spit on the Ashes, suivi d'un dub percussif plus classiques et de
The Wedding qui paraît du
Morricone recomposé par
Ez3kiel.
Naphtaline était, à de rares exception comme
Exebece, léger comme une bulle ou une danseuse-étoile -
Battlefield en est le pendant sombre et teigneux, à l'instar de la très indus
Break or Die qui pourrait aussi bien avoir été signée par
Punish Yourself... Peu de ces mélodies au carillon qui font habituellement sa marque de fabrique, à part quand
Blurum vient raper sur la délicate
Alignment, et que
Lull habille la face 3 d'un peu de soleil voilé. Après un titre court et presque incongru de violence destructrice, la face 4 folâtre dans une reprise jolie et un peu foutraque (percus jouées en partie au sac plastique) du fameux air de
Romeo & Juliette de
Prokofiev, qui vire à la violence comme à la mélodie de chambre au fil des mouvements. Le trip se termine sur
Wagma, titre mi-figue mi-raisin... mi-3éme guerre mondiale.
Le collectif
Ez3kiel serait-il en dépression, ou plus exactement, en colère contre la tournure bien sombre que prend notre monde ? Quoi qu'il en soit sa musique perd en poésie ce qu'elle gagne en intensité pré-apocalyptique : l'expérience
Battlefield est donc aussi intéressante que les précédentes, nul doute qu'elle nous reprendra aux tripes comme le dernier concert vu du groupe dont nous sommes, pour mémoire, ressortis les larmes aux
yeux... D'ailleurs un premier écho de cette tournée 2008 à
Marseille semble confirmer cette impression - notre Pinguin local en est ressorti, je cite, groggy et bouleversé...
(Jarring Effects, 2008)
PS Post-Eurocks 2008 : en effet tournée violente et fascinante sur
scène !