
Photo : www.eurockeennes.fr
Pour le premier jour du festival c'était par
là !
Samedi 2 juillet : Moins de pointures mais un instant d'éternité
Après une nuit réparatrice, sous une météo toujours relativement peu menaçante, on reprend le festival en route après avoir raté les premiers de la journée (oui, en se levant à 13 h 30 forcément !...) on se retrouve nez à nez avec 4 monstres qui se font appeler
Mastodon. Avec des looks directement issus de l'époque Cro-Magnon (ou l'homme bataillait avec lesdits pachydermes velus), barbes et cheveux hirsutes, les compères déroulent un metal, paraît-il assez raffiné derrière ses allures bourrines (mais sur la Plage, c'est dûr d'avoir un son subtil ! dixit le chanteur du groupe
sKull, compère de festival et qui en fit l'inauguration voici quelques années). En tout cas joyeusement brutal et à réécouter à l'occase sur album !
Dans la même série, les cervicales étant préchauffées, on enchaîne avec
Eths (qui vint peut-être dans le même train que nous, depuis la Canebière ?). Epatés de jouer devant tant de gens (un chapiteau soit 5 à 10000 personnes),
Candice et sa bande délivrent cependant un set impeccable de leur métal parfois monolithique mais techniquement abouti et sans esbroufe inutile. L'enchaînement par la chanteuse d'un timbre façon Emilie Simon et de hurlements sépulcraux à vous rétrécir les testicules de frousse, mettent en joie les festivaliers métalleux, décidément gâtés. Le groupe déroule son très bon
album de l'an passé, ainsi que, vers la fin,
Samantha qui fut leur premier LP. Comme tout ce qui vient de chez
Sriracha records, force est de constater que le groupe arrache bien du slip et emporte l'oral avec mention !
On appréciera cependant de retrouver enfin un peu de calme, tout relatif, en rejoignant sur la grande scène
Ghinzu, eux-aussi devant un public de taille inattendue pour eux (mais c'est tout le charme des Eurockéennes !) Pour se motiver et cacher leur pétoche compréhensible, ils arrivent sur l'air de la marche de
Darth Vader dans Star Wars ! Ayant passé la presque totalité du concert à parler qualité de reblochon (et ristournes éventuelles) avec un brave vendeur de tartiflette, on n'entend que d'une oreille ce groupe qu'on aime pourtant beaucoup sur album (surtout les passages qui ne ressemblent pas trop à Muse, par exemple la rigolote et prétentieuse
Till you faint !). Le son étant semble-t-il parfait et les chansons passant très bien sur scène (comme
Blow ou
Cockpit Inferno par exemple), on se promet de mieux les écouter la prochaine fois (en première partie d'Iggy Pop, non de Zeus !).
Quoi qu'il en soit, et on s'y attendait inconsciemment, impatient à en crever qu'on était de le voir, voici venu le moment de la plus grosse claque du festival, la révélation de deux talents conjugués : la création d'une rencontre de
Nosfell & Ez3kiel. On savait
Ez3kiel génial sur
album et visuellement (voir ez3kiel.com, le plus beau site web du monde, ou alors qu'on nous prouve le contraire)... On découvre
Nosfell, artiste danseur et équilibriste, à la voix incroyablement puissante et polymorphe, charismatique et superbe, probablement un génie quoi ! On reconnaîtra peu de chansons de l'un ou l'autre (à part
Phantom Land de
Ez3kiel ici sublimement chantée), car il semble y avoir pas mal d'inédits, appuyés sur des projections superbes sur des draps tendus qui tomberont au fur et à mesure du concert. A signaler une très belle version d'
I'm afraid of americans de Bowie.
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Frissons et larmes aux yeux devant ce mélange exigeant mais divin de danse/musique/images, on a peine à croire qu'un truc aussi beau ait été créé rien que pour nous, pauvres pécheurs buveurs de Kronenbourg, nous les Eurockéens... A la quasi unanimité de mes amis (échantillon fort représentatif sauf en ce qui concerne la consommation de bière car ils sont alsaciens), la plus grosse sensation de ce festival ! Mais quand nous entendons le public hurler avec nous comme jamais il ne le fit ici pour un rappel (hélas pas venu...) dans une ovation assourdissante de plusieurs minutes, on se dit qu'il s'est bien passé quelque chose de magique et unique que tout le monde a perçu. Nous repartirons évidemment aphones, et au moins riches de ce souvenir inoubliable !
Dûr alors de se remotiver mais pas question que le très sympathique
Cali fasse les frais de ce moment d'exception ! On le rejoint au moment où il traverse toute la foule en
stagediving (comme avant lui l'hystérique Mathias de Dionysos) pendant un pont musical sur
Je crois que je ne t'aime plus, chanson qui nous fut poignante elle aussi à sa sortie.
Avec sa voix très plaisante et ses compos au cordeau, il constitue une agréable récréation pour les amateurs de nouvelle chanson française (assez mal servis cette année) et emporte l'adhésion d'une foule acquise à sa cause.
Preuve vivante que l'on peut obtenir une Victoire de la musique et faire de la bonne chanson, qui ressemble à du rock français, plutôt classe, se demande-t-il encore vraiment
C'est quand le bonheur après un tel plébiscite ?!
Les Chroniques Bumcello, création d'abord parties de façon très dansante, deviennent vite plus expérimentales au fil des invités... Epuisés, on ne les écoute pas comme il faudrait, même quand ils convoquent
Susheela Raman ; espérons que ce n'est que partie remise pour une meilleure communion avec ce duo très doué qui appuye également
-M- dans ses concerts.
C'est également sans grande conviction qu'on va revoir
Garbage, sensation de nos vingt ans mais qui est restée bloquée au siècle dernier : les mêmes chansons jouées de la même façon (
Queer, Only happy when it rains, etc...), même la chanteuse
Shirley Manson toute étonnée remercie le public de les "soutenir encore après presque dix ans", osant sortir un single comme
Why do you love me qui sonne désespérément variétoche US ! Autre problème, tout le matos est caché : la scène fait vide, désespérément vide même avec la présence de l'immense
Butch Vig (qui produisit Nirvana) à la guitare. Vide comme les verres que nous essayons sans cesse de re-remplir, vide comme nos cerveaux, vide comme nos jambes et nos porte-monnaies...
Laissant en plan ce groupe finalement bien nommé, nous repartons donc tôt (et tant pis pour un
Vitalic paraît-il énorme) et un des conducteurs, à notre grande surprise, réussit avec brio l'examen à l'alcootest que lui "propose" la maréchaussée locale (un vrai miracle en somme, le deuxième aujourd'hui quoi) !
Une bien belle journée en somme !
To be continued... par
ici !
Photos mae (+ Nico Garchet pour Ez3kiel/Nosfell)