Les Skatalites, ce n’est plus un groupe de ska ou Jamaîcan Jazz, mais une institution, une légende ! Alors on va les voir avec tout le respect que ces jeunes gens sortis de l’orphelinat de bonnes sœurs, l’Alpha Boys School dans les années 60 méritent.
Lorsque j’arrive La Fada Tribu finit son répertoire sans trop parvenir à faire bouger le public clairsemé qui a daigné se déplacer un mercredi soir. Pour le changement de plateau, le technicien de ce soir nous gratifie d’un délicat morceau de musique populaire bien dans la tradition française qui me rappelle la fin des grandes réunions de famille de mon enfance : La grosse bite à Dudule. Je crois qu’avant ce soir je n’avais jamais entendu la version originale, ni même les différents couplets. Je ne sais pas pourquoi, mais ce sera le seul titre du changement de plateau, dommage la sélection semblait très inspirée.
Enfin les Skatalites arrivent, chaque année la formation voit partir à la retraite un de ces vétérans. Cette année, c’est Lloyd Brevet qui manque à l’appel. Le contrebassiste emblématique de la formation originale est absent, et le rythme s’en ressent. La contrebasse a cédée la place à un bassiste. L’attaque de lloyd et de sa contrebasse manque aux skatalites qui commence leur set très down tempo.
Il faut attendre Latin goes Ska puis Guns of Navaron pour que l’on retrouve le groove irrésistible qui a permis au ska de sortir de la Jamaïque. Chaque titres est prétexte à ce que les cuivres puis le clavier prennent leurs solo et rivalisent en toute complicité. Au sax Lester Ska Sterling, en chef d’orchestre au sourire d’adolescent place à chaque solo ses partenaires dans l’obligation d’en faire plus. Au trombone, on retrouve Vic Gordon alias Don Drummond junior et à la trompette un jeune bourré de talent doté d’une superbe voix !
La toujours jeune Doreen Shepard viendra nous interpréter trois titres dont Summer Down et Sugar Sugar avant de disparaître jusqu’au rappel.
Les skatalites déroulent leurs set avec tous leurs classiques composés dans les années 60 jusqu'à l’instant magique ou Lester Sterling nous annonce cow-boy MO. Hallucination totale de voir débarqué sur scène un grand gaillard avec son jean, ses bottes, son Stetson et une magnifique chemise rouge de …cow-boy. Love is overdue du plus grand lover de la Jamaique, M . Grégory Isaacs sera la victime de notre impitoyable cow-boy. D’où sort cow-boy est la question qui me poursuit depuis…
Les Skatalites sont un de ces groupes intemporels. Si il ne reste plus que Lloyd Knibes, Lester Sterling, Doreen Shepard et Vin Gordon par procuration paternel, leur musique traverse le temps avec toujours le même groove, et la même envie de faire la fête. Le concert se finit par un long medley, où le trompette enchainera entre autres Many rivers of Babylon, Go to the beach, Doreen Shepard reviendra aussi accompagnée de.. Cow-boy Mo.
Si on ne peut que se résoudre à voir disparaître les grands musiciens de la formation originale, on peut aussi constater que les Skatalites restent la référence malgré son renouvellement.