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Venus, Anaïs, Malajube, Fancy, Arctic Monkeys, Dionysos, Polysics, The Strokes, NonStop, Daft Punk

Eurockéennes de Belfort 2006   30 juin 2006

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    Après une longue attente des navettes fantômes à la gare de Belfort et une petite queue pour la pose du bracelet VIP (je suis trop VIPIIIIIIII), le festival commence par la création de VENUS...


    Cette année, les Eurock ont multiplié les créas alléchantes : Venus, Dionysos, The Sunday Drivers et Teitur jouent avec un orchestre, Camille rencontre les japonais Pascals et Sébastien Martel a invité pleins d’amis. Grand fan du premier album des Belges (Pop Song est la chanson la plus joyeuse au monde), amateur du deuxième album, j’avoue avoir eu du mal avec leur récent "Red Room", trop électrique à mon goût. Malgré un horaire un peu pourri (jamais facile de faire l’ouverture), le résultat est pas mal. Malheureusement l’orchestre accompagnant le groupe n’est pas très bien intégré aux nouvelles compos et n’est pas très audible. Le groupe est du coup écrasé par une bouillie sonore pas géniale.

    Je m’en vais donc voir ANAIS qui ouvre la grande scène, armée de sa seule guitare acoustique. J’avais découvert la miss il y a quelques mois, quand elle écumait encore les petites salles de Marseille. La voir sur une scène qui fait 4 fois la salle où elle jouait la dernière fois, ça fait bizarre... Reste que malgré un tube qu’adorent les ados (en témoigne ses passages à Taratata et Europe 2), Anaïs a su garder une crédibilité rock (cf. ses passages chez Lenoir, aux Inrocks et aux Eurocks). Malgré le soleil de plomb, quelques hésitations dues a une certaine appréhension, le résultat est plutôt pas mal, même si on peut regretter que son one-woman song commence à s’user... Rien n’ayant changé en 18 mois (c’est un peu le problème quand on commence par sortir un live).

    Peu fan de SEUN KUTI (avec Damian Marley c’est décidément la soirée « fils de » sous le chapiteau, ne manquait que David Hallyday et Carlos), on va se placer pour les chevelus MALAJUBE à la plage. C’est l’un des nombreux groupes québécois invité par le festival. Effet post-Arcade Fire ? Armé d’un petit tube ("Le Métronome") le groupe nous fait profiter de sa fraîcheur. Ca se prend pas trop la tête, ça bouge bien, ça ne révolutionnera pas l'histoire de la musique, mais tout le monde est content et passe un très bon moment.

    S’en suit une petite période de battement (je ne suis pas un grand fan des Deftones) où le soleil se contente de me taper sur la figure. Pendant que pour commémorer la défaite de l’Argentine, Diego Maradona, pardon Chico Moreno s’échoue sur scène, je vais voir FANCY au Soundsystem. L’un de leur titre (Seventeen) avait attiré mon attention il y a quelques temps. Malheureusement le set est un peu trop brouillon et caricatural pour être vraiment intéressant, la voix suraiguë du chanteur devenant très vite aussi crispante qu’un crissement d’ongle sur un tableau noir.

    Heureusement sous le chapiteau arrive les très attendus ARCTIC MONKEYS. Avant même que le concert n’ait commencé, de grands mouvements de foule parcourent la fosse. Ca promet. Et effectivement la révélation rock indé 2006 tiendra toutes ses promesses, contrairement aux décevants Bloc Party de l’an dernier. Si Arctic Monkeys reste un groupe ingliche, les chansons sont bonnes, biens rythmées, le son est nickel, la foule est heureuse et ça pogote comme c’est pas permis. Ca pogote tellement que j’en perd ma sacoche.

    Fuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuck ! Adieu papiers, argent, billets de train, téléphone. Je passe dont les 3 chansons suivantes tête courbée, risquant ma vie en vain pour retrouver quelque chose (mais je vous conseille de faire l’expérience…(c’est fou les milliers de trucs qu’on peut trouver dans la boue d’une fosse). Un peu frustré de ma situation d’asocial (pas de portable = pas d’amis) et désargenté je décide quand même de profiter de la fin de l’excellent set qui se déroule devant moi. J’ai rarement vu le public des Eurocks aussi tonique. Ca fait du bien et ça promet aux p’tits jeunes une aussi belle carrière qu’aux Franz Ferdinand.

    Je me mets à la recherche désespérée de mes divers trésors perdus dans un chapiteau désert et au final je retrouve un vieux permis, ma carte du Genepi et ma carte bleue boueuse et qui à l’air d’avoir été piétinée par un troupeau de 500 buffles (c’est le cas). Je me rends ensuite vers DIONYSOS, l’âme pas très heureuse. Le groupe qui va, écumer cet été TOUS les festivals de l’hexagone (à l’exception de la foire au boudin de Montlac-sur-Bouveu et de Rock en Seine, mais ça ça compte pas, vu que c’est pas un festival français) joue ici dans une configuration originale avec la Synfonietta de Belfort. J’arrive juste après une grosse coupure de son, pile pour la reprise. Des trois créas que j’ai vu, ce sont eux qui arrivent le mieux à intégrer l’orchestre. Ils parviennent également à se départir du piège orchestre = plus mou et plus chiant. Le résultat arrive à me faire retrouver le sourire et Mathias Ribéry, n’économise pas son énergie nous gratifiant de son traditionnel slam. Usant et euphorisant.

    Devant renoncer aux japonais fadas de POLYSICS (sauf les deux premiers titres) pour rechercher mes papiers (en vain), je m’installe ensuite tranquillement pour attendre les STROKES. J’aurais du m’endormir tout de suite, c’eut été mieux. Au lieu de ça j’aurais droit à un concert aussi excitant qu’une bière froide, servi par un groupe moins charismatique qu’un banc de poulpes. Le concert enchaîne les titres connus sans trop de surprises. On baille. Pourtant après leur premier album, le combo pouvait prétendre à un autre destin que de devenir de simples vendeurs de Converse.

    (Ma camarade, peu excitée par la prestance - proche de celle d’une endive de Julian Casablancas - s’en va retrouver son coup de foudre des Victoires de la Musique 2006 au Sound system, : l’homme à la tête de Jex CAMILLE BAZBAZ , celui-ci étant accompagné, du guère mieux coiffé WINSTON MACANUFF. Décidément ce soir, elle n’était plus la seule personne en marge de l’art capillaire sur cette planéte. Son horreur du reggae, ne l’a pas empechée de tripper à mort, le mélange orgue hammond-voix rocailleuse du dandy jamaïcain fait merveille. Résultat elle s’est chopée un bon torticolis à force de dodeliner de la tête pendant une bonne petite demi-heure. Pour finir, Bazbaz, plus défoncé encore que d’habitude lance « vous voyez pas qu’on est tous frères et sœurs, bordel de merde », et ça boucle le set. Une excellente surprise.)

    Je me rend ensuite à la Loggia pour voir le rappeur toulousain NONSTOP. Avec son Road Movie en béquille, celui ci a signé l’un des meilleurs albums de ces derniers mois. Se faisant accompagné d’un véritable groupe, il nous lâche rapidement ses principaux tubes ("Devant ma nuque" et "Idiot cherche village") d’un ton particulièrement virulent et entraînant. Il en veut, ça marche et ça arrive même à me sortir de ma torpeur post-Strokienne (« j’aurais pas du choisir mes amis avec un annuaire et des fléchettes »). Hélas, hélas, je décide de le quitter précipitamment pour aller voir l’événement du week-end : le retour de DAFT PUNK sur une scène française, 8 ans après.

    Et l’attente aura été proportionnelle au concert. Du haut de leur pyramide, les deux robots assez statiques (ce qui ne les empêche pas d’être toujours plus dynamiques que les Strokes) mettent le feu au Malsaucy mixant leurs trois albums et faisant danser tout le public. Il fallait être aigri ou détester l’électro pour ne pas apprécier le show agrémenté de quelques beaux effets visuels. Malgré quelques passages à vide, l’ensemble est excellent et c’est heureux que l’on s’en retourne au camping.

    Malheureusement, une longue marche et ¾ d’heures de recherches intensives d’une petite tente bleue vous font oublier vos moments d’extase. Pas de portable, pas de papier, pas de billet, The Strokes et j’ai oublié ma Biafine. Fuck. Plus que les deux dernières plaies d’Egypte et le malheur était total. Heureusement qu’il y avait ces – excellents - concerts.

    Gringo (et cybermetisse) pour www.fm-r.info

    Signature : Gringo
    le 20/07/2006
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