On débarque au
Cargo à Arles pour
Fancy, qu'on a manqué la veille à Aubagne pour cause de
Keny Arkana. Les copains qui sont allés tortiller du cul à l'
Escale sont formels, les Fancy sont toujours aussi jouissifs sur scène. Cool.
D'abord, le Cargo c'est quand même une putain de jolie salle. Un espace bar, avec des tables, canapés, du son, super aménagé et agréable pour patienter avec le concert en tchatchant autour de quelques punchs. Et la salle de concerts, peintes en bleue sombre avec des hublots, deux tables-engrenages, et le bar qui s'y prolonge, une mezzanine. Nous autres grosses feignasses de marseillais ont a du mal à y monter mais à chaque fois c'est un plaisir. D'autant que la programmation y est assez réjouissante.
Et ce soir, on est donc venu pour
Fancy, le groupe qui replace le plaisir au centre de la musique. Parce que nous n'y trompons pas, Fancy n'est pas une énième émanation d'une hype parisienne, hyperlookée, fadasse et prétentieuse. Non, Fancy c'est LE groupe excitant et jubilatoire par essence. Tout est fait pour donner (et prendre) du plaisir.
Le groupe débarque sur scène, un poster géant d'eux même est affiché sur le côté de la scène,
Jessie le chanteur nous dira d'ailleurs dans son trip mégalo (2nd degrés pour ceux qui auraient pas compris)
c'est super de pouvoir se regarder quand on chante, parce que vous croyez que je vous regarde, ô public, mais non, je ME regarde !. Tout d'abord débarque leur batteur, celui au look le plus métal 80's, le bassiste classieux de chez classieux, le/la guitariste avec ses avant bars à frange et ses bottes lacées, puis le chanteur, coupe afro, cuir rouge moulant et boa de la même couleur.
Devant une salle peu fournie (entre les kids qui se réservent pour Bb Brunes et les intellos de la zique qui snobent la notion même de plaisir on est une petite centaine), les
Fancy ne vont pas faire la gueule, faire de caprice de stars. Nan comme d'habitude ils vont mouiller la chemise et se donner pour notre plus grand plaisir. Parce que Fancy c'est un putain de bon groupe de scène !
Jessie lance avec un sourire narquois que ça fait plaisir de jouer dans une salle complète avant d'ajouter
putain j'ai avalé une plume de mon boa, c'est dégueulasse !. Et cet humour ce jeu avec le public, il ne va pas s'en départir de tout le concert, pas mal pour un groupe que certains ont qualifié de prétentieux...
Résumé un concert de Fancy c'est assez facile : un pied total ! Après s'il faut préciser disons qu'entre le jeu de scène jubilatoire entre le
Jessie qui arrête pas de bouger, de jouer avec son micro (non pas forcement ce que vous pensez !), de sauter dans tous les sens, de tortiller du cul, avec le gratteux qui moulinent grave entre riff funky et plus rock (mais il en faisait moins que l'année dernière à Aubagne, sûrement la fatigue de fin de tournée), le bassiste que j'ai redécouvert pour ce concert tellement sa basse lourde m'a scotché (putain sur
King of the Worlds, elle était bloquante !) et le batteur qui envoie sévère tout en se la pétant en faisant tournoyer et en envoyant en l'air ses baguettes (héhéhé, j'ai vu al fois où ils s'est manqué...), ben tout ça niveau spectacle c'est excellent. Et avec chaque fois des vannes de
Jessie tout au long du concert, et son sourire à chaque fois, content qu'il était d'être là.
Mais encore une fois, le spectacle ne fait pas tout et
Fancy assure niveau musical. Que ce soit avec
Inside of You au beat imparable et aux feulement terriblement efficace de Jessie, le sexy
U.V.N.I.,
What's your name again qui rappelle une Bony Tyler défoncée, le tube
Seveteen carrément dancefloor, la bombe disco rock
Dressed to kill ou un apocalyptique
Kings of the World en final, irrésistiblement on se retrouve à train de danser, une banane figée sur le visage. Et je n'ai même pas parlé de leur fabuleuse reprise de
Im' so excited des
Pinters Sisters, depuis celle du
Tigre je n'avait pas autant dansé sur ce morceau.
Fancy ? Raaaah, putain c'est bon !
Photos : Yoan-Loic Faure