Feist - 13 octobre 2007 - Théâtre Femina - Bordeaux Magique: une première partie étonnante, une voix énorme, une trompettiste extraterrestre...
Feist : que dire ? La perfection (le son à la hauteur, communicative, des musiciens multicartes et à .../...
Magique: une première partie étonnante, une voix énorme, une trompettiste extraterrestre...
Feist : que dire ? La perfection (le son à la hauteur, communicative, des musiciens multicartes et à fond). Un seul regret : pas de One Evening. Une soirée inoubliable ! Réagir à cette critique
Avant de rejoindre le site du Parc de Saint-cloud on se fait une grosse balade le nez au vent dans Paris, où l'image du parisien désagréable en prend un coup : les commerçants sont sympas et une seule personne a essayé de nous écraser (c'est assez peu, pour un marseillais). Et puis des gens qui jouent à la pétanque en bras de chemise à leur pause de midi peuvent-ils être foncièrement mauvais ? En tout cas aujourd'hui encore la météo semble d'humeur clémente pour ...
Une excellente journée de rock, pleine de suprises agréables !
Asyl nous éveille fortement les oreilles, c'est du rock français et ça à l'air de bien pousser, quel dommage qu'on arrive seulement vers la fin !
On s'est par contre donné les moyens de voir en entier La Phaze, révélation à Belfort, LE groupe le plus excitant en 2005 sur la scène punk française (et les plus gros squatteurs de iPod du moment). Les inventeurs du pungle (punk et jungle), gênés de jouer en plein jour, envoient toute la sauce dès le départ : don à sonf, pas de répit, décollage immédiat pour le D&B Show (on est prévenus, ça va ch... grave) puis pour un explosif Nouveau Défi !
Le début trompeur de Inside my brain (la voix du petit chanteur, boule de nerf, passe très bien en reggae aussi) tombe vite dans la jungle hypnotique, et chacune de leurs chansons met un feu pas possible (ne manquera que l'Embardée Fatale, une bombe à fragmentation sur album).
On se fait la réflexion qu'on tient la B.O. des prochaines manifs présidentielles de 2007 (prévoir un choix entre petit teigneux et gros hargneux), ça nous consolera toujours un peu, avec des brulôts comme l'Assaut final ou Scott, passage obligé du manifeste anti-FN.
Et si tout cela n'était toujours pas clair, le groupe finit par une double reprise tout à fait énorme du Clash : Police on my back/I fought the law. Punk jusqu'au bout des ongles, jungle jusqu'à la tachycardie, la Phaze déchire tout sur scène comme sur album, et il faut désormais que ça se sache, nom d'un p'tit nazillon diarrhéique !
Pour ce qui est de Goldfrapp, on connaît un tout petit peu sa musique, pas déplaisante, mélange un peu (trop) fourre-tout d'électro, funk, rock, trip-hop à la Gus Gus. On y reste quelques chansons (notamment Strict Machine et son gros son industriel, très classe), pour constater que son groupe développe un important mais subtil volume sonore tout en basses vibrantes, et aussi que la demoiselle est, pardon pour le commentaire sexiste, une pure bombe atomique, blonde et cuir noir (total look Kill Bill). cela étant sa prestation n'est pas complètement captivante...
Pas plus captivant, le groupe Herman Düne, déjà aperçu l'an passé à Belfort, sera le lauréat de l'entrée sur scène et du concert le plus désinvolte : on croirait une répétition en plein air. Leur folk-rock, aux compositions bien léchés, ne correspond pas à nos goûts mais est cependant plutôt agréable à écouter assis dans l'herbe, la voix étant véritablement habitée. Certains moments un peu psychédéliques évoquent même le navrant et désormais culte Brian Jonestown Massacre... tout cela nous semble cependant moins excitant que Bright Eyes dans le même genre (mais encore une fois, on y connait rien ou si peu !).
Le moment est venu d'aller découvrir sur pièces la grande curiosité de la journée : Pete Doherty, LA star qui fait mouiller toute la rédaction de Rock&Folk (hommes et femmes), ex-moitié des déjà surestimés Libertines (et pas la meilleure moitié semble-t-il). Tour à tour dans les bras de l'héroïne puis dans ceux de mannequins anorexiques, dans les pages des Inrocks puis dans celles de Voici : un pur produit médiatique. Comme par hasard le seul et unique groupe sur les 2 jours à ne pas commencer à l'heure et l'endroit dit sera le sien, les BabyShambles (avion raté soi-disant) - ça part mal c't'histoire...
On devra donc se rabattre sur The Departure, groupe qui joue trop fort (ou mal réglé) un rock anglais revival insipide à la 'Interplocparty', et sera donc notre groupe joker du jour pour aller manger et libérer la boisson bizarre vendue au bar sous la marque Heineken, et à peine transformée par notre corps en quelques heures trop courtes.
Et à la nouvelle heure et scène des BabyShambles, il nous faudra encore patienter, en s'amusant de la présence de jeunes pop freaks aux cheveux mi-longs et en costard (des fans de Piiiiiiiiite sans doute, serait-ce les fameux Parisians ?), de pisseuses surexcitées et de celle, rafraîchissante, d'un type chevelu qui est venu uniquement ... pour insulter Doherty dans un anglais très fleuri. Au moment où on n'y croyait plus (vu la mine inquiète des roadies pendus au téléphone), il arriva... on l'avait traité de petit con et l'on s'en excuse sincèrement : en fait Pete Doherty est très grand !
Il est aussi bien à la hauteur de l'image destroy qu'il se donne tant de mal à construire : désinvolte, bourré ou foncedé, il est incapable de chanter correctement (ni en rythme ,ni dans le ton). Tout le concert (35 minutes, ne nous blessons pas) sera à l'avenant... Tout ceci pourrait encore lui être pardonné mais, comble de l'horreur, il porte un T-shirt bleu police sans manches, avec des santiags basses beiges : une horreur !
Musicalement on constate que les autres Babyshambles aussi sont des branleurs mêmes pas doués (seul le batteur tient la route), au son aussi mal réglé que Bloc Party mais au jeu encore plus approximatif. A la fin de ce concert pénible (le single Fuck forever a un peu fait tressauter notre orteil gauche, mais c'était purement nerveux), nous ne résistons pas au plaisir de brandir bien haut et bien longtemps notre majeur à la face de ce véritable imposteur, grand con donc, irrespectueux de son public et sans talent, bref, un pauvre type. Alors comme disait une rock star, une vraie, après le Live 8 : Make Doherty History !
Après cette honteuse prestation, on sera très soulagé d'écouter un peu Feist, la gentille chanteuse jazzy canadienne (qu'on voyait plus grande, elle), sa voix caressante et écorchée juste ce qu'il faut pour être sensuelle en diable. Quel contraste ! Ne connaissant hélas presque pas le répertoire, on a retenu un très joli slow "talking about secrets", composé de couches vocales délicatement enregistrées les unes sur les autres, et on a entendu "son tube", très plaisant (que les fans auront identifié, eux). On laissera cependant les petits couples danser doucement au son de la jolie songwriter, car on a entendu un hurlement d'outre-tombe nous appeler de l'autre bout du Parc...
Le mythique Dave Grohl et ses Foo Fighters sont dans la place ! Enfin du rock velu, nom de Zeus ! Leur scène est composée d'un impressionnant tas d'amplis morts, et leur son sera le plus bourrin du festival : tous les amplis sont à 11 dès la première chanson ! On travaillera l'articulation de nos cervicales sur leurs tonalités franchement metal (beaucoup plus brutal que sur album).
Il faut dire qu'on a une énorme sympathie pour ce garçon dont l'obscur premier groupe a bercé notre jeunesse. D'ailleurs il nous le rend bien, interpellant très gentiment le public (hurlant : Do ya wanna hear a fuckin'song ? puis murmurant : I do ...), vraiment pas la grosse tête. Il est si content d'être là qu'il nous fera profiter d'un énorme rot, amplifié environ 25 000 fois - la terre de Saint-Cloud en a tremblé !
Il s'avère qu'il est capable de chanter comme Joe Cocker sur une chanson lente, et aussi comme Phil Anselmo (de Pantera) sur d'autres - très en place, faut dire que le groupe tourne depuis 10 ans (on repense aux Eurocks '96, les plus mouillées qu'on ait vécues et où le père Grohl s'était fait tremper exprès, par solidarité avec son public). Cependant on se rappelle au bout d'un moment qu'hélas, les compositions des Foo Fighters sonnent un peu toutes pareilles (en tout cas en live où elles semblent un peu moins subtiles), et qu'étant à un festival après tout on est pas tenu de rester jusqu'au bout.
On part donc résolument à la découverte de nouvelles sensations : The Film, groupe de rock bordelais (bonne école non ?), qui a fort amusé nos oreilles au casque. On repense aux Flying Pooh : même scène, mêmes costards très classe et total attitude de rock stars, chant en anglais y compris. Il s'avère qu'on développe ici un très gros son lo-fi, on pense presque instantanément à John Spencer Blues Explosion (et ça c'est un putain d'énorme compliment !). Ce groupe est paraît-il connu surtout pour l'instant à cause d'une pub à la con ; il nous semble en effet avoir reconnu une de leurs excellentes chansons, qui doit s'appeler Can U touch Me ?. Si ça commence catchy et classe, le tout se finit dans un maëlstrom bruitiste et jubilatoire, où le saxophoniste hurle dans le micro de son engin tandis que le chanteur crie comme si sa vie en dépendait. Cette prestation trop courte nous donne en tout cas très envie d'acheter leur album : ce sera LA révélation outsider du festival !
On ne peut certes plus parler de révélation pour Robert Plant qui a cependant bien vieilli. On l'avait vu il y a longtemps avec Jimmy Page, rejouer la plupart des chansons cultes de Led Zeppelin en formation orientale (un concert splendide). Une longue intro électro avec ses 'ouuuuuuh' caractéristiques, hélas en play-back, annonce son arrivée avec une forte odeur d'encens (l'Orient, toujours).
Il est à présent entouré d'un groupe de petits jeunes (par rapport à lui) et la tonalité générale est celle du blues lancinant avec de gros riffs de plomb liquide (deux ou trois reprises de ses chansons époque Zep étant comprises dans le lot). Cela étant le bonhomme est extrêmement charismatique et il y a quand même une chanson (Tin Pan Valley) dont le refrain est un subtil mélange d'électro et hard rock vintage issue de son dernier et paraît-il très bon album Mighty Rearrangement, à suivre donc. Finalement tout cela est si lancinant (une chanson sur les Freedom fries pompe carrément Kashmere) qu'à un moment on se demande si on ne s'emmerde pas un peu quand même, et si on devrait pas se placer un tantinet pour le prochain concert ! On s'éloigne donc l'air de rien (Robert n'a rien remarqué ou alors il a fait semblant).
Car on s'est évidemment précipité en entendant les premières notes de Michael, pour ne pas rater Franz Ferdinand (on a même réussi à faire courir notre carcasse fatiguée). Outsiders l'an passé à Belfort, ils suivent la trajectoire du groupe presque parfait qu'ils sont : grande scène, tête d'affiche !
On passera un moment à se demander pourquoi les wonderboys écossais sont filmés en noir et blanc, jusqu'à comprendre que cela ne fait au fond que renforcer leur similitude d'attitude et d'accoutrements avec les Beatles : en filmant ainsi ces 4 parfaits gentlemen bien peignés et en chemise, on a l'impression de voir un vrai concert old school, filmé à Liverpool en 1965 !! Certes la mise en scène est un poil grandiloquente : de grands draps sur les panneaux coulissants à l'effigie de l'ancien, du nouvel album et de leur portrait en noir et blanc... un peu too much mais si la Nature a horreur du vide, les groupes aussi !
Après Tell her tonight, on entend Whole lotta Love jouée tout là-bas très loin (mille milliards de staracadémiciens écorchés, on a raté notre chanson préférée du Zep !), mais c'est trop tard pour regretter : Franz Ferdinand va enchaîner à plaisir tous les tubes de son premier album (c-a-d toutes les chansons, ou peu s'en faut), tout en disposant au fil du concert 4 à 5 nouveautés de l'album à paraître, apparemment tout aussi bien calibrées pour mettre le feu !
On constate que le public réagit au quart de tour à chacun de ces bijoux sonores : Jacqueline et sa basse énorme, LE tube interplanétaire Take me out (présentée par le sympathique Alex Kapranos comme une chanson de Dutronc !), The Dark of the Matinee, Auf Achse magnifiquement émouvante, 40' et bien sûr, Darts Of Pleasure, la bombe sonique - pourtant reléguée en fin d'album - que les Killers n'arriveront sans doute jamais à écrire !
"Pétaradant" est encore le mot qui paraît le plus approprié : On a quasiment pas touché terre jusqu'à ce que le chanteur présente longuement et avec humour son groupe, au fond absolument parfait (c'est presque suspect, ils ont du vendre leur âme à quelqu'un, je pense). Le rappel se finira par This Fire qui enfonce le clou : we gotta burn this city, burn this city ! tandis qu'en effet les gens sautent partout comme si la boue de la grande scène était devenue de la lave en fusion, Paris brûlerait-il ?!
C'est un K.O. debout qui vient donc conclure, tout le monde étant désormais cuit à point, cette fort belle journée !
Cette deuxième soirée s'achève bien tôt à notre goût (23 h 15), mais ce soir le métro est gratuit, c'est vendredi et la nuit va être longue ! Une dernière fois, l'on s'arrête devant la plus petite scène, idée très cool d'un fabricant de boissons gazeuses, où l'on s'amuse - à divers degrés - d'interprétations en air-guitar et play-back de tubes passés ou présents, mimés par des gens qui n'ont pas honte de s'exhiber !
On quitte bien sûr à regret ce cadre enchanteur. Alors merci et un grand coup de chapeau aux organisateurs de ce festival, qui tient pour le moment très bien la route, et espérons-le, à l'an prochain pour de nouvelles flâneries de fin d'été au bord de la Seine !
A lire également sur concertandco : un compte rendu (plus court !) de Rock en Seine, version 2004...
Feist + Olivia Ruiz - 08 octobre 2004 - Coopérative de Mai - Clermont-Ferrand Première partie agréable qui passe un peu par tous les styles.
feist nous livre un beau concert avec plein de vrais morceaux de jolies chansons dedans.
Ambiance sympa et détendue. Le rouge et le .../...
Première partie agréable qui passe un peu par tous les styles.
feist nous livre un beau concert avec plein de vrais morceaux de jolies chansons dedans.
Ambiance sympa et détendue. Le rouge et le bleu sont les couleurs du rock, du coup exit les lumières blanches qui font trop hôpital (sic). Tout s'enchaîne avec merveille et douceur, et l'on prends le même plaisir qu'en écoutant l'excellent album "Let it die".
Puis viens la fameuse Olivia Ruiz, ancienne pensionnaire de la star' ac. Elle a finalement bien réussi à conquérir le public malgré la volonté de toujours pousser sa voix en préférant la puissance au naturel et à la simplicité. Surtout les chorégraphies ultra-présentes nous rappellent sans cesse d'où elle vient. En dehors de ça, la demoiselle est charmante et son spectacle sympathique est assez éloigné de la musique sans goût proférée à longueur d'antenne par ses anciens petits camarades. Bonne surprise donc.
Si la soirée « Vive les Femmes » a d’abord débuté par une prestation d’un trio masculin (Apostle of Hustle, invité au dernier moment par Feist), elle a parfaitement tenu ses promesses en termes de charme féminin. Le résultat a par contre était plus contrasté au niveau artistique… Rien à reprocher de ce côté là aux amis canadiens de Feist, le trio Apostle of Hustle a en effet délivré un excellent set de 30 minutes. L’univers de ce groupe est assez varié et orignal : on passe allègrement d’ambiances Americana à la Calexico ou Giant Sand à du reggae voire à de la musique cubaine, le tout chanté avec classe et joué de manière roots (guitare, basse, batterie, claviers)… Apostle of Hustle recevra sur la fin l’apport des trois musiciens de Feist, avant de faire une apparition collective juste après avec la tête d’affiche : c’est vraiment la franche camaraderie entre les deux groupes…
L’auteure de Let it die a par la suite présenté son concert habituel (lire les chroniques de ses concerts à Bourges et Sédières), avec des morceaux très bien écrits, chantés de manière troublante et interprétés avec une guitare tranchante et un bon groupe. Même si la très belle jeune femme a tendance à énerver avec ses caprices de stars (aujourd’hui, les lumières - trop blanches à son goût - lui déplaisent), on n’est pas prêt de se lasser de la musique de Feist, une artiste capable d’accomplir l’exploit de faire sonner correctement une chanson des terrifiants (et fort heureusement morts) Bee Gees…
(Photo Olivier Micheli)
La suite va se révéler moins convaincante, mais tout aussi charmante : Olivia Ruiz présentant son premier album sur scène juste après, avec ses musiciens faire valoir. Si l’on constate que l’ex pensionnaire de la maison TF1 sait chanter et a fait un effort d’originalité par rapport à ses anciens camarades dans le choix de ses morceaux (ce n’est pas excessivement difficile… ), elle a gardé des tics Star Ac’ rédhibitoires. Elle ne peut en effet s’empêcher de danser comme si elle était au « Prime » et devait aguicher son public. Quand on a pour prétention de faire de la chanson française réaliste (mais parfois « rajeunie » avec des grosses guitares poisseuses), ces chorégraphies formatées pour les bimbos sont quand même assez risibles. Musicalement, Olivia Ruiz présente une sorte de chanson variété loin d'être enthousiasmante. Cela étant, la petite est assez craquante quand elle danse !
Un qualificatif qui colle également parfaitement à Els Pynoo, la chanteuse/danseuse de Vive la fête !. Quand elle arrive peu après ses trois amis vêtus de noirs, maquillés, et visiblement chargés à mort (sourires béats et ricanement incessants), on constate que cette personne est habillée très court dans une tenue moulante révélant une poitrine opulente et des fesses charnues, ouch ! Pendant la durée du set, on a donc la surprenante impression d’assister à un peep show à Pigalle entrecoupé de couinements et hurlements en français, tout un programme… Els Pynoo danse et sourit mécaniquement, la drogue sans doute… Et que dire de ses acolytes ? Ils ont le grand mérite de faire un bruit d’enfer à l’aide de leurs instruments - claviers aux sonorités très Depeche Mode, basse aussi groovante que percutante et guitare tout à tour gadget ou puissamment rock. Vive la fête ! déroule son répertoire à la grande joie des quelques aficionados, aussi en joie que leurs idoles… On se prend donc le dissonant et hystérique Noir Désir en pleine tronche, on rigole franchement sur les pochades électro kitsch Nuit blanche ou Maquillage, on se trémousse violemment sur le medley ultra rock chanté par Danny Mommens (Real wild child / Ça plane pour moi) et l’on part se coucher après le dispensable mais plutôt bien envoyé Fade to grey signé par les peu recommandables Visage. Vive la fête ! ne mérite sans doute pas tout le battage fait autour de son disque (Nuit blanche) mais le groupe belge permet un joyeux pétage de plombs, c’est déjà pas mal…
Nouvelle Vague, le dernier projet casse-gueule mais pour une fois couronné d'un relatif succès de Marc Colin (clavier) et Olivier Libaux (guitare) ouvrait les hostilités dans un Cabaret Rouge plutôt bien rempli et curieux d'entendre les reprises façon bossa nova de grands classiques de la new wave et du punk.
Massacre en règle pour certains, hommage malin pour d'autres, dont je fais partie, peut-être trop nostalgique des années 80 et trop amoureux de Camille qui contrairement à la trop sage Marina de Carbon n'hésite pas à donner des versions joyeusement décalées jusqu'au cabotinage à des chansons de toute façon intouchables.
Ses relectures habitées de "Guns of Brixton" et surtout "Too drunk to fuck", qu'elle finit de sussurer avachie par terre, sont autant de moments croustillants et donnent très envie de la revoir avec un repertoire plus personel.
Une mise en bouche amusante mais assez courte, pendant laquelle on aura pu entendre deux titres qui ne figurent pas sur l'album : les immenses "Bizarre love triangle" de New Order et "Mongoloid" de Devo qui préfigurent probablement une suite à cette recette roublarde et culotée.
Un peu affamé ensuite on ira plutôt chercher un bol de pâtes qu'ingurgiter les "Sandwiches" des facetieux Detroit Grand Pubahs. Aux dires de ce qui les ont vu, c'était du genre "je gueule derriere un masque et je montre mes fesses" et ça n'allait pas plus loin, moi qui les ai juste entendu en attendant d'être servi, leur live n'apportait rien à leur electro funk déjà pas transcendant.
Peut être que la sauce (hmm, faut que j'arrête de parler bouffe moi) aurait mieux pris s'ils avaient été programmés plus tard.
C'est pas bien grave, un beau et vrai concert nous attend sur la grande scène avec la Canadienne Feist, tout de blanc (court) vêtue et accompagnée d'un groupe aux gestes maitrisés, que ce soit à l'orgue hammond, au trombone ou au mélotron.
Que de chemin parcouru depuis 2 ans où elle jouaient les faire-valoir aux cotés du pitre Gonzales, on sait depuis son album "Let it die" qu'elle est une songwriter touchante et touche à tout, aussi à l'aise dans des ballades folk délicates ("Leisure suite"), une pop à l'euphorie contagieuse (les tubesques "One evening" et "Mushaboom", au top à l'applaudimètre) et même une reprise disco des...Bee Gees ("Inside and out, seul morceau où elle se débrouille sans sa fidèle guitare), même si c'est dans les moments les plus intimistes qu'on la préfère, où sa voix sensuelle impressionne le plus.
Un moment de grace en décalage complet avec ce qui suit à coté, le set des bien nommés Dj's are not rockstars qui n'était ni plus ni moins que du racollage pas du tout passif. Vous aimez les 2 many dj's ? Eh bien là c'est pareil, le coté biatche en plus assuré par l'exquise Princess Superstar en soutif' rose qui partage les platines avec son comparse Alexander Technique.
Ils alignent les tubes comme certains enchaînent les binouses : Beastie Boys, Miss Kittin, Felix da Housecat, The Rapture, Vitalic, Kelis, Mu, Daft Punk...bref tout ce qui nous fait danser depuis 2-3 ans (à défaut de les voir en live à Marseille) et qui se marie avec bonheur à des clins d'oeil drolatiques : "Stay in school cos' it's the best" de Peaches répond au "We don't need no education" des Pink Floyd, les voix haut perchées des Scissor Sisters se téléscopent à celles de leurs ainés Bee Gees (décidément !).
Des petits détails appréciables dans ce déluge de gros son, terminé au micro puisque à la base la new yorkaise apprentie pousse disque est une rappeuse des plus salaces et aura bien emoustillé les mâles venus s'agglutiner aux premiers rangs, I was there comme dirait l'autre.
La suite est plus pointue avec Dj Team Munk, des Allemands officiant au sein de Gomma qui, avec DFA est le plus rock des labels electro. Mélant punk, funk, house et disco avec une technique percutante, leur selection commençait par une reprise/remix sensas du pourtant archi usé "Satisfaction" de Benny Benassi et s'avère nettement plus orientée club que celle qui précédait, pour la plus grande joie ceux et celles qu'on ne croise jamais aux concerts, une partie non négligeable du public de Marsatac, qui a plutôt bien réussi son pari ce soir en jouant la carte de l'eclectisme.
On aurait aimé être aussi enthousiaste en allant voir ce que donnait l'inclassable Earl Zinger mais les quelques morceaux écoutés donnaient dans le dub poussif et bavard, pas vraiment representatif du riche background du bonhomme. Quoique chanter un truc comme "The greatest bassline in the world ever" sans bassiste, ça nous arraché un petit sourire avant qu'on s'arrache tout court. Demain est un autre jour. Réagir à cette critique