Faisant incontestablement partie du cercle restreint des albums de l'année 2009, le disque signé par Karin Dreijer Andersson, la troublante chanteuse de The Knife, sous le nom de Fever Ray provoque de multiples choses sur le corps meurtri et le cerveau cramé des auditeurs : .../...

Faisant incontestablement partie du cercle restreint des albums de l’année 2009, le disque signé par
Karin Dreijer Andersson, la troublante chanteuse de
The Knife, sous le nom de
Fever Ray provoque de multiples choses sur le corps meurtri et le cerveau cramé des auditeurs : frissons inquiétants, courants d’air froid dans le cou, bouffées de chaleur intrigantes, pensées humides et étranges rêves à rester éveillé toute la nuit sans pouvoir trouver d’apaisement salvateur… Ce disque est exclusivement réservé à un public averti désirant se faire peur tout en dansant seul dans le noir. Mais pas que, finalement : la richesse des ambiances, sans oublier la qualité du chant et des arrangements en font un projet déjà culte qui ravira tous les fans d’électro pop sombre, de trip hop menaçant et de world music glaçante. Les exceptionnelles cordes vocales qui ont déjà illuminé les disques de
The Knife,
Deus et
Royksopp font une fois de plus merveille ici en évoluant dans un registre proche de
Kate Bush et
Björk mais dans un univers très personnel – superbement vaudou et propice aux divagations torturées des esprits – : une sorte de western crépusculaire à la
Jim Jarmush (
Dead man ?) croisé avec un film d’horreur lancinant de
Tobe Hooper (
Massacre à la tronçonneuse !) et une histoire démente à la
David Lynch (
Lost Highway ?). Dans les superbes clips – figurant tous sur le dvd inclus dans l’édition Deluxe de l’album – comme
sur scène lors des grands messes données par la prêtresse spectrale de
Fever Ray, on plonge - avec en tête un très puissant mélange d’effroi et d’allégresse - dans les affres de la dépression joyeuse. Qu’il est bon de se vautrer dans le syndrome « happy to be sad » avec des titres magistraux et ébouriffants comme
If I Had A heart, When I Grow Up, Triangle walks, Seven, Dry And Dusty, Keep The Streets Empty For me ou encore
Stranger Than Kindness… Avec cet album très recommandable (et recommandé donc),
Fever Ray signe la bande son officielle et fantomatique de ceux qui aiment marcher seuls la nuit dans les bois, en s’éloignant des lumières de la civilisation.
Sites internet :
http://feverray.com,
www.myspace.com/feverray,
www.facebook.com/FeverRay,
http://twitter.com/FEVERRAY,
www.youtube.com (vidéo de
Stranger Than Kindness).
2009 (Rabid Records - Cooperative Music)