Mauvaise surprise en découvrant le line-up à l'entrée, l'artiste pour lequel je suis venu passe en troisième partie de soirée, mais comme il n'y a pas grand monde et dès les premieères notes je me dis que ça a l'air bien sympathique, je laisse donc .../...
...sa chance au jeune
Florent Marchet et bien m'en a pris car c'était mieux que ce que je pensais.
Rien de bien extraordinaire, mais cetartiste repéré dans un célèbre magazine un temps est convaincant dans ce qu'il fait. Une pop ligne claire avec des textes pas vraiment gentilllets, qui m'a fait penser à un
Statics qui aurait d'avantage écouté
Bertrand Betsch (étonnanteparenté vocale) que
Daho. Des compos solides qui laissent penser que son groupe et lui ont grandi en écoutant plus de rock que de variété (le pourtant radio-friendly
"Je n'ai pensé qu'à moi"), souvent introduits avec un humour à froidbienvenu (
<"Tous pareils" était par exemple dédié aux
"gens qui parcourent le monde et qui reviennent craner avec un t-shirt Hard Rock Café" hé hé). A noter un sang froid très professionel alors que le set est longuement interrompu parun rare incident technique, et une belle reprise de
"Et quand bien même" de
Gainsbourg/Birkin.
La suite sera nettement moinsenthousiasmante (et enlèvera accessoirement une étoile à mon jugement final), même si
Thomas Fersen bénéficie d'un public familial très démonstratif sans commune mesure avec mon opinion du bonhomme. A vrai dire je ne connaissais que quelquesmorceaux dont
"Les cravates",
"Poisson" ou l'introductif
"Deux pieds" qui ne m'avaient pas donné envie d'aller plus loin. Et ce n'est pas ce spectacle longuet qui me fera changer d'avis, non franchement, c'est pas mon trip.
C'est sans doute joli et riche musicalement (avec du clavecin, du violoncelle, de l'accordeon, même du triangle !), bien écrit (des scribouillards le comparent à
Prevert) et souvent entraînant, mais je ne peux m'empêcher de trouverl'ensemble viellot et ennuyeux. Surtout dans sa façon de chanter, avec cette voix traînarde et cette posture un peu pédante, qui amuse au départ mais horripile assez rapidement.
Si des fans veulent pourrir ma boite de courriels en me disantque j'ai une vision médiocre de la chanson française et que si ça ne me plaisait pas pourquoi être resté jusqu'au bout, je précise qu'étant placé (à regret) dans les premiers rangs d'une grande salle comble il m'était difficile de joindre le bar,même si la tentation était grande.
Enfin bon ça valait le coup d'attendre, puisque le concert tardif de
Rachid Taha rattrapait vertigineusement la soirée. C'est la première fois que je le voyais mais je connais et apprécie sesdisques impeccablement produits par
Steve Hillage, qui mélangent allègrement rock, groove et musique Arabe, loin de l'étiquette "raï" qui lui colle à la peau depuis l'embarrassant épisode "1,2,3 soleils".
Une performance autrement plusexcitante qu'un gala de mariage, maitrisant du début à la fin un savoureux équilibre entre le chaud et le froid.
Evidement on a pas échappé à la relecture crossover (art dans lequel il excelle, comme l'atteste sa récente reprise de
"Rockthe casbah" de qui vous savez, qui a enflammé un public au départ un peu timide) du
"Ya Rayah" de
Dahmane El Harrachi mais en bon rockeur qui sévit là où on ne l'attend pas, il en donnera juste après une version nettement plusabrasive, limite punk.
Plus déroutants encore (pour ceux qui ne connaissent que les tubes), les titres électrisants et trippants que sont
"Barra Barra" et le récent
"Safi" où il se montre aussi engagé qu'enragé.
Le groupe(basse, guitare, oud, derbouka, claviers) qui l'accompagne est très bon, tout juste aurait-on aimé la présence de choristes et de cordes, samplées sur certains titres, mais ça sera peut être le cas à une autre occasion.
On quitte les lieuxpendant le festif
"Saida" au rappel, après avoir dansé tout le long et acclamé ce grand chanteur
Arabe d'origine Française comme il a déclaré non sans humour l'aure jour.
En attendant de le revoir, en tête d'affiche cette fois,on prolongera le plaisir de ce set en réécoutant à la medina, euh maison, l'excellent
"Tekitoi".
Réagir à cette critique