Organisé par les
Flying Tractors, les icônes du rock agricole made in Clermont-Ferrand,
The Flying Tractors Variety Show a permis de passer une agréable soirée en écoutant des morceaux ringards sur vinyl, du hard rock au violoncelle, de la valse, du folk ardéchois beauf et du rock bastringue. Tout un programme !
C’est
Dj Reck Tom qui débute la soirée dans la petite salle de la Coopé en passant sa collection de disques tous plus lamentables les uns que les autres. Ce jeune homme au physique fort avenant cache un secret malheureusement pas assez bien gardé : il écoute de la merde et du bruit à longueur de journée ! Comme il est partageur, il permet à ses amis et à son public fidèle de profiter de ses emplettes du dimanche matin aux puces :
Jean Yanne,
Bourvil,
Les Rabbins Volants et autres kitcheries inavouables. Ne dites surtout pas à
Dj Reck Tom que son set de DJ, c’est de la merde : il prendrait ça pour un compliment et ferait un rappel sur-le-champ !
Rendu à moitié sourd par l’écoute à fort volume des premiers
Sonic Youth, de l’intégrale d’
Einstürzende Neubauten et du
Velvet Underground, Tom Reck, ivre de haine et de vengeance, ne sait même pas apprécier
Pale blue eyes ou
Sunday morning : lors de son émission hebdomadaire, le jeudi soir à 22h30 sur radio Campus (93.3), il se contente de passer
Sister ray mixé avec des bruits de perceuses ou de scies sauteuses ! Un véritable concerto pour détraqués qui pourrait être fatal aux oreilles non averties...
Ravi de l’effet répulsif qu’il exerce sur le public, passablement interloqué, ce très sérieux concurrent de
Dj Replay choisit de nous infliger, comme lors de sa
prestation dans le cadre des Volcaniques de mars, une chanson dont le refrain est une ode à l’amour oral :
« Pompe, pompe, pompe moi le dard… » Pourquoi
Dj Reck Tom est-il si méchant avec son (maigre) public ? Parce que !
Quelques secondes après cette mise en jambe, les improbables
Violon Profond effectuent leur grand retour à Clermont-Ferrand après une tournée sold out en mars... Un retour sur la grande scène de la Coopé, excusez du peu. Bientôt les stades pour soutenir
AC/DC ? Allez savoir, ils sont déjà tout auréolés de leur première partie pour
Nashville Pussy à Lille ces jours-ci. Le concept de cet étrange groupe est simple : jouer au violoncelle les plus grands thèmes du heavy metal en traduisant les paroles en français si nécessaire…
Tony Violon, armé de son violoncelle branché sur une pédale de disto et
Jerry Profond ont encore une fois la super patate et ils attaquent leur méga show pyrotechnique par l’hymnesque
Antisocial de
Trust. Les moments d’anthologies (
L’as de pique de
Motörhead,
L’autoroute de l’enfer et
Dynamite d’
Assedesse,
Casser la loi de
Judas Priest,
Fumée sur l’eau de
Deep Purple) succèdent aux instants émouvants (
Je t’aime encore de
Scorpions,
Je veux être ton chien des
Stooges) et aux reprises 100 % françaises et déjantées (
Les canettes, un tube d’un groupe lillois,
Le tango des bouchers de
Boris Vian). Que du bonheur !
Harcèlement du public jusque sur les gradins, pétards jetés dans la foule, fumigènes, poursuites infernales, sketches drolatiques, moments d’incroyable musicalité : si on aime le hard rock, le violoncelle et le théâtre de rue, il faut avoir vu
Violon Profond, le seul duo échappé du conservatoire capable de vous faire pleurer de rire.
Pour calmer les ardeurs révolutionnaires et destructrices du public de la coopé, transformé le temps du concert de
Violon Profond en horde de hardrockers avides de sang,
Christine et Nanar (sic) se chargent de jouer quelques valses à l’accordéon et à la guitare sèche ; certes, on cherche désespérément les amplis Marshall mais c’est idéal pour se mettre dans l’ambiance du spectacle suivant.
Arrivé en quatrième vitesse avec sa R12 (garée devant le Coopé) de son Ardèche chérie,
Joseph Cantalou est venu effectuer un triomphe en Auvergne avec pour seules armes, sa guitare, sa verve, son physique de plouc et son humour un peu limite.
Si ce hippie n’évite pas toujours les écueils de la lourdeur (la chanson où il imite l’accent maghrébin), de la beauferie (le morceau où il fait hurler « salope » au public), il faut lui reconnaître un talent indéniable de chauffeur de salle. En deux temps trois mouvements, le public hurle son nom avec un enthousiasme à peine croyable… Ses textes sont d’une connerie confondante (assumée semble-t-il) mais il est difficile de garder son sérieux à l’écoute de ces tubes joués sur le globe entier (
Joseph Cantalou est connu jusqu’au Japon, comme
Alain Melon).
Les moments - très - forts de ce concert sont la reprise de
Hey Joe qui devient
Hey Joseph, (notre homme fait hurler sa guitare sèche comme le grand Jimi, même si celui-ci lui a piqué sa chanson paraît-il) et une chanson où
Janis Joplin et
Louis Armstrong se répondent de manière totalement hilarante. Encore quelques shows comme celui-là et
Joseph Cantalou va réussir à conquérir
« pour de vrai » les 6 milliards de fans qu’il se targue d’avoir déjà dans son escarcelle...
Après une attente un peu longue,
The Flying Tractors reviennent délivrer leur rock agricole pêchu au public clermontois tout acquis à leur noble cause : faire la fête et lutter contre l’exode rural ! Le chroniqueur agricole de France 3 a même fait le déplacement pour écouter la bonne parole des tracteurs volants.
Pour fêter la sortie de leur nouvel album,
Vaca dolorosa, les Flying au grand complet (3 cuivres, 3 guitares, une basse, un accordéon, 2 chanteurs, un batteur... ) ont sorti leurs beaux habits du dimanche et ont demandé à un décorateur « dans le vent » de disposer une série de peaux de lapins retournés au-dessus d’eux : c’est du plus bel effet...
Cette bande de cul terreux (et fiers de l’être) a mis exactement 5 secondes à faire bouger le public venu les soutenir. Leur set à base d’humour campagnard, de rock, de musique traditionnelle et de folklore a fait mouche.
Intrigués par
Violon Profond ? Voici
le compte-rendu de leur concert de mars 2002 à Clermont-Ferrand et
une interview "exclusive" permettant de mieux cerner l’univers de ces deux psychopathes de la musique de chambre.
Fans de rock agricole, il existe
une autre chronique sur un concert des
Flying Tractors...
(Photos prises en mars 2002 à L’Escapade par Flore-Anne Roth. )