Neuf heures moins le quart devant le
Poste à Galène : une file d’une dizaine de personnes attend patiemment qu’on veuille bien la laisser entrer. En plus de l’habituel public
« Lollipop-Ratakan-Relax and Co » quelques gothiques sont venu soutenir « Frustration », groupe post-punk parisien. L’affiche de la soirée s’annonce alléchante : les
Nation All Dust, et leur pop indé noisy m’avaient particulièrement impressionnés quelques semaines auparavant à
La Machine à Coudre. Je ne connais pas les deux autres formations, mais sur le papier que du bon :
Frustration estampillé « Post-Punk », revendique des influences de bons goûts comme Wire ou Joy Division et
Dirtrucks, choisi par
Relax And Co (gage de rock’n’roll de qualité), se présente comme un groupe de rock’n’roll japonais exclusivement féminin ; on pense évidement à 54 Nude Honeys : donc quelque chose de pas très original mais diablement sauvage, sexy et rock’n’roll !
Bref, une bonne soirée en perspective !

C’est les
Nation All Dust qui ouvrent la soirée. Ca commence tout en douceur avec une très longue intro guitare-chant ; courageux d’attaquer un set comme ça !

Leur prestation de ce soir sera un peu en dessous de celle d’il y a quelques semaines à la Machine : musicalement c’est impeccable, une noisy pop élégante et personnelle …mais ce soir tout semblera moins naturel.

Les longs moments de larsens, mêmes s’ils sont du plus bel effet, paraîtront avoir été rajoutés, les bains de foule de Mathieu un peu forcés, et les enchaînements bien moins fluides. Mais attention qu’on ne s’y trompe pas : les chansons sont bien là et le groupe occupe bien la scène ;

Nation All Dust est un excellent groupe mais la magie de cette fameuse soirée à la Machine à Coudre n’est pas là ! Tans pis … ce sera pour une autre fois !

Arrivent ensuite les jeunes japonaises de
Dirtrucks. Passées les cinq premières minutes durant lesquelles le spectateur aurait pu être sous le charme de l’exotisme, il faut bien de rendre à l’évidence : leurs jolis minois et leur conviction inébranlable ne parviennent pas à masquer des compositions de très mauvais goût, très mal jouées le tout avec un son exécrable !

Correctement joué ç’aurait pu faire penser à du « big rock » très très red neck faisant passer les ZZ-Top pour des intellectuels new-yorkais ; et le tout, sans l’humour des deux américains barbus ! Bref, pour moi, un mauvais moment à passer, pour d’autres c’est le moment du départ : la salle se vide.

C’est donc devant une salle à moitié vide que nos post-punks parisiens
Frustration s’installent. Les trois gothiques qui ont eu le courage d’affronter trois quarts d’heure d’hara-kiri guitaristique se pressent devant la scène et c’est parti !

Enfin, pas tout de suite : les nombreux problèmes techniques font bégayer un début de set prometteur. Il faut avouer que même si les compositions sont vraiment très très post-punk, elle sont vraiment bien ficelées et le lien entre le punk et la new-wave semble naturel chez les parisiens.

Le côté mécanique et dansant nous plonge dans le Berlin 78-80, époque glorieuse de Kraftwerk. Mais ce qui m’horripilait chez ces allemands rend la musique de Frustration vraiment intéressante : c’est mécanique mais rock’n’roll. L’époque est à reconsidérer, et les The Rakes l’ont bien compris !
Photos Pirlouiiiit