Pour qui aime le rock'n roll à Marseille, en particulier le punk-rock mais pas que, rater l'anniversaire de 5 ans des
Ratakans relèverait de la faute professionnelle. D'autant que l'affiche alléchante proposait à peu près tous les groupes les plus hot de la galaxie Machine à coudre-Dépanneur-Lollipop-Massilia Burning-poseur. Une dizaine de groupes va donc se succéder pour environ 15 minutes chacun (en fait plutôt 20) après un tirage au sort et parait-il, un apéro au champagne (je suis arrivé trop tard bien sûr)...
ndP : devant les photos c'est Pena qui a tenu tete a une salle pleine de punk avec ses chansons tres chouettes et engagées (je fredonnais d'ailleurs Les petits robots tout en votant oui ce week end) - NdPh : les opinions politiques radicales de notre photographe n'engagent que lui, bien sûr.
Des photos, certaines étant excellentes, de concerts organisés par les Ratakans décorent le bar de la Machine, la plupart ayant été prises par Fr
Biiiiiiiiiiiiiipd, alias Pirlouiiiit, au cours de sa déjà longue carrière d'aficionado-papparazzo. Elles rendent bien compte de l'ambiance déjantée qui a toujours régné dans ces concerts, notamment lors de soirées devenues mythiques comme le dernier live des Gasolheads, ici même il y a 2 ou 3 ans.
Ces groupes suivis depuis de longues années (ben tiens, environ 5 ans justement) par LiveinMarseille, sont déjà multichroniqués pour la plupart et n'ont certes plus besoin de soutien. Ca tombe bien parce qu'aucun être humain de chair et de sang n'aurait pu tenir devant la scène (65 degrés celsius environ) pendant l'intégralité de tous les concerts, sauf peut-être Pirlouiiiit, notre musicopathe maison qui était bien parti, mais il a du nous quitter à mi-course pour voir
Kill the Thrill au PàG.
Comme tout un chacun je n'ai donc vu que des extraits de ce qui se passait sur scène et serais bien en peine de dire qui a chanté quelles chansons, voir quel groupe a joué dans quel ordre, même pour les groupes que je connais, alors désolé pour la désinvolture de certaines parties, faisez-en des chroniques vous aussi si vous êtes pas content d'abord !
Les
Hatepinks démarrent dans une salle encore à froid et qui peine un peu à se mettre dans l'ambiance. Ceci malgré la présentation toujours explosive de leurs chansons de rock-n-roll amphétaminé par les Haines Roses, j'allais dire ces salopards de têtes de cons parce que la tradition veut qu'on les insulte, mais pour une fois je veux bien essayer d'être gentil.
Les suivent le trio des
Aggravation et leur punk sympathique et toujours légèrement approximatif (
NdPh 2006 : cette allégation a été très largement commentée depuis, d'autres concerts étant passés l'adjectif approximatif n'a plus lieu d'être). Soit l'ordre inverse du premier -et excellent- concert punk de l'histoire du Trolleybus, voici quelque mois.
Les trois gars d'
Electrolux, découverte pour moi (comment les ai-je ratés si longtemps, je me le demande encore), sont bien à la hauteur de leur réputation. Dans leur moment basiques ils pratiquent un punk-rock explosif (mais peu original parmi tous les autres de ce soir), mais surtout dans leurs meilleurs moments ils pratiquent un rock lancinant, hypnotique et classieux... les mélodies et la voix rappellent
Nick Cave et ses mauvaises graines, autant dire du très gros poisson ! A revoir sans fautes !
Autant que j'ai pu en juger, les premiers à véritablement casser la baraque, faire marcher les kids au plafond et transpirer les murs sont les toujours excellents
Neurotic Swingers qui réussissent presque l'exploit de faire déserter le bar. Cependant il me semble en avoir raté une grande partie car j'étais lancé dans une grande conversation (ô combien importante on en conviendra) sur les mérites réciproques des groupes de metal hardcore français.
J'avoue, eh ouais, avoir aussi séché le concert de
Take Shit Back qui m'a pourtant surpris, de loin à l'oreille : je me rappelais d'un groupe de thrash metal brontosaurique vu au Balthazar dans une soirée Lollipop's Burning... et on avait plutôt l'impression d'entendre un truc tout à fait écoutable ! Auraient-il renoncé au côté obscur ?
C'est encore pris dans des conversations diverses que j'ai comme qui dirait oublié d'aller voir
Sweet children et à peine aperçu
Lazy Bones (ndP : pas de photo j'etais plus la), autres formations semble-t-il punk-rock, que quelqu'un d'autre devrait donc chroniquer ! Mais ce n'est pas tous les jours qu'on tombe sur un public aussi pointu en rock, alors je vous le demande, n'était-ce pas le moment où jamais d'avoir une conversation sur les mérites comparés de l'ancien et du nouveau groupe réuni par
Trent Reznor dans
Nine Inch Nails ?? De faire la connaissance, entre autre, de Zhou, grand chroniqueur de rock brutal s'il en est ? Avec tout ça, pas le temps d'écouter de la musique !
J'ai cependant repris mes esprits pour ne pas rater la prestation du dernier groupe de la soirée,
Cowboys From Outerspace, pas revus depuis leur énormissime concert à la Maison Hantée l'été dernier. Eux aussi, dans leurs mauvais moments, ne font "que" de l'excellent punk-rock... dans leurs meilleurs ils me rappelleraient plutôt
John Spencer Blues Explosion avec leurs chouettes compositions de blues déglingué et bruyant, ils sont très bons sur scène comme sur album.
Fin de soirée, on avait bien pesté en constatant qu'ils étaient là tous les 4, les enfoirés, et que la rumeur courait qu'ils refusaient de jouer, mais oui, c'était bien eux... enfin un groupe disparu dont personne ne soit encore mort dans son vomi ou de combustion spontanée, et ils refuseraient de se reformer ? Eux que le Penguin qualifiait de meilleur groupe du monde ?
Eh ben si, finalement, ils ont fait environ 2 chansons (soi disant qu'ils ont oublié toutes les autres, ces branleurs) mais quel plaisir de les revoir, les mythiques
Gasolheads ont achevé la scène désormais dévastée, enfumée et suintante, infecte, juste comme on l'aime, de la Machine à Coudre !
Bref, comme prévu une soirée excellente, évidemment frustrante pour tous ces concerts trop courts, mais qui motivent bien pour retourner les voir plus tar (par exemple,
Electrolux rejoue ici avec
Lo d'ici un mois, et ces branleurs de
Hatepinks dans à peine trois semaines !).
On repart en se disant, si on doutait encore, qu'on habite bien dans la plus belle ville du monde, au moins pour ce qui concerne le rock-n-roll ! Paris peut bien se manger les couilles avec ses petits groupuscules chevelus et prétentieux et ses concerts foireux des
Libertines ! Pis d'abord, who needs the Inrockuptibles when you've got Liveinmarseille, hein ?
Longue vie aux Ratakans !
Photos Pirlouiiiit désolé d'avoir raté une nouvelle fois les Lazy Bones et les Cowboys