Folk pop bluesy crade. Giant Sand est le groupe de Howe Gelb, Joey Burns et Joey Convertino, quand ces deux derniers ne sont pas occupés avec Calexico. C'est surtout une perle du rock américain à la voix profonde et ravageuse.
Film High and Dry - 3 Décembre 2008 - Aéronef Lille
Une cinquante de personnes s'est rassemblée pour voir (gratuitement !) un film encore inconnu en France...High and Dry.
Mais qu'est-ce ?
Un film, enfin "une lettre d'Amour" selon les dire du réalisateur Michael Toubassi, dédié à Tucson, AZ aux Etats-Unis. Et cette missive, puisque c'est dont il s'agit, reflète, s'inspire, parle, et surtout .../... La suite
Une cinquante de personnes s'est rassemblée pour voir (gratuitement !) un film encore inconnu en France…High and Dry.
Mais qu'est-ce ?
Un film, enfin "une lettre d'Amour" selon les dire du réalisateur Michael Toubassi, dédié à Tucson, AZ aux Etats-Unis. Et cette missive, puisque c'est dont il s'agit, reflète, s'inspire, parle, et surtout documente sur la scène musicale de cette ville du fin fond de l'aride Etat.
Le réalisateur étant issu de cette dernière (musicien, puis tour manager, organisateur de concerts etc.), il rend hommage à une scène qui s'est construite depuis le punk jusqu'à aujourd'hui sans cesse marquée par de nouveaux courants musicaux.
Where the desert meets rock'n'roll
De Giant Sand à Doo Rag en passant par les Supersuckers, Machines of Loving Grace et terminant sur Calexico le but est de montrer l'unité, la force d'une scène musicale à taille humaine. A aucun moment, en effet, une rivalité profonde est marquée, même si un ou deux petits conflits surgissent comme lorsque John Convertino, ex-Giant Sand et néo-Calexico, décide de changer de groupe.
Ballad of the Tucson 2, Giant Sand
Mais là encore, le réalisateur, depuis peu installé à Hollywood, ne s'attarde pas sur des chamailleries et préfère montrer de vieilles vidéos de concerts, ou se focalise sur des histoires assez cocasses telles celles de Machines of Loving Grace ou le méconnu (en Europe) Rainer. Alors que les premiers connaissent un succès extraordinaire sur une période éphémère, qui les conduit droit au cimetière de l'indus rock, le second finira au VRAI (sic) cimetière après une carrière (il vivait de sa musique) qui l'a tout de même conduit jusqu'en Europe…
Destin parralèlo-similaire pour le burlesque groupe Doo Rag nous confiant un magnifique: "I love Tucson, AZ. Even more when she wears a short skirt".
Humour décalé garantit également du côté de The Pork Torta donnant au documentaire une vraie dimension amicale.
Hell City, Hell, Supersuckers
Alors les vrais de vrais, les durs à cuir du rock'n'roll reprocheront à High and Dry de ne pas parler de drogues, de ne pas voir de mec se faire arrêter par les flics ni de groupies à tout va, mais ces gens là n'auront alors, absolument pas saisi le propos. Et c'est bien dommage, car c'est assez rare que le ton d'un documentaire musical soit aussi neutre envers tant de groupes sans pourtant l'être envers la ville précitée. Mais c'est bien connu, on n'est pas objectif lorsqu'on est amoureux.
PS: Lors d'un entretien totalement improvisé, Michael Toubassi m'avouera qu'il existe une version longue de 4h du film, qu'il espère le sortir en France au premier trimestre 2009 ("avec une meilleure traduction") et peut être accompagné d'un mini documentaire sur Giant Sand! Rien que ça !
Giant Sand feat. The Desoto Caucus, Lucie Idlout & Lonna Kelley - 3 Décembre 2008 - Espace Doun - Rognes Howe Gelb fait partie des musiciens pour qui j'ai le plus profond respect. De ceux qui ont accompagné ma vie depuis l'adolescence. De ceux qui font que la musique typiquement américaine a accompagné chacun des instants de ma vie. De ceux qui font qu'aujourd'hui, j'aime Calexico, Bonnie Prince Billy, M. Ward, Grandaddy, Magnolia Electric Co. et tant .../... La suite
Howe Gelb fait partie des musiciens pour qui j'ai le plus profond respect. De ceux qui ont accompagné ma vie depuis l'adolescence. De ceux qui font que la musique typiquement américaine a accompagné chacun des instants de ma vie. De ceux qui font qu'aujourd'hui, j'aime Calexico, Bonnie Prince Billy, M. Ward, Grandaddy, Magnolia Electric Co. et tant d'autres. Howe Gelb est celui qui a créé des groupes géniaux et plus ou moins éphémères comme OP8 (pour un unique et gigantesque album, Slush avec Lisa Germano), The Band of Blacky Ranchette (quatre albums indispensables dont l'anthologique Still Lookin' Good To Me entre 1985 et 2003), The Friends of Dean Martinez ou plus récemment le fabuleux Arizona Amp And Alternator. Sous ces formations se cache ce géant du folk américain moderne, Howe Gelb, qui outre ces groupes est également le leader incorrigible et inamovible de Giant Sand, groupe à géométrie variable.
Faire la liste des gens avec qui il a collaboré pour ses albums serait trop long. Mais cette liste comprend la crème des musiciens, chanteur et auteurs anglophone (qui apparaissent toujours discrètement, dans les crédits des albums)… N'oublions pas qu'Howe Gelb est également le "papa" de Calexico, puisque John Convertino et Joey Burns ont fait leurs classes en étant bassiste et batteur de Giant Sand… Bref, autant dire qu'aller voir Giant Sand, que se trouver en face d'Howe Gelb revenait, pour moi, à se retrouver en face d'un mythe, d'une montagne de sable du désert de l'Arizona qui devait me foutre une claque sonore et m'ensevelir.
S'attendre à ça, c'était oublier qui est Howe Gelb, oublier que les albums de Giant Sand, contrairement à ceux de ses autres groupes, aiment jouer au yoyo, nous faire prendre des douches écossaises, nous emportant parfois pour des voyages dans les nuages d'altitude, nous laissant aussi souvent sur notre faim au fond des abîmes de l'ennui. C'est donc sans doute avec trop d'enthousiasme et d'attente que j'ai pris la route de Rognes ce mercredi soir pour rejoindre cet Espace Doun (rempli) à la programmation décidément impeccable.
Les premières parties sont assurées par les membres qui forme actuellement le groupe Giant Sand: The Desoto Caucus (Anders Pedersen, Thøger T. Lund et Peter Dombernowsky), et les chanteuses qui accompagnent Howe Gelb pour cette tournée : Lucie Idlout, puis lonna Kelley. Chacun chante environ trois chansons, avec plus ou moins de réussite, plus ou moins d'énergie, plus ou moins de personnalité. Celle qui s'en sort le mieux est sans aucun doute Lucie Idlout, surtout quand elle chante seule, accompagnée par un jeu de guitare sommaire mais efficace et énergique (comme sa voix).
Tout s'enchaîne vite, et le passage à Giant Sand se fait en moins de temps qu'il n'en faut pour se griller une cigarette dehors (il est vraiment temps d'arrêter de fumer !).
Howe Gelb commence au piano… Deux ballades peu convaincantes à mon goût. Il faudra attendre qu'il prenne une de ses deux guitare, hausse ses sourcils inquiétants et chante en alternant entre ses deux micros (un des deux réverbérant sa voix) pour que je commence vraiment à entrer dans le concert. Pas trop longtemps cependant puisqu'une paire des chansons suivantes me fera redescendre sur terre, au milieu d'un public dont les morceaux précédents m'avait fait oublier la présence. Puis ce sera le retour de deux ou trois chansons fabuleuses, scotchantes et enivrantes… qui laisseront à nouveau la place à un ou deux titres moins habités, plus entendus… Howe Gelb et ses comparses passent la soirée ainsi, à m'emporter vers la félicité pour me ramener peu de temps après vers la lassitude. Les interventions de Lucie Idlout sont, de même, contrebalancées par celles d'Ionna Kelley. Les riffs de guitare subtils d'Anders Pedersen alternent avec ses numéros de guitare héro qui en fait trop… Douche écossaise permanente.
Avec le recul, je me dis que tout ça a une certaine logique, une cohérence avec les albums de Giant Sand, avec le foutoir jouissif et désappointant qu'on y retrouve : un très très bon album, un moins bon, puis un tout à fait inutile… Et surtout, sur un même album, un titre époustouflant qui en suit un autre qui laisse indifférent. Giant Sand c'est tout ça, Howe Gelb est tout ça : une présence charismatique, une voix profonde, des guitares à la hauteur du mythe, des mélodies millimétrées, mais aussi parfois des sons étranges, crades, à la limite de la dissonance. Des chansons tellement immédiates qu'on a l'impression dés leur première écoute qu'elles ont toujours fait partie de notre culture, et d'autres tellement évidentes qu'on a l'impression que le grand Howe n'a fait que nous redonner sa version d'airs déjà trop entendues…
Voir jouer Howe Gelb était un fantasme. Le voir jouer dans une salle à dimension humaine comme l'espace Doun correspondait à l'idéal de ce rêve. Si on prend Giant Sand pour ce qu'il est, c'est-à-dire un atelier expérimental, ce concert était parfait. Si on s'attendait, comme je m'y attendais bêtement, à voir une légende parfaite sur scène, on est forcément un peu déçu par la performance (un peu bancale). Le temps passant, je me dis "merde ! c'était quand même Howe Gelb", et il y avait quand même des moments magiques, comme cette version épurée de Can Do Girl en toute fin de set… Et si il repassait demain à moins de 100 km de chez moi, j'y retournerais sans aucune hésitation… Rien que pour le voir coller son médiator avec sa salive sur le devant de sa guitare, pour voir les lumières qui jaillissent de ses yeux quand il sent que le morceau est réussi, pour entendre la bonne moitiés des titres qui prouvent que ce monsieur est un très très grand. Au dos d'un de mes disques préférés, il est écrit : « If you get the chance, destroy your myths by meeting them. ». Howe Gelb n'est plus un mythe pour moi, je l'ai rencontré… Mais il reste un géant.
>> Réponse (le 11/12/2008 par Francois) Bonne chronique vu que j'ai le même point de vue sur Howe Gelb et ressenti les mêmes choses.
Cela aurait été plus .../...La suite
Giant Sand + Lucie Idlout + Lonna Kelley - 3 décembre 2008 - Espace Doun - Rognes Si Howe Gelb savait écrire des mélodies impérissables, ça se saurait, depuis 23 ans qu'il fait ce métier. C'est un excellent pianiste (curieusement, ce soir, il n'a joué du piano que 5 minutes en début de set) et un très bon gratteux.
Comme tout ce qui est dans la mouvance de Calexico m'intéresse, j'ai écouté une bonne partie de ce qu'il a .../... La suite
Si Howe Gelb savait écrire des mélodies impérissables, ça se saurait, depuis 23 ans qu'il fait ce métier. C'est un excellent pianiste (curieusement, ce soir, il n'a joué du piano que 5 minutes en début de set) et un très bon gratteux.
Comme tout ce qui est dans la mouvance de Calexico m'intéresse, j'ai écouté une bonne partie de ce qu'il a enregistré (et y'a du boulot !!!) avec Giant Sand, en solo, ou encore avec OP8, Band Of Ricky Blanchette et autres Arizona Amp And Alternator. J'aime bien mais sans plus.
Mais c'est à l'Espace Doun (j'adore cette salle) et je suis curieux. Alors, ce soir, je suis venu, sans attendre un morceau en particulier, en me disant que je pourrais être agréablement surpris.
La première partie n'en est pas vraiment une tout en en étant trois : les membres de Giant Sand moins Howe Gelb (Thoger T. Lund (basse), Peter Dombernowsky (batterie) et surtout Anders Pedersen à la guitare). jouent deux morceaux, puis accompagnent Lonna Kelley puis la laissent en solo, puis Lucie Idlout prend sa place, puis les trois reviennent puis sortent, puis Howe Gelb entre et pianote puis les trois reviennent et j'ai certainement oublié un ou deux épisodes...
Quand Lonna Kelley joue en solo, ça ressemble à du Chan Marshall en encore plus dépressif.
Quand Lucie Idlout joue seule, je vais rester poli. Du coup, je suis allé voir sur internet ce qu'on lui trouve et sur son site officiel, curieusement, elle a une belle voix.
Giant Sand, c'est quand même le niveau au-dessus. Howe Gelb use et abuse des pédales et des sons originaux sortent de sa guitare.
Aucune setlist n'est scotchée par terre, il commence un morceau et ses trois musiciens suivent. La rythmique est efficace, ça sent l'Arizona, mais toujours pas de bonne surprise. Les titres s'enchaînent, la soirée se passe. Même quand Anders troque sa guitare pour une slide (en principe, j'adore), je ne frémis pas.
gal='265.jpg'>
De bien bons musiciens pour une musique dynamique certes, mais sans génie. Je ne suis pas déçu, je m'attendais à ça.
En sortant de la salle, je vois une affiche qui m'apprend que le prochain concert ici, c'est Elysian Fields, le 28 février. Ca y est, je l'ai mon agréable surprise ! Réagir à cette critique