Gogol Bordello est un groupe de Gypsy punk formé en 1999, originaire de New York. En fait, la plupart des musiciens de ce groupe sont des immigrants d'Europe de l'Est (Russie, Ukraine...). Leurs compositions oscillent entre punk, musique traditionnelle orientale et musique moderne.
Gogol Bordello : vos critiques de concert Gogol Bordello : vos critiques de CD
The Hives + Gogol Bordello - 20 avril 2008 - Zénith de Paris On arrive au Zénith avec une grande impatience. En effet, The Hives et également leur première partie Gogol Bordello sont réputés être des bêtes de scène. On rentre et on voit la grande insigne a .../...
On arrive au Zénith avec une grande impatience. En effet, The Hives et également leur première partie Gogol Bordello sont réputés être des bêtes de scène. On rentre et on voit la grande insigne a l'arrière de la scène:"Gogol Bordello Gipsy Punk Revolution" C'est sûr ce soir ça va bouger!
Gogol Bordello arrive et nous en mette tout de suite plein la gueule avec leurs looks, leurs riffs de guitares et leur mélange explosif de punk et de musique gitane! Le leader se démène comme un fou, se verse une bouteille de vin sur son corps, pousse le mec du staff qui n'arrête pas de rentrer sur scène pour redresser le micro, fait des doigts d'honneur à des coincés du premier rang qui refusent de danser et de lui serrer la main, et a vraiment le public enthousiasmé dans sa poche! Et quand on commence à se lasser de leur musique qui manque encore un peu de profondeur, ils nous ramènent des folles danseuses chinoises, puis un reggae man jamaïcain et enfin un "rappeur" français qui finissent de séduire un public pas forcément venus pour les voir. On a dansé, on a bougé,on a sauté mais on est en pleine forme! Première partie donc d'excellente qualité!
Soudainement les lumières s'éteignent et commence à résonner l'hymne plutôt morbide de "A stroll through hive manor corridor" présent dans leur dernier album. Car arrive enfin les Hives et leurs costards noir et blancs! Et dès les premières notes de "Hey Little World" la fosse se déchaine.Tellement que mes amis ont préférés se retirer derrière! Moi je reste devant et vais vivre tout simplement 1h20 de bonheur et de sueur.Les suédois enchainent les tubes:"Main Offender,Try it Again,Walk Idiot Walk,Die All Right,You Got it All Wrong,Won't Be Long,Two Timing Touch and Broken Bones,Tick Tick Boom" et j'en oublie! Leur set-list est vraiment impressionnante, leurs prestations déjantés mêmes si laissant place à peu d'improvisations et surtout les "entre chansons" de Pete Almquist sont de purs joyaux! Il s'amuse avec le public, fait taper des mains et expérimente son français de façon très très comique! "Mesmoiselles messieurs! Paris! Oui oui oui! Jé souis suédoise et nous sommes les meilleurs! oui oui oui!" A défaut de se reposer pendant leur chansons, on se revigore entre!
Ils reviennent pour un rappel de 3 chansons "Square one here I Come","Hate to Say I Told You So" et "Return The Favour"qui finissent d'achever le public. Et ils repartent, joyeux de finir leur tournée. En conclusion, un concert un peu court mais tellement bon et tellement bien desservi par une première partie excellente qu'il en fait sans aucun doute un des must de l'année ! Réagir à cette critique
The Hives & Gogol Bordello - 20 Avril 2008 - Zénith de Paris Meilleur concert que j'ai pu voir : une énergie constante ! leur musique est, comme toujours, d'excellente qualité : c'est du bon garage rock bien nerveux !!!
Gogol Bordello en 1ères partie : pour .../...
Meilleur concert que j'ai pu voir : une énergie constante ! leur musique est, comme toujours, d'excellente qualité : c'est du bon garage rock bien nerveux !!!
Gogol Bordello en 1ères partie : pour mettre l'ambiance, difficile de trouver mieux !!!
Super concert, à ne pas manquer si vous avez l'occasion de le voir !!! Réagir à cette critique
Gogol Bordello + The Hives + Justice - 19 Avril 2008 - Printemps de Bourges Ce samedi soir au Printemps de Bourges, sous le chapiteau du Phoenix, programmation très hétéroclite avec du punk (Gogol Bordello et The Hives) et de l'électro (Justice et Vitalic). Pour ma part .../...
Ce samedi soir au Printemps de Bourges, sous le chapiteau du Phoenix, programmation très hétéroclite avec du punk (Gogol Bordello et The Hives) et de l'électro (Justice et Vitalic). Pour ma part j'étais seulement intéressé par les groupes Punk.
Ovni parmi les groupes annoncés pour cette soirée Slim (quoique la chanteur était en collant vert à rayures) Gogol Bordello arrive sur scène pour, comme son nom l'indique, foutre le bordel. Et il ne fut nullement décevant. Dès la première accélération de Ultimate, tous les couples enlacés situés devant la scène ainsi que les jeunes minets avec leur Slim et leurs belles chaussures polies se sont vite fait expédier pour laisser la place aux gros furieux. Le groupe enchaine direct par le tube Not a Crime pour faire sauter toute une salle euphorique de voir enfin quelque chose qui bouge. Puis on a droit a l'endiablé Never Young suivi de 60s revolution accompagné des deux nymphettes du groupe aux chœurs. Puis on calme le jeu avec Tribal Connection, excellent reggae accompagné d'un invité rasta qui ne s'est pas présenté. Ensuite Wonderlust King, et le tube Start Wearing Purple repris en chœur par les fans. Et enfin Think Locally Fuck Globally avec les deux filles déchainées du groupe munies d'une grosse caisse et de cymbales et le chanteur faisant des percussions sur un vieux seaux à sable. Un concert court (40 minutes) mais super efficace devant un public découvrant les ravages du gipsy punk en action.
Ensuite arrive les non moins turbulents et mégalos The Hives. Une intro avec A Stroll Through Hive Manor Corridors et apparition du nom du groupe en rouge faisant hurler la foule. Enorme raz de marée dans la salle dès les premières riffs de guitares. N'ayant pas trop de temps, the Hives ont fait très vite et joués tous leurs tubes. Entre autres : You got it all ... wrong, Try it again, Hate To Say I Told You So, You Dress Up For Armageddon, Walk, Idiot Walk, l'incontournable Tick Tick Boom et fin de spectacle avec Return The Favour. Un concert chaud, sale et humide comme disent les Wampas. Un bon son garage punk à l'ancienne. Des pogos bien violents et une super ambiance. Le chanteur, petit blond à la gueule d'ange est une véritable boule d'énergie, ne tient pas en place plus d'une seconde et entre deux chansons harangue une foule conquise avec des répliques comme "Vive The Hives", "The Hives est le meilleur groupe du monde" ou "The Black & White album est le meilleur album du monde". Rôle de mégalo qu'aime se donner le chanteur qui rajoute au charme de ce super groupe qu'on peut déjà considérer comme des rock stars. J'ai beau les avoir déjà vu deux fois en concert, à chaque fois on reste impressionné par l'énergie que dégage le groupe.
Après la tornade the Hives place à l'électro. La grosse tête d'affiche de la soirée, voir même du festival : le groupe français Justice. Autant dire tout de suite, ce n'est pas du tout mon style de musique. J'ai quand même pris le temps de regarder un peu le show de ce fameux groupe dont tout le monde parle. Ça fait penser à Daft Punk ou aux Chemical Brocthers. Un son énorme qui fait vibrer le public. Bon, après, ça reste deux gars qui bougent la tête énergiquement derrière une grosse croix blanche. En tout cas, le public était très enthousiaste. Je n'ai pas vu la fin du concert et pas vu non plus Vitalic qui clôturait la soirée.
D'autres critiques de concerts sur http://lebruitetlasueur.blogspot.com/ Réagir à cette critique
Enfin une soirée chaude et réussie au Phénix pour le Printemps de Bourges 2008 ! Avec une programmation infernale réunissant le meilleur du punk rock et des musiques électroniques hype, ce samedi soir de feu fera date pour les 6000 fans de télescopages jouissifs entre les styles réunis sous l'immense chapiteau. A force de danser, hurler, pogoter, boire et fumer, le public a réussi à transformer le phénix en véritable sauna et à provoquer une condensation tombant sur les festivaliers à intervalles réguliers. C'était chaud, on vous disait...
Blood Red Shoes :
Malgré l'horaire (20h) et un public encore en train d'arriver, les Blood Red Shoes ont impressionné par la puissance de feu de leur répertoire basique. Une guitariste/chanteuse et un batteur/chanteur suffisent à entrainer les premières scènes d'hystérie de la soirée (malgré un son mauvais à souhait)... Il faut dire que les morceaux sont percutants et que la guitare électrique se fracasse admirablement sur la batterie et les voix : c'est remuant, sacrément rock 'n roll (voire punk) et accrocheur. On pense à une fusion ingénieuse et brillante des Kills, des White Stripes et des Yeah Yeah Yeahs en un seul groupe formé de deux musiciens inspirés. Blood Red Shoes, le premier triomphe de le soirée...
Gogol Bordello :
Dans un style radicalement différent, le groupe américain Gogol Bordello a lieu aussi cartonné avec sa musique ultra festive entre punk rock, folklore des Balkans et chanson à boire. La troupe bariolée en fait des kilos pour satisfaire le public, qui se lance dans des danses russes hilarantes. C'est la fête ! On oublierait presque le côté répétitif et lourdingue pour apprécier l'ambiance vraiment réjouissante. Au bout de 6 ou 7 morceaux, le Gogol Bordello show devient un peu too much pour nous... Il faut toutefois reconnaitre l'incroyable potentiel festif de ce combo prenant joliment la relève des Pogues et de la Mano Negra.
The Hives :
Comme prévu, les super vedettes de la soirée sont venues du froid (plus précisément de Suède) pour rafler la mise auprès d'un public mis en transe par un tel déploiement de classe rock' n roll. The Hives, puisque c'est d'eux dont il s'agit, ont offert au public de Bourges un concert d'anthologie dont ils ont le secret... Une rafale ininterrompue de tubes extraits de leurs foisonnante discographie (Walk idiot walk, Die all right, Tick tick Boom, Hate to say I told you so, Main Offender, Diabolic Scheme, Bigger Hole to Fill, Two Timing Touch and Broken Bone, Return the Favour etc etc), un son garage punk 'n pop cataclysmique, des lights vrillantes, un groupe impeccable emmené par un chanteur en grande forme, n'en jetez plus, vous tenez là l'un des meilleurs groupes de scène en activité... The Hives, c'est de la dynamite, on le sait depuis longtemps mais à chaque fois on se laisse surprendre par leur show millimétré et archi pro mais pourtant foutrement bordélique : ça hurle, ça couine, ça sature, ça provoque gentiment, ça fanfaronne à tout va... Le résultat est là pour attester de la qualité du show : sous le Phénix, toute le monde hurle sa joie, danse façon petits agités en attendant avec impatience le prochain hit garage et les prochaines facéties de Howlin Pelle Almqvist. Chapeau bas messieurs, et revenez quand vous voulez mettre une mémorable branlée scénique à la plupart des groupes qui se disent rock 'n roll en France...
Justice :
L'essentiel du travail étant fait, il ne reste plus qu'à danser tous ensemble et à communier avec le duo phénomène dont on nous rebat les oreilles depuis 2 ans : j'ai nommé Justice. Même s'ils n'ont rien inventé à proprement parlé, il faut avouer que le show furieux de Justice à Bourges valait le détour : sorte de choc frontal entre les Chemical Brothers, Daft Punk, et les saturations du rock, la musique du duo ultra hype donne envie de se mettre sur la tête en live. Beaucoup moins varié que sur disque, leur univers à la fois sombre et archi dansant est une invitation claire et nette à la fête. Le décorum limite métal gothique (des murs d'amplis encadrent les deux machinistes survoltés) et le light show positivement impressionnant contribuent à la réussite du set de Justice, qui s'attache à remixer ses propres tubes en y rajoutant des bruitages vrillants, des basses vrombissantes et des distorsions sidérantes. Le public, aux anges, finit littéralement à genoux...
Vitalic :
C'est à un autre français - Vitalic - de cloturer cette soirée de rêve avec un set montant doucement (mais surement) en puissance jusqu'à l'explosion finale avec des titres imparablement dansants. En alternant des passages ambient avec des déluges de beats, Vitalic sait comment provoquer la montée du désir : en frustrant légèrement son public, qui veut tout lâcher immédiatement sur le dance floor géant du Phénix. Mais cette tactique maline, très connue des strip teaseuses et autres stars du porno, a un énorme avantage : on jouit encore plus fort à la fin. Et c'est ce qui se passe dans le dernier quart d'heure avec My Friend Dario et consorts joués juste après une citation dispensable de Photonovella par le groupe variétoche Ivan (pour agacer tout le monde avant le grand final ?). Cette fin réellement démoniaque permet à Vitalic de provoquer un joyeux bordel dansant, et de quitter ses platines en héros. Jolie conclusion pour ce Printemps de Bourges 2008 de fort belle tenue...
Peut-on dire "mes" et s'approprier un peu des mythiques Eurockéennes, sous prétexte qu'on y va pour la 14 ième fois ? Bof, tant qu'un type qui y serait allé 15 fois ou plus ne nous aura pas traité de merdeux néophyte, pourquoi pas ? On gagne donc en habitué notre presqu'Ile de festival favorite, à la recherche de petits améliorations ou changements. Pas grand chose cette année, à part quelques endroits défoncés accidentellement au Manitou, et une route en gros cailloux - preuve de la confiance qui règne sur ce site puisqu'ils pourraient très bien servir de projectiles, en d'autres contrées et d'autres ambiances !
Vendredi : Du gros son et une déesse en chignon
Bref c'est sous un ciel gris et un site encore presque vide qu'on arrive au Malsaucy, avec de mauvais pressentiments météorologiques, en écoutant d'un oreille distraite Kaolin ennuyer le public sous de lourds nuages et un chapiteau peu rempli. Heureusement une bière, un rayon de soleil et surtout les chiapacans new-yorkais de Gogol Bordello vont nous remettre d'aplomb, grâce à leur bonne humeur certes un peu too-much, mais résolument communicative.
Le chanteur a ce qu'il faut bien appeler une tête de voleur de poules, ses choristes par ailleurs splendides sont maquillées comme des camions volés et tous sont habillés comme des Didier Wampas - visuellement kitschissime, c'en est presque fatigant à regarder ! Mais ils ont une belle énergie, jouent à fond avec un son horriblement mal réglé leur gypsy punk caractéristique et entraînant, quoique répétitif, en déclenchant force pogos et slams sur des titres endiablés comme Sally ou Not a Crime.
D'autres titres (à peine) plus subtils comme Dogs were Barking et Start Wearing Purple, où l'on entend un peu mieux le violon, les rapprochent quelques instants du plus slave No smoking Orchestra. Le naturel revient vite au galop avec le technoïde Think Locally, fuck globally, Mishto et divers autres trucs pétaradants, sur lesquels le chanteur totalement dépouillé (au sens propre et figuré - il est à moitié à poil et a un peu forcé sur le picrate), finit en crowd-surfant avec une choriste sur un tambourin. Voilà qui nous a au moins échauffé les esgourdes comme il faut !
Le début d'excitation retombera toutefois bien vite avec la performance dispensable de Juliette & the Licks. Certes on y admire la jolie actrice tueuse née (qui s'est bien amochée avec un maquillage de mort-vivante), mais on se demande vite à quoi bon ce groupe. Caprice de star ou plutôt réorientation professionnelle suite à une carrière en dent de scie ? En tout cas son backing-band est tout juste bon à animer une mi-temps de Superbowl : gros rock ricain sans saveur, compositions ineptes... ce qui est d'autant plus dommage que sa voix un peu fêlée, son début de charisme même, pourraient être tellement mieux utilisés ! Tandis que la miss se la pète un peu trop en se roulant par terre, une amie émet l'hypothèse plausible suivante : "tu sais, en fait je crois qu'elle se drogue !". Bien possible en effet.
On partira donc vers des horizons plus sound-systémiques, et avec raison : les Hell's Kitchen sont un formidable trio de blues joué à fond la caisse, avec guitare fuzzy et contrebasse en roue libre. Par ailleurs ils sont francophones (suisses ?), font un peu les guignols et sont finalement très attachants. On les quitte sur la fin de leur concert, une sorte de folk-blues déchaîné et tout à fait convaincant. Pendant ce temps, au loin, on entend Juliette et les Léchouilles en train de massacrer Hot Stuff. Ils auront au moins joué une bonne chanson - God bless Donna Summer...
Sur la plage se produit alors Archie Bronson Outfit, un duo que nous a chaudement recommandé le Big Smelly Toe (marseillais crypto-suédois de nos amis et croisé à plusieurs reprises - mais il faut dire qu'il mesure au moins 2 mètres). Il s'avère que c'est un duo ... de quatre personnes, dont le rock un peu lancinant semble fort bien écrit (on pense tout de suite à 16 Horsepower et autres groupes du même auteur). Par contre il s'avère qu'on entend peu ou prou que les guitares (donc ni les voix ni la batterie, ni même le saxo pourtant un peu expérimental). Dommage, ça doit être bien sur disque et peu-être même en salle, à revoir.
A ne pas revoir par contre, les gros bourrins du Wu-Tang Clan, sept à huit pignoufs braillant des yeah, des shit et des fuck dans leur micro, au point que nul ne sait si c'est encore la balance ou déjà le (rires) "concert". Il paraît qu'ils ont réussi à se poser à Francfort pour venir ici, d'ailleurs, et qu'ils ont pourri la vie à l'organisation. La parfaite bande de branquignols en somme... Soit parce qu'on connait pas soit qu'on a pas les codes pour le rap US (on avait pourtant apprécié Jurassic 5 à Rock en Seine, dans le style ?), ça nous fait immédiatement chier. Quoi qu'il en soit, un type avec une voix de photocopieuse en bourrage et une gueule de camion fera un truc autrement plus convaincant le lendemain ici-même.
Ce sera donc le prétexte à acheter un énorme et régressif cornet de frites mayo-ketchup et à croiser notre camarade Pierre Andrieu, qui erre lui aussi à la recherche d'un bon concert. Que nous trouverons (comme souvent dans ces cas-là) au sound-system - il faut le savoir, il y a TOUJOURS un bon concert quelque part aux Eurockéennes ! Ca s'appelle donc Andy Newcomers, c'est jeune groupe de pop-rock explosive (genre Placebo, mais au siècle dernier) qui s'éclate vraiment, avec de bonne compos qui rappellent parfois Dirty Pretty Things, une référence ! Ils ont en plus amené des potes qui assurent l'ambiance dansante et même pogotante. Excellente surprise, à suivre si possible, je les préconise chaleureusement !
Mais voici venu le temps de s'y remettre. S'il est bien un concert que l'on ne manquerait pour rien au monde c'est celui de la diva punk-soul Amy Winehouse, notre révélation de l'année sur disque . Le décor sous chapiteau est d'une classe folle, tout en lourds rideaux, esprit très Motown, de bonne augure comme les musiciens blancs et les cuivres tout à son service... et puis ses deux choristes noirs en costards, beaux comme des dieux, avec leurs pas de danse au ralenti sur l'air jazzy qui introduit l'affaire. 9 personnes en tout, c'est bien le big band qu'on espérait !
Le speaker l'annonce et pas le temps de l'esquiver : cette fille est une bombe atomique que le chapiteau se prend en pleine gueule, avec ses tatouages, son chignon extravagant, son jean taille basse et ses boucles d'oreille de supermarché. Sa voix est à la fois grave, chaloupée et laid-back, globalement elle est comme qui dirait sexy à mourir. En plus elle n'est même pas vraiment drunk ni high (il paraît pourtant que ça lui arrive souvent en live), enfin pas au point de mal chanter Tears dry on their Own ou la délicate Love is a Losing Game...
Juste assez éméchée pour chanter sur le fil et sans violons, un extraordinaire Back to Black qui nous donne des frissons et recueillera un triomphe mérité ! Cette chanson est sans doute la chose la plus bouleversante entendue depuis Bang Bang de Nancy Sinatra/Lee Hazlewood... Le concert, d'abord soul mélancolique, prend ensuite assez vite une tonalité plus chaleureuse avec des morceaux sans doute plus anciens, un truc chicano-ska et même un titre carrément rocksteady qui mettra littéralement le feu - il faut dire que la demoiselle boit sec et commence à être d'autant plus enjouée... Tarantino doit absolument faire apparaître cette incroyable créature dans un film, à la bande-son ou mieux, à l'image, c'est urgent !
La déesse est finalement à point pour chanter magistralement Rehab, un peu plus vite que sur album - elle est en fait toujours un peu en retard ou en avance sur les musiciens mais se rattrape chaque fois avec classe - et si c'était simplement ça, la soul ? Le concert, notre premier concert de ce genre au fond, se termine sur You know I'm no good (mais si tu l'es chérie !) et un langoureux Me and Mr Jones (qui est ce Môssieu, on peut savoir ?). c'était à prévoir quand elle quitte la scène : nous sommes complètement amoureux d'elle, nous crions toutes et tous comme des fous, heureux et ivres - comme elle. Très grosse claque, vivement Rock en Seine (PS août 2007 - eh non, elle n'y est pas venue, They finally made her go to rehab, and she said no, no, no...).
Malheureusement Peter Von Poehl programmé en même temps en a fait les frais : on n'en voit que la toute fin (heureusement qu'on l'a déjà vu et aimé il y a peu à Marseille). De même on ne fera que passer au concert des Rita Mitsouko, dont les chansons de moins de 15 ans d'âge ne nous ont plus réellement passionné, même si un C'est comme ça bien torché nous rappelle de bons souvenirs du collège, comme le fort cool Andy qu'on chopera à la fin en repassant. Ca sonne un poil trop variète pour les Eurocks quand même, les Rita ... On fait aussi un tour sous la tente militante, qui propose cette année de s'engager contre l'échec scolaire en banlieue (www.pasdequartier.org).
Pas tout ça mais c'est peut-être le moment d'aller voir de l'électro ! Simian Mobile Disco, c'est deux types qui viennent de sortir un disque (chroniqué par Pierre Andrieu) et qui tournent dans la loggia en ébullition autour d'un gros cube avec des lumières clignotantes, dont ils actionnent des boutons, des trucs et des machins. La machine émet en retour un électro-rock énorme qui met, pardon, un putain de feu : ça tient plus de la rave que du concert mais c'est vraiment très excitant (il faut avouer que nous sommes à point, nous aussi).
Tellement à point que Young Gods vs Dälek sera mon concert de sieste (il y en a toujours un...) Il faut dire que la création, très recherchée et sonique, est très peu consensuelle. On y reconnait quelques airs des Young gods, retriturés en un trip-hop industriel sur lequel slamme le gros chanteur de Dälek, planqué derrière son laptop - le résultat n'est pas sans rappeler Tricky. Le son n'est hélas pas formidable, et le tout n'est pas complètement passionnant ni abouti. Nosfell vs Ez3kiel, c'était quand même autre chose ... et le chapiteau s'est pas mal vidé quand je ré-émerge.
Sans doute à cause du diable qui s'apprête à jouer. Autrefois explosif et vraiment excentrique, le grand Marylin Manson (déjà passé ici en 1999 - et il nous avait retournés !), a en effet précipité ici des hordes de jeunes adultes déguisés et maquillés - mais qui, je le signale avec ma perfidie de trentenaire, devaient plutôt vénérer Dragonball Z à l'époque de Portrait of an American Family en 1994... Ses concerts se sont pourtant transformés en un cirque grand-guignol et provocateur très calculé et plutôt vain... Le chanteur ne fait qu'esquiver toutes les parties vocales difficiles (il a récemment été pris en flag' de play-back sur ce site, d'ailleurs), brandit mollement un micro en forme de couteau dont il fait mine d'égorger son guitariste, qui est au fond presque plus inquiétant que lui, avec son regard de mérou en fin de criée.
Même si son show est très carré et ses décors assez pimpants, le virage pop plus ou moins assumé de l'Antechrist, ainsi que le départ de ses meilleurs musiciens (Twiggy Ramirez en tête) a fait de lui un clown un peu triste qui peine à mettre le feu avec ses chansons récentes comme mObscene (même un show de 2002 réécouté sur le trajet sonnait encore sacrément plus affreux, sale et méchant...). C'est même pire avec son nouvel album qui semble sonner comme du Cure de bas étage. La bonne reprise de Sweet Dreams, ou la mauvaise de Tainted Love, ne suffiront pas non plus à nous exciter les boyaux...
C'est quand il envoie des tubes anciens qu'il retrouve un peu de sa superbe : I am the God of Fuck, The Dope Show et deux trois vieilleries nous rappellent qu'on l'a un jour beaucoup aimé, sans doute avec raison, même si là où il montrait son cul et plus si affinités, il ne fait plus que montrer son caleçon... Allez Marylin, quittons-nous bons amis puisque tu as fait The Beautiful People, l'une de mes préférées, en rappel tout de blanc vêtu, en espérant que tu retrouveras un jour une gonzesse assez décadente pour te rendre ton inspiration !
Permets-nous cependant de nous rendre à Justice, dont l'album "†" demandait confirmation sur scène : voilà des gens qui savent énerver une foule ! Si les deux tiers des gens ont quitté le site après la gargouille glam, les autres se précipitent vers la croix blanche lumineuse déjà allumée, à l'entame d'un Genesis inaugural et identique à sa version disque, mais sur un très gros son ! L'enchaînement sera davantage remixé sur Phantom Pt I & II, puis sur D.A.N.C.E. nettement plus abrasif (et donc plus jouissif) que sur disque, tout comme D.V.N.O.
On ne reconnait pas tous les titres, soit parce qu'ils sont plus anciens soit parce qu'ils en gardent des méchants pour le live, mais c'est une tuerie à peu près du début à la fin : le light show d'abord un peu poussif monte en puissance et le show éclate dans toute sa puissance sur un phénoménal enchaînement qui, comme espéré, nous décalquera au plafond : Stress (ma préférée), Never Be Alone (funky à crever) et les terribles vrombissements de Waters of Nazareth - difficile de reprendre son souffle après ça !
Les deux compères qui font un tabac, ont pourtant un air un peu stressé qu'ils garderont tout le concert - allez quoi, c'est pas comme si on vous arrachait une dent, c'est quand même pas tous les jours qu'on fait danser 8000 personnes, faut rigoler les gars, ou alors mettez des casques comme vos aînés ! Un malheureux concours de circonstances m'a fait égarer mon dernier petit papier de la journée (or j'avais déjà paumé mes derniers neurones aussi) : je ne sais plus la fin de la tracklist mais il paraît évident qu'ils ont du jouer à peu près tout l'album et je crois même, un court remix de Daft Punk...
Alors pour conclure, certes ça n'a pas tout a fait été aussi formidable que ceux-ci l'an passé (mais personne ne s'y attendait non plus !) mais il faut bien constater que nous en sommes ressortis hilares et surexcités. Justice a largement tenu son rang de nouvelle sensation française de la so-called french touch. Et cette première journée de festival nous laisse enchantés !
Illustrations par Philippe
Un moulon de petites vidéos d'ambiance à tous ces concerts, c'est par ici !