Chaque année, la fiesta attire un monde fou. C'est encore le cas cette fois-ci. Ils ne viennent pas tous pour Goran Bregovic ou pour Suzanne Vega, encore moins pour Eric Fernandez ou Culture Musical .../...
Chaque année, la fiesta attire un monde fou. C’est encore le cas cette fois-ci. Ils ne viennent pas tous pour
Goran Bregovic ou pour
Suzanne Vega, encore moins pour
Eric Fernandez ou
Culture Musical Club, mais parce que c’est LE rendez-vous marseillais (avec
Marsatac) à ne pas manquer. Il se dégage une atmosphère spéciale que la seule odeur des kebabs ne peut expliquer. L’organisation y est pour beaucoup. Une douzaine d’allumés vêtus de peaux de mouton et parés de divers instruments parcourt le site, demandant à la foule hilare de s’écarter pour les laisser passer.

Goran Bregovic et Suzanne Vega se produiront sous la passerelle, en plein air (argh ! j’ai juste un sweat et la soirée est très fraîche !), les autres dans la Salle aux Sucres (je n’en ai rien vu, dommage, je me serais bien fait 10 minutes de flamenco d’Eric Fernandez).
A 20h00 pile, 14 magnifiques choristes (hommes) vêtus de costumes noirs, chemises blanches et nœuds pap’ investissent la scène, suivis de la section cordes (9 violons et altos, 2 violoncelles et une contrebasse) moins magnifiques, certains étant bien emmitouflés (si la violoncelliste avait pu mettre des moufles, elle l’aurait certainement fait) et deux sublimes choristes femmes bulgares en costume traditionnel.
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Ils commencent le show par deux morceaux, cordes et chœurs très jolis mais qui ne transcendent pas la foule. C’est alors qu’arrivent les cuivres en traversant le public. Les 7 hommes rejoignent la scène tout en jouant, immédiatement suivis par
Goran Bregovic qui leur donnera à chacun un billet de cent euros avant de s’installer à la guitare.
Alen Ademovic (percussions, accordéon, chant) et une troisième choriste qui arrivera plus tard complètent la formation.
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Pas besoin de préposé au Mac-Book pour ajouter un instrument, il y a pléthore et ce n’est pas pour me déplaire.
L’Orchestre pour Mariages et Enterrements, tel est son nom, jouera tour à tour des morceaux très festifs où les cuivres ont la vedette, et des morceaux plus calmes où la section cordes et les chœurs se taillent la part du lion. Dans les deux cas, le public est enthousiaste, entraîné par le dynamisme des premiers ou envoûté par la beauté des seconds (ah ! les chœurs masculins, j’en ai encore des frissons en écrivant cette chronique !)
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Pour ma part, j’ai moins aimé l’extrait de
«Karmen With A Happy End» où Bizet (pas trop ma tasse de thé) est étrangement revisité.
Les cinéphiles voyaient défiler des images dans leur tête lors de
"Ederlezi" (Le Temps Des Gitans) (Ah ! Les chœurs !!!!!) ou
"In The Death Car" (Arizona Dream) qui fera chanter tout le monde.
Goran Bregovic assure : Il parle parfaitement français, effectue des enchaînements humoristiques, dirige les chœurs et communique sa bonne humeur à tout son ensemble.
Au total, deux heures et demi de concert et une foule en délire qui terminera en criant
"Artilleria" sur une chanson à boire des Balkans.
Moi, je suis plutôt venu pour
Suzanne Vega. La suite me dira que je ne faisais pas partie de la majorité. Au bout de 20 minutes pendant lesquelles les roadies s’affairent, un bassiste, un guitariste et une claviériste font des essais de micro et d’instruments. Tout le monde pense alors qu’il s’agit toujours de roadies. Mais curieusement, après leurs essais, ils restent sur scène, immobiles, pendant 10 bonnes minutes. Puis les lumières s’éteignent sans que le public ait manifesté la moindre impatience, et ils sont rejoints par un batteur et une voix annonce "Suzanne Vega from New York City".
Suzanne arrive, vêtue de noir et s’apercevra vite que le public connaît très peu son répertoire. Et comme une bonne moitié des morceaux joués sont issus de son album paru il y a 4 mois, même ses vieux fans (j’en suis) seront frustrés. Dès le troisième morceau, quelques spectateurs avec un verre de bière à la main crient
"Luka, Luka !" ce qui n’a pas l’air de plaire à madame qui précise qu’elle ne jouera son tube qu'à la fin (ou presque)du concert.
En attendant, elle joue trois morceaux accompagnée de son seul bassiste. Curieuse idée, car même si le monsieur est plutôt à l’aise avec son instrument, les versions sont très loin de valoir celles des albums notamment celle de
"Blood Makes Noise".
Heureusement, elle a joué
"Gypsy", seule à la guitare, effectué une très bonne interprétation de
"In Liverpool" et de
"The Queen Of The Soldier" en rappel. Mais pas mon morceau préféré,
"When Heroes Go Down". A la fin du concert, ses deux plus grands fans avaient l’air d’être le guitariste et la claviériste (très bonne choriste au demeurant).
Setlist :
Marlene On The Wall - Ludlow Street - New York Is A Woman - Caramel - Franck & Ava - Gypsy - ?? - Left Of Center - Blood Makes Noise - Angels Doorway - Pornographer's Dream - Unbound - In Liverpool - Luka - Tom's Diner. Rappels : Zephyr & I - The Queen & The Soldier.
Test comparatif :
Goran : 2h35, public enthousiaste, quarante personnes heureuses sur scène.
Suzanne : 1h05, public indifférent, deux personnes heureuses sur scène.
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