Depuis deux semaines, les journaux nous saoulent avec la grippe aviaire, alors qu'au même moment une autre maladie, bien réelle celle-la, fait des ravages parmi les plus beaux spécimens de notre jeunesse. Je veux parler d'une autre forme de grippe: la grippe à bières. Cette saleté de virus s'immisce dans votre sommeil et vous surprend le matin .../...
Depuis deux semaines, les journaux nous saoulent avec la grippe aviaire, alors qu'au même moment une autre maladie, bien réelle celle-la, fait des ravages parmi les plus beaux spécimens de notre jeunesse. Je veux parler d'une autre forme de grippe: la grippe à bières. Cette saleté de virus s'immisce dans votre sommeil et vous surprend le matin quand vous vous apercevez, trop tard, que votre cerveau ne veut plus fonctionner.
Je n'en suis pas fier, mais je dois l'avouer,...., je suis porteur de cette maladie. Les médecins ne me croient pas, mais je sais ce que j'ai bu quand même !
Le mal de tête, permanent et lancinant, est le principal symptôme de cette pathologie houblonnée. Et moi, donc, j’ai mal à la tête depuis …. trop longtemps, un mal qui me poursuit aussi dans mon sommeil, sous forme d’insomnies et de cauchemars atroces : mutilations, incestes, hémoglobine, suicide.
J’aimerais que cela cesse, j’aimerais retrouver ma bonne humeur et mes chers rêves érotiques. Aussi, vendredi, dévasté et désespéré, l’esprit en quête d’une solution radicale pour stopper ce mal, j’ai pensé qu’un concert de death metal pourrait peut-être m’apporter la paix à laquelle j’aspire.
Le death métal, ce n’est pas ma tasse de thé du tout, mais je le répète, j’étais mal.
Ma thérapie sonique se déroulait dans la grande salle de la Cartonnerie. Elle n’était pas pleine, mais il y avait pas mal de monde tout de même. A voir, la façon dont ce public remuait ses cheveux et ses têtes, je peux dire que les spectateurs n’étaient pas venus pour les mêmes raisons que moi. Ils n’avaient pas la migraine. Mais qu’ils prennent garde. Ca ne va pas durer. Je l’ai bien vu. Ils boivent tous de la bière et sont donc tous sous la menace de la grippe à bières.
Grendel est un groupe ardennais, de
Vouziers plus précisément. Ils sont quatre.
Sam Giot au chant,
Brice Paillard à la guitare,
Nicolas Pierrard à la basse et
Jean-Yves Raulin à la batterie. « Grendel envoie son métal hardcore à la face de ceux d’en haut. » D’en bas, moi, j’ai apprécié. Sans retenue.
J’ai pensé à
Rage Against The Machine et je les ai trouvés convaincants dans ce rôle. Ils sont un peu plus lourds dans leur son que les Américains, mais chaque morceau est délivré avec une énergie communicative.
Ca a été un réel plaisir de les voir jouer. Mes oreilles se sont grand ouvertes et mon mal de tête a alors disparu.
Gojira est le groupe qui en train de s’imposer comme la référence métal de l’Hexagone. Détail amusant, ils sont signés sur le label des
Têtes Raides, Mon Slip. A priori ce sont deux mondes qui n’auraient jamais dû se croiser. Accordéon et double pédale, ç’est du jamais vu, mais il y a eu rencontre, et même plus… Et aujourd’hui, cette association est un succès puisque
From Mars to Sirius, le dernier album de Gojira est entré au top 50 des ventes.
Côté musique, Gojira, (Godzilla en japonais), propose un métal des plus ordinaires, à mon sens, je tiens à le préciser puisque je ne suis pas expert en la matière. Les cinq musiciens (
Joe Duplantier-guitare, chant ;
Mario Duplantier-batterie ;
Jean-Michel Labadie-basse ;
Christian Andreu-guitare) respectent les canons du genre : la double pédale, la grosse voix, les cheveux longs, les guitares massues et une noirceur générale. Ce style de musique m’a toujours laissé perplexe. La plupart des groupes de métal s’enferment dans un cliché très réducteur qui laisse peu de place à l’imagination et donc à la musique. C’est un jeu de rôle où les musiciens déguisés en terreurs soniques font trembler les murs et les cervelles pour faire sortir le pue de têtes adolescentes mal lavées. En général, ces groupes soulignent leur propos musical hyperamplifié d’un autre propos, plus poétique, exprimant une fascination pour la violence, la mort et toutes les incarnations de la morbidité.
Chez Gojira, point positif, ça n’est pas le cas. Ce sont des métalleux engagés et leurs compositions sont le support à un solide discours écologiste. Ils hurlent, mais pour la bonne cause, mobiliser les consciences sur la question des indiens, des baleines, du réchauffement de la planète ou encore de la menace nucléaire.
A vrai dire, engagés ou pas, pour les migraines, cela ne fait pas grande différence. Et si au début, j’ai été soufflé par le déploiement de décibels et la maestria de l’exécution des morceaux, mes maux de tête, mis en sommeil depuis le début de la soirée, se sont réveillés au moment de la dernière chanson. C’était la conclusion du set et Gojira avait choisi un morceau particulièrement long et funèbre pour donner à tous l’envie de les quitter sans regret. Les tympans chauds, je sortis alors de la Cartonnerie, comme j’y étais rentré, avec un bruit de bourdon dans ma tête.
Conclusion, pour la grippe à bières, le death métal n’est pas le remède miracle.
Réagir à cette critique