C'est avec curiosité que je marche (Métro en grève oblige) vers le Théâtre du Moulin pour découvrir ces Californiens qui nous ont pondu un album
«We free again» très roots rock reggae avec les featuring de
Apple Gabriel (
Israël Vibration) et
Don Carlos (
Black Uhuru).
Après 40 mn de marche, va falloir qu'ils s'appliquent les ricains pour m'ambiancer !!!
Malgré la qualité de leur album, je suis un peu sceptique, j'attends de voir si ça tourne sur scène. La salle est relativement pleine, les fumeurs fatigués squattent le balcon, ambiance détendue dans la place.
Groundation arrive et je ne suis pas déçu. Mené par le chanteur guitariste,
Harrison Stafford, le band envoie un roots bien lourd pour leur entrée en scène. Malin, le petit Harrison enchaîne avec
Révolution de
Marley qu'il interprète avec les mêmes intonations. Il est bien en place ce petit chanteur survolté avec sa voix particulière entre Israël Vibration et Marley. Je commence à ne pas regretter mon déplacement. Groundation est capable de nous jouer du roots avec une véritable identité sans perdre, la vibe particulière du reggae. Mais bien plus que de nous rejouer des vieux riddims, ce groupe est inventif et apporte une fraîcheur à ce style sans le dénaturer . Le groupe ne se contente pas de rejouer son album, tous les morceaux ont été réarrangés pour la scène aux influences jazz, parfois même Drum'& Bass ou Afrobeat. Voilà donc une très belle surprise avec Groundation. Un band qui maîtrise son reggae sur le bout des doigts, un chanteur charismatique à l'énergie débordante et un potentiel certain pour faire évoluer cette musique.
Si comme le septique que je suis, vous avez des difficultés à accorder une once de crédibilité à tout ce qui n'est pas jamaïcain et prétend jouer du reggae : Groundation devrait ébranler vos convictions.
Photos Julie