J'espérais très sincèrement que quelqu'un allait faire une chronique de ce(s) (2) concert(s) où il y avait beaucoup de monde ; et un public plutôt jeune que je pensais être très branché internet. Mais en dehors de deux commentaires de « celui à la longue chaussette sur la gauche » (voir ici), aucun retour sur Concertandco de cette soirée.
Soirée qui commence donc par un showcase acoustique au Lollipop Music Store, pour faire plaisir à Paul qui, avant de rejoindre Stéphane à Marseille, avait un magasin à Paris dont le chanteur de Guerilla Poubelle était visiblement un habitué. Je profite de ce showcase pour découvrir le « groupe » et je dois dire qu'après la demi douzaine de chansons interprétées je restais assez dubitatif.
Seul entre les bacs de disques, le chanteur armé d'une guitare et d'un ampli a eu un peu de mal, oubliant les paroles, parfois même les mélodies, ne sachant plus quel morceau jouer … En fait il avait l'air assez impressionné de se retrouver dans cette configuration et sans ses collègues (présents dans le public). Mais il a joué le jeu à fond, faisant part de son stress, dialoguant avec les fans et promettant qu'on ne l'y reprendrait plus.
Si musicalement le talent / le son de Guerilla Poubelle n'en est pas forcement ressenti grandi, j'ai quand même pu commencer à me faire une idée des textes, et de la sincérité / authenticité du groupe. J'ai compris qu'il ne s'agissait là ni d'un autre Deportivo ou encore moins Naast mais d'un vrai groupe qui écrit, chante et joue avec ses tripes, et plutôt pas mal.
Je reviens donc le soir pour m'assurer que en groupe c'est un peu plus carré. J'arrive un peu tard, rate donc les locaux (Mempenti que je n'ai donc encore jamais vu) et tombe sur la fin du set des Vulgaires Machins groupe franco-canadien assez énergique. Un chanteur-guitariste, un bassiste, un batteur et une guitariste-clavier-chanteuse. Il fait une chaleur à crever dans la salle, mes lentilles (d'appareil photo) sont complètement embuées.
Pas le temps de me faire une idée bien précise du groupe, mais ça joue avec énergie. Le public répond, danse, sue et a l'air de passer un bon moment. Un peu crevé et pas suffisamment fan je m'éloigne un peu du bord de la scène et vais respirer dehors … quand je re entre Guerilla Poubelle a attaqué et là c'est une autre ambiance que au Lollipop quelques heures plus tôt.
Ils sont trois sur scène ; en plus du chanteur – guitariste de tout à l'heure il y a un grand bassiste et un batteur assez concentré (et moins souriant que les deux autres). Il s'avère qu'il est tout nouveau dans le groupe. Techniquement irréprochable il ne lui reste plus qu'à donner un peu plus l'impression qu'il s'amuse et ce sera parfait.
La musique de Guerilla Poubelle est direct et sans fioriture, à l'image de leur « jeu de lumières » minimaliste (tout blanc sans effets). Ca joue vite, ça beugle, ça braille, ça parle de révolte, d'anarchie, d'adolescence etc … et très vite l'impression que j'avais eu à Lollipop se confirme. Je trouve les textes rudement bien écrits ; même si sur des sujets qui peuvent paraître un peu grossiers ou faciles par moments.
J'aime beaucoup la réparti du chanteur et du bassiste … lorsque le public commence à chambrer genre « bouh les parisiens », le chanteur demande innocemment si dans la salle il y a des gens qui pensent que c'est important de quel endroit on vient ou de quel couleur on est … (ça calme tout le monde) et lui de conclure marseillais parisien mon cul, on s'en fout et hop il se met à jouer, et le public à danser
Et un peu plus tard apres qu'un abruti ait envoyé un verre plein d'eau sur la scène, c'est au bassiste de rappeler qu'en 6 ème on apprend que l'eau et l'électricité ne marchent pas bien ensemble et que sur scène il y a plein de fils électriques, qu'il fait chaud dans la salle et donc que la prochaine fois le verre d'eau, il vaut mieux le boire.
Je ne suis pas resté très très longtemps mais je dois avouer qu'ils m'ont fait très bonne impression ! En rentrant chez moi j'ai croisé un rien amusé des parents endormis dans leur voiture un peu plus bas dans le rue attendant la fin du concert pour recuperer leurs enfants ...