Miracle de la Résurrection sur la planète du hard rock old-school : Axl Rose is back ! Chinese Democracy, l'album le plus cher de tous les temps (plus de 20 millions de dollars !) sort enfin en 2009, après une décennie de gestation, et 15 ans après que les "vrais" Guns n'Roses .../...

Miracle de la Résurrection sur la planète du hard rock old-school :
Axl Rose is back !
Chinese Democracy, l'album le plus cher de tous les temps (plus de 20 millions de dollars !) sort enfin en 2009, après une décennie de gestation, et 15 ans après que les "vrais"
Guns n'Roses aient volé en éclat ! Entre temps les historiques
Slash, Matt, Duff, Izzy, Gilby sont tous passés à autre chose, avec des fortunes diverses (citons
Velvet Revolver comme le moins pire des side projects). Un
best-of des Gunners, qui sentait quand même bien le sapin, est d'ailleurs paru en 2004 ! Et pourtant le leader fou, mégalo et parano sort enfin l'album qui servait de private joke à toute la planète rock, mais que
Francis Zegut et
Philippe Manoeuvre - et plus grand monde d'autre - attendaient encore avec ferveur...
Evidemment garder un nom de groupe dont on est quasi le seul rescapé (il reste aussi Dizzy... Dizzy quoi, déjà ?) n'a pas grand sens - Mick Jagger
est-il les Stones ? Brian Johnson
est-il AC/DC ? Mais qu'on ne compte pas sur nous pour renier notre adolescence, ce serait trop facile : on l'a testé à plein volume ! Fan total à l'époque, on avait failli tomber dans les pommes de bonheur quand ce mec incroyablement charismatique est arrivé sur scène avec toute sa clique, à 5 mètres de nous, en juillet 1993. Le même
Axl Rose dont on retrouve la voix miaulante et abrasive, absolument inaltérée après tout ce temps et malgré tout le whisky qu'il a du s'enfiler depuis... non sans un petit pincement au coeur !
Bel objet en tout cas, et c'est en effet très bien produit (puisque vieilli 12 ans en studio de chêne...) : l'intro et le son de guitare qui ouvrent
Chinese Democracy sont positivement dantesques... et instantanément datés ! Car malgré quelques fioritures électroniques et un son très léché, métallique et moderne (sur ce point on pense à
Rammstein !), le rouquin est resté bien tanqué dans les années '90 et compose un album qui aurait pu paraître un an après
Use your Illusion : grosse voix, soli rétro de guitares (a priori toujours sur Gibson
Les Paul, même sans le guitar hero mexicain à chapeau), batterie basique... Dans
Better ou
I.R.S., singles probables, tout se passe comme si on était toujours en 1995 !
Retour aussi des balades larmoyantes piano/guitare/orchestre qui ont bâti sa légende (rappelons que l'artificier en short est aussi un bon pianiste), comme
Streets of Dreams ou
This I Love, ainsi que la mégalo mais ambitieuse
Madagascar, toutes trois dignes des temps glorieux et éventuellement écoutables en cachette, à ce titre ! Sinon, un ou deux titres un poil plus originaux (
There was a Time) ou surprenants (
Ryads & the Bedouins), toutes proportions gardées, sortent un peu du lot ; quelques digressions à la guitare flamenca amusent l'oreille (
If the World) et un ou deux riffs sonnent plus groovy que les autres (
Scraped).
Mais rien qui puisse nous énerver autant qu'un titre des
White Stripes/Hives/Kills/QOTSA/etc. du siècle en cours, et qu'
Axl aurait pu/du écouter un peu, s'il n'était pas aussi monomaniaque et ...ch'tarbé. Et puis l'album comporte aussi quelques titres franchement embarrassants : l'infâme
Catcher in the Rye, l'horriblement kitsch
Sorry... Certains bikers et autres peroxydés à bracelets de cuir vont certainement en chialer de joie, mais on se rend compte pour notre part qu'on a quand même grandi un peu (et écouté autre chose depuis !). Cela dit l'effet madeleine de Proust a quand même un peu joué, ce serait malhonnête de le nier ... Alors comme dirait le grand
Nicolas Ungemuth : écoutable à la rigueur en suçant son pouce un jour de régression, en position foetale et sous une couette
Guns'n'Roses !
A moins qu'une petite tournée intime des stades ne soit annoncée prochainement, auquel cas n'écoutant que notre courage ... ?
(2009)