Gus Gus (dont le nom signifie " couscous ", c'est à dire une cuisine mêlant des éléments hétéroclites) est un groupe de musique électronique originaire de Reykjavík en Islande. Le groupe était à l'origine un collectif d'acteur mais il est aujourd'hui surtout connu pour sa musique et opère la liaison entre techno et pop.
Alors d'abord je tiens à dire que toutes les chroniques postées jusqu'ici sur ce festival sont vraiment particulièrement nazes ! Non c'est bon, je plaisante les gars... C'est au contraire un grand plaisir de voir tant de chroniques d'un festival sur ce site ! Je me suis par contre interdit de les lire pour ne pas être influencé (ni humilié et découragé, par exemple par la culture électronique sans failles de Mr. Sami ou par les formules dévastatrices de Mr. Stéphane S... !).
Bref, comme chaque année le dernier festival sympa de la fin d'été se passe à 30 minutes à pied de chez nous, en plein air et au bord de la mer, alors on ne se fait pas prier ! Marsatac, festival à la maturation et à la survie difficile : comme péripétie cette année, les sponsors de rugbymen avaient un temps menacé de monopoliser le J4 pour le remplir de supporters...
Marsatac donc, qui semble avoir trouvé son rythme de programmation, commençant très en amont avec des pré-concerts, et atteignant son apogée sur deux soirées dont une traditionnellement plus rock et l'autre plus hip-hop. Le tout étant entouré de moult DJ branchés de nature à réjouir les plus exigeants (et les plus intellos) des clubbers. Et comme chaque année on ira qu'à une soirée, celle qui nos branche le plus : la première.
A signaler, dans l'après-midi, les liverpuldiens des Dead 60's ont donné un mini show-case à la F--c ; le chanteur Matt Mc Manamon étant en petite forme vocale, ils se sont limités à trois titres, quand même plutôt cool même en version unplugged et sans percus. Evidemment Concertandco était représenté et les a même filmés un peu ! Et puis, apparemment un peu déphasés par leur tournée, ils ont répondu bien gentiment aux questions, nous laissant quand même un peu inquiets d'une possible extinction de voix d'ici ce soir.
A notre arrivée sur le site du J4, petite déception : l'agencement est beaucoup plus "scolaire" que l'an passé, où il avait un charme certain et où un vrai travail de décoration du site avait été réalisé... Là tout est au carré : un chapiteau, un bar, des toilettes, un chapiteau, un bar, etc. L'entrée est aussi moins fonctionnelle et plus embouteillée (digitick.com semblant victime de son succès). Mais enfin la présence de divers bars pas encore trop pris d'assaut, de stands sympas et notamment celui de nos potos de Lollipop (que squatte un Mystic Punk Penguin déjà un peu attaqué), nous remettent dans le droit chemin et la bonne humeur...
Pendant ce temps les Architecture in Helsinki, collectif barjo barbu et mal-nommément australien, met son petit bordel sous le chapiteau dit "Major". On avait pas trop accroché sur album, mais sur scène leur disco-rock s'avère à la fois ludique et plutôt rigolo... et à la longue un peu agaçant quand même, tout comme celui des Scissor Sisters auquel on pense souvent à leur écoute. Festif mais un peu vain peut-être ?
On fait donc le tour du site pour aller voir ce qui se trame sous l'autre chapiteau, dit "Pharo" : un groupe de rock bruyant et chevelu, plaisant et standard appelé Hifiklub (avec un nom pareil on avait pas du tout soupçonné que ça puisse être du rock !) est en train d'y faire parler sa poudre presque garage, sur de jolies animations textuelles faites exprès pour ce soir. C'est très sympa mais en fait c'est déjà fini, dommage...
On retourne donc voir la fin d'Architecture in Helsinki qui met une belle ambiance, le chanteur baragouinant un peu de français entre ses titres enjoués, qui font penser à du Arcade Fire en version funky. Le groupe finit sur son "tube" (ça c'est de l'info non ?) et ça le fait bien ! Toujours pas fan mais leur musique est agréable, plus en tout cas que celle de Swayzak, un de ces nombreux DJ électro austères et qui nous laissent chaque année de marbre, même si celui-ci a par moments un son dûr, quasiment indus'. L'occasion de retourner blaguer entre collègues autour de nos bacs à vinyls préférés.
Mais c'est déjà l'heure de The Divine comedy, groupe du très respecté Neil Hannon qu'on connait assez peu mais qui complètera idéalement notre tournée des crooners anglais, commencée cet été avec Damon Albarn à Belfort, Jarvis Cocker à Paris et même Amy 'Rehab' Winehouse... dans les étoiles. Bref ce garçon à la très jolie voix fait preuve d'un étonnant mimétisme avec un certain David Bowie : étant fan de celui-ci on ne peut donc qu'apprécier celui-là, dont c'est l'unique apparition en France cet été.
Et puis tandis que Damon commence à avoir un peu l'air défraîchi et que Jarvis se laisse également un peu aller, ce type a su garder la classe brit-pop 90's ultime : concert en costard-cravate s'il-vous-plaît ! Son répertoire avec cloche et violon évoque agréablement les années 60 et 70, les mélodies sont impeccablement bien troussées même si certaines flirtent parfois avec le kitsch.
Après avoir essayé sans succès de manger quelque chose de bon sur le site (pour moi la tartiflette-de-festival la plus dégueu que j'aie jamais mangé - avec pourtant 14 Eurocks au compteur- et pour Céline, des burritos au goût de carton bouilli), on retourne donc écouter la fin. A la réflexion la voix claire du tout petit Neil Hannon évoque aussi un David Eugene Edwards qui en aurait enfin fini avec ses démons...
On reconnaît par moments ses titres, notamment la chouette Becoming more like Alfie (merci à Neil pour le titre !) et d'autres balades orchestrales. The Divine Comedy termine pertinemment par un titre plus speed, mettant lui aussi une jolie ambiance à défaut d'une vraie émeute : très bon et très classe, à (ré)écouter sans fautes à l'occasion !
Juste pour parler, signalons un passage à Chromeo (en fait c'est Nathan Fake mais au fond on s'en fout), un DJ électro à la musique plus festive et plus dansante, mais qui nous est également passé au dessus ou en dessous de la tête... soit cette musique de branleurs de souris n'a aucun intérêt, soit on n'a plus d'oreilles pour elle.
Ce qui n'est pas le cas de celle des Dead 60's. Si ceux-ci semblent avoir commis un deuxième album assez inégal, voire carrément faiblard, il n'en reste pas moins que leur éponyme et plutôt excellent The Dead 60's avait été une des meilleures surprises de 2005. On reste en outre sur l'excellent souvenir d'une prestation dans la foulée à Saint-Cloud ! Les craintes sur une voix vacillante sont vite dissipées, peu après la traditionnelle sirène de départ et Loaded Gun : chanter à l'air un peu douloureux mais le kid va assurer, c'est sûr, et puis il a un groupe très incisif derrière !
En effet leur deuxième album est nettement plus pop (et moins intéressant), y compris certains titres (pourtant prometteurs) comme Start a War et l'assez embarrassant single Stand Up, même si ces nouvelles chansons sont en partie sauvées par un son plus rock sur scène. On prend quand même bien plus de plaisir à réentendre les dubs de Red Light et A Different Age...
Ou à We get High dont seuls quelques initiées savent qu'elle sera enchaînée sans prévenir avec la toujours excellentissime Riot Radio, évidemment le meilleur moment du concert... mais où beaucoup de gens ont déjà décroché dirait-on ! Suivi de la nouvelle Beat Generation, pas désagréable du tout tout comme l'explosif ska qui la suit, entrecoupé d'un long break instrumental où le chanteur martyrise une cloche. Une fois Stand up expédiée, le groupe finira sur la formidable Return of the Ghost Face Killer, la plus belle horror song depuis Red Right Hand de Nick Cave. Au final pour un groupe ayant seulement un bon et un mauvais album, les Dead 60's ont fait le meilleur concert possible !
Qui n'a cependant atteint à aucun moment la violence évocatrice et poignante des Young Gods, égaux à eux-même, qui sont plus vieux et suisses que jeunes et dieux, mais qui savent toujours déchaîner des tempêtes sous les crânes avec leurs basses telluriques et leurs déchaînements de violence.
Ayant piqué du nez pendant leur dernier concert aux Eurocks (en compagnie de rappeurs un peu soporifique, il est vrai), je suis bien content de pouvoir me rattraper. Ces trois gens-là, rappelons-le, font depuis une vingtaine d'années une musique électro-industrielle qui tue sa race, qui a terriblement (et bien) influencé des génies alors naissants comme Trent Reznor, et leur vaut un respect unanime quoique peu médiatique...
Pas la moindre idée des titres de la plupart de leurs chansons, puisque pour moi ce type d'albums s'écoute une fois par an environ, mais en entier, affalé dans une sorte d'extase mystique (qui s'accompagne fréquemment de filets de bave sans conséquences). Quoi qu'il en soit le batteur est un dieu, le synthé/guitare aussi et le chanteur ne l'est pas moins (avec un nom pareil, me direz-vous...). Niveau lumière aussi, quelques dispositifs assez chouettes (un spot caché sous le micro par exemple).
Et ils ont notamment joué, mais oui, des titres de TV Sky et d'autres de Only Heaven (en l'occurence la terrible Kissing the Sun et la tuante Speed of Night, qui me rappelle soudain de suicidaires expériences de deejaying que je fis en soirée étudiante il y a environ 10 ans... à l'époque déjà les blondasses de la fac n'entendaient rien au metal industriel helvète et me le firent brutalement savoir). Par contre je ne crois pas avoir entendu de morceaux de Second Nature (qu'un plus fidèle que moi me contredise sinon !) et rien de Kurt Weill, à qui ils avaient pourtant consacré un formidable album.
Pas trop de ces longues plages lentes et songeuses qui parsèment leur album (efficacité de festival oblige). Un peu de techno dérangée où il répète Qu'est-ce que c'est que c'est quoi sans fin, un blues ou quelque chose qui y ressemble vaguement... Bref après ce (au moins) 4ème concert d'eux en festival, on les quitte un peu avant la fin en se disant qu'il faudrait quand même les voir au moins une fois dans une vraie salle et rien que pour eux !
La prog ayant été un peu chamboulée, difficile de savoir si c'est bien Gusgus, groupe qu'on a complètement perdu de vue depuis son premier et plaisant Polydistortion. Un indice pourtant : beaucoup de blondes sur scène pourraient indiquer une origine scandinave ? En tout cas trois chanteuses et deux laptops, pour de l'électro assez calme et standard, juste le temps d'attendre le début du dernier de la soirée. De toutes façons je les ai toujours confondus avec Royksöpp, alors ...
Voilà en tout cas le dernier qu'on voulait voir un peu ce soir : Simian Mobile Disco, bien aimé aux Eurocks. Par contre là il y a tromperie sur la marchandise (ou alors c'était l'autre fois). En effet on avait bien aimé le dispositif (voir une photo par ici) : deux techniciens s'activant autour d'un gros cube plein de petites lumières pour en faire sortir des sons... ce soir il n'en reste qu'un seul, et sans la machine étrange !
Ca le fait un peu moins, d'autant que les titres reconnaissables de leur très bon album ADSR sont peu nombreux (où alors je suis vraiment fatigué) : Sleep Deprivation au début, It's the Beat juste avant qu'on parte, et rien de reconnaissable entre les deux... Mais enfin un musicien DJ très agité (donc sans doute très actif), du boum-boum électro-rock simple et jouissif, grosses basses et aigûs dans le style de Justice, à un moment un (possible) remix des Klaxons : bien aimé quand même la moitié de concert que j'en ai vu.
Bon, la fatigue, la bière et la perspective de la marche forcée de retour (qui nous a en effet tués) nous font partir et abandonner le pauvre Polo à son stand. Bien contents quand même d'être venu faire notre tour nocturne habituel sur le joli J4 au pied du sage Fort Saint-Jean, et même s'il nous a manqué une tuerie totale genre Vitalic à un moment donné.
>> Réponse (le 02/10/2007 par Stephane Sarpaux) Ce qui est rassurant finalement entre ta chronique, celle de Sami, celle du Pinguin et la mienne, c'est que nous avons à .../...La suite
Neuvième édition déjà pour ce qu’il est convenu d’appeler ‘plus grand festival de musiques actuelles’ à Marseille, et comme chaque année une affiche plaisante sur le papier avec son lot de bons et de moins bons moments.
Les principaux bémols à propos le site du J4 ont été sensiblement corrigés : le bar est nettement plus accessible, les stands mieux répartis, les chapiteaux plus accueillants, même s’il y avait semble t-il moins de monde que l’édition 2006, il était beaucoup plus facile de passer d’une scène à l’autre.
On peut déplorer néanmoins qu’à cause de l’annulation de Chromeo les horaires de passage sur la scène Pharo étaient décalés avec une bonne heure d’avance et pas très bien indiqués.
Et aussi, mais là les organisateurs n’y peuvent pas grand-chose, un manque d’ambiance en général, comme si le public était refroidi par le mistral, et peut être désarçonné par la diversité des styles proposés.
Les festivités commencent avec les Australiens d’Architecture In Helsinki dont les disques le cul entre deux chaises laissaient imaginer un concert tout aussi inclassable.
Ils sont six sur scène et chantent souvent en chœur des airs pop parfois un peu abscons mais qui font souvent mouche, c’est un peu de la ‘clap clap’ music, facile et entraînante. Que ce soit au niveau des sons aux accents punk funk et des voix mixtes (très faux pour le chanteur, un peu moins pour la fille) on pense un peu aux B 52’s même s’ils n’ont pour l’instant pas autant de titres marquants.
Quoique « It’s 5 », « Do the whirlwind » du premier album, ”Heart it races” et « Hold music » du récent semblent dèjà des tubes très efficaces sur scène.
Que dire de The Divine Comedy sinon que tout ce que compte la confrérie indie pop Marseillaise, confidentielle mais au complet, attendait ce concert avec impatience tant ce groupe fait partie des grands noms du genre qui ne passent jamais ici, leur dernier passage remontant à plus de 10 ans !
De la nostalgie pour ceux qui y étaient et de la joie pour ceux, dont votre chroniqueur, qui n’avaient pas encore eu la chance de les voir. Dès les premières minutes la troupe de Neil Hannon est à l’image de ses albums, une certaine idée de la pop classe à l’Anglaise, avec piano (enfin là ce sont plus des claviers), mini section de cordes, un très grand guitariste et un chanteur crooneur dont la présence et la qualité des compositions ne sont plus à démontrer.
Si la setlist est davantage axée sur le dernier album en date ( « Diva lady », « A lady of a certain age » qu’il dédiera un brin moqueur aux dames de la Cote d’Azur) on aura le plaisir d’entendre quelques uns des grands classiques des 90’s : « National Express », « Generation sex » « Becoming more like Alfie », « Something for the weekend » et un grandiose « Tonight we fly » final.
Changement de style et de génération plus tard avec les jeunes Liverpuldiens de Dead 60’s qui, après avoir sorti un premier disque plaisant, se sont de l’avis général bien planté avec le second, très FM là où le précédent sonnait un peu beaucoup comme les Clash et les Specials.
Concert qui l’air d’avoir plu mais dont il ne se dégageait pas grand-chose, j’ai bien aimé les digréssions dub de leurs plus anciens morceaux ( « Loaded gun », « You’re not the law ») ...
... , évidement pogoté sur « Riot radio » et souri sur le très Madness « Ghostface killer » mais le reste était globalement sans saveur.
Sur scène Pharo au même moment, ça dansait un peu sur Apparat qui au moment où je suis passé jouait surtout des titres de son amie Ellen Allien, dont la touche glaciale ne collait pas vraiment au contexte à mon goût.
Ne connaissant les Young Gods que de nom, il m’est assez difficile de rentrer dans leur univers, mais les afficionados de rock
industriel qui étaient présents sauront mieux apprécier ce concert dont j’aurai surtout retenu que malgré le vacarme il n’y avait pas de guitariste.
Retour sur le plus petit chapiteaux avec les Islandais de Gus Gus qui m’ont agréablement surpris, même s’ils n’ont plus grand-chose à voir avec la formation des débuts. L’électro-trip-hop qu’ils pratiquaient dans les 90’s s’est muée en une house hédoniste particulièrement efficace à cette heure avancée. Il y a deux ou trois mecs qui travaillent les beats sur leurs machines et trois blondinettes qui chantent dessus, parfois accompagnées par un drôle de cowboy.
Si ce dernier à la voix aigue fait un peu penser à cette folle de Jake Shears des Scissor Sisters, du coté des filles c’est digne des vocalistes disco et early house façon Inner City.
On est loin de la sophistication et de l’agressivité de tout un pan de la dance actuelle, mais un petit plaisir régressif comme celui-là de temps en temps, c’est bien agréable.
James Ford étant grippé, c’est tout seul que James Shaw vient jouer sous la bannière Simian Mobile Disco, un dj set au lieu d’un live donc, mais que de bonnes sélections pour les clubbers déchaînés, entre bombes acid et remixes des Klaxons et évidement quelques tubes du duo, de « It’s the beat » à l’inusable « Hustler »
Pas pu rester jusqu’au bout mais Para One fait exactement ce qu’attendent les fluo kids et autres danseurs tektonik toujours en forme, eux : une boucherie, des frappes chirurgicales, appelez ça comme vous voulez, c’était brutal, saturé, rentre dedans, et même parfois mélodique, dans le genre plutôt très bien, si c’était trop fort, c’est que vous êtes trop vieux.
Photos Pirlouiiiit qui ce soir aura préféré le set des Young Gods
>> Réponse (le 01/10/2007 par Mystic Punk Pinguin) Une déception avec Dead 60's qui après un bon premier album nous en sort un deuxième bien gentillet et nous a offert un .../...La suite
Ah !!! Le festival Marsatac ! Ils font exprès de programmer chaque année deux groupes que j'apprécie, un en tout début de soirée (Architecture in Helsinki) et l'autre à 2 heures du matin (GusGus). Pas d'attente, ça commence dès 21h comme prévu sur la scène Major (la plus grande des deux et du côté de la cathédrale, d'où son nom).
Pour commencer, Architecture In Helsinki. Pour ceux qui croiraient qu'ils sont Finlandais, ils annoncent haut et fort qu'ils sont Australiens et visiblement fiers de l'être. Quelques supporters de l'équipe de rugby des wallabies sont déjà en place à Marseille pour le quart de finale de samedi prochain et font partie de l'assistance. Ils se voient déjà champions du monde le 20 octobre.
Les six musiciens sont très polyvalents. Ils vont passer une heure à se refiler les instruments. Ainsi par exemple, le batteur du premier morceau jouera tour à tour des claviers, de la guitare, du trombone et s'exercera au chant. S'exercer, c'est le mot justement. Le chant n'est pas le point fort du groupe. Je m'étais déjà fait la remarque en écoutant leurs CD, mais sur scène, c'est encore plus criant. Au bout d'un quart d'heure, on a pourtant l'impression qu'ils chantent juste. Leurs voix se sont-elles échauffées ou mon oreille s'est-elle habituée ? Il faut dire qu'ils ont joué coup sur coup "The Cemetery" et "Frenchy, I'm Faking", deux de mes morceaux préférés et que sur scène, ça rend plutôt bien.
Peu importe le chant après tout, ça conforte cette impression qui se dégage en les regardant jouer : on dirait qu'ils veulent nous dire : "on est une bande de copains et on s'éclate en jouant ensemble". Un effort doit être toutefois fait au niveau vestimentaire. Le site de Marsatac annonçait des costumes de scène et des paillettes, ils ont dû perdre leurs bagages à l'aéroport et acheter vite fait des t-shirts à la Porte d'Aix. La chanteuse avait un collant de schtroumpfette et n'en a pas tout à fait le look.
Pas de souci vestimentaire en revanche pour The Divine Comedy avec le divin Neil Hannon. Costume, cravate, lunettes noires, le dandy irlandais arrive sur scène et va nous offrir une (petite) heure de bonheur.
Avec ses sept musiciens (très bon clavier que j'ai déjà vu quelque part, mais où ??) dont une violoniste et une violoncelliste pas assez mises en valeur par la sono, il va survoler ses presque 20 ans de carrière, régalant autant ses vieux fans que ceux qui l'ont découvert plus récemment ou, comme beaucoup, ce soir.
Il fait un effort pour les enchaînements entre deux morceaux ce qui n'est pas si fréquent, très pince-sans-rire, british humour oblige. Il fera même mine d'entamer un strip-tease sur "Generation Sex", mais seule la cravate et deux boutons de chemise ont sauté au grand dam de ma voisine. Visiblement amoureux de notre région, il interprètera "A Lady Of A Certain Age", mon morceau préféré, qui se passe sur la Côte d'Azur avec une délectation palpable lorsqu'il prononce "He left the villa to his mistress in Marseilles".
Une trop courte heure de concert, pas de rappel (il serait visiblement bien volontiers resté sur scène) mais c'est l'inconvénient des festivals : c'est minuté et il faut faire la place aux suivants.
Les suivants, c'est The Dead 60's. Changement de registre assuré. D'ailleurs, le public change du tout au tout. Quatre garçons qui viennent de Liverpool et ont une pêche d'enfer. Mais ça n'est pas mon genre de musique préféré et je laisse le soin à d'autres de réaliser la chronique. Au bout de quatre morceaux, j'ai considéré avoir fait le tour du problème et je suis allé voir ce qu'il se passait sur la scène Pharo (plus petite et du côté du Palais du Pharo tout bien illuminé de l'autre côté du port).
Alors là, comment dire... Vous entrez dans une boîte de nuit géante où les gens dansent avec un verre de bière dans la main gauche et une cigarette (qui fait souvent rire) dans la droite. Pas facile de se frayer un passage si on ne veut pas passer le reste de la soirée à sentir la Pelforth. C'est vrai que la programmation était pleine de groupes avec des noms du genre X Feat. Y et que j'aurais dû me méfier. Mais c'est sous ce chapiteau que se produira GusGus à 2h30 et je suis aussi venu pour eux. Il faut donc tuer deux heures. Quand on aime la bière, c'est facile : on en boit deux, on fait une demi-heure de queue pour aller aux toilettes, on en reboit deux... Mais moi, je n'aime pas la bière (sauf devant un match de l'OM pour faire passer le piètre spectacle qu'ils nous offrent depuis 14 ans, mais je m'égare). Alors, je me promène dans le village, je m'offre un joli briquet Marsatac parce que j'en ai marre de refuser du feu aux demoiselles, je vais sentir les odeurs de kebab et de mexican food, et je reviens de temps en temps près des chapiteaux. Un jeu amusant aussi, c'est de trouver l'endroit exact entre les deux scènes où les sons se mélangent. Je vous conseille The Young Gods Vs Apparat.
The Young Gods, j'avais écouté un CD et je m'étais dit : "Tiens, encore un qui se prend pour Bashung" et quand il est content d'une phrase "Un trou noir, c'est troublant", il la répète dix fois pour ceux qui auraient pas compris. Mais sur scène, aucun rapport.
Ils sont seulement trois dont ledit chanteur qui ne peut rien faire d'autre vu que ses deux mains sont occupées à tenir le micro, une batterie et... un clavier. Tous les solos de guitare de l'album sont faits au clavier. On n'arrête pas le progrès.
Côté Pharo, les enchaînements se font plus vite que du côté Major, si bien qu'ils sont en avance sur l'horaire. Faut dire que pour brancher un ordi, il faut pas une demi-heure. Du coup, j'ai raté le début de GusGus. No regret toutefois. C'est le genre de groupe que j'apprécie sur une chaîne mais pas en concert. Deux mecs derrière des ordis, trois chanteuses bien nourries (au couscous ?) qui se trémoussent, et aucun de mes morceaux préférés.
Je continuerai toutefois d'écouter leur merveilleux premier album "Polydistortion" ou des morceaux comme "Call Of The Wild", "David" ou "Teenage Sensation". Les trois étoiles de ma chronique, c'est pas pour eux, c'est pour The Divine Comedy et Architecture In Helsinki.
Après GusGus, je me suis frayé un passage pour sortir. En sens inverse arrivaient les fans de Modeselektor. Je n'ai pas eu la patience d'attendre. De toute façon, j'ai assez dit de mal pour aujourd'hui. N'empêche, les programmateurs de Marsatac sont très forts.
Un monde fou avec un point culminant vers 23h00, des gens qui arrivent tard pour danser, d'autres qui partent dès qu'ils ont vu ce qu'ils sont venus voir, des bars qui ne désemplissent pas. Et un lieu idéal. Je reviens demain pour voir The Cinematic Orchestra.
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Crustation + GUS GUS - 08 nov 97 - Aéronef-lille Crustation avec sa jolie chanteuse a envoûté (ou endormi?) tout le monde avec un trip-hop parfois très proche de RUBY. Néanmoins le set- court mais plaisant- était bien plus réussi que celui de Finley .../...
Crustation avec sa jolie chanteuse a envoûté (ou endormi?) tout le monde avec un trip-hop parfois très proche de RUBY. Néanmoins le set- court mais plaisant- était bien plus réussi que celui de Finley Quaye(orthographe non garantie...) qui pensait être là pour animer un bal populaire jamaïquain. Du coup, il est venu avec sa fanfare... GUSGUS était la véritable tête d'affiche de cette journée du festival des Inrocks Réagir à cette critique