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(mon) Marsatac 2007 : Architecture in Helsinki, HifiKlub, The Divine Comedy, The Dead 60s, The Young Gods, Gus Gus, Simian Mobile Disco

Esplanade Saint-Jean, J4 de Marseille   28 septembre 2007

    Bon concert

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    Alors d'abord je tiens à dire que toutes les chroniques postées jusqu'ici sur ce festival sont vraiment particulièrement nazes ! Non c'est bon, je plaisante les gars... C'est au contraire un grand plaisir de voir tant de chroniques d'un festival sur ce site ! Je me suis par contre interdit de les lire pour ne pas être influencé (ni humilié et découragé, par exemple par la culture électronique sans failles de Mr. Sami ou par les formules dévastatrices de Mr. Stéphane S... !).

    Bref, comme chaque année le dernier festival sympa de la fin d'été se passe à 30 minutes à pied de chez nous, en plein air et au bord de la mer, alors on ne se fait pas prier ! Marsatac, festival à la maturation et à la survie difficile : comme péripétie cette année, les sponsors de rugbymen avaient un temps menacé de monopoliser le J4 pour le remplir de supporters...

    Marsatac donc, qui semble avoir trouvé son rythme de programmation, commençant très en amont avec des pré-concerts, et atteignant son apogée sur deux soirées dont une traditionnellement plus rock et l'autre plus hip-hop. Le tout étant entouré de moult DJ branchés de nature à réjouir les plus exigeants (et les plus intellos) des clubbers. Et comme chaque année on ira qu'à une soirée, celle qui nos branche le plus : la première.

    A signaler, dans l'après-midi, les liverpuldiens des Dead 60's ont donné un mini show-case à la F--c ; le chanteur Matt Mc Manamon étant en petite forme vocale, ils se sont limités à trois titres, quand même plutôt cool même en version unplugged et sans percus. Evidemment Concertandco était représenté et les a même filmés un peu ! Et puis, apparemment un peu déphasés par leur tournée, ils ont répondu bien gentiment aux questions, nous laissant quand même un peu inquiets d'une possible extinction de voix d'ici ce soir.

    A notre arrivée sur le site du J4, petite déception : l'agencement est beaucoup plus "scolaire" que l'an passé, où il avait un charme certain et où un vrai travail de décoration du site avait été réalisé... Là tout est au carré : un chapiteau, un bar, des toilettes, un chapiteau, un bar, etc. L'entrée est aussi moins fonctionnelle et plus embouteillée (digitick.com semblant victime de son succès). Mais enfin la présence de divers bars pas encore trop pris d'assaut, de stands sympas et notamment celui de nos potos de Lollipop (que squatte un Mystic Punk Penguin déjà un peu attaqué), nous remettent dans le droit chemin et la bonne humeur...


    Pendant ce temps les Architecture in Helsinki, collectif barjo barbu et mal-nommément australien, met son petit bordel sous le chapiteau dit "Major". On avait pas trop accroché sur album, mais sur scène leur disco-rock s'avère à la fois ludique et plutôt rigolo... et à la longue un peu agaçant quand même, tout comme celui des Scissor Sisters auquel on pense souvent à leur écoute. Festif mais un peu vain peut-être ?


    On fait donc le tour du site pour aller voir ce qui se trame sous l'autre chapiteau, dit "Pharo" : un groupe de rock bruyant et chevelu, plaisant et standard appelé Hifiklub (avec un nom pareil on avait pas du tout soupçonné que ça puisse être du rock !) est en train d'y faire parler sa poudre presque garage, sur de jolies animations textuelles faites exprès pour ce soir. C'est très sympa mais en fait c'est déjà fini, dommage...

    On retourne donc voir la fin d'Architecture in Helsinki qui met une belle ambiance, le chanteur baragouinant un peu de français entre ses titres enjoués, qui font penser à du Arcade Fire en version funky. Le groupe finit sur son "tube" (ça c'est de l'info non ?) et ça le fait bien ! Toujours pas fan mais leur musique est agréable, plus en tout cas que celle de Swayzak, un de ces nombreux DJ électro austères et qui nous laissent chaque année de marbre, même si celui-ci a par moments un son dûr, quasiment indus'. L'occasion de retourner blaguer entre collègues autour de nos bacs à vinyls préférés.


    Mais c'est déjà l'heure de The Divine comedy, groupe du très respecté Neil Hannon qu'on connait assez peu mais qui complètera idéalement notre tournée des crooners anglais, commencée cet été avec Damon Albarn à Belfort, Jarvis Cocker à Paris et même Amy 'Rehab' Winehouse... dans les étoiles. Bref ce garçon à la très jolie voix fait preuve d'un étonnant mimétisme avec un certain David Bowie : étant fan de celui-ci on ne peut donc qu'apprécier celui-là, dont c'est l'unique apparition en France cet été.

    Et puis tandis que Damon commence à avoir un peu l'air défraîchi et que Jarvis se laisse également un peu aller, ce type a su garder la classe brit-pop 90's ultime : concert en costard-cravate s'il-vous-plaît ! Son répertoire avec cloche et violon évoque agréablement les années 60 et 70, les mélodies sont impeccablement bien troussées même si certaines flirtent parfois avec le kitsch.

    Après avoir essayé sans succès de manger quelque chose de bon sur le site (pour moi la tartiflette-de-festival la plus dégueu que j'aie jamais mangé - avec pourtant 14 Eurocks au compteur- et pour Céline, des burritos au goût de carton bouilli), on retourne donc écouter la fin. A la réflexion la voix claire du tout petit Neil Hannon évoque aussi un David Eugene Edwards qui en aurait enfin fini avec ses démons...

    On reconnaît par moments ses titres, notamment la chouette Becoming more like Alfie (merci à Neil pour le titre !) et d'autres balades orchestrales. The Divine Comedy termine pertinemment par un titre plus speed, mettant lui aussi une jolie ambiance à défaut d'une vraie émeute : très bon et très classe, à (ré)écouter sans fautes à l'occasion !

    Juste pour parler, signalons un passage à Chromeo (en fait c'est Nathan Fake mais au fond on s'en fout), un DJ électro à la musique plus festive et plus dansante, mais qui nous est également passé au dessus ou en dessous de la tête... soit cette musique de branleurs de souris n'a aucun intérêt, soit on n'a plus d'oreilles pour elle.


    Ce qui n'est pas le cas de celle des Dead 60's. Si ceux-ci semblent avoir commis un deuxième album assez inégal, voire carrément faiblard, il n'en reste pas moins que leur éponyme et plutôt excellent The Dead 60's avait été une des meilleures surprises de 2005. On reste en outre sur l'excellent souvenir d'une prestation dans la foulée à Saint-Cloud ! Les craintes sur une voix vacillante sont vite dissipées, peu après la traditionnelle sirène de départ et Loaded Gun : chanter à l'air un peu douloureux mais le kid va assurer, c'est sûr, et puis il a un groupe très incisif derrière !

    En effet leur deuxième album est nettement plus pop (et moins intéressant), y compris certains titres (pourtant prometteurs) comme Start a War et l'assez embarrassant single Stand Up, même si ces nouvelles chansons sont en partie sauvées par un son plus rock sur scène. On prend quand même bien plus de plaisir à réentendre les dubs de Red Light et A Different Age...

    Ou à We get High dont seuls quelques initiées savent qu'elle sera enchaînée sans prévenir avec la toujours excellentissime Riot Radio, évidemment le meilleur moment du concert... mais où beaucoup de gens ont déjà décroché dirait-on ! Suivi de la nouvelle Beat Generation, pas désagréable du tout tout comme l'explosif ska qui la suit, entrecoupé d'un long break instrumental où le chanteur martyrise une cloche. Une fois Stand up expédiée, le groupe finira sur la formidable Return of the Ghost Face Killer, la plus belle horror song depuis Red Right Hand de Nick Cave. Au final pour un groupe ayant seulement un bon et un mauvais album, les Dead 60's ont fait le meilleur concert possible !


    Qui n'a cependant atteint à aucun moment la violence évocatrice et poignante des Young Gods, égaux à eux-même, qui sont plus vieux et suisses que jeunes et dieux, mais qui savent toujours déchaîner des tempêtes sous les crânes avec leurs basses telluriques et leurs déchaînements de violence.

    Ayant piqué du nez pendant leur dernier concert aux Eurocks (en compagnie de rappeurs un peu soporifique, il est vrai), je suis bien content de pouvoir me rattraper. Ces trois gens-là, rappelons-le, font depuis une vingtaine d'années une musique électro-industrielle qui tue sa race, qui a terriblement (et bien) influencé des génies alors naissants comme Trent Reznor, et leur vaut un respect unanime quoique peu médiatique...

    Pas la moindre idée des titres de la plupart de leurs chansons, puisque pour moi ce type d'albums s'écoute une fois par an environ, mais en entier, affalé dans une sorte d'extase mystique (qui s'accompagne fréquemment de filets de bave sans conséquences). Quoi qu'il en soit le batteur est un dieu, le synthé/guitare aussi et le chanteur ne l'est pas moins (avec un nom pareil, me direz-vous...). Niveau lumière aussi, quelques dispositifs assez chouettes (un spot caché sous le micro par exemple).

    Et ils ont notamment joué, mais oui, des titres de TV Sky et d'autres de Only Heaven (en l'occurence la terrible Kissing the Sun et la tuante Speed of Night, qui me rappelle soudain de suicidaires expériences de deejaying que je fis en soirée étudiante il y a environ 10 ans... à l'époque déjà les blondasses de la fac n'entendaient rien au metal industriel helvète et me le firent brutalement savoir). Par contre je ne crois pas avoir entendu de morceaux de Second Nature (qu'un plus fidèle que moi me contredise sinon !) et rien de Kurt Weill, à qui ils avaient pourtant consacré un formidable album.

    Pas trop de ces longues plages lentes et songeuses qui parsèment leur album (efficacité de festival oblige). Un peu de techno dérangée où il répète Qu'est-ce que c'est que c'est quoi sans fin, un blues ou quelque chose qui y ressemble vaguement... Bref après ce (au moins) 4ème concert d'eux en festival, on les quitte un peu avant la fin en se disant qu'il faudrait quand même les voir au moins une fois dans une vraie salle et rien que pour eux !



    La prog ayant été un peu chamboulée, difficile de savoir si c'est bien Gusgus, groupe qu'on a complètement perdu de vue depuis son premier et plaisant Polydistortion. Un indice pourtant : beaucoup de blondes sur scène pourraient indiquer une origine scandinave ? En tout cas trois chanteuses et deux laptops, pour de l'électro assez calme et standard, juste le temps d'attendre le début du dernier de la soirée. De toutes façons je les ai toujours confondus avec Royksöpp, alors ...


    Voilà en tout cas le dernier qu'on voulait voir un peu ce soir : Simian Mobile Disco, bien aimé aux Eurocks. Par contre là il y a tromperie sur la marchandise (ou alors c'était l'autre fois). En effet on avait bien aimé le dispositif (voir une photo par ici) : deux techniciens s'activant autour d'un gros cube plein de petites lumières pour en faire sortir des sons... ce soir il n'en reste qu'un seul, et sans la machine étrange !

    Ca le fait un peu moins, d'autant que les titres reconnaissables de leur très bon album ADSR sont peu nombreux (où alors je suis vraiment fatigué) : Sleep Deprivation au début, It's the Beat juste avant qu'on parte, et rien de reconnaissable entre les deux... Mais enfin un musicien DJ très agité (donc sans doute très actif), du boum-boum électro-rock simple et jouissif, grosses basses et aigûs dans le style de Justice, à un moment un (possible) remix des Klaxons : bien aimé quand même la moitié de concert que j'en ai vu.

    Bon, la fatigue, la bière et la perspective de la marche forcée de retour (qui nous a en effet tués) nous font partir et abandonner le pauvre Polo à son stand. Bien contents quand même d'être venu faire notre tour nocturne habituel sur le joli J4 au pied du sage Fort Saint-Jean, et même s'il nous a manqué une tuerie totale genre Vitalic à un moment donné.

    Jolies péripéties et longue vie à Marsatac !!

    Photos piquées avec son accord à Pirlouiiiit !

    A lire également sur Concertandco : Une journée à Marsatac 2006 et 2005.

    Bonus video :

    Vignette philippe
    Signature : philippe
    le 01/10/2007
    Fleche concert Envoyer un message à philippe
>> Réponse (le 02/10/2007 par Stephane Sarpaux)
Ce qui est rassurant finalement entre ta chronique, celle de Sami, celle du Pinguin et la mienne, c'est que nous avons à peu près les mêmes ressentis sur le festival... Et la fréquentation des deux soirs peut servir de données plus objectives. Marsatac est très fort sur le Hip Hop, peut être le meilleur festival de France... Normal, c'est de là qu'il vient Par contre, sur le versant développé depuis 3 ans, à savoir Pop/rock, c'est pas au même niveau... Et faut pas nous raconter qu'il y a pas de public pour ce genre de musiques à Marseille... Quant à l'électro, alors là...c'est peut-être nous qui ne sommes pas au niveau... Il faudrait peut-être confier désormais ces chroniques à Henry et Georgette...

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