Soirée country folk pop rock en deux parties pour l’avant dernier jour du Printemps de Bourges 2007… Un festival non plus printanier mais carrément estival cette année : un soleil radieux pendant une semaine, une chaleur bienvenue, pas une goutte de pluie, aucun nuage. Que demander de plus ? Un peu de musique peut être… Et bien, ça tombe plutôt pas mal : le
Printemps de Bourges est fait pour ça.
J. Tillman :
C’est dans une nouvelle salle récemment ouverte au public (pour des concerts ultra intimistes de piano classique) que se déroule une soirée réservée au label Fargo. Deux de ses plus brillants artistes,
J. Tillman et
Jesse Sykes, sont au programme. Dans ce mini théâtre à l’italienne proposant une centaine de places assises, l’une des dernières signatures de
Michel Pampelune – le « boss » de
Fargo – a enchanté le public. Comment ne pas s’enthousiasmer devant ces morceaux joliment lancinants, authentiques, à la fois rugueux et accueillants ? C’est absolument impossible ! Car, en plus de composer de petites merveilles folk pop (voir son album
Minor works,
J Tillman est doté d’une voix hallucinante de beauté et d’un jeu de guitare sobrement classe. Au final, on obtient donc un concert de très haute tenue.
Jesse Sykes :
Juste le temps de se rafraîchir un peu dans la rue que
Jesse Sykes et ses trois musiciens font déjà leur apparition sur scène. D’abord pour une balance improvisée assez drôle, ensuite pour un superbe set entre country folk et rock. Plutôt orienté sur ses précédents disques, le lieu se prêtant peu aux ambiances rock du dernier album, la belle brune au charme vénéneux a transporté l’auditoire pendant la totalité de son set. Sa voix d’ange déchu – pleine de vécu et très évocatrice – est à elle seule un véritable bonheur pour les oreilles… Mais là aussi, comme chez
J. Tillman, le songwriting n’est pas oublié pour autant (lire la chronique de son dernier album :
Like Love Lust) ; tous les morceaux sont aussi marquants les uns que les autres. Cerise sur le gâteau, le batteur, le bassiste et le guitariste rivalisent d’ingéniosité et d’inspiration pour habiller les chansons de leur « patronne » avec des habits qui leur vont à merveille : batterie caressée, lignes de basse onctueuse et/ou sèches, rythmiques et solo électriques digne de
Neil Young & Crazy Horse. Un très beau moment que cette prestation de Jesse Sykes.
Tribute To Neil Young :
En sortant du théâtre Saint-Bonnet, on avait très envie de revoir très vite J. Tillman et Jesse Sykes sur une scène. Miracle de la programmation, le Tribute to Neil Young présenté en ouverture du concert d’Herman Düne dans le très bel Auditorium de Bourges avait pensé à les inviter ! Dans cette salle flambant neuve à l’acoustique parfaite (et permettant une visibilité irréprochable),
Seb Martel et ses acolytes ont proposé une heure durant des reprises de
Neil Young en forme d’hommage au génial loner… Chacun se met donc au service du répertoire du Canadien épileptique pour montrer – s’il était besoin – à quel point ses morceaux sont beaux.
Hey Hey My My, The Loner, Tell me why, Pocahontas, Harvest Moon, A needs a maid, Old man etc etc sont interprétés avec ferveur et passion par des musiciens transis d’amour pour Mr Young, mais pas paralysés par l’enjeu pour autant ! Les arrangements sont intelligemment modifiés, des morceaux peu connus sont interprétés, c’est un hommage de rès belle tenue auquel on assiste ! En plus de Seb Martel et de ses musiciens doués et bien dans l’esprit,
Emily Loizeau (pour deux superbes titres chantés avec une voix impressionnante),
Peter Von Poehl (avec une reprise originale seul à la guitare d’
Old man),
J. Tillman et
Jesse Sykes (pour deux titres chacun, de très jolis instants de communion musicale avec une de leurs influences majeures) se succèdent sur scène. Pour le plus grand bonheur du public, sous le charme.
Herman Düne :
Juste après, la troupe d’
Herman Düne au grand complet a prolongé le plaisir du public pendant toute la durée de son set. L’envie de jouer est là, les musiciens sont décontractés mais bien calés ensemble (ce qui n’est pas toujours le cas), les morceaux sont de grande qualité… Avec tout cela il parait impossible de rater sa soirée. Le concert débute par deux morceaux peu connus joués par
David Ivar, au chant et à la guitare et
Néman à la batterie minimaliste. C’est beau, sobre et donne envie d’en entendre plus, voire de rester en compagnie de ce groupe à part toute la nuit. Juste après l’arrivée de
Doctor Shönberg (aux percus et à la trompette), de
Turner Cody en bassiste/choriste aussi impeccable que son costard, et de
Julie Doiron et d’Angela des
Baby Skins (toutes deux aux chœurs angéliques) complète ce tableau idyllique. André est toujours absent, ses chansons aussi, mais
Herman Dûne, désormais dans un style différent (mois mélancolique, moins Lo-Fi) se débrouille très bien, merci. David Ivar se comporte en leader souriant et affable, chaque chanson étant dédicacée à quelqu’un : Angela, ses parents (présents dans la salle ce soir), des Hollandais tenant une salle de concert où un morceau du set a été joué pour la première fois,et, enfin, le public présent ce soir, très chaleureux. Celui-ci fait un triomphe au tube extrait de
Giant,
I wish that I could see you soon, et à
Not on top (provenant de l’album du même nom) mais écoute attentivement et apprécie également les titres moins accrocheurs mais tout aussi réussis qui font partie intégrante du répertoire scénique d’
Herman Düne. David Ivar chante divinement, il fait frémir sa guitare pour quelques solos superbes, parfaitement soutenu qu’il est par un groupe au taquet, souriant (sauf le taciturne
Turner Cody, bien sûr… ) et content d’être sur scène. Timing serré oblige, le concert se termine trop tôt avec un unique rappel, mais l’heure passée avec les Düne était plus qu’agréable ; elle a permis au public de baigner dans une délicieuse ambiance folk pop hors du temps, entre sixties et seventies, bien loin des tracas de l’année 2007. Et c’est pour ça qu’on vient voir un concert dans un festival, n'est ce pas ?
Herman Düne est actuellement en
tournée.
A lire également : une
interview de
David-Ivar Herman Düne réalisée le 2 novembre 2006, une
interview d'
Herman Düne & Julie Doiron (datant de novembre 2005), des chroniques des concerts à Clermont-Ferrand en
2006 et
2005, aux
Eurockéennes 2004, au
Printemps de Bourges 2005, ainsi qu'à
Rognes, Reims, Saint-Cloud et Saint-Ouen.
Et à propos des Printemps de Bourges 2007, 2006 et 2005 : les chroniques des concerts de
Pravda + Nelson + Neimo + Peter Bjorn & John + The Automatic + Just Jack + Nosfell,
Juliette Gréco + Abd Al Malik,
The Lost Communists,
The Elderberries,
Yann Tiersen + Calexico + Iron and Wine,
The Dresden Dolls + Queen Adreena + 54 Nude Honeys,
Art Brut + Buzzcocks + The Spinto Band,
The Flaming Lips + Emilie Simon + CocoRosie + Architecture In Helsinki,
Dionysos + dEUS + Artic Monkeys + Katerine + Hushpuppies,
The Kills,
Tokyo Overtones,
Soldout,
The Craftmen Club,
The BellRays + Nashville Pussy + The Ex,
The National + Herman Düne,
Interpol + Bloc Party + Gomm,
Low + Ray Lamontagne,
Nancy Sinatra + Alexandra Roos et
Marianne Faithfull + Françoiz Breut...
Sites Internet :
www.hermandune.com,
www.source-etc.com,
www.myspace.com/jessesykes,
www.myspace.com/jtillman,
www.fargostore.com/fargorecords/.
Photos live ©
François Mellet (Herman Düne, Emily Loizeau), extraites du site internet du Printemps de Bourges :
www.printemps-bourges.com.