La venue d’
Herman Düne et de ses nombreux invités à la Coopérative de Mai a permis de passer un moment hors du temps, une sorte de fête folk pop sixties. Une soirée un peu hippie, un peu hype, mais surtout une soirée centrée autour de la seule et unique chose qu devrait être au cœur des débats dans une salle de concert : de bons morceaux écrits avec une plume inspirée. Ça parait évident, mais il n’y a qu’à assister à un concert de
Juliette & The Licks pour comprendre que ça ne l’est pas pour tout le monde…
Leopold Skin :
C’est
Leopold Skin qui est chargé de l’entame de la soirée avec sa guitare, son harmonica, sa voix dylanienne et ses morceaux majoritairement captivants. En toute simplicité, sans chercher à épater la galerie et visiblement ravi d’assurer la première partie d’un de ses groupes favoris, le jeune clermontois a fait bonne impression auprès du public, assez nombreux, réuni dans la petite Coopé. Jolie surprise, sur le dernier morceau, le percussionniste/trompettiste d’Herman Düne,
Doctor Shönberg himself, est venu lui donner un petit coup de main à la batterie, donnant une touche très
Neil Young (on pense à
Out on the Week-end, album
Harvest, 1972) à un morceau déjà bien écrit…
The Baby Skins :
Juste après,
The Baby Skins, les deux choristes new yorkaises d’
Herman Düne sur l’excellent album
Giant, ont ravi les amateurs de belles mélodies et d’harmonies vocales sixties. Les deux jeunes femmes, timides et parfois pas très à l’aise avec leurs guitares, chantent tout simplement divinement : l’espace d’un instant, on pense aux
Shangri La’s et aux
Ronettes… Et l’on aimerait bien leur susurrer
Be my baby à l’oreille. Les deux voix, aussi pures que du cristal - l’une des deux musiciennes, la plus craquante, s’appelle d’ailleurs Crystal… - suspendent la course du temps. On est en 1960, en plein période flower power, il fait beau et tout est cooooooooooooool.
Turner Cody :
Cool,
Turner Cody l’est aussi, mais sur scène il le cache bien : pas un sourire, des « Thank you » lâché à contrecoeur et un look de mormon coincé du cul. On a du mal à croire que ce gars-là a été le colocataire du très funky et drôle
Adam Green… Ceci dit, quand il s’agit de chanter d’un belle voix grave et de jouer de la guitare, Tuner s’y entend ! Son set, enlevé et percutant, a permis de se rendre compte de l’étendue des capacités du monsieur, vraiment très doué dans le style folk rock dylanien. Sur la fin de son set, il est rejoint par David-Ivar Herman Düne à la basse, Néman Herman Düne à la batterie (approximative, le temps de se chauffer) et Doctor Shönberg, pour une série de titres réussis.
Herman Düne :
Puis comme avec
Julie Doiron sur la tournée précédente, la première partie laisse la place à Herman Düne le plus naturellement du monde : Turner Cody passe à la basse, et le tour est joué. Enfin, le tour est joué après un très long réglage du son par un sonorisateur en difficulté. Après 5 minutes de larsens, le concert démarre, malheureusement avec un son trop agressif, en tout cas déplacé dans la contexte fok pop d’Herman Düne. C’est un peu dommage, mais l’ingé son voulait sans doute prouver que son t-shirt « The Stooges » n’était pas là pour rien. C’est malin… Les lumières ne sont pas non plus exceptionnelles, mais peu à peu
Herman Düne nouvelle manière (sans André malheureusement) s’impose au public avec un concert entièrement centré autour des chansons de David Ivar. Qui sont excellentes, certes, mais les compositions, le chant, les chœurs et la guitare d’André manquent un peu (beaucoup ?) à ceux qui ont déjà vu Herman Düne sur scène. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les Düne n’en restent pas moins un excellent groupe de scène, boosté par les percus et la trompette de Doctor Shönberg, la basse ultra sobre de Tuner Cody et les choeurs superbes des Baby Skins… Aucun doute là-dessus, David Ivar est toujours un chanteur habité sachant transmettre des émotions à chaque mot chanté, son jeu de guitare – entre Neil Young & Crazy Horse, Bob Dylan, Lou Reed et Keith Richards – faisant le reste. Le set, axé autour des morceaux signés David-Ivar sur
Giant, s’autorise également quelques retours en arrière sur les très
Velvet Underground et
Sonic Youth Not on top et
Walk, don’t run, extraits de l’album précédent. Quand le combo quitte la scène, on se dit que cela aurait pu être mieux (particulièrement au niveau du son et de la cohésion du groupe) mais qu’on a néanmoins assisté à un bon concert d’Herman Düne sans André.
Herman Düne,
Turner Cody et
The Baby Skins sont actuellement en
tournée
A lire également : une
interview de
David-Ivar Herman Düne réalisée le 2 novembre 2006, une
interview d'
Herman Düne & Julie Doiron (datant de novembre 2005), des chroniques des concerts à
Clermont-Ferrand en 2005, aux
Eurockéennes 2004, au
Printemps de Bourges 2005, ainsi qu'à
Rognes, Reims, Saint-Cloud et Saint-Ouen.
Sites Internet :
www.hermandune.com,
www.myspace.com/davidivarhermandunesyaya,
www.source-etc.com.