Après une nuit glaciale dans la toundra lyonnaise, une heure de galère pour trouver la navette pour Lyon et une petite balade dans le village artisanal, nous voilà de retour au Woodstower Festival. Pour ce deuxième jour, le moins qu'on puisse dire c'est que les organisateurs ont mis le paquet, Tricky, Peaches, et même des petits fours à l'espace .../...
...petits fours à l'espace pro accompagnés de ponch.
Arrivés en retard pour pouvoir apprécier le quatuor composant
Max Tundr, nous nous rattrapons finalement sur
Hindi Zahra, jeune chanteuse aux influences orientales. Ambiance minimaliste et intimiste, c'est sur un simple "Bonjour" que tout commence. Il faut avouer quedés la première chanson, la mélancolieuse voix d'
Hindi envoute l'assemblée. A la frontière du psychédélisme, les danses entreprises par la jeune demoiselle convertissent les derniers incertains.
La jeune chanteuse peut se féliciter d'avoir attiré un public nombreux, pas spécialement démonstratif mais en tout cas réceptif. Les morceaux se succèdent, bien qu'un peu répétitifs ces derniers ne manquent pas d'installer une ambiance zen etrelaxante.
Dans un tout autre registre, c'est
Herman Dune seul qui prend le relais sur l'immense scène du lac,qui, pour le coup, parait bien vide. Pas de fioriture, tout juste quelques spots lumineux.
Herman se tient seul avec sa guitare face à quelques milliers de spectateurs. J'avoue que j'étais curieux de découvrir le personnage mais j'ai rapidement été déçu, pas que le spectacle était mauvais mais plutôt que l'ambiance ne décollait pas,
Herman peinait à faire partager son univers. Néanmoins je suis convaincu que ce dernier doit être parfait dans une salle plus intime qu'une grande scène de festival.
Finalement ce n'est que lorsque le deuxième
frère Dune ainsi qu'un autre membre du groupe rejoignent le plateau que le spectacle décolle enfin. En l'espace d'une chanson l'ambiance change considérablement, le public commence à se déhancher,taper dans les mains, bouger la tête et même parfois reprendre les refrains. Ce regain de puissance est il suffisant pour faire oublier un début longuet ? Il semblerait bien puisque ma mémoire n'en retient vraiment que les derniers morceaux. Une chance pour
Herman Dune.
Pendant que les road's s'activent pour le changementde plateau, c'est en plein milieux du festival que
André Duracell, plus remonté qu'une pile se déchaine sur sa batterie. Du haut de sa mini tourelle, qui d'ailleurs fait un peu penser à celle d'Angus Young,
Andrew dit
André reprend et remixe des sons de jeux vintage mais aussi du Bach. En résumé un univers bien enflammé quenous propose là l'allumé
André. Rien de tel avant de passer à
Tricky.
Serait ce vraiment utile de présenter
Tricky ? Tête d'affiche de cette seconde et dernière soirée du
Woodstower, le prince du Trip Hop comme on aime à l'appeler est depuis le début de l'été présent sur bon nombre de festivals à l'imagedes Eurockéennes. Pour en revenir au spectacle c'est dans la pénombre la plus total que
Tricky arrive sur scène. Dans le jeu d'ombre son perfecto et ses petites dread se dessinent
Après une longue introduction musicale la voix retentit dans la plaine lyonnaise. A ce moment je me demande si le régisseur son est présent ou tout simplement sourd, l'instrumental étant très fort la voix de
Tricky peine à s'imposer,fort heureusement après quatre cinq chansons le tir est rectifié. Pour avoir longuement écouté l'artiste sur support CD je le trouvais plaisant mais en live il faut avouer qu'il est surprenant. Pas une minute de répit, lorsqu'il n'est pas derrière son micro à faire bouger la tête si se retrouve entrain de slamer dans le public. Beaucoup de morceaudu dernier album sont joués comme "
Excess" ou "
Girls". En plus de fournir un spectacle de qualité
Tricky n'en oublie pas pour autant son public avec lequel il s'entretient souvent. C'est donc un grand plaisir que de voir un artiste si soucieux de son spectacle mais aussi de son public, on est bien loin des artistes qui prennentles spectateurs pour des vaches à lait.
J'aurais tendance à dire que
Tricky incarne parfaitement la philosophieque la musique devrait respecter, celle d'être vectrice d'échanges, simplicité et respect. La musique est tellement entrainante que rapidement la froideur qui commençait à s'installer déguerpie aussi tôt.
Tricky qui au début torse nu me donnait des frissons me donne maintenant envie de tomber le polo malgré la grippe A qui n'est pas trèsloin. Le public est vraiment subjugué, comment ne pas l'être ? L'univers que nous fait explorer le groupe est tout simplement merveilleux cependant toutes les bonnes choses ont une fin on nous le dit assez souvent et c'est pourquoi une fois de plus ce célèbre proverbe se vérifie puisqu'après de chaleureux remerciements
Tricky quitte lascène.
C'est bien connu,
Duracell dure deux fois plus que les autres piles alcalines. Ainsi il n'est pas vraiment étonnant de retrouver une seconde fois André et sa batterie sur la mini tourelle juste avant
Peaches.
Pour être franc je ne connaissais pas du tout
Peaches (Oui je sais, honte à moi) du coup en voyant l'accoutrement des quelques férus de lacanadienne je m'attendais à tout. A tout ? Enfin presque, j'avoue que je fuis surpris lorsqu'en introduction ce fut le générique de l'
Agence Tout Risque entama ce set des plus intéressants. Sur le plateau on distingue deux hurluberlus se déambuler. Soudain une espèce de pèche rose débarque, micro en main, il ne fait aucun doute, il s'agitbel et bien de
Peaches
Accompagné d'un pianiste, d'un batteur c'est surtout
Safy, la guitariste qui retient l'attention du plus grand nombre, son porte jarretelle doit y être certainement pour quelque chose. Au deuxième morceau le masque tombe, le costume aussi, l'enrobage pêche laisse place à un costume qui rendrait jaloux unarlequin. Le spectacle est réglé à la minute prêt du coup le manque de spontanéité est quelque peu regretté. Mais lorsque que la jeune vieille canadienne se jette sur scène tout est calculé.
Néanmoins la mise en scène est agréable et plutôt amusante, peignoir, piercing au clitoris qui éclaire la scène, si
Tricky est le prince du Trip Hop il ne fait aucun doute que
Peaches et la reine de l'électrotrash. On en revient même à sedemander si ce personnage tout droit sorti de l'émission
Tracks est vraiment canadienne. Il faut dire qu'il y a un fossé entre
Céline Dion et cette dernière. Même si elle ne fait pas l'unanimité,
Peaches est pour moi la grande découverte de ce festival, un seul regret ; ne pas l'avoir connue plus tôt.
Ces deux jours au
Woodstower sont un peu comme un gros bol d'air avant la dure reprise. Allant de découvertes en découvertes c'estvraiment avec le sourire jusqu'aux oreilles que je retourne dans ma petite campagne provençale. En tout cas si le festival pérennise son désire de fournir une programmation toujours autant éclectique il est sure qu'en 2010 je serai de la partie !
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