Midi Festival : Hifiklub featuring Robert Aaron + Why ? + James Chance & the Contorsions - 25 Juillet 2008 - Villa Noailles - Hyères Direction la Villa Noailles à Hyères pour la soirée d'ouverture de la quatrième édition du Midi Festival. Ce festival que j'ai repéré déjà depuis quelques étés a une programmation très pointue et je suis assez excité pour cette première fois...
De forts embouteillages estivaux me font tirer un trait sur une éventuelle baignade dans les .../... La suite
Direction la Villa Noailles à Hyères pour la soirée d’ouverture de la quatrième édition du Midi Festival. Ce festival que j’ai repéré déjà depuis quelques étés a une programmation très pointue et je suis assez excité pour cette première fois…
De forts embouteillages estivaux me font tirer un trait sur une éventuelle baignade dans les eaux varoises et aussi sur le groupe américain programmé en ouverture (à 19h30) : Girls.
Enfin, heureusement les organisateurs du festival ont pensé à réaliser un fléchage très précis dès qu’on arrive dans Hyères. Car la Villa Noailles se trouve sur les hauteurs de Hyères… Un cadre assez idéal, même si vu mon arrivage en retard je n’ai pas vraiment le temps d’apprécier le paysage comme je l’aurais souhaité.
La Villa Noailles est un immeuble de style art moderne qui a été construit en 1924 ( conçue par l’architecte Robert Mallet-Stevens) et qui a reçu dans ses murs beaucoup d’artistes célèbres notamment Man Ray.
Une bien belle bâtisse, entourée de nombreux jardins, et qui propose une vue assez exceptionnelle sur Hyères. Evidemment, le revers de tout ceci (lieu arty, programmation pointue) : l’audience est un peu branchi-brancha.
Mais bon pas tant que ça. Et surtout, je n’ai pas trouvé l’ambiance pesante comme dans certaine soirées où certain gens de « bons goûts » trouvent « vulgaire de se déhancher tel un animal » alors que « la musique est un plaisir cérébral », n’est-ce pas.
Non ça va, on trouve un peu de tout dans le public, même 1 ou 2 baba/grunge. Et puis, certain ont eu la bonne idée de venir en famille. Et la présence de mignons petits enfants dans les premiers rangs apporte une touche rafraîchissante.
Hifiklub, groupe varois dont j’avais déjà entendu parler, démarre son set alors que le public n’est pas encore massé devant la scène.
Ils ont beau être varois et pas forcément très connus par ici, ils ont déjà un beau « palmarès » et de nombreuses collaborations prestigieuses à leur actif notamment avec un des guitaristes de Bowie : Earl Slick.
Ce soir, ils ont invité Robert Aaron, qui est un multi instrumentiste (saxo, claviers, flûte traversière…) new-yorkais de renom, et qui a notamment joué avec Richard Hell, Blondie, Bowie,…Pour ma part, il me fait surtout penser à Vincent Schiavelli, ce comédien au physique étrange notamment vu dans « Vol au-dessus d’un nid de coucous »…
Au départ, je ne savais pas si j’avais vraiment envie de les voir, mais finalement Hifiklub est une très bonne surprise. Du pop/rock tendance actuelle , c’est-à-dire fortement influencé 80s, avec une touche électro, due notamment à quelques samples envoyés par Aaron. Le chanteur/bassiste fait un peu jeune et tendre je trouve, mais c’est certainement moi qui suis vieux et dur. En revanche son regard pétillant passe plutôt bien.
Bref, on tape du pied, on retient facilement certain refrains, comme ce « Ah aha aha ah ah » écrit au dos de sa basse. Et tout doucement, on finit par se dire « putaing, mais c’est bien ça ». Une belle entrée en matière. [ A la fin le James Chance est même venu pousser du saxo]
Direction la buvette, pendant le changement de plateau. Et là, j’ai quelques petites doléances : le choix est un peu maigre, deux types de sandwichs froids… bon ça pourrait être pire pas de choix du tout…et puis niveau boisson pour les « alcooliques » ça peut aller : rosé, vin blanc, bières… mais pour les soft : coca ou bien eau… alors que je rêvais d’un bon jus de fruit pour me donner du peps. Dommage, un petit picnic taboulé/rosé/pastèque ça aurait été carrément bien dans cette jolie pinède. Et puis, pas de trace de la moindre poubelle…
Ensuite, place au hip-folk (moi je dirai plutôt hip-pop) des californiens Why ?
Signés chez Anticon, les chansons que je connaissais d’eux étaient plus hiphop expérimental que ce qu’ils nous ont délivré ce soir.
Apparemment, avec leur nouvel album ils ont entamé un virage plus pop, et c’est une très très bonne surprise.
Je suis pour ainsi dire tomber amoureux. Déjà ces petits gars, avec leur look d’étudiants un peu timides et presque trentenaire, donnent l’impression d’être gentils comme tout (bon les impressions, je sais…) et leur musique est souvent d’une douceur qui fait carrément du bien.
Le batteur a une sacrée bonne bouille et je me dis que je le verrai bien dans les Beastie boys. Quand j’ai appris qu’il s’appelait Josiah et son frère, le chanteur, Yoni j’ai mieux compris la parenté avec les BBs…
Tous les quatre sont des multi-instrumentistes, avec même un passage basse+grosse caisse pour Josiah.
Le xylophone accentue le côté poétique et propice à la rêverie de certaine de leurs chansons.
Dans le public, un japonais (?) à casquette bleue et à grandes lunettes écoute ça religieusement avec les mains croisées… Parfois, Why ? se fait un peu plus énergique, tout en gardant sa personnalité.
Au final, un moment vraiment tendre et magique là où je m’attendais à de l’expérimentation cérébrale…
Deuxième changement de plateau, et j’en profite pour faire un petit tour et pour contempler le panorama nocturne sur Hyères…tripant.
Ensuite, c’est au tour du sauvage James Chance (aussi connu sous le nom de James White) et ses Contorsions [+ Robert Aaron] d’investir la scène. James Chance est un artiste mythique, précurseur de la no-wave à la fin des 70s. La no-wave est un style qui brasse jazz-punk et rythmes afro hypnotiques. Un improbable mélange de musiques cérébrales et de rythmiques très organiques, avec un chant assez barré…
James dans sa veste 50s trop grande et avec sa banane, fait d’emblée penser à une sorte de cousin de Jerry Lee Lewis. Mais quand la musique démarre et qu’il braille ou entonne des parties de saxo dissonantes là on pense plus au jazzman détraqué de Lost Highway.
Bon je n’ai pas trop accroché au personnage et certains titres un peu plus blues étaient limite chiants mais en revanche dans les moments les plus épileptiques c’est carrément la transe des grands soirs !
Celui qui m’a en fait le plus rendu dingue est cet incroyable batteur, au regard magnétique (un peu maquillé, non ???) et qui semble faire corps avec son instrument. Il envoie des rythmiques charley limite techno couplées avec des roulements primitifs qui me font bien décollé du sol. En plus, c’est le beau gosse absolu, je trouve. Bon, allez ce soir je fais mon coming out…
Finalement, après être aller uriner pendant un blues un peu chiant et après que le James ait invité sur scène une danseuse frénétique du public, avec qui j’avais un début de ticket… RaaaahhhhannnhHaaa…… Ils terminent par une reprise complètement détraquée de James Brown. Il me semble bien avoir reconnu Mashed Potatoes.
Puis, ils reviennent pour un petit rappel malgré le timing limité des sets.
Et à nouveau ils partent dans une reprise foutraque de James Brown et cette fois-ci je crois bien qu’il s’agit de Hot Pants…
Un final orgiaque qui rattrape les quelques moments légèrement moins passionnants.
Conclusion : le vrai grand concert de la soirée reste pour moi celui de Why ?, même si les deux autres groupes ont aussi bien assurés, donnant au final une soirée d’une qualité rare. Je reste vraiment emballé par ce Midi festival et je regrette un peu de ne pouvoir rester pour les deux soirées suivantes…A l’année prochaine. Réagir à cette critique
Alors d'abord je tiens à dire que toutes les chroniques postées jusqu'ici sur ce festival sont vraiment particulièrement nazes ! Non c'est bon, je plaisante les gars... C'est au contraire un grand plaisir de voir tant de chroniques d'un festival sur ce site ! Je me suis par contre interdit de les lire pour ne pas être influencé (ni humilié et découragé, par exemple par la culture électronique sans failles de Mr. Sami ou par les formules dévastatrices de Mr. Stéphane S... !).
Bref, comme chaque année le dernier festival sympa de la fin d'été se passe à 30 minutes à pied de chez nous, en plein air et au bord de la mer, alors on ne se fait pas prier ! Marsatac, festival à la maturation et à la survie difficile : comme péripétie cette année, les sponsors de rugbymen avaient un temps menacé de monopoliser le J4 pour le remplir de supporters...
Marsatac donc, qui semble avoir trouvé son rythme de programmation, commençant très en amont avec des pré-concerts, et atteignant son apogée sur deux soirées dont une traditionnellement plus rock et l'autre plus hip-hop. Le tout étant entouré de moult DJ branchés de nature à réjouir les plus exigeants (et les plus intellos) des clubbers. Et comme chaque année on ira qu'à une soirée, celle qui nos branche le plus : la première.
A signaler, dans l'après-midi, les liverpuldiens des Dead 60's ont donné un mini show-case à la F--c ; le chanteur Matt Mc Manamon étant en petite forme vocale, ils se sont limités à trois titres, quand même plutôt cool même en version unplugged et sans percus. Evidemment Concertandco était représenté et les a même filmés un peu ! Et puis, apparemment un peu déphasés par leur tournée, ils ont répondu bien gentiment aux questions, nous laissant quand même un peu inquiets d'une possible extinction de voix d'ici ce soir.
A notre arrivée sur le site du J4, petite déception : l'agencement est beaucoup plus "scolaire" que l'an passé, où il avait un charme certain et où un vrai travail de décoration du site avait été réalisé... Là tout est au carré : un chapiteau, un bar, des toilettes, un chapiteau, un bar, etc. L'entrée est aussi moins fonctionnelle et plus embouteillée (digitick.com semblant victime de son succès). Mais enfin la présence de divers bars pas encore trop pris d'assaut, de stands sympas et notamment celui de nos potos de Lollipop (que squatte un Mystic Punk Penguin déjà un peu attaqué), nous remettent dans le droit chemin et la bonne humeur...
Pendant ce temps les Architecture in Helsinki, collectif barjo barbu et mal-nommément australien, met son petit bordel sous le chapiteau dit "Major". On avait pas trop accroché sur album, mais sur scène leur disco-rock s'avère à la fois ludique et plutôt rigolo... et à la longue un peu agaçant quand même, tout comme celui des Scissor Sisters auquel on pense souvent à leur écoute. Festif mais un peu vain peut-être ?
On fait donc le tour du site pour aller voir ce qui se trame sous l'autre chapiteau, dit "Pharo" : un groupe de rock bruyant et chevelu, plaisant et standard appelé Hifiklub (avec un nom pareil on avait pas du tout soupçonné que ça puisse être du rock !) est en train d'y faire parler sa poudre presque garage, sur de jolies animations textuelles faites exprès pour ce soir. C'est très sympa mais en fait c'est déjà fini, dommage...
On retourne donc voir la fin d'Architecture in Helsinki qui met une belle ambiance, le chanteur baragouinant un peu de français entre ses titres enjoués, qui font penser à du Arcade Fire en version funky. Le groupe finit sur son "tube" (ça c'est de l'info non ?) et ça le fait bien ! Toujours pas fan mais leur musique est agréable, plus en tout cas que celle de Swayzak, un de ces nombreux DJ électro austères et qui nous laissent chaque année de marbre, même si celui-ci a par moments un son dûr, quasiment indus'. L'occasion de retourner blaguer entre collègues autour de nos bacs à vinyls préférés.
Mais c'est déjà l'heure de The Divine comedy, groupe du très respecté Neil Hannon qu'on connait assez peu mais qui complètera idéalement notre tournée des crooners anglais, commencée cet été avec Damon Albarn à Belfort, Jarvis Cocker à Paris et même Amy 'Rehab' Winehouse... dans les étoiles. Bref ce garçon à la très jolie voix fait preuve d'un étonnant mimétisme avec un certain David Bowie : étant fan de celui-ci on ne peut donc qu'apprécier celui-là, dont c'est l'unique apparition en France cet été.
Et puis tandis que Damon commence à avoir un peu l'air défraîchi et que Jarvis se laisse également un peu aller, ce type a su garder la classe brit-pop 90's ultime : concert en costard-cravate s'il-vous-plaît ! Son répertoire avec cloche et violon évoque agréablement les années 60 et 70, les mélodies sont impeccablement bien troussées même si certaines flirtent parfois avec le kitsch.
Après avoir essayé sans succès de manger quelque chose de bon sur le site (pour moi la tartiflette-de-festival la plus dégueu que j'aie jamais mangé - avec pourtant 14 Eurocks au compteur- et pour Céline, des burritos au goût de carton bouilli), on retourne donc écouter la fin. A la réflexion la voix claire du tout petit Neil Hannon évoque aussi un David Eugene Edwards qui en aurait enfin fini avec ses démons...
On reconnaît par moments ses titres, notamment la chouette Becoming more like Alfie (merci à Neil pour le titre !) et d'autres balades orchestrales. The Divine Comedy termine pertinemment par un titre plus speed, mettant lui aussi une jolie ambiance à défaut d'une vraie émeute : très bon et très classe, à (ré)écouter sans fautes à l'occasion !
Juste pour parler, signalons un passage à Chromeo (en fait c'est Nathan Fake mais au fond on s'en fout), un DJ électro à la musique plus festive et plus dansante, mais qui nous est également passé au dessus ou en dessous de la tête... soit cette musique de branleurs de souris n'a aucun intérêt, soit on n'a plus d'oreilles pour elle.
Ce qui n'est pas le cas de celle des Dead 60's. Si ceux-ci semblent avoir commis un deuxième album assez inégal, voire carrément faiblard, il n'en reste pas moins que leur éponyme et plutôt excellent The Dead 60's avait été une des meilleures surprises de 2005. On reste en outre sur l'excellent souvenir d'une prestation dans la foulée à Saint-Cloud ! Les craintes sur une voix vacillante sont vite dissipées, peu après la traditionnelle sirène de départ et Loaded Gun : chanter à l'air un peu douloureux mais le kid va assurer, c'est sûr, et puis il a un groupe très incisif derrière !
En effet leur deuxième album est nettement plus pop (et moins intéressant), y compris certains titres (pourtant prometteurs) comme Start a War et l'assez embarrassant single Stand Up, même si ces nouvelles chansons sont en partie sauvées par un son plus rock sur scène. On prend quand même bien plus de plaisir à réentendre les dubs de Red Light et A Different Age...
Ou à We get High dont seuls quelques initiées savent qu'elle sera enchaînée sans prévenir avec la toujours excellentissime Riot Radio, évidemment le meilleur moment du concert... mais où beaucoup de gens ont déjà décroché dirait-on ! Suivi de la nouvelle Beat Generation, pas désagréable du tout tout comme l'explosif ska qui la suit, entrecoupé d'un long break instrumental où le chanteur martyrise une cloche. Une fois Stand up expédiée, le groupe finira sur la formidable Return of the Ghost Face Killer, la plus belle horror song depuis Red Right Hand de Nick Cave. Au final pour un groupe ayant seulement un bon et un mauvais album, les Dead 60's ont fait le meilleur concert possible !
Qui n'a cependant atteint à aucun moment la violence évocatrice et poignante des Young Gods, égaux à eux-même, qui sont plus vieux et suisses que jeunes et dieux, mais qui savent toujours déchaîner des tempêtes sous les crânes avec leurs basses telluriques et leurs déchaînements de violence.
Ayant piqué du nez pendant leur dernier concert aux Eurocks (en compagnie de rappeurs un peu soporifique, il est vrai), je suis bien content de pouvoir me rattraper. Ces trois gens-là, rappelons-le, font depuis une vingtaine d'années une musique électro-industrielle qui tue sa race, qui a terriblement (et bien) influencé des génies alors naissants comme Trent Reznor, et leur vaut un respect unanime quoique peu médiatique...
Pas la moindre idée des titres de la plupart de leurs chansons, puisque pour moi ce type d'albums s'écoute une fois par an environ, mais en entier, affalé dans une sorte d'extase mystique (qui s'accompagne fréquemment de filets de bave sans conséquences). Quoi qu'il en soit le batteur est un dieu, le synthé/guitare aussi et le chanteur ne l'est pas moins (avec un nom pareil, me direz-vous...). Niveau lumière aussi, quelques dispositifs assez chouettes (un spot caché sous le micro par exemple).
Et ils ont notamment joué, mais oui, des titres de TV Sky et d'autres de Only Heaven (en l'occurence la terrible Kissing the Sun et la tuante Speed of Night, qui me rappelle soudain de suicidaires expériences de deejaying que je fis en soirée étudiante il y a environ 10 ans... à l'époque déjà les blondasses de la fac n'entendaient rien au metal industriel helvète et me le firent brutalement savoir). Par contre je ne crois pas avoir entendu de morceaux de Second Nature (qu'un plus fidèle que moi me contredise sinon !) et rien de Kurt Weill, à qui ils avaient pourtant consacré un formidable album.
Pas trop de ces longues plages lentes et songeuses qui parsèment leur album (efficacité de festival oblige). Un peu de techno dérangée où il répète Qu'est-ce que c'est que c'est quoi sans fin, un blues ou quelque chose qui y ressemble vaguement... Bref après ce (au moins) 4ème concert d'eux en festival, on les quitte un peu avant la fin en se disant qu'il faudrait quand même les voir au moins une fois dans une vraie salle et rien que pour eux !
La prog ayant été un peu chamboulée, difficile de savoir si c'est bien Gusgus, groupe qu'on a complètement perdu de vue depuis son premier et plaisant Polydistortion. Un indice pourtant : beaucoup de blondes sur scène pourraient indiquer une origine scandinave ? En tout cas trois chanteuses et deux laptops, pour de l'électro assez calme et standard, juste le temps d'attendre le début du dernier de la soirée. De toutes façons je les ai toujours confondus avec Royksöpp, alors ...
Voilà en tout cas le dernier qu'on voulait voir un peu ce soir : Simian Mobile Disco, bien aimé aux Eurocks. Par contre là il y a tromperie sur la marchandise (ou alors c'était l'autre fois). En effet on avait bien aimé le dispositif (voir une photo par ici) : deux techniciens s'activant autour d'un gros cube plein de petites lumières pour en faire sortir des sons... ce soir il n'en reste qu'un seul, et sans la machine étrange !
Ca le fait un peu moins, d'autant que les titres reconnaissables de leur très bon album ADSR sont peu nombreux (où alors je suis vraiment fatigué) : Sleep Deprivation au début, It's the Beat juste avant qu'on parte, et rien de reconnaissable entre les deux... Mais enfin un musicien DJ très agité (donc sans doute très actif), du boum-boum électro-rock simple et jouissif, grosses basses et aigûs dans le style de Justice, à un moment un (possible) remix des Klaxons : bien aimé quand même la moitié de concert que j'en ai vu.
Bon, la fatigue, la bière et la perspective de la marche forcée de retour (qui nous a en effet tués) nous font partir et abandonner le pauvre Polo à son stand. Bien contents quand même d'être venu faire notre tour nocturne habituel sur le joli J4 au pied du sage Fort Saint-Jean, et même s'il nous a manqué une tuerie totale genre Vitalic à un moment donné.
>> Réponse (le 02/10/2007 par Stephane Sarpaux) Ce qui est rassurant finalement entre ta chronique, celle de Sami, celle du Pinguin et la mienne, c'est que nous avons à .../...La suite
Il fut un temps où le festival Marsatac, mieux reconnu en France que dans sa bonne vieille ville de Marseille, ne savait pas trop où poser ses scènes.
Et c’est vraiment par accident (l’incendie des docks en 2005) qui l'a conduit sur le J4, cette merveilleuse esplanade à l’entrée du Vieux Port, entre mer, centre-ville et ferry de voyageurs. Un lieu parfait pour un festival qui propose de nous ouvrir les écoutilles au maximum pour y faire entrer du hip hop, du rock, de l’électro, du rap concocté aux quatre coins de la planète.
C’est d’ailleurs en se stabilisant sur le J4 depuis 3 ans que Marsatac a vraiment pris de l’ampleur et qu’il a acquis ses lettres de noblesse tout en continuant à prendre des paris sur la programmation artistique. A Marsatac, on lorgne sur le modèle des Transmusicales de Rennes, pas celui des Francofolies de la Rochelle.
Il faut donc se prémunir d’une bonne dose de curiosité et d’humilité pour s'y rendre. Parce que pour quelques découvertes renversantes (Rubin Steiner et Cinematic orchestra il y a 4 ans, Bauchklang et Kid Koala il y a 3 ans, David Walters et Birdy Nam Nam il y a 2 ans, Bat for Lashes l’année dernière), il faut également se frapper la tête contre les murs devant certaines prestations décevantes (au choix, Joey Starr, The Herbaliser, Feist, Roni Size et une bonne grosse charrette de DJ-derrière-son-ordi).
C’est donc en prenant toutes ces précautions que l’on rend sur le J4 pour la première grosse soirée du festival, clairement estampillé Electro/Rock.
La mise en espace de l’esplanade a, cette année, encore changée. Les deux scènes ont été installées en parallèle, à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre. Si le grand chapiteau est toujours présent, la belle tente ronde et joliment décorée de l’année dernière est remplacée par un chapiteau plus grand, tout en longueur et pour tout dire, assez déprimant. Les bars ont été multipliés par deux, le village associatif a grossi, les files aux toilettes aussi.
On arrive en plein milieu du premier concert, Hifiklub, dans la petite salle. Et on dresse tout de suite un constat alarmant : il y a encore des fans de The Strokes !
Or, quand on fait de la musique que tout le monde fait depuis 7 ans maintenant, c'est-à-dire un rock qui va puiser directement dans les riffs des Stones avec l’énergie punk, faut quand même faire un effort pour se démarquer, non ? Euh, chez Hifiklub, non.
Le chanteur bassiste ressemble à Albert Hammond Jr avec sa grand tignasse, le guitariste semble se faire chier avec son polo à carreau d’étudiant anglais (un fan de Blur période Parklife ?) et l’autre guitariste a acheté la panoplie du pirate des Caraïbes, avec son pull rayé rouge et noir, ses têtes de morts imprimés sur la sangle de sa guitare, ses ray ban et ses cheveux en pétards…
Manquait plus que le bandeau dans les cheveux et on aurait pu lancer le buzz… Keith Richards est venu à Marsatac…
Allez, zou, on change de tente pour Architecture in Helsinki, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe Australien.
Ils sont 7 sur scène, le batteur joue le premier morceau debout, c’est pas mal, une espèce de pop foutraque, ça part un peu dans tous les sens… Un peu comme l’ambiance en ce début de soirée, un mélange biere-kebab-chichon qui colle pas mal de monde sur les marches de l’esplanade.
On mastique, on boit, on tire une taf on parle et plus ça vient, plus on mélange, on tire sur la bière, on parle à son chichon, on boit les paroles des autres… C’est free, comme la musique d’Architecture in Helsinki qui semble chercher à se libérer de tous les formats : ni pop, ni rock, ni folk, ni hip hop, mais un peu tout à la fois en même temps…
Bon, faut reconnaitre que si c’est tentant, la world food drug music, y a un moment, tu sais plus ce que t'avales.
Dans l’autre tente, Swayzak a commencé son set. On nous annonce un live sur le programme… et on voir juste deux types en train de gigoter devant leurs ordi portables (à quand un concert avec une clé USB ?), avec derrière eux, l’inévitable projection d’images subliminales, histoire de remplir le vide et de donner aux spectateurs quelque chose à regarder sur la scène.
La musique ? Ah oui… électro régressif, ça vous va ? Il en sera de même pour le soit disant génie anglais Nathan Fake. On a juste eu affaire à des DJ et leur ordi qui nous ont pondu de l’électro réglementaire, c'est-à-dire des lignes de basses ou d’ultra basse et puis, ça monte et puis ça retombe comme dans un grand huit. Franchement, on se serait cru au I love techno au Flanders expo de Gand en Belgique. De la musique en boite à danser qui commence sérieusement à dater…
Alors, on pourrait croire que l’électro n’a plus rien à nous apporter ? Qu’elle est définitivement destinée à animer les dancefloors du monde entier ? J’espère que quelqu’un pourra venir me contredire et m’expliquer par le menu les performances de chaque « artiste » invité, de sa dextérité sur la souris, des émotions qu’il (ou elle) a ressenti, des raisons pour lesquels l’un d’entre eux lui a laissé un souvenir impérissable… Mais, bon, moi, je constate juste ce que cela a provoqué sur mes sens et mon corps : de l’ennui.
Dans retour dans la grande salle avec The Divine Comedy qui monte sur scène. On nous annonçait une formation serrée suite au dernier album plus rock et on voit arriver Neil Hannon en costard lunettes noires avec… 7 musiciens derrière lui, dont deux violoncellistes.
Ah, ces Irlandais, toujours dans la démesure. La salle est pleine, on sent que le public est venu pour la tête d’affiche. Après la free pop pas vraiment dégrossi d’Architecture in Helsinki, on sent que l’on a passé un palier dans la qualité musicale dès le premier morceau. Ça sonne, tout simplement.
Bon, faut dire que Neil Hannon est quand même un gars capable d’écrire pour un orchestre, alors, c’est certain que la pop, c’est une partie de plaisir. Quand à ses morceaux rock, c’est finger in the noise.
Il commence avec deux morceaux d’ailleurs de cet acabit et tout de suite, dans la salle, ça commence à danser. Comme son français est « shit » comme il le dit, il parle très lentement entre les chansons pour bien nous faire comprendre.
On comprend donc qu’il a pris le train de Nice ce matin et qu’il est très heureux d’être sur la Côte d’Azur (sic). Ça devrait faire plaisir à Alain Hayot, vice président de la région PACA que l’on a vu se trémousser sur LE morceau de Divine Comedy, le bien dénommé Something for the week-end. « Cette chanson, c’est l’histoire d’un mec qui monte nu sur un cheval pour draguer une fille », m’explique sérieusement Tinan, une amie que je retrouve à ce moment… Mais bon, faut se méfier, Tinan est galloise…
Le reste du public s’en fout, il guinche sévère tout au long du concert qui n’aura duré que 3 petits quarts d’heure, le minimum syndical quand même pour une tête d’affiche. Ce sera d’ailleurs le seul bémol à ce concert.
Une demi heure plus tard (le timing très serré des changements de plateau a été parfaitement respecté par l’équipe technique. D’ailleurs, d’une manière générale, que cela soit la scène, le son, les lumières, c’est extrêmement professionnel, Marsatac).
Bon, donc, 30 minutes plus tard, la sirène retentit, attirant à nouveau la foule sous la tente. Les DEAD 60’s entrent sur scène et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça déménage. Les petits gars de Liverpool, avec leurs gueules de prolo tout droit sortis d’un film de Ken Loach envoient leur rock dub à toute berzingue.
Dans la salle ça pogote direct au second titre et franchement, ça se comprend. Le seul moment de relâche se situe sur deux ou trois morceaux bien dub où le guitariste lâche son manche pour l’orgue aux réverb puissantes.
Sinon, ça repart de plus belle avec des morceaux de 2 minutes maxi et leur Riot Radio enchaîné qui déchaîne tout le monde… à part mon voisin qui ne supporte pas qu’on le touche et qui va finir vraiment par foutre un pain sur la gueule du prochain qui le bouscule…
Avec son regard un peu vide et puis ses mouvements saccadés, il me fait penser au personnage de Ian Curtis dans Control, le magnifique film actuellement à l’affiche… Bon, moi, je vais peut être m’éloigner, là…
Sur scène, les petits gars n’ont pas l’air d’avoir plus de 20 ans et pourtant, c’est super pro, ce qui fera dire à Jean-Paul, resté près de la console que« ça fait un peu trop rock FM ». Comme quoi, suivant la place que l’on occupe, le concert peut être complètement différent.
A 1heure du matin, la foule commence un peu à se clairesemer. C’est le début de la fin, comme dirait ma grand-mère. On croise plus souvent des démarches hésitantes, des yeux plus vitreux, des corps bien fatigués… tous vieux bien avant l’âge. C’est ce que l’on pourrait penser après avoir rencontrer Georgette et Henri.
Je les avais remarqué au fond de la grande salle en train de danser sur les Dead 60's.
Baskets, jean, polaire, sac à dos, ce couple de sexagénaire avait plutôt le profil de jeune grand-parents dynamiques pour des ballades dans les calanques. Qu’est ce qu’ils pouvaient bien faire à 1 heure du matin en train de danser sur le rock dub de Liverpool ? Attention, tout ce qui vient après est strictement véridique.
- Nous sommes venus spécialement du Forez (entre Lyon et Saint Etienne) où nous habitons, pour Marsatac, lance Georgette en croquant dans son sandwich pain jambon fait maison. L’année dernière, on était déjà venu les deux jours pour Qbert notamment. On a trouvé ça sympa, le lieu, l’ambiance et la programmation et en plus, ça correspond bien à ce que l’on écoute chez nous. Bon, ici, en plus, on peut découvrir le hip hop. C’est un plus par rapport à d’autres festivals que nous avons fait.
- D’autres festivals ?
- Oui, ça fait 4, 5 ans que l’on fait les festivals. Garorock à Marmande, Musilac à Aix-les-Bains, Les Eurockéennes que nous avons découvert cette année, les Nuis sonores de Lyon, bien sûr.
- Et vous aimez quoi dans ces festivals ?
- la musique bien sûr, répond Henri. Et puis l’ambiance. C’est vraiment bon enfant, les jeunes sont gentils avec nous. Bon, il y a bien quelques regards ironiques sur nous, mais ce n’est pas bien méchant.
- Y en a même qui commencent à nous reconnaitre, de festival en festival.
- Quels sont vos goûts musicaux ?
- Bon, Wax tailor et Vitalic, j’adore, affirme Georgette. Sur disque et sur scène, il y a un tel dynamisme… Sinon, je croyais que c’était surfait, mais j’ai vu cette année les Artics Monkeys sur scène, c’est vraiment bien…
-moi, j’ai vu deux fois Arcade fire cette année, c’était vraiment intense comme concert, reprend Henri, comptable de profession.
- Vous comptez écouter quoi maintenant ? The Young Gods ?
- Non, on les a vu au Ninkasi à Lyon… C’est pas mal… Mais là, je crois qu’il est l’heure pour nous de nous dérouiller un peu… On va aller voir l’électro dans l’autre salle. On est là jusqu’au bout de la nuit et tout ça, au naturel, rigole Georgette en sortant sa bouteille d’eau.
Je les regarde s’éloigner vers la seconde tente pour aller se trémousser comme deux jeunes mariés sur Apparat ou GusGus et seul sur les marches, je me dis que cette fraicheur là m’a quitté voici quelques temps déjà, que je me retrouve d’un coup bien sec, tout engoncé dans quelques certitudes en béton armé et le pire, prêt à faire la leçon aux autres.
Alors, comme punition, au lieu de me remplir les oreilles de l’Indus des Young Gods qui montent sur scène, je me plante devant le train fantôme installé à côté du village associatif et j’essaye de retrouver les sensations d’enfants, l’excitation, la peur, la joie simple que j’éprouvais quand j’arrivais à piquer 10 francs à ma mère pour aller dans le train fantôme de la foire. Dans le nord, on appelait ça la ducasse.
Et puis, j’ai fermé mon carnet et je suis allé picoler.
>> Réponse (le 30/09/2007 par McYavell) J'étais aussi à la soirée et je n'ai pas vu Swayzac, Nathan Fake ni Hifiklub, scotché que j'étais à la scène Major. Mais .../...La suite
>> Réponse (le 01/10/2007 par Philippe) J't'ai bien eu Stéphane, tu as croisé un Philippe venu de 2030 et qui s'est appelé Henry pour que tu le reconnaisse .../...La suite
>> Réponse (le 31/10/2007 par stephane) "Manquait plus que le bandeau dans les cheveux et on aurait pu lancer le buzz… Keith Richards est venu à Marsatac…"
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