Je dois être un peu masochiste : je conchis les solos de batterie, je suis pour leur éradication définitive de la surface du globe et bing, je vais voir
Les Tambours du Bronx. Autrement dit, un solo de batterie ininterrompu d’une heure trente, avec seize batteurs. NONNNNNNNNNN ! ! ! ! ! ! Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ! Peu de temps après leur arrivée sur scène, j’amorce une percée discrète en direction du bar, à travers une foule compacte. Mais, subrepticement, la puissance de feu de ces bûcherons nivernais au corps musclé (mais malheureusement, pas plus épilé qu’huilé) commence à faire son effet. Ils font le spectacle en hurlant pour haranguer le public, en faisant des vocalises avec un micro déformant et en cognant avec des gestes amples sur des plaques qui déclenchent des samples industriels. Bien sûr ça manque de guitare, mais la qualité du « songwriting » ne fait rien à l’affaire, une fois qu’on est dedans, on est dedans. Au centre, il y a le sosie du chevelu bassiste de
Slayer,
Tom Araya, qui fait tournoyer ses cheveux : ça en jette gravement ! Une violente envie de cogner sur des fûts de mazout en hurlant des slogans pour le carburant au colza, apparaît à mon insu. Le public commence à bouger et semble être venu pour communier avec Les Tambours. Il y a un passage où je sature un peu puis une présentation interminable des cogneurs, mais le final apocalyptique est assez jubilatoire et réveille en moi les pires instincts de destruction. Donnez-moi un de ces fûts que je le réduise en César, ou je fais un malheur ! J’avoue que je n’écouterais pas leur Greatest Hits mais, sur scène, c’est un spectacle à voir. En plus, on est plus calme et détendu après, alors…
NRA, quatre hollandais s’adonnant aux joies du punk-rock viennent de prendre possession de la scène. Leurs morceaux sont joués à cent à l’heure et enchaînés sans temps mort. Comme la voix du chanteur gominé, sosie de Jesse Garon, est assez anodine, le début de leur concert ne me plonge pas dans une allégresse folle. Toutefois, ils sont très souriants, conviviaux et ils y croient dur comme fer, c’est ce qui les sauve. Les jeunes se sont regroupés devant la scène et slamment comme des dingues sous les yeux des vigiles et des pompiers. Est-ce bien raisonnable, messieurs dames, de se mettre dans des états pareils ? Bah, oui ! Les morceaux qui suivent sont plus réussis et on commence à avoir des fourmis dans les jambes et à regretter d’être vieux. NRA nous gratifie d’un final bien bourrin en forme de feu d’artifice : ils hurlent et jouent le plus fort possible et font même monter avec eux un jeunequinenveut qui se saisit d'une guitare. Sympa !
Les
Burning Heads, dont je suis fan depuis leur concert au Sonic RDV du 24 mai 1996, nous ont encore troué le cul, passez-moi l’expression. Les morceaux punk-rock sont toujours aussi bons, les titres reggae sont excellents et réussissent à me faire danser. Toute monotonie est exclue grâce à l’alternance des deux styles. Les Orléanais sont toujours aussi contents de jouer ensemble ; aujourd’hui, en plus, c’est devant une Coopé remplie de 1200 personnes, ça fait plaisir ! Ils aiment bien Clermont-Ferrand et la ville de
J.L. Murat le leur rend bien : Pierre porte un t-shirt de Lezerb, un groupe formé par un jeune adorateur de Satan travaillant à la Coopé, un copain vient leur faire la bise sur scène, ils dédicacent deux morceaux à Dr Vince de Radio Arverne. En clair, ils jouent à domicile ! Un grand concert des Têtes Brûlées clôturé avec une reprise des Adolescents hurlée par le nouveau guitariste Fonfon. Je ne connais pas ce groupe mais cette chanson donne envie de mieux les connaître. Les concerts de punk-rock sont toujours aussi rafraîchissants... Les grincheux qui ne sont pas venus à cause du virage reggae des Burning, et ils ne sont pas nombreux, se sont gravement fourvoyés.
Le groupe
High Tone a la redoutable mission de cloturer la soirée. Ils sont très attendus et déclenchent instantanément des cris de joie et des déhanchements lascifs. Sur scène, il y a un batteur, un guitariste et un bassiste, renforcés par un homme aux samples et aux scratches.
High Tone a transformé la Coopé en dance-floor de rave : tout le monde danse et apprécie le dub électro des lyonnais. Même les plus fatigués, assis et la tête dans les mains, ne peuvent s’empêcher de dodeliner de la tête. La musique de ce groupe est particulièrement hypnotique, ce côté est renforcé par les éclairages et les projections qui font aussi leur effet : ça plane pour moi…
Un peu de tambour, du punk-rock, du reggae et une rave pour finir, que peut-on demander de plus ?