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Chinese Man + Maniacx + Highlight tribe

Festival Kality street - La Garde   1er août 2008

  Concert à ne pas manquer

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    Lorsqu’on vous annonce que le ‘Kality street’ est un festival près de Toulon, vous vous imaginez bêtement que vous allez vous la jouer total farniente, pastag et pieds dans l’eau, d’autant plus lorsque une semaine avant, au Gaou, Catherine Ringer vous invitait à sa confidence musicale entre deux bruissements de cigales. Donc. Vous partez guilleret et ravi, les pieds en mode tongs et les lunettes de soleil en vision panoramique. Et puis, quand vous vous mettez à errer sordidement entre trois ronds-points nauséeux d’une zone commerciale à l’orée d’un horizon glamour de HLM, et ce à la recherche fiévreuse d’un Castorama désaffecté, vous déchantez un peu. C’est ça le sud ? hé merde.

    Une fois déniché le lieu improbable façon teknival, une seconde appréhension nous secoue les coups de soleil : outre les brochettes de dreads ‘irie’ balayées au gré des déambulations bancales de bolas phosphorescentes, une musique très carte postale ‘dancefloor club toulonnais’ nous est parachutée dans les oreilles. Ouh. L’atterrissage est rude. Mais qu’importe, nous irons au bout de notre quête. Notre courage sera rapidement récompensé : sur la grande scène, s’installent deux DJs en double platines, Chinese Man , qui nous décapsulent un set fraîchement ciselé, bouillonnant d’éclectisme.



    Préludés par quelques samples improbables dans la série bonne ambiance, les deux musiciens sautillent d’un hip hop old school au jazz funky en passant par le ragga, l’electro acidulée ou la drum’n bass énergétique. Les booty se remuent en forme de bossa nova et de charleston tandis qu’un saupoudrage de petits samples bien placés, Beastie , Sporto Kantès ou encore Ray Charles enflamment le public et leurs dreads chatoyantes. Leur set est brillamment évolutif, mâtiné de scratchs bien sentis et les deux DJs s’en donnent à cœur joie. Communicatif.



    À mesure où la scène prend forme pour Maniacx , la curiosité s’enflamme et l’envie nous prend aux tripes de découvrir enfin en live ces phénomènes electro-hip hop rock qui, en seulement cinq ans et deux albums (dont un tout neuf), se sont incisés dans la scène nationale une voie royale prometteuse. Deux tables en forme, l’une de ghettoblaster géant, et l’autre, de magnéto à bandes (avec néon qui clignote à l’intérieur, s’il vous plaît) supportent toute leur came électronique (mac, multipiste, table de mix, machines à effets, platine) tandis que sans transition une énorme basse bien grasse met le feu au départ.



    Montée progressive des lights et plein feu sur trois personnages aux looks improbables, welcome le rappeur-Deschiens des années 80, le Hip Hoper southcoast (?) from Dallas et le grunge-hardos de service, ambiance pompiste de Seattle. Oh yeah. Les bidouillages sonores frais et ludiques à la ‘Funny guys’ ), ou les guitares survitaminées de ‘Rimes’shot’ voisinent avec du gros son crunk entre deux Snap (souvenez-vous I got the power , tout ça) et du 20 fingers (iny winy tziny winy… Short dick man …), Si-si, et, comme l’hymne qui colle à leur peau, du Jump jump à la Kriss Kross , forcément.



    Durant tout le set, c’est un déluge cartoonesque et survolté de mini-sketchs, d’impros, de rhum orange ou de cotillons par pulvérisateur, de perruques et de battles improbables comme celle entre un joystick en carton et une machine à effets sur fond de Mario Bros (one more lap !).
    Après un faux départ au bout d’une maigre demi-heure, les voilà qui réapparaissent sur un son de cloche mystique, coiffés de perruques à la biker qu’ils ne quitteront que pour la troquer contre la tête Burtonnienne d’une boule à facettes (aka Duff ‘les soirées de Mr Starlight sont toujours un succès’), un costume de mamie ou pour le casque d’Astérix à la Foir’Fouille, histoire d’assortir avec la massue et le pistolet en plastique (Flik Flak versus Nawak dans une séquence face B de jeu vidéo).



    Les Maniacx G.O. en plein délire schizophrénique, dansent, chorégraphent en freestyle et délirent comme des gosses, organisent un slow, introduisent une partie de scratch sur un funk ambiant, abreuvent le public et le font chanter en une hystérie collective. « Jump jump people ». L’interaction est parfaite, purement jouissive. Game over ; la foule se disperse, sourde, poisseuse et conquise.



    À peine remis du spectacle, on s’heureux dirige vers la scène pendant que le DJ local qui ambiance les changements de plateau se fait tristement (?) hué (sûrement le choc des cultures..), les Highlight Tribe au nombre de cinq montent sur scène.



    Changement de karma. Nos joyeux fans dreadés frémissent et se ruent vers le devant de la scène (…promis j’arrête), tandis que de petits feux artificiels balancés au bout de cordes constellent de plus bel (ouh) le ciel (arg, mais j’avais dit que j’arrêtais__). Le spectacle commence sur des allures de transe, avec un solo fébrile de didjeridoo cadencé par un bassiste cinq cordes, un batteur ainsi que deux percussionnistes aiguisant leurs doigts ampoulés sur les peaux de fûts, de djembé ou sur les baguettes d’une batterie électronique.



    Derrière eux, défile un diaporama d’images psychédéliques, à mi-chemin entre une vidéo d’initiation au mescal et un Thalassa mal monté. Sur ce, une femme à côté de moi me dit qu’elle est la cousine germaine du percussionniste au djembé, et un dreadeux avec du duvet et un joint de persil dans la bouche me rudoie pour mieux fusionner avec la phase « mon beau-frère en Egypte » du Thalassa projeté.
    Bon, je me recule.
    Alors les Highlight Tribe , c’était une heure (et guère plus) de fièvre tribale, de rythmes spasmophiles, avec comme seule petite trace mélodique, une guitare pleine d’effets ou un croassement de didgeridoo bavard.



    Quoique entraînant, le set avait des allures un peu minimalistes pendant lesquelles seul le corps semble être appelé, dans le réflexe mécanique de ses vibrations. Leur spectacle achevé, ils se défilent en saluant à l’indienne, sans un regard vers la foule révulsée. Quant au rappel… au quoi ? Voilà. Ils devaient être à cours de Thalassa.

    Une patrouille de police esquissée dans l’esquive, notre voiture rejoint le balai des soleils chimiques, sur des rails d’invisibilité, loin de la fureur et du KO musical. Merci bonsoir_

    Photos de Mathieu

    Vignette odliz
    Signature : odliz
    le 19/08/2008
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