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Holden + Emilie Simon

Botanique, Bruxelles   6 mai 2003

Bon concert

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    Salut à tous !!
    Hier soir 6 mai, voici donc votre serviteur en route pour le Bota où se tient un concert spécial filles, avec au programme une intéressante programmation électro-pop-rock-chanson française. J'étais donc prêt à m'enthousiasmer pour les performances vocales de ces jeunes filles quand làs, en entrant dans la salle, je découvre dans une soudaine vision d'horreur des rangées de sièges bien alignés. Un concert assis, quel crime de lèse-majesté ! Avec en plus interdiction de fumer dans la salle, le bad total... Pour un peu, ça me rappellerai un concert d'Alice Cooper à l'Olympia (à venir dans les Legend Series quand j'aurai le temps) qui s'est déroulé dans des conditions à peu près similaires, c'est à dire limite ascétiques. Je savais pertinament que je ne venais pas voir un concert de punk (ça, ce sera pour jeudi soir), mais de là à être assis... Et encore, j'eu la chance de m'asseoir sur une rangée de sièges mal fixés qui a tremblé tout au long du concert de Holden au rythme du gros tas assis à ma gauche, féru de danse sédentaire. Ah, Linda, douce suédoise souriante d'un après-midi ferroviaire de rêve, où t'es tu donc évanouie ? Pourquoi le hasard ne fait-il pas toujours bien les choses...
    Mais laissons-là ces considérations philosophique pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, Holden, puisque ce sont eux qui ouvrent les hostilités. Je m'excuse par avance auprès des filles qui liront cette critique ainsi qu'aux plus progressistes d'entre vous, mais ça fait toujours bizarre de voir une nana jouer de la gratte. Qui plus est lorsqu'elle est juchée sur des talons de 10 cm de haut et qu'elle porte une jolie et courte robe noire. Enfin, elle a de jolies jambes pour se faire pardonner, ça va. Côté voix, c'est moins séduisant. Il faut dire qu'elle est bien sous-mixée par rapport à un guitariste solo vraiment trop fort (je parle du volume, vous l'aurez compris) et un bassiste version gros bucheron (du style basses dans la fosse de Bercy, bourdonnantes et désagréables). Le batteur est correct sans plus, pas très imaginatif. Le clavier un peu limite.
    Au niveau du style, c'est assez difficile à décrire mais plusieurs influences se font sentir. La plus importante est sans doute celle de Portishead, tant dans la diction de la chanteuse que dans le style des morceaux, souvent assez planants au début puis qui montent doucement jusqu'à terminer à donf. L'autre influence notable est celle de Piaf, même si elle est peut être plus visuelle - robe noire près du corps oblige - que sonore. Celà dit, une ou deux chansons tentent de se rapprocher des paroles et de l'atmosphère de l'illustre aïeule. Mais bon, le son était vraiment trop mauvais et la balance trop dégueulasse (à la fin, le gratteux couvrait tous les autres instruments avec ses solos pas terribles) pour que je leur donne un bon point. Bonne idée cependant : l'écran géant avec un montage de films collant à la musique en arrière plan.
    Petite pause, le temps d'une Maes au bar du Bota, puis la miss Emilie Simon entre sur scène. Changement total de décor et d'ambiance, avec bougies sur scène et lumière tamisée, virage électronique aussi puisqu'un DJ remplace la batterie et trois requins de studio (dont un bassiste-contrebassiste-pianiste) nos apprentis sorciers de tout à l'heure. Robe rayée blanche et noire, voix de petite fille et un peu timide, Emilie arrrive sur scène et envoûte directement son public avec de jolies chansons aux textes en anglais ou en français. Electro-pop, ça a du bon ! Surtout quand elle part sur une fantastique reprise de I wanna be your dog des Stooges, dans une vieille ambiance mystique, pour terminer (ô bonne surprise) sous un déluge de décibels électro-rock grâce à la bienveillante disto du gros Marshall du squale n°1. Un vrai bonheur cette reprise, tellement inattendue qu'elle en est encore plus belle. Là, je suis en plein surréalisme, jamais je ne pensais un jour écouter du Stooges assis !!
    Le reste du concert est dans la même veine, avec de très belles doubles voix (un des requins est une requine qui chante à merveille) et des ambiances subtiles, teintées de lumières vertes, rouges, jaunes, violettes... Le gratteux assure des arpèges compliqués et le contrebassiste joue de l'archet avec délectation. Deux rappels et une petite heure de show plus tard, le concert se termine mais je reste quand même un peu sur ma faim, surtout quand je vois ce que peux donner (je suis désolé d'insister) I wanna be your dog joué par ce groupe-là...
    Conclusion : l'électro pop française c'est bien, mais assis, ça craint ! Et puis y'a encore du pain sur la planche...

    Signature : Augustulus
    le 08/05/2003
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