La petite salle de la Coopérative de Mai a été le théâtre d’un excellent concert de pop malheureusement un peu boudé par le public, sans doute pas encore remis des fêtes de fin d’année…
Même si la prestation du groupe
Rogojine a semblé un peu en deçà de ses précédentes sorties (le concert sous le chapiteau de l’Arrière Court), le quatuor riomois a tout de même démontré qu’il savait tenir une scène avec ses morceaux pop secoués de moments rock.
Jouant sur les sonorités électriques et acoustiques tout en passant du français à l’anglais dans les textes,
Rogojine navigue dans des eaux claires et devrait atteindre le rivage sous peu… Cette entrée en matière réussie constituait une parfaite première partie et la promesse de concerts en tête d’affiche sous peu.
Poussé par le single
C’est plus pareil, qui passe assez souvent sur les ondes, le groupe
Holden semble devoir recueillir les fruits de son acharnement à défendre sa pop rétro en français… Et ce n’est pas un concert enthousiasmant comme celui-ci qui va entraver la marche en avant de ces cinq musiciens ! Malgré une assez faible propension à sourire (chez
Holden, on tire la gueule sur scène !), le courant est passé avec le public grâce aux compositions pleines de brio et au talent des musiciens, tous excellents.
On oublie donc assez vite le comportement énervant et hautain du guitariste (qui officie aussi chez
Sylvain Vanot, un autre joyeux luron !), pour remarquer que son jeu est d’une créativité et d’une originalité remarquables ! Il habille les compositions pop d’
Holden avec un déluge de sonorités bizarroïdes et surprenantes. L’originalité de ce groupe réside dans ces perpétuels aller retour entre des chansons de facture pop (la voix d’ange de la chanteuse et ses rythmiques à la guitare, les parties de claviers délicieusement kitsch) et des tentations dangereusement bruitistes qui sont un régal pour les oreilles averties.
Au cours de cette soirée lumineuse,
Holden a survolé ses deux albums sortis à ce jour et a même interprété à la grande joie des aficionados ses deux indispensables tubes,
La machine et
C’est plus pareil. C’est une autre chanson mémorable,
Spanish bombs des
Clash, qui clôturera la soirée, ces jeunes gens de goût vénérant eux aussi
Joe Strummer. Une dernière preuve de bon goût !
(Photos Yann Dézélus)