
Rude tâche que celle de chroniqueur de concert pour Live in Marseille : à partir du CD emprunté samedi à la bibliothèque (coup de bol s'il en est), avec le concert mardi, me restaient 3 jours pour devenir
HollywoodPornStars-ologue !
C'est donc armé de 5 écoutes et d'un bon pressentiment que j'ai débarqué au PàG : sur leur CD
Year of the Tiger (2005), le rock catchy et glamour des
HPS (mâtiné de punk et de metal light), la voix miauleuse du chanteur m'avaient fait fort bonne impression !
En première partie,
Walter Mitty (ce qui n'est pas le nom du chanteur). Outre le fait que le salopard a une
Gibson SG noire (soit à peu près la guitare de mes rêves), la première chose qui me frappe l'oreille est la parenté évidente de sa musique avec
Muse. Vocalement déjà... mais après tout Walter pourrait bien être plus âgé que ce petit peigne-c... de
Matthew Bellamy, qui du coup l'a peut-être copié (un membre du groupe m'a confirmé qu'en effet).
Musicalement aussi, avec ces mélodies simples qui jouent sur l'émotion, plus ou moins efficaces. Cela étant, ce que je reproche le plus à Muse c'est leur attitude prétentieuse et arrogante (et leur refus de reconnaître qu'ils ont tout pompé ailleurs)... Alors des gens qui font sensiblement la même musique, mais en étant sympas (j'ai aimé quand il a fait sa rock star second degré), moi je signe sans problèmes ! 45 minutes, ce qui est long pour une première partie, se sont écoutées sans ennui, je me suis surpris à me dandiner sur la fin (il y a eu une ballade très
Radiohead époque
the Bends), c'est que c'est pas mal du tout Walter !

Quelques larsens réglés plus tard, voilà
Hollywood Porn Stars qui débarque sur un aire de Kim Wilde. Soit 4 jeunes gars dont 2 impeccablement sapés avec cravate rockabilly, qui semblent tout droit sortis de
the Hives. Et là il se produit ce phénomène assez courant mais que j'espérais très fort : une musique quand même assez sage sur disque, multipliée par un bon esprit et un vrai plaisir de scène, additionné d'un son réglé plus haut : leurs chansons plaisantes sur disques deviennent carrément énormes en live !
Le chanteur des
HPS, pas fier, ne manque pas de nous expliquer entre deux chansons qu'ils sont belges, de Liège (hop là), qu'ils ont picolé hier soir, qu'ils aiment bien Marseille. Pour être bien sûr il demande même à la salle s'il y a vraiment des gens qui connaissent le groupe (c'est là que je suis fier de répondre oui, car j'ai bien travaillé pour en arriver là, j'ai même essayé de mémoriser des titres !)
J'ai rapidement reconnu l'air lancinant de
Torpedo, puis
Hollybody qui ressemble à du
Air (compliment s'il en est). Par contre
Jack Black (issue d'un mystérieux premier album collector) est une découverte... Mais le point culminant est vraiment la chanson (déjà repérée sur album)
Starwest, qui part comme une ballade langoureuse et se termine en tuerie, nom de zeus c'que c'est bon, mais quand je pense à ces jeunes idiots qui écoutent
Kinito à la radio en croyant que c'est ça le rock !!

Le problème c'est qu'une fois qu'ils nous ont aggrippé au cou, les
HPS ne nous lachent pas, les salauds ! Ils enfoncent le clou avec
Fonzie puis la puissante
Dance Rocket (les
Killers n'ont qu'à bien se tenir, la compète pour le prochain tube disco-rock est réouverte !)...
Betty la bruitiste (chouette et plus originale) pour ponctuer des problèmes de digestion, et on enchaîne sans temps morts avec
Aktarus (qui ouvre l'album) et
Money, deux chansons qui ne prennent visiblement leur vraie mesure que jouées trop fort, et dans une petite salle comme ici !
En rappel
Love idol mais surtout une reprise inspirée, drôle et punk-style de
Girls Just Wanna have fun en hommage aux soirées 80'S du Poste à Galène. Une heure de concert, c'est court quand c'est mauvais (vu
Bloc Party récemment) mais c'est bien assez long quand on a pris son pied (je repense dans un autre genre à l'excellente prestation de soixante minutes des
Black Keys il y a quelque mois ici). C'est donc tout à fait ravi que j'accueille la fin du concert, d'autant que 5 minutes après l'ensemble du groupe est dans son stand, accessible et sympa...
Pour conclure, certes il y a en ce moment un bouillonnement rock des deux côtés de la frontière nord du pays, dont le PàG rend admirablement bien compte (jugez un peu, en moins d'un an le connaisseur y avait déjà vu
Girls in Hawaïï, Sharko, Ghinzu, pire encore les énormissimes-dixit-le-penguin-
Gomm et j'en oublie !)
Alors j'aimerais ne pas me laisser emporter par trop d'enthousiasme pour ce groupe en particulier, mais si je veux le définir sur scène, "phénoménal" est le seul mot qui me vienne spontanément à l'esprit !

Bravo les gars et bonne route, mais attention : à la longue, chemises cintrées et canettes de bière ne feront pas toujours bon ménage !
Photos : glanées sur le web en attendant les vraies (au moins trois photographes dans la salle ce soir-là !)
Site web où télécharger le premier album épuisé : http://www.hollywoodpornstars.be
Playlist (pour l'histoire du rock - car il n'est pas du tout exclu que les HPS deviennent des stars) :
Hollywood
Winona
Torpedo
Travolta
Hollybody
Jack Black
Starwest
FOnzie
Dance Rocket
Betty
Actarus
Money
Apollo
Rappel : Love Idol, Girls just wanna have fun, Marylin