Oui, il a joué « La fille du coupeur de joints » en dernier rappel. Voilà, tout est dit ou presque ! Le dernier album, « Défloration 13 », est une véritable insulte à la musique : long, chiant, peu inspiré, faussement jeune… Fort de cette grande réussite, monsieur Thiéfaine a choisi de nous interpréter des chansons principalement extraites de son dernier chef d’œuvre. Merci ! C’est l’heure des bilans : la palme de la pire chanson française sortie en 2001 revient ex æquo à « Le Touquet juillet 2001 » et « Also sprach Winnie l’ourson ». Mesdames et Messieurs, je n’ai pas de mots assez forts pour décrire à quel point ces titres sont faibles. Non, vraiment, je n’y arrive pas… En début de concert, Monsieur Thiéfaine fait monter sur scène des gamins pris dans les premiers rangs pour leur éviter de se faire compresser par le public. Ces charmants bambins resteront assis sur un coté de la scène pendant tout le concert. Ils ont évité la foule, OK, mais pas les grosses guitares dégoulinantes d’autosatisfaction, les boucles électro dignes de la dance la plus ringarde, les textes d’une affligeante niaiserie. Nous avons assisté, impuissants, à une véritable prise d’otage de trois enfants pendant 2 heures et 15 minutes. Ils avaient l’air contents, mais peut-être avaient-ils peur qu’Hubert-Félix les frappe avec son micro ? Ils auraient probablement voulu se casser discrètement pour aller regarder un dessin-animé. On ne saura jamais ! Si Thiéfaine est peu inspiré sur son nouvel album (et sur les 7 précédents), il l’a été tout autant en choisissant des musiciens particulièrement gratinés : ils massacrent tout ce qui leur tombe entre les mains. Le lead guitariste se prend pour un guitar hero et fait un solo merdique sur chaque chanson, les claviers sonnent incroyablement mielleux, le batteur cogne comme un crétin, la basse est omniprésente. Je crois que je vais me sentir mal… Qui est le responsable de cette mascarade ? J’ai une petite idée… Il y a dix ans, j’étais fan, je l’avoue : j’étais séduit par le côté marginal du personnage et par les concerts auxquels j’avais assisté à Champs sur Tarentaine et à la Maison des Sports, en 1991. Aujourd’hui, même les vieilles chansons me paraissent ringardes, comment ai-je pu aimer ça ? Bon, d’accord, j’ai réécouté avec plaisir « Alligator 427 », « Les dingues et les paumés » et «La fille du coupeur de joints », même si les arrangements étaient de piètre qualité, et c’est un euphémisme ! La nostalgie est un vilain défaut : je sauve ces chansons du naufrage parce que je les ai écoutées avachi dans une prairie à fumer des cigarettes bizarres, il y a un certain temps déjà. Même en réécoutant un vieux live, pour vérifier, je trouve ça indigeste, il a réussi à me dégoûter de sa musique ! Une des chansons du dernier album dit que « la tristesse est la seule promesse que la vie tient toujours ». Tu ne croyais pas si bien dire Hubert-Félix ! Ce ne sont pas tes chansons qui vont y changer quelque chose, au contraire ! Je prends ici le serment de ne plus jamais écouter Thiéfaine.