Le concept de cette tournée est un tantinet bizarre : deux groupes, qui n’en font plus qu’un, tournent dans des salles de concert normales pour promouvoir un disque live enregistré sous un chapiteau dont les ventes permettront à nos amis de partir pour une tournée européenne. Vous suivez ? Non ? Moi non plus ! A défaut de subventions, ils ont décidé de financer leur tournée sous chapiteau à travers les pays européens en tournant en France.
Au début, on a l’impression que
Les Ogres de Barback et
Les Hurlements d’Léo sont là, un peu à contrecœur : ils n’arrêtent pas de dire qu’ils sont sous leur chapiteau « Latcho Drom ». Non les gars, c’est dans 15 jours les vacances, là, vous êtes à la Coopérative de mai ! A peu près 1200 personnes se sont déplacées pour faire la fête et s’éclater, l’ambiance est donc bon enfant.
Pour les premiers titres, les deux groupes sont sur scène, il y a douze musiciens en tout : batterie, basse, guitares, cuivres, accordéon, claviers… On se croirait en train d’assister au passage sur les planches d’une fanfare, c’est plutôt sympathique. En fonction des morceaux, ils échangent leurs instruments et forment de petits groupes parallèles de quatre personnes. Comme les gens sont conquis d’avance, les deux groupes restent relativement sobres et ne haranguent pas perpétuellement le public, c’est bien agréable !
Je préfère les titres interprétés par le chanteur des
Ogres de Barback, même si on pense immanquablement aux
Têtes Raides pour la voix et l’univers de chanson néo-réaliste. Les chanteurs des Hurlements d’Léo, eux, nous infligent quelques titres de ska festif entendus des milliers de fois. L’avantage d’
Un air, deux familles, c’est que ça tourne rapidement sur scène : si un titre ne plaît pas, le suivant reçoit en général un écho positif. La variété, il n’y a que ça de vrai ! Peu à peu, on se laisse happer par l’ambiance et on passe une bonne soirée. Deux reprises de
La Mano Negra sont jouées dans des versions assez réussies, puis le concert se termine par l’hymne à la tolérance des
Béruriers Noirs : « Salut à toi ».
Leur version « chanson française » est bien sympa, ils font donc durer le plaisir, à la grande joie du public. On croit que c’est fini, mais les deux groupes attrapent leurs instruments, descendent de scène et finissent le concert dans la fosse, au milieu des gens, comme une fanfare. Quand il y a la possibilité, c’est bien sympa d’abolir la barrière entre les musiciens et le public. Bon vent et bon voyage à travers l’Europe !
(Photos prises par Hum! au concert de Marseille)