Deuxième jour de cet excellent festival, après
une première journée des plus jouissive.
On arrive vers 17h et
Hushpuppies a déjà attaqué. Malgré un soleil de sa race, j'accroche au groupe. Un son pop rock trépidant, une pêche d'enfer sur scène, une certaine classe dans la tenue, un guitariste avec jambe dans le plâtre qui trépigne,... Un set enlevé et énervé malgré l'horaire, carrément efficace. Le chanteur achève ce set des plus classieux en slammant dans un public enthousiaste. A revoir donc au plus vite. Un gratteux tout aussi poseur et une section rythmique discrète mais diablement efficace et vous avez là la recette d'un set foutraque et jouissif qui laisse le public à ganeoux. Raaaaaaaaaaaaaah...
Comme la veille, on enchaîne sur un long tunnel apéro à l'ombre jusqu'à
The Do dont on est curieux de découvrir le son sur scène (sur disque pas trop enthousiasmé par cette musique trop produite) vu le buzz que le groupe déclenche partout où ils tournent. Bon, avouons le, je me suis ennuyé sévère. Certes ils sont mimi tout plein mais j'trouve leur son fade, sans saveur, pas original. Ok je suis sévère mais c'est une réaction au matraquage qu'on s'est pris dans la gueule. Bon accueil du public par contre, comme quoi.
Tant pis, on s'met en route pour la première claque de la soirée, à savoir
The Bellrays. Enthousiasmé par leur concert en 2003, j'avais été déçu par leur tournée de l'année dernière, j'ai trouvé leur dernier skeud fadasse et formaté. Mais à Angoulème ils ont remis les pendules à l'heure. Pour caricaturé, les
Bellrays c'est la rencontre entre les
Stooges et
Tina Turner, soit une bombe garage soul emmené par une diva black à la voix, et à l'attitude, terrible.
Terriblement rock'n'roll aussi le guitariste (ex-bassiste du groupe) qui saute dans tous les sens alors que le jeunot à la basse est un sacré poseur. Totalement jouissif ce concert, avec ce côté animal et sensuel de la voix qui se marie à merveille avec les riffs agressifs de la gratte. Une petite baisse de tension en milieu de set avec des morceaux sirupeux du dernier album et c'est reparti pour un déferlement d'énergie groovy terriblement dansante.
Même pas le temps de récupérer que les
Hives déboulent sur la grande scène. Et là, putain de claque jouissive !
Philippe from
Live In Marseille m'avait dit que c'était une tuerie sur scène, et je confirme. Costard-cravate et énergie hystérique. Un garage pop totalement jubilatoire, un chanteur adepte de l'égo-trip qui peut rivaliser avec celui des (excellents)
Fancy.
Cette boule de nerfs blondinette n'arrête pas de se jeter dans le public, de hurler
"les Hives, meilleur groupe du monde", de brandir un pancarte
"Longue vie pour les Hives qu'il a ramené d'un slam. Il ne cesse de haranguer la foule qu'il rend complètement dingue. Un gratteux tout aussi crâneur, une section rythmique plus discrète mais impeccable, pour un show, explosif, hystérique bordélique et jouissif qui laisse le public à genoux après avoir passé une heure à hurler et se tortiller. Raaaaaaaaaaaaah !
Désolé pour
Adam green mais après ça, on se pose au bar. Avant d'enchaîner avec l'autre
Godfather,
Iggy Pop qui revient avec sa formation culte, les
Stooges. J'étais déjà monté à Paname pour cette reformation mythiques qui m'avait réconcilié avec l'Iguane après de pénibles années 90's où il s'accompagnait d'un mauvais groupe de hard FM... Forcement
Iggy fait son
Iggy et ça suffit à déclencher l'enthousiasme du public. Il se tortille, hurle
We are the fucking Stooges, casse des micros, fait l'amour à des amplis... Bref la légende est là et on se régale.
Même si le concert est un peu en deçà de leur excellent retour en 2004, faut dire que ça fout toujours la pêche de les retrouver. et ne boudons pas notre plaisir, même si
TV Eyes a été un peu massacré, même si deux
I wanna be your dogs ça fait un peu juke-box alors qu'on aurait aimé avoir
Dirt, même si les nouveaux titres sont anecdotiques, on a pris notre pied.
Et pourtant rien de nostalgico-vieux cons là dedans (ou à peine), simplement
1969,
I wanna be your dog,
Search & Destroy sont toujours des bombes rock'n'roll crades et jouissives, le final totalement free sur
Fun House était scotchant, l'hystérie déclenché par
No Fun absolument jouissive. Et bon
Iggy, c'est
Iggy, il prend son pied et le voir s'asseoir sur un ampli en fin de concert, lessivé mais avec un sourire d'enfer, ben ça fout une banane pas possible. Bref, re Raaaaaaah Lovely !!!!
Aaargh putain, trois claques d'affiliée dans la gueule, on se (re)pose avant d'aller se finir sur
Birdy Nam Nam. Je m'attendais à un truc hip-hop jazzy et je me retrouve sur un set electro. Mais carrément bien foutu avec ces 4 Djs qui arrivent à construire des morceaux couches par couches, qui s'enrichissent, se croisent sur fond de lightshow assez bloquant et dans tous les cas électrisent le public. Car c'est carrément dansant. Evidement le (vieux) rocker (grincheux) regrettera toujours les
"Angoulème faites moi un putain de bruit" répétés jusqu'à l'overdose, les DJs qui ne jouent pas et sautent en l'air le bras levé, mais bon ils ont objectivement rempli leur contrat : achever le public.
Car, le doute n'est pas permis, la
nous a vidée, un orgasme musical de deux jours avec des groupes que l'on crevait d'envie de voir dans des conditions au top. Rencard est pris par avance pour l'année prochaine même si on se demande comment ils vont pouvoir être à la hauteur de l'affiche 2008.
Photos : Pierre Huot