Une soirée entre folk, pop et rock dans un 22 d'Auron affichant complet... La première journée du Printemps de Bourges 2008 a permis à toute une flopée de bons groupes de faire leurs preuves ou de confirmer leurs talents dans deux petites salles intimistes et devant un public enthousiaste. Pendant ce temps, juste à côté sous le phénix, 6000 fans de variétés consensuelles acclamaient Rose, Renan Luce et Chistophe Willem... C'est le lot commun d'un grand festival : il en faut pour tous les goûts, aussi discutables soient-ils.
Syd Matters :
Déjà vu il y a peu pour un extraodinaire concert en tête d'affiche au festival les Volcaniques de Mars, Syd Matters a confirmé son éclatante forme du moment. malgré le peu de temps alloué à sa prestation, le groupe parisien a fait très forte impression ! Il faut dire qu'avec un répertoire irréprochable, des harmonies vocales à tomber à le renverse, des musiciens habités, un son de rêve et des éclairages impeccables, il faudrait être vraiment très difficile pour bouder son plaisir. Ce concert aux fortes réminiscences des travaux pop/folk de Thom Yorke et Radiohead s'est en outre terminé par un passage post rock aussi surprenant que superbe. A voir absolument sur scène !
Constance Verluca :
Dans un style beaucoup moins intimiste et plus chanson française folk, Constance Verluca a su tirer son épingle du jeu, en usant de son humour corrosif, de son charme et de sa bonne humeur communicative. L'ensemble se révèle plaisant, même si l'on n'est parfois pas franchement loin de la variété française.
Cocoon :
Si l'on en juge par l'accueil triomphal qu'il a reçu au 22 d'Auron, le groupe clermontois Cocoon faisait partie des têtes d'affiche de cette soirée, un an à peine après son passage en tant que Découverte du Printemps de Bourges 2007. Son excellent album truffé de tubes, la présence décontractée du charmant duo et la qualité des morceaux - tour à tour mélancoliques ou enlevés - sont des atouts qui semblement parler au grand public, et c'est tant mieux... On est parfois à deux doigt du dérapage car le public est vraiment chaud et trivial ("à poil !"), mais Cocoon s'en sort avec sa classe et ses sourires. Quelles que soient les circonstances, Mark et Morgane chantent toujours divinement leurs titres délicats, en grand professionnels qu'ils sont désormais. Vivement le prochain album de Cocoon !
La Maison Tellier :
Dans un style plus country folk et plus aride, La Maison Tellier a su capter l'attention du public avec un concert entre chanson française de qualité (à la Bertrand Cantat/Noir Désir), folk rustique et country ancestrale. Les titres sont bien écrits, arrangés avec autant de goût que d'authenticité et interprétés avec foi ; tant et si bien qu'on se laisse emporter par la musique de ce groupe normand un peu bourru.
French Cowboy :
Les Nantais de French Cowboy ont confirmé à Bourges leur statut de groupe de scène imparable. Les compositions signées Federico Pellegrini (à lire : une interview récente du monsieur), excellentes sur disque, prennent une dimension supplémentaire en live : les ex-Little Rabbits habitent littérallement les morceaux tout au long d'un concert quasi parfait, c'est du grand art ! La désormais traditionnelle reprise folk rock du Back to Black d'Amy Winehouse est l'ultime preuve de bon goût et de savoir faire d'un groupe appelé à régner de nouveau en France. Et ailleurs.
Adam Green :
Malgré un début de show un peu déroutant (c'est quoi ces arrangements kitchissimes ? se dit-on en nous mêmes... ), le songwriter new-yorkais Adam Green - habillé comme un clone du chanteur d'Aerosmith avec un t-shirt noir à franges blanches - a finalement embarqué le public - clairsemé et mou au début - dans son monde absurde et fascinant. Le roi de l'antifolk/pop a réussi à su convaincre grâce à ses talents d'entertainer complétement fou (il va jusqu'à rouler des pelles au premier venu monté sur scène), de chanteur crooner à la voix grave façon Lou Reed drôle et de songwriter doué (influences : Velvet Underground, Bob Dylan et les Beach Boys). Entre deux facéties et autre danses débiles, notre homme - qui ressemble à une sorte d'iggy Pop bedonnant, non agressif et aux cheveux bouclés quand il empoigne son pied de micro - n'oublie pas de chanter comme un demi dieu et de faire plaisir à ses fans en interprétant des titres à la demande (Jessica Simpson, Kokomo des Beach Boys etc etc). Comme il le dit si bien, ce gars là a tout compris du show busyness ! Et il revient pour de généreux rappels alors que la majorité du public est allée voir le show survitaminé des rockers de Hushpuppies. A la fin du show, l'on se dit qu'Adam Green a la classe, et que ce n'est pas près de changer !
Hushpuppies :
Les Hushpuppies ont la classe eux aussi, se dit-on en assistant à la fin de leur show supresonique. Compos en acier trempé, musiciens hystériques, chanteur classieux, lumières vrillantes, son démoniaque : cette troupe de jolis énervés a tout pour cartonner dans la monde entier, et en France, si l'on en croit la réponse ultra enthousiaste du public de Bourges ! Les pogos et autre slams se succèdent à un rythme infernal jusqu'à la dernière note du concert high energy des Mods de Hushpuppies. Bien envoyé messieurs !
Après une nuit un peu courte (mais confortable, les années passant on a trouvé comment échapper au camping), retour sur le site de la Presqu'Ile de Malsaucy, commune d'Evette-Salbert, Franche-Comté, temple du rock'n'roll et donc centre du monde chaque année pendant trois jours.
On y est accueilli et bien décrassé par les Hushpuppies, les rockers de Perpignan et leur gros son, tantôt garage tantôt surf-rock. On les connaissait peu (depuis on a a-che-té leur album, notez bien, oui on est encore certains à le faire pour soutenir les bons artistes émergents ...) Ne connaissant pas le groupe à cette époque lointaine (il y a 5 jours), je peux seulement supposer qu'ils ont du jouer : la classieuse Packt Up like Sardines et You're gonna say yeah (un peu dans le style des Hollywood Porn Stars, autre groupe talentueux qui lui, peine à exploser), 1975 et Marthelot & Clavecines (là je me souviens des noms), Pale Blue Eyes qui donne irrépressiblement envie de sauter partout, ou encore leur Single disco-punk qui sonne un peu comme du Scissor Scisters.
En tout cas un excellent concert, une ovation méritée pour ce groupe très élégant, aussi bien vestimentairement que musicalement (on pourrait dire que c'est un peu attrape-tout mais non, on a aimé alors on ne va pas bouder !), dont le chanteur à la voix très accrocheuse, a quand même fini par se jeter à juste titre dans le public sur un gros morceau garage final. Car redingote ou pas, ils font quand même du rock saignant, non de Zeus ! Et les Hushpuppies ont déjà la total attitude de rock stars qu'ils sont peut-être devenues -qui sait- aujourd'hui même !!
On zappe le concert d'Enhancer, dont le début entendu de loin n'a fait que nous rappeler l'immonde prestation de Mass Hysteria l'an passé (rien de pire qu'un groupe de djeun's des années 90 et qui refuse de vieillir). Ca sera donc le groupe joker. Pas grave, il y a plein de trucs à voir sur le site, notamment la Maison de l'Environnement et ces petits jeux amusants de l'opération Kill Detritus, Kill Kill ! pour sensibiliser les gens au recyclage des déchets. Les visiteurs ayant survécu à la plongée dans les poubelles repartent, heureux, avec un goodie superbe : un élégant cendrier de festival (ou de plage) en aluminium, collector Eurock's 2006, et plus aucune excuse pour balancer des mégots partout ! Et un bel autocollant de Couleur 3, sans aucun doute la meilleure radio rock du monde, et qui émet dans le monde entier en streaming sur internet.
Sur la plage, pendant ce temps, se déchaîne un trio de rock noisy appelé I Love UFO. Sans faire de délit de sale gueule, disons qu'ils ne sont pas magnifiques, la palme de la tronche pas possible au bassiste joueur de Korg, qui est toutefois un bon musicien - le chanteur guitariste, lui, a un faux air de Steve Estatof... Mais leur musique, à la croisée du Nirvana des débuts, époque Bleach, du Nick Cave des années 80, de Sonic Youth et autres Melvins, sème un joli pogo devant la scène et la voix n'est pas désagréable. Ca s'écoute un moment avec plaisir, avant que le soleil et leur musique finissent par nous taper légèrement sur le système. Seule bonne nouvelle à ce moment-là : on entend les dernières mesures de On My Mind des banals Sunday Drivers, qu'il ne faudra donc pas se re'farcir comme à Rock en Seine l'été passé.
Au risque de s'attirer les foudres de fans transis qui sont probablement venus de loin pour l'entendre, le paraît-il légendaire Steven Morrissey ne nous fait guère plus d'effet. Il a une belle voix mais on souffre d'une incapacité génétique à l'apprécier, qui dure depuis le collège et la découverte des premiers albums des Smiths... Cela étant ils étaient écoutés par de vrais connards, ce qui pourrait expliquer une sorte de traumatisme pré ou post-pubère mal résolu, combien je vous dois docteur ? Allez, 5 euros la tartiflette en attendant la fin, on va pas en faire une histoire de ce vieux beau, et puis il sera aussi à Rock en Seine 2006, alors ...
Et direction, Camille and the Pascals !! Dans le genre, qui se ressemble s'assemble, un truc aussi fou qu'un groupe de japonais fans de Pascal Comelade (une sorte de précurseur méconnu de yann Tiersen, pour situer) pouvait-il s'associer avec quelqu'un d'autre que notre déjantée Camille pour créer un spectacle pour enfants appelé Nohara ? Le groupe, composé d'une vingtaine de musiciens bigarrés, entame une longue introduction toute ... Comeladienne. C'est joli mais un peu long à notre goût (une amie est par contre sous le charme). un peu de diphonie aussi, dont les japonais sont de grands pros, et puis voilà Camille, habillée en japonaise.
Son album est un peu spécial, mais en vrai, elle a une très belle voix et le mélange avec l'orchestre japonais marche pas mal, notamment pour son tube Ta Douleur. D'ailleurs elle chantera aussi en japonais (avec un léger accent tokyoïte, il me semble), appuyée par des joueurs de percus zarbis et autres scies, et même d'un gros bonhomme qui joue avec des petites voitures et fait le pitre, ce qui colle à merveille avec les mouvements désordonnés, tirages de langue et autres bruits enfantins qui la caractérisent.
A signaler une version rigolote et hurlée de L'amour est enfant de bohème. Le supporter de foot qui sommeille en nous s'égare toutefois par moments sur les côtés du chapîteau, à la recherche du score. Peine perdue : impossible d'approcher les minuscules télés, et d'ailleurs Camille elle-même va annoncer que la France mène 1-0, en sautant partout. Le spectacle un tout petit peu bourratif s'achève après une Janine endiablée, version buto avec danseurs. Au final une création intéressante, comme d'ailleurs à peu près toutes celles des Eurockéennes (une pensée émue pour le sublime concert de Ez3kiel vs Nosfell, l'an passé)...
Sur la route du concert de Depeche Mode, on croise le chanteur d'Infadels qu'on ira pas voir ce soir (on avait pas trop aimé la dernière fois au Poste à Galène, cela dit y'a de belles photos sur la chronique !). Ah ben merde alors, Depeche Mode ... pas mal de souvenirs à l'évocation de ce nom, dont le meilleur n'est certes pas la prestation bruyante et tapageuse de Dave Gahan ici-même il y a trois ans.
Groupe complètement oublié dont le dernier album Playing The Angel nous a pourtant rappelé leur génie intemporel pour composer de belles chansons de dark pop. Par exemple celle qui ouvre le concert, la très classe A pain that i'm used to. Ou encore, la "depechemodissime" John the Revelator, l'excellente Suffer Well. Dave Gahan et Martin Gore, tous deux avec de vraies gueules de survivants à la dope, n'oublient cependant pas leurs fans des débuts, c'est-à-dire ... nous ("je vous parle d'un temps, que les moins de 20 ans ...") avec une collection de tubes, désolé pour les titres approximatifs, c'est l'âge : Question of Time, You're behind the Wheel, Personal Jesus, et autres Enjoy the Silence (un pied hallucinant en live, dûr de croire qu'on a pas écouté ça depuis au moins 15 ans ...)
Leurs voix qui se succèdent ou s'emmêlent sont irréprochables, le light show tabasse pas mal avec ses écrans géants disjoints. Presque captivé, on note tout de même avec intérêt l'agitation qui vient des côtés, et la rumeur qui se répand : le Brésil rentre à la maison (1-0) ! On est vite repris par I Feel U, où une fille sublime et peu vêtue, projetée sur les écrans sème quelques pensées un peu lestes dans notre esprit.
Sur Check the Disease, notre âge est soudain divisé par 2, tandis que sur Never let me down again, une image très précise se forme : celle du vinyle Music for the masses honteusement oublié dans un placard parental depuis bien trop longtemps et qui va peut-être bien devoir en ressortir. Ce n'est pas deux ou 3 chansons un peu en deça comme Lillian qui gâcheront cet excellent concert, une bonne leçon de jouvence !
Mais c'est pas tout ça, il s'agit encore d'aller soutenir les bides volontaires du père Katerine (vu et apprécié il n'y a pas longtemps par ici, on va donc la faire un peu plus courte). On le rejoint tandis qu'il braille "on a gagné, on a gagné !". Avec son pétaradant backing band de Little Rabbits, accoutré de son immonde chemise rose, il dynamite systématiquement toutes ses chansons - déjà excellentes - de Robots Après Tout (depuis hier on sait que les Daft Punk sont en effet Robots after All...) en les multipliant par du rock : Dans le train de 19 H, En 2008, 100 % VIP (qu'on écoutera en pestant coincé à une buvette), Morue la Truie ou un nom du genre, enfin bref cette histoire de blonde qui le poursuit dans les rues de Paris, Répétez après moi ("après moi... non !", cette vanne débile me fait toujours rire après 100 écoutes...). La suite est adaptée au contexte en "on est tous des Malouda", Patati & patata, plus quelques unes pas reconnues.
On le savait charismatique mais là c'est assez impressionnant, c'est du délire sous le chapiteau quand, à la fin d'une tirade sur le fameux Poulet n°..., il se lance dans son tube interplanétaire, Louxor J'adore. Les longues plages où il "coupe le son", ça hurle tellement que les oreilles nous sifflent, avant de transformer le chapiteau en un dance floor hystérique quand ... "il remet le son". Son premier tube Je vous emmerde, toujours sympathique avec une danseuse invitée, est enchaîné avec Borderline dont la version punk-rock furieuse nous laisse à nouveau sur le cul, déclenchant un énorme pogo... Désormais torse nu, exhibant fièrement ses épaules velues, la Secte humaine étant en slip vert et sous-pull collants roses, Katerine nous remet le son une dernière fois et nous quitte totalement épuisés, KO debout. Chapeau l'artiste !
Comme hier, on rentre donc à la maison avec un gimmick impossible à s'enlever de la tête (et "jeuuuuu ... coupe le son"), rigolant encore avec d'autres amis -eux aussi légèrement éméchés- de ces paroles débiles et jouissives (Pascal Nègre et Johnny, tu connais ? et tu dis Viiiii, et tu dis Aïïïï, et tu dis Piiii, Vi-aï-Piiiiiiiii...."). Allez, ça suffit les conneries, au lit tout le monde, demain on a rendez-vous avec les cadors du post-rock !
Après le feu d’artifice du premier jour et une nuit un peu courte, on se dit que la journée va être longue et rude ; il va en effet falloir choisir entre le foot (France - Brésil) et Morrissey, Camille & Pascals et Depeche Mode. Aie, aie, aie, quel choix cornélien ! Sans regrets, on rate un match mémorable pour assister à des concerts enthousiasmants, les yeux rivés sur scène en guettant les différentes annonces faites par les téléphones portables des membres du public. L’atmosphère de fête, déjà impressionnante à Belfort en temps normal, prend alors une nouvelle dimension, pour se transformer en communion totale sur la fin du set de Depeche Mode et sur la totalité du méga show de l’allumé de service, Philippe Katerine, littéralement en transe ! Et hop, voici la chronique du samedi 1er juillet 2006 aux Eurockéennes de Belfort…
Hushpuppies :
La journée démarre à fond, comme toujours avec les Hushpuppies, avec un set percutant et enthousiasmant des Perpignanais émigrés à Paris… De bons morceaux, une jolie reprise des inestimables Kinks (I’m not like everybody else), une attitude classieuse, un slam final du chanteur qui ruine sa jolie veste ceintrée et son impeccable foulard pour se donner à son public (très en joie à la fin du concert), les Hushpuppies provoquent l’hystérie générale, comme au Printemps de Bourges ! Les concerts en tête d’affiche dans les festivals ne sont plus très loin…
Teitur & Orchestre :
Malgré toute la bonne volonté du monde, et le talent de Teitur (qui avait donné un bon concert solo au festival Europavox), impossible d’apprécier la folk music du monsieur : entre les basses du sound system situé à l’entrée du site et les gueulantes risibles des charlots d'Enhancer sur la grande scène, on entend difficilement Teitur. Ou plutôt, on entend très bien ce qu’il joue mais, c’est un peu comme si sa musique intimiste était remixée façon dub/néo métal à dreadlocks, une véritable torture donc. La présence de l’Orchestre de Dole à ses côtés ajoutera encore au sentiment de gâchis…
I Love UFO :
Ce n’est pas le genre de problèmes qui risquent d’arriver aux trois Français d’I Love UFO : vu le volume sonore de leur prestation, impossible de les couvrir, sauf peut être en faisant décoller un avion juste à côté… Et encore ! L’effet que produit I Love UFO est tout simplement hallucinant ; dès les premières notes, on se laisse emporter par une déferlante de décibels vrillants. Ce divin raffut est provoqué - volontairement - par un chanteur/guitariste de feu, un bassiste ultra violent et un batteur déchaîné. On pense à Gun Club (cette voix incantatoire) jammant avec Sonic Youth (ce mur de guitare en fusion) et les Queens of The Stone Age (ces rythmiques énormes) : une sorte de rock bruitiste psychépathe. A rendre n’importe quel humain complètement maniaque. La preuve : AHHHHHHHHHHH !
Morrissey :
Changement radical d’ambiance avec le set de Morrissey, en plein jour et devant un public de fans et de curieux… Avec son gang de musiciens anglo irlandais habillés comme lors des bals donnés dans les bases américaines après la deuxième guerre mondiale, l’ex chanteur des Smiths peut crooner à loisir, cabotiner avec son micro et affoler ses admirateurs des deux sexes avec ses poses suggestives. Le Mozz chante à la perfection les morceaux les plus marquants de son répertoire, et c’est un véritable régal, tout simplement. Les titres - soigneusement - sélectionnés tiennent la route, et provoquent même des frissons de bonheur ! Ah, ces mélodies superbes, ces morceaux ensorcelants entre pop et rock… En interprétant très peu de titres de son ancien groupe, The Smiths, Morrissey a enchanté son auditoire.
Camille & Pascals :
Racontée en direct live par le groupe japonais Pascals et la fée chantante française Camille, l’histoire en français et en japonais de Nohara a emmené loin, très loin, des rivages habituellement fréquentés dans notre beau pays… Quand des musiciens aventureux et drôles se mettent au service d’une vocaliste complètement partie dans son monde, cela aboutit à la création d’un univers onirique, fou, naïf et rafraîchissant. Ce spectacle mériterait de tourner en France et à l’étranger.
Depeche Mode :
Pendant que certains regardent la deuxième mi temps de France - Brésil, la majorité des festivaliers réunis à Belfort tient à assister au méga show des Anglais de Depeche Mode. Scénographie futuriste, vidéos torturées, look gohiques, Dave Gahan, Martin Gore et Andy Fletcher (accompagnés par un batteur et un pianiste) ont sorti le grand jeu et l’artillerie lourde. L’electro pop de DM est en effet plus musclée en live, et c’est une très bonne chose : les morceaux mémorables de la discographie du groupe (entrecoupés des sympathiques clones du dernier album) n’en ont que plus d’impact ! La voix puissante et marquante de Dave Gahan fait merveille ; les chœurs et les interventions guitaristiques de Martin Gore font un effet considérable ; pendant ce temps-là, Andy Fletcher envoie des bidouillages électroniques qui sont sa marque de fabrique ; et les musiciens additionnels font leur boulot comme il faut. Malgré le côté archi pro et réglé au millimètre, le show de Depeche Mode fonctionne à plein régime. On regrettera seulement les interventions incessantes de Mr. Gahan pour haranguer le public (déjà à fond !), le morceau dispensable de Martin Gore joué avec le groupe, mais, à part cela, le best of DM présenté sur scène nous a ravi. A l’heure actuelle, qui d’autre peut se permettre d’enchaîner autant de tubes aussi populaires qu’artistiquement réussis (Enjoy the silence, Shake the disease, Never let me down agin, Behind the wheel, Personal Jesus etc etc. ) une heure et demie durant ? Pas grand monde. Un large sourire aux lèvres (l’ambiance est ultra festive et triomphale pour Depeche mode), Dave Gahan conclut en hurlant « Vive la France et Allez les bleus ! », saluant ainsi la victoire de la France sur le Brésil. Une bien belle journée donc ce 1er juillet !
Katerine :
Et ce n’est pas Katerine et ses acolytes rebaptisés Les Raymond Domenech qui vont gâché la fête ! Comme à Rennes, Bourges et Clermont-Ferrand, la troupe branché sur le 220 volts a propulsé le chapiteau (plein à craquer!) dans la stratosphère, avec ses tubes funky punk irrésistibles. Comme le dit l’ami Philippe, « on est tous des Thierry Henry, répétez après moi : on est tous des Willy Sagnol, répétez après moi : on est tous des imbéciles ! » Certes, mais des imbéciles incroyablement heureux… Grâce au show aussi improbable que puissant de cette bande de fous furieux, boosté par des guitares en furie et des improvisations drolatiques (comme un morceau inédit intitulé « Et 1, et 1 et 1 - 0 ! »). Du grand art, ce concert de Katerine. Celui qui s’emmerde en présence de ce gars-là s’ennuiera toute sa vie… C’est sûr à 100% !
Hushpuppies - mai 2006 - Run Ar Puns Gros concert des HUSHPUPPIES qui se sont bien installés dans la salle du RUNARPUNS. Slams du puplic et du chanteur ! terrible. Et encore un bon groupe découvert grâce au run, un ! Les HUSH' qui ont .../...
Gros concert des HUSHPUPPIES qui se sont bien installés dans la salle du RUNARPUNS. Slams du puplic et du chanteur ! terrible. Et encore un bon groupe découvert grâce au run, un ! Les HUSH' qui ont même adressé un message au run sur la scène des vieilles charrues! C'est beau ! Réagir à cette critique
Le Phoenix n'est pas ma salle de concert préférée (loin de la!) mais cette soirée au Phoenix était simplement exceptionnelle !
Ce sont les Hushpuppies qui ouvrent la soiréé, et ils obtiennent un succès bien mérité! Les hushpuppies nous servent les meilleurs titres de leur album :"single" "Pale blue eyes" et bien sur la géniale "you're gonna say yeah", on a aussi reconnu une des chansons de leur démos "H.P.U.P.P.I". Bref un set court et énergique, avec un son correct (pas habittuel au phoenix), avant de partir le chanteur rappelle le nom du groupe pour ceux qui ne connaissaient pas et remercie le public enthousiaste, seul bemol : leur prestation trop courte.
Pas le temps de faire sécher la sueur dont je suis recouvert que Phillipe Katerine arrive. Je ne connaissais pas ce Katerine que tout le monde adoooooore et je suis maintenant un peu méfiant vis a vis des comiques rockeurs (voir Didier super), mais katerine est largement au dessus du nordiste : il joue avec son groupe une espèce de pop décalée, chante plus ou moins des paroles débiles ou drole (au choix): "j'emmerde" "j'adore" (celle ou il coupe le son!) "poulet n°...." et " Marine Lepen" à mourir de rire....
Un bon quart d'heure plus tard arrivent les très attendus Arctic Monkeys, leur album est un des meilleurs de l'année 2005, assureront ils devant plus de 5OOO personnes ? Oui et Non !
Oui! Ils sont très rodés à l'exercice et livrent un set carré avec toutes les bombes que l'on connait deja par coeur:"Scummy" "dancing shoes" "fake tales of san francisco" "I bet you look good on the Dance floor" plus une nouvelle chanson dont je n'ai pas retenu le titre. Leur bassiste est impassible et delivre ses lignes efficaces sans fioriture.
Non! Le son est un peu propret et nos rockeurs enchainent les chansons avec un professionalisme et un calme presques offensants vu le chaos qui règne dans la fosse, quand le chanteur se prend une basket dans la tête il ne bronche pas et continue... essayez ça avec un sid vicious ou un Doherty vous aurez mal!
Malgré tout un bon concert, on aurait aussi aimé entendre "red lights indicate door are secured".
Voila ensuite DEUS, je ne connais pas trop, ils jouent une pop plutot bien foutue mais trop molle à mon gout (ça n'engage que moi), pas vraiment d'avis sur leur set puisque je l'ai mis a profit pour aller boire un coup...
Enfin voila Dionysos....
Comme chaque fois Mathias malzieu frontman déjanté et sa bande offrent un grand spectacle, ils méritent amplement le haut de l'affiche !
Après leur arrivée sur "l'etrange noël de Monsieur Jack" ils jouent principalement le dernier album (d'ailleurs bien meilleur en live), on retrouve "Giant jack" "cold child" "mister chat" "l'homme qui pondait des oeufs". Le tout suivi par un rappel mémorable d'une bonne demi heure. Mathias a toujours cette energie communicative, il traverse toujours la salle en slam, grimpe sur les piliers de la salle, arrive à faire taire un phoenix entier pour un pogo silencieux, revient chanter a capella après le départ du reste du groupe!
Merci Dionysos ! Merci !